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Extrait
de : "Quand la Terre tremblera…" par
Ambre Grayman pour Guysen Israël News
Les
experts en géologie le répètent
depuis longtemps : Israël
n’est pas suffisamment préparé pour
faire face à un important tremblement de terre.
Située le long de la Vallée du Rift Africain
- une grande faille géologique qui s’étend
sur 4 800 km de la Syrie au Mozambique et passe par
la mer Morte, sous les collines orientales de Jérusalem
- Israël est cependant tout particulièrement
exposé à ce type de cataclysme.
Bien que n’ayant subi aucun tremblement
de terre majeur depuis le début du XXe siècle,
les spécialistes envisagent très sérieusement
l’éventualité d’un important
tremblement de terre dans les années à
venir.
En 2004, la terre avait ébranlé
l’ensemble du pays et fait d’importants
dégâts. L’épicentre du séisme
— d’intensité moyenne, 5 sur l’échelle
de Richter — avait été localisé
au nord de la Mer Morte. Un mouvement de panique s’était
emparé de la population brusquement confrontée
à un risque naturel négligé jusqu’alors
par le gouvernement, mais malheureusement bien réel.
Ce petit séisme, qui n’avait
fait aucunes victimes, permit également aux géologues
et aux responsables de la défense passive de
constater l’état d’impréparation
du pays en cas de catastrophe majeure.
Lors d’une conférence d’experts
en géologie à Ashdod, ces derniers affirmaient
qu’en l’état actuel des choses, un
séisme de 7 degrés sur l’échelle
de Richter pourrait causer la vie à 16 000 victimes,
et faire plusieurs centaines de milliers de blessés
et sans abri.
Recommandent
d’intensifier les mesures préventives afin
d’éviter un scénario catastrophe,
les géologues sont notamment inquiets des graves
conséquences que pourraient entraîner l’effondrement
des bâtiments, dont seule une minorité
répond aux critères fixés par les
sismologues.
Selon le professeur Efraim Laor, responsable
du comité de coordination national pour la préparation
au tremblement de terre en Israël, près
de 400 000 bâtiments, écoles et jardins
d’enfants, ont été construits sur
des sites renforcés, ainsi qu’un certain
nombre de bâtiments industriels abritant des matériaux
dangereux. Cependant d’innombrables structures
demeurent non renforcées.
Pour le ministre des Infrastructures, Binyamin Ben-Eliezer
les mesures nécessaires au renforcement des sites
en question ne sont pas à l’ordre du jour
budgétaire en raison de leur coût prohibitif.
“Les estimations prouvent que des milliers de
personnes pourraient être affectés en cas
d’un tremblement de terre, mais jusqu’à
ce qu’un désastre se produise, il est peu
probable que ces mesures soient considérées
comme prioritaire dans le budget national” avait
indiqué un Ben-Eliezer, réaliste et pessimiste.
Et
bien que le gouvernement ne soit pas totalement irresponsable
— il avait en effet ordonné la création
d’un comité national de prévention
en 2002 — les actions réalisées
jusque-là ne se résument qu’à
de rares cours de préparation dans les écoles
et des campagnes d’informations publiques encore
plus discrètes.
En
attendant, les chercheurs œuvrent dans l’ombre
pour imaginer des systèmes d’alerte qui
permettraient à la population d’avoir quelques
secondes pour fuir, seul moyen de sauver des vies, étant
donné que les séismes sont toujours impossibles
à prévoir précisément.
Le
Pr Jay Finneberg et son équipe de l’Université
Hébraïque ont ainsi réussi à
localiser les ‘ondes silencieuses’ qui précèdent
de quelques heures ou de quelques jours tout tremblement
de terre majeur, et que certains animaux perçoivent.
Ces ondes annonceraient celles beaucoup plus rapides
— de nature sonique et supersonique — provoquées
par le choc résultant du frottement entre deux
plaques tectoniques, le long d’une faille.
‘L’Alerte
sismique — développé par la société
Avtipus de Meir Gitlis — est quand à elle
basée sur les principes sismologiques en vigueur
dans les dispositifs mondiaux de contrôle de tremblement
de terre. Des pendules réagissent naturellement
aux vibrations et envoient un signal par un circuit
électrique à une puce électronique.
En fonction de la fréquence des vibrations, la
puce électronique est alors en mesure de déterminer
l’imminence d’un tremblement de terre.
Grâce à ce détecteur, les gens pourraient
être prévenus, environ une demie minute
avant, du tremblement de terre. Un bref instant qui
pourrait faire toute la différence en donnant
aux gens la possibilité de se mettre à
l’abri.
C’est
justement sur ce principe que se fonde le nouveau rapport
présenté à Binyamin Ben-Eliezer
par un groupe de géologues et de sismologues
attachés à l’Institut national de
géologie israélien.
Ils
ont récemment proposé au ministre d’équiper
Israël d’un système national d’alerte
sismique.
Ce
fut le docteur Danny Watch, ancien chercheur de l’institut,
qui évoqua le premier cette idée. Elle
fut ensuite reprise et soutenue par ses collègues
jusqu’à ce que le directeur de l’Institut,
Benny Begin, charge le professeur Ariel Heimann de faire
progresser le projet.
Depuis plusieurs mois, Heimann a donc examiné
les systèmes d’alertes sismiques dans le
monde afin d’adapter un système identique
à Israël.
Le
système, déjà installé au
Japon, aux USA, et en Turquie, comporte de nombreux
avantages, outre celui de prévenir la population
lors d’un tremblement de terre. Il possède
en effet la capacité de mener des actions parallèles
particulièrement précieuses en cas de
catastrophe naturelles comme le fait de couper automatiquement
les arrivées de gaz, ou d’électricité,
de stopper les ascenseurs, de fermer les valves d’alimentation
des matériaux à risque, de sauvegarder
les données informatiques ou encore d’empêcher
les avions d’atterrir…
Selon
Heimann, Israël a la capacité technologique
ainsi que l’infrastructure sismique nécessaire
pour mettre en place un tel système.
Mais Israël en a-t-elle la capacité économique
? C’est bien la question, car le système
devrait coûter plusieurs millions de dollars,
et son fonctionnement continuel, presque autant. De
quoi décourager les dirigeants israéliens
qui doivent faire face à de si nombreux autres
dangers…
Mais
face à l’ampleur du risque, les économies
de bout de chandelles semblent de mauvais goût.
Selon Heimann en effet, la population du nord et du
centre du pays ainsi que celle de Jérusalem sont
exposés aux tremblements en raison des deux lignes
de failles qui coupent Israël en deux. (Dans le
nord, une autre ligne de faille coupe la terre d’est
en ouest depuis le port méditerranéen
de Haïfa aux villes de Djénine et Naplouse
avant d’atteindre le Jourdain).
“Le
rapport sera présenté aux décisionnaires,
et selon nous, ils feraient une grosse erreur en ne
décidant pas de lancer une étude de faisabilité
susceptible d’étudier les aspects budgétaires
économiques et sociaux d’un tel système
” a indiqué le professeur Rivka Amit, responsable
du département d’ingénierie géologique
à l’Intitut géologique national.
“Un
tremblement de terre puissant ne se produira pas souvent
dans notre région, mais il
doit être tenu compte du fait qu’il se produira,
et cela sera douloureux pour notre pays”. |