| Plusieurs
milliers de Palestiniens travaillent habituellement dans la
zone industrielle d’Erez, située à la
frontière entre Israël et Gaza et qui a été
fermée après l’attentat-suicide de mercredi.
Il s’agit de l’un des derniers vestiges d’une
coopération israélo-palestinienne moribonde.
Au
milieu des années 90, alors que les relations entre
Israéliens et Palestiniens connaissaient une embellie
- ils avaient commencé à signer des accords
de paix intérimaires -, la construction de zones industrielles
était envisagée le long de la frontière
entre l’Etat hébreu et les Territoires palestiniens,
qui auraient permis une circulation libre des travailleurs
et des marchandises.
Trois
années de violence, marquées par de multiples
attentats-suicides, ont conduit Israël à imposer
des mesures de sécurité draconiennes, réduisant
presque à néant les projets économiques
communs entre les deux parties. La zone industrielle d’Erez
a été fermée plusieurs fois suite aux
attentats qui s’y sont produits.
En
plus de la zone industrielle, un poste militaire est installé
au point de passage d’Erez, au nord de Gaza. Il sert
à arrêter des activistes palestiniens présumés,
à filtrer les travailleurs palestiniens,les étrangers
et les marchan-dises, et parfois de cadre à des pourparlers
de paix.
Quelque
6.000 Palestiniens travaillent dans la zone industrielle d’Erez,
dans des firmes produisant matières plastiques, textiles,
métaux, meubles, jouets, appareils électriques.
Ces emplois constituent une ressource essentielle pour la
Bande de Gaza, frappée par la pauvreté, où
60% des personnes en âge de travailler sont au chômage.
Certaines
des entreprises appartiennent conjointement à des Palestiniens
et des Israéliens, et beaucoup espéraient que
ces liens économiques contribue-raient à construire
la paix.
"Ce
n’est pas la Silicon Valley mais c’est toujours
un endroit très important" affirme Yom-Tov Samia,
un ancien général de Tsahal qui a commandé
l’armée israélienne dans la Bande de Gaza.
Selon lui, le point de passage et ses emplois constituent
un test important sur la manière dont les Israéliens
et les Palestiniens peuvent vivre et travailler ensemble.
Quelque
15.000 travailleurs palestiniens et 4.000 commerçants
de Gaza possèdent des permis pour franchir le barrage
d’Erez et aller travailler en Israël. Leur nombre
varie en fonction de la situation sécuritaire.
Raanan
Gissin, porte-parole du Premier ministre israélien
Ariel Sharon, a affirmé que le point de passage resterait
fermé aux Palestiniens dans les prochains jours. "Nous
n’allons pas le fermer (définitivement) mais
personne ne peut nous reprocher d’effectuer des contrôles
plus rigoureux".
Avant
la vague de violence qui a éclaté en 2000, 100.000
Palestiniens de Gaza travaillaient en Israël, fournissant
la principale source de revenu de ce territoire très
pauvre. Désormais, une grande partie de leurs emplois
sont occupés par des travailleurs étrangers.
AP
Jeudi
15 janvier 2004, 17h59
Centre d’Information et de Documentation
Centre d’Information et de Documentation sur la Démocratie
au Moyen-Orient (Bruxelles)
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