En 1939, au moment de la troisième Alya, le pays était gouverné par les Anglais. Des pionniers sionistes et idéalistes arrivèrent alors de Russie, de Pologne, de Tcherkesse pour fonder un kibboutz religieux. Leur organisation s’appellait : Irgoun Jérusalem. Ils n’obtinrent pas de terres de l’Agence Juive tout de suite et on les envoya à Ménéhamia pour apprendre le travail de la terre. C’était l’époque où les Arabes attaquaient les nouvelles implantations et pour cette bonne raison les dirigeants juifs ne voulaient pas embaucher d’ouvriers arabes ; ils furent donc très contents que de nouveaux immigrants viennent travailler chez eux. Ces derniers travaillèrent principalement dans les champs et dans les carrières. Ils habitèrent dans les entrepôts de Ménéhamya et les quatre années qu’ils passèrent là-bas furent une rude épreuve pour ces nouveaux venus.
En 1943 l’Agence Juive et le K.K.L leurs donna des terres pour s’implanter. Elles se trouvaient en haute Galilée, sur les terres actuelles du kibboutz Agoshrim. Les pionniers appelèrent leur implantation : Métsouda Ussisshkin. Les kibboutzim Dan et Dafna étaient déjà en place et en voyant arrivés des pionniers religieux ils commencèrent à leur chercher querelle. Non seulement ils ne leur apportèrent aucune aide mais en plus ils leur mirent des bâtons dans les roues. Heureusement les Haloutzim (pionniers)du nouveau kibboutz trouvèrent un peu de soutien auprès des membres religieux des kibboutzim voisins de Shaar Haychouv et de Beit Hillel.
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Les vingt familles avec leurs enfants en bas âge s’installèrent sur ces terres et commencèrent par creuser des canaux. Ils eurent de l’eau à profusion puisque les terres se trouvaient entre les deux nahalim (fleuves) Dan et Snir. De là vient le nom de leur moshav : Nahalim. Ils eurent tellement d’eau autour d’eux que l’implantation formait une île. Les problèmes s’aggravèrent l’hiver car l’eau des fleuves déborda de tous les cotés et ils furent alors complètement isolés et envahis par les eaux. Pour traverser les torrents, ils furent obligés de construire des ponts de secours à l’aide de planches de bois et ils essayèrent de traverser les fleuves à l’aide de chariots tirés par un cheval. La malaria faisait rage et plusieurs membres de l’implantation tombèrent malades.
Ils cultivèrent des tomates qui arrivèrent pourries sur le marché à cause des difficultés de transports et du manque d’entre aide de leurs voisins.
L'autre gros problème était l’insécurité. Les Arabes rodaient tout autour des implantations, les attaquaient et pour se défendre, ils firent appel à la police des ychouvim juifs. Cette dernière installa un slik (cachette d'armes) à l’intérieur de l’implantation et dans la tour de garde ils entreposèrent des fusils qui étaient à l'époque les armes les plus importantes. Ils n’avaient aucun moyen de communication puisque le téléphone ne fut branché que deux ans plus tard. En attendant les terres exigèrent beaucoup de travail et les pionniers engagèrent des nomades bédouins, qui pour les besoins de la cause fondèrent à proximité des implantations des villages sédentaires où ils s’installèrent.
Adina, membre du moshav de Nahalim, nous raconte l’histoire de son père avant l’indépendance. Un matin il partit aux champs pour y travailler. Le Gardien qui surveillait les environs vit les Arabes du village voisin s’approchaient du moshav avec des bâtons pour les attaquer. Il sortit son revolver mais dans la panique il tomba de cheval, remonta en vitesse et galopa vers l'ychouv pour avertir ses amis. Il sonna la cloche pour donner l’alerte et les femmes et les enfants se réfugièrent dans les abris. Arié Bar Eli, le père de notre conteuse était dans les champs et n’entendit rien. Sa mère Sifra voulut aller le chercher mais l’officier l’en empêcha. Ils finirent par déléguer deux soldats armés avec Sifra pour aller chercher le père. En route les Arabes qui arrivaient à leur but virent les soldats avec des revolvers, prirent peur et se sauvèrent. Tout le monde rentra sain et sauf au moshav mais cette histoire représente bien la vie de tous les pionniers qui vivaient dans cette peur et constante insécurité.
