Voici l’histoire d’une ville plus ancienne que le jeune état d’Israël, elle a fêté déjà son centenaire en 2002 et elle peut en être fière car elle est aujourd’hui un endroit où il fait bon vivre.
Lorsque Henkin et Ruppin décidèrent d’acheter des terres dans les environs, ils rencontrèrent le cheik du village de Kfar Saba et lui demandèrent le prix de vente du terrain. Tout près du village il y avait une grande forêt et le chef du village ne savait pas trop comment compter la surface à vendre. Il proposa aux deux hommes de monter à cheval, prit un rouleau de ficelle et ils partirent tous les trois vers la forêt en entourant les arbres qui se trouvaient sur leur parcours et en dévidant le rouleau de ficelle. C’est ainsi que le chef du village vendit aux directeurs du K.K.L. un terrain de 700 ares sans en avoir la moindre idée.
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C’est en1894 que Noah Karlinsky commença à acheter des terrains à un cheik turc qui habitait la région, dans un village arabe qui portait le nom de Kfar Saba. Ces terrains passèrent de propriétaires en propriétaires jusqu’en 1903, date de la création de la moshava. A la fin du 19ème siècle, Karlinsky créa une commission qui s’occupa de la vente des terrains qui étaient en friche et dont personne ne s’occupait. Les Juifs de Petah-Tikva et de Jérusalem achetèrent ces terrains car ils étaient les seuls à être relativement près de cet endroit. Sur ces terrains les pionniers plantèrent tout d’abord des épices et des fleurs pour en faire des parfums selon la demande du Baron de Rothschild mais cette tentative fut un fiasco. Ensuite ils plantèrent le long d’une semaine des amandiers puis en 1906 le premier puits fut foré derrière la maison des ouvriers.
En 1915 une invasion de sauterelles surgit et elles étaient si nombreuses que l’on ne distinguait ni les champs agricoles, ni la voie de chemin de fer.
En 1917 les Juifs furent chassés de Yaffo par les Anglais et une partie d'entre eux s’installa à Kfar Saba.
La mairie
Le bâtiment de la mairie est l’une des premières maisons de la moshava, bien que cette maison ne soit pas une des premières construites à l’époque, elle est la seule qui représente aujourd’hui une maison authentique de la moshava. Elle a servit de caravansérail à sa création et elle comportait deux chambres ; la première était occupée par une cinquantaine d’ouvriers et la deuxième par les organisateurs qui envisageaient de créer un village. Les chambres étaient à l’état brut sans aucune sorte de céramique au sol, sans plâtre ou peinture sur les murs, la vie journalière était insupportable et seul l’espoir les a soutenus à surmonter toutes les embûches.
Nicolas Ostrovski(1823-1886 Auteur dramatique Russe) habita alors dans le han seul avec sa femme qui attrapa la malaria. Il écrivit une lettre au pharmacien de Petah-Tikva pour qu’il vienne soigner sa femme d’urgence en lui disant que 50% de la population avait attrapé cette maladie. Le pharmacien arriva avec bien du mal pour soigner les malades, commença par la femme de Nicolas et lui demanda où étaient les autres malades. Ostrovski lui avoua alors qu’il n’y en avait pas, le pharmacien s’étonna car sur la lettre il est bien marqué que la moitié de la population souffrait de la malaria. Ostrovski répondit alors qu’il vivait seul avec sa femme dans cet endroit et qu’elle représentait 50% de la population !
Le puits
Il se trouve derrière la mairie et a été foré en 1906 par les pionniers, il avait une profondeur de 20 mètres et était activé par une pompe manuelle. Pendant les événements de 1924 lorsque les Arabes attaquèrent les Juifs de Kfar Saba ainsi que ceux du reste du pays, ils saccagèrent la pompe du puits qui fut remplacée par une pompe électrique lorsque les évènements se calmèrent.