Pendant la deuxième guerre mondiale les Anglais chassèrent les Templiers du pays car ils se rendirent compte qu'ils étaient nazis ; les terres de Beit-Lehem Aglilitt et de Bné Atarot où ils vivaient se retrouvèrent donc disponibles. (Des livres sur le nazisme ont été trouvés à Bné-Atarot). C’est alors que les pionniers de Métsouda Ussishkin, ceux de Bné Aterot et de Béerot Itskrak se regroupèrent, entre 1943 et 1948, dans le village des Templiers du nom de Wilhelma dans la communauté rurale de Modi’im. Ils vécurent alors tous dans des tentes, puis passèrent dans des maisons préfabriquées attenantes les unes aux autres et où quatre familles vivaient ensemble.
En 1948 les membres de l’Irgoun de Jérusalem fondirent pour la troisième fois leur moshav à l’emplacement actuel. Ils lui donnèrent le nom de Nahalim en souvenir de leur première installation en haute Galilée. C’est à cette époque qu’ils construisirent une enceinte en pierre autour du moshav pour se protéger.
Au moment de la guerre d’indépendance les femmes et les enfants furent envoyés à l’école de Yavné à Haïfa par sécurité. Les hommes restèrent pour garder le moshav et continuèrent à assécher les marais.
Aujourd’hui 250 familles vivent à Nahalim et la quatrième génération a vu le jour. A l’intérieur du moshav se trouvent une Yéshiva de Bnéi Akiva et une école professionnelle. Ils ne s’occupent plus beaucoup d’agriculture mais produisent des fromages et du miel. Beaucoup d’entre-eux travaillent en dehors du moshav. On est au centre du pays puisque l’aéroport international est tout proche. Les enfants des pionniers du moshav ont reçu des terres et de nouveaux quartiers de villas voient le jour.
Dans l’enceinte du Beit Arishonim reconstitué à la mémoire de Sifra Bar Eli, la mère de la responsable du musée, nous pouvons nous rendre compte de la vie quotidienne de l’époque grâce aux objets. Dans la cour, de nombreux instruments de travail comme : une serpe, une faucille, des râteaux, des bêches, une herse, une faucheuse, ect. Une ancienne ruche est exposée avec sa centrifugeuse. Le chariot en bois que tirait le cheval de Sifra est encore là, à côté des tronçonneuses, des semeuses, de la machine qui séparait les épis des grains. Le père d’Adina a utilisé le premier tracteur du pays qui est encore dans la cour. Plusieurs charrues sont exposées une première en bois de l’époque arabe, puis une plus moderne, en fer que les juifs firent venir de l’étranger et bien d’autres de plus en plus récentes.
Toujours dans la grande cour, se trouvent plusieurs bidons en fer blanc où les moshavnikim entreposaient leur lait et, pour qu’il se conserve frais, ils mettaient ces gros bidons en fer blanc dans l’eau courante du lit du torrent lorsqu'ils étaient en haute Galilée.
A l'intérieur de la Tour de Garde transformée en musée plusieurs documents sur les membres de l’implantation et la vie du moshav de l’époque sont exposés. On y voit des certificats, des passeports, un poème que la mère d’Adina a écrit à ses enfants, un extrait de mariage fictif pour que les pionniers puissent arriver au pays plus facilement pendant la période du mandat britannique.
Sur un des murs extérieurs de la maison est accroché un garde-manger et sur un autre côté une pomme de douche qui servait de salle de bains.
A l’intérieur de la maison : Deux pièces, la chambre à coucher (parents et enfants) et la pièce commune qui servait de cuisine, de salle à manger, de salon, de salle d’études, de salle de réunion et de salle d’écoute de radio.
Un petit berceau se trouve dans la chambre à coucher et Adina nous raconte son histoire.
Hetva et Yéshoua Lébowitch deux membres du moshav, montèrent au pays à l’époque du mandat britannique. Ils partirent avec un sac à dos sur un bateau qui devait les emmener en Israël en trois semaines. Mais les Anglais refoulèrent les bateaux clandestins vers Chypre et ils restèrent quatre mois en mer, dans les conditions pénibles qui nous sont connues.
Hetva était enceinte au début de son voyage et elle finit par accoucher sur le bateau. Elle eut une petite fille qu’ils appelèrent Yémima puisqu’elle naquit en mer. (Mer = Yam en hébreu). Les immigrants, afin d’aider les parents, confectionnèrent un petit panier en bois au bébé et en firent cadeau aux parents. Ce berceau et son bébé arrivèrent à bon port en Israël et il a servi aux treize petits enfants des générations qui naquirent dans cette famille.
Comment y arriver : Sur la nationale 40 entre Pétah Tikva et Lod