Les deux eucalyptus
Ils ont l’âge de la moshava et sont les seuls à avoir survécu à l'évolution de la ville. Les Turcs commencèrent à arracher tous les eucalyptus lorsqu’ils occupèrent les lieux mais ces deux là furent sauvés parce qu’ils s’en servaient pour attacher leurs fils de communications tout à fait au sommet de ces arbres! Plus tard, ce sont les responsables de la ville qui ont voulu les abattre car leurs racines trop profondes s’étendaient sous terre et risquaient de déstabiliser les maisons environnantes. C’est grâce à Barouh Priver qui les a défendus de toutes ses forces, que ces arbres existent encore à ce jour. Ce pionnier de Petah-Tikva fut envoyé à Kfar Saba après la perte de sa main coupée par une machine agricole et selon ses propres paroles, il aurait préféré se faire couper l’autre main que de voir les arbres abattus. Un travail important a été alors entrepris pour couper les racines souterraines des deux arbres.
Le médecin se sentit impuissant devant l’amputation de cet homme et c’est grâce à cet accident qu’il fut décidé de créer dans le pays des centres de soins (Koupat-holim)
Sheinfen a été le premier jardinier de Kfar Saba et sa fille vivait encore dans la ville en 2002.
Pour le centenaire de la ville, le maire a fait planter deux petit eucalyptus juste en face des anciens.
La tour de forage se trouve non loin du puits et des eucalyptus et elle fait partie du patrimoine national.
Le musée des Anciens
Il se trouve rue Herzl et la petite maison (tsrif) fait partie des dix premières maisons construites sur les terrains, ces derniers étaient en vente à 800 francs le dounan (are). Il n’était pas facile de construite parce que les Turcs ne délivraient pas d’autorisation, les pionniers essayer de les ruser en bâtissant des étables au ré-de- chaussée. Lorsqu’ils arrivaient au premier étage ils étaient dans l’obligation de faire des ouvertures pour les fenêtres et quand les responsables turcs venaient vérifier l’état des lieux, les pionniers les achetaient en les vantant avec beaucoup de mots et des costumes neufs. Arrivé au toit, ils devaient demander une dernière autorisation car une fois le toit mis on n’avait plus le droit de détruire ce qui avait été construit, là les pionniers avaient recours à des pièces de monnaies et des bouteilles d’alcool.
Ce n’est qu’en 1934 que les trois premières rues Herzl, Weizmann et Rothschild furent goudronnées car les priorités étaient d’abord réservées aux plantations d’arbres.
La famille Dorian, propriétaire de cette maison en a fait don à la mairie de Kfar Saba afin d’y fonder un musée, la maison d’origine se trouve derrière le musée.
Le cordonnier.
Une toute petite baraque, juste en face celle du musée a été celle d'Ohman le premier cordonnier de la ville, qui avait 95 ans en 2002 il y a vécu longtemps puis a été s’installer dans un appartement un peu plus loin dans le quartier.
Gan Giboré Israël.
Il se trouve près de la rue Ameyassdim et sur un grand monticule verdoyant une petite sculpture y a été posée. Dans toute la ville de Kfar Saba aujourd’hui on peut trouver des jardins autour des immeubles où les enfants peuvent descendre jouer sans avoir à traverser de rues.
Le tango de Kfar Saba.
Ce célèbre chant a été écrit par Nathan Alterman et mis en musique par Billansky. Derrière l’histoire d’amour entre un homme et une femme c’est le seul poème qui retracera toute la vie agricole de l’époque, sur l’intensité des travaux et des pionniers qui s’adonnaient à l’agriculture. Deux autres chants ont été écrits sur Kfar Saba.
Le Kikar (carrefour)
En 1939, il n’y avait qu’un seul carrefour aux coins des rues Rothschild et Weizmann et c’était le centre des activités de la moshava. Le premier café ouvrit ses portes, il a été tenu par Filder et toute la population s’y retrouvait pour se tenir au courant des dernières nouvelles ; le café servit aussi d’escale aux convois qui se rendaient à Petah-Tikva car c’était la seule route qui existait et elle traversait la moshava. Juste derrière le café se trouvait la station centrale des caravanes et des chevaux.
Au 85 de la rue Weizmann se trouve l’immeuble de deux étages que la Haganah a occupé lors des évènements de 1936. Elle établit son siège dans le bâtiment et répartit en plusieurs groupes le nombre de participants à la défense du pays. Les personnes les plus âgées gardaient la frontière jordanienne qui longeait Kalkilya, Tira et les autres villages arabes, les adolescents s’occupaient d’envoyer les messages en mors où encore montaient sur le toit de l’immeuble qui à l’époque dominait la région et ils envoyaient des messages lumineux à Raananna et à Tsofit les deux villages juifs les plus proches d’eux. Les jeunes s’occupaient de toutes les sortes de communications.
La famille Aharoni.
L’immeuble occupé aujourd’hui par la Wizo a été la propriété de la famille Aharoni qui la construisit en 1928. Cette belle demeure appelée le château était entourée de nombreux vergers qui s’étendaient à perte de vue ; Aujourd’hui ces vergers ont été remplacés par un centre commercial et une esplanade. Contrairement à toutes les petites maisons qui se montaient sans plâtre et sans aucun superflu la demeure de la famille Aharoni a été fignolée du début à la fin. Une balustrade formée de plusieurs piliers en pierre fermait un balcon dont le sol était carrelé de motifs géométriques colorés ; plusieurs colonnes décoratives ornaient l’entrée du bâtiment. La famille Ben Sion Aaroni (Aharonivitch) exportait ses oranges des trois ports les plus proches de Kfar Saba, c’est à dire Yaffo, Sidney Ali et Césarée.
Centre culturelle.
Il contient une bibliothèque, Yad Lébanim, un mémorial, des archives un petit musée, un conservatoire, une salle de sport, un petit musée archéologique et un autre sur Sapir qui a été ministre des finances et un des pionniers de Kfar Saba. Sur la porte d’entrée de Yad Levanim on peut lire :
אשרי העם שאלה בנין
En face, l’auditorium donne des concerts et diverses représentations.
En 1968 a eu lieu l’ouverture du bâtiment comprenant la salle de théâtre.
Sur la façade une des œuvres de Bezen Nephtali. Plusieurs autres œuvres de ce sculpteur se trouvent dans le site de Yad Vashem. Sur cette bas relief on peut voir : la bougie du souvenir, les premières maisons du village, un soldat qui tient d’une main un cactus (le cactus représente le sabré – l'enfant né dans le pays), dans l’autre main une bougie et le soleil représentent la lumière. Les arbres rappellent les vergers de la moshava et l’outil que tient le soldat est le symbole du travail agricole dans les vergers. Le visage d’une femme au-dessus du soldat c'est l’attente du retour du fils de la famille et enfin l’échelle est celle de Jacob, celle où les anges montent et descendent, c'est l’espoir.
Mémorial de Kfar Saba : 11.10.1956
Grande opération Gmoul d’Israël contre la police de Kalkilya. 100 morts et des dizaines de blessés dans le camp jordanien, 17 soldats tués et 60 blessés dans le camp de Tsahal. Entre les années 50 et 56, les Arabes attaquèrent sans arrêt les Juifs un peu partout dans le pays ; après avoir tués des Juifs à Tel Mond, deux ouvriers Juifs furent tués à leur tour sur la route d’Even Yéhouda. L’armée décida de riposter et d’attaquer la ville de Kalkilya ; les parachutistes sortirent de Nir Elyao et de Kfar Saba en pleine nuit afin de n’attaquer que la police jordanienne de Kalkilya, ils se heurtèrent à la légion jordanienne qui se trouvait à Hirbat Tsoufi, ils tombèrent dans les mains de la légion et 17 de nos hommes tombèrent. 9 jours plus tard commença l’opération Kadesh qui dut sa réussite à l’expérience de l’attaque de Kalkilya.
Sur le mémorial est inscrit une partie du psaume 127 : Cantique des degrés de Salomon.
On retrouve le nom de Kfar Saba dans le livre de Flavius Josèphe, la guerre des Juifs, (Mattathias) lors de son récit en 164 avant l’ère chrétienne.
Kfar Saba se trouve exactement sur le tracé sur la Via Marias (Dereh Ayam) de l’époque romaine.
Kfar Saba avait une population de 85.0000 habitants pour son centenaire et elle est jumelée à Delft en Hollande, à San José en Costarica et à Wiesbaden et Mulheim en Allemagne.
Mémorial des soldats de la ville Mémorial de la Shoa