Des trésors en or et des pierres précieuses ont toujours été le rêve des pillards en Eretz Israël. Le métier de pillards d'antiquités a toujours trouvé sa préférence dans la plaine de Judée où ils découvrirent plusieurs endroits à cambrioler. Avec le responsable du service archéologique qui s'occupe du sujet nous découvrirons les trésors volés dont nous n'imaginons pas l'existence.
Certains archéologues s'occupent en partie de préserver les fouilles archéologiques de la région et d'essayer de retrouver les pillards des grottes. En principe ces derniers recherchent spécialement des tombes car c'est là qu'ils ont le plus de chances de trouver des objets. Ils font partie d'une chaine de voleurs ; les premiers de la chaîne trouvent les objets qui passent à des personnes qui sont aux frontières du pays. Il s'agit le plus souvent de bédouins ou de palestiniens. Ces derniers les revendent à de très bons prix à des boutiquiers du souk de Jérusalem ou à des collectionneurs particuliers à l'étranger. Un grand nombre de palestiniens volaient les trésors des grottes tant que le "mur de séparation" entre les deux pays n'était pas construit, si les vols ont un tant soit peu diminué il n'en reste pas moins très importants car les pillards connaissent les lieux beaucoup mieux que les archéologues eux-mêmes, ils ont des moyens très simples mais très efficaces de trouver les endroits propices inviolés depuis l'époque de Bar Kohba. Ils arrivent sur les lieux de jour comme de nuit, allument des feux de camp et travaillent avec des lampes de poches. Le nombre de grottes est tellement important dans la région que 10% environ ont été prospecté par les archéologues et il arrive que lorsque l'équipe de chercheurs arrivent sur place la grotte a déjà été visitée par les voleurs. Ces derniers recherchent plus particulièrement les pièces de monnaie de l'époque de Bar Kohba où le Temple est gravé sur l'une des faces ainsi que des objets de culte comme des lampes à huile.
Horvat Amoudim
Les vestiges d'Amoudim ne sont visibles que le samedi car elles se trouvent dans sur le terrain d'entraînement de Tsahal.
Pour y parvenir on doit prendre la route départementale n° 3415 qui arrive aux villages d'Amatsia et de Shakef. 7 kilomètres après Lahish on tourne à gauche sur un chemin de terre qui après quelques kilomètres nous amène aux vestiges Amoudim. Le village de Douema existait avant la guerre de libération de 1948 dans cette réserve et les habitants y avaient plantés un bon nombre d'oliviers qui ont 150 ans environ et qui sont les seuls arbres de cette région un peu aride. Quelques gazelles s'y promènent et des perdrix les survolent. Les champs environnants où ne poussent que du blé ou des poix chiches appartiennent aux moshavim des alentours.
Nous longeons la route romaine qui partait de Beit Juvrin à Beer Shéva et un pilbox nous rappelle la présence des Anglais au pays. Cette partie de la région de la plaine du Sud de la Judée est complètement aride et seuls quelques lentisques ça et là mettent une touche de vert dans la nature. Par contre au début du printemps la région est un régal pour l'œil car toutes les fleures des champs font leur apparition en quantités les une après les autres. En ce mois de décembre seuls quelques narcisses pointent leur nez.
C'est à l'époque hellénistique que les carrières crayeuses de la région ont commencées à être taillées et ce sont les Juifs de la période du deuxième Temple qui en ont profitées pour s'y abriter et emmagasiner armes et nourriture. A cette époque de nombreux villages Juifs s'éparpillaient dans la région et la vie y était intense.
Pour arriver à l'entrée de la grotte souterraine et cachée il faut monter jusqu'en haut du tel en y découvrant une quantité impressionnante de puits et d'ouvertures non bouchés qui peuvent être très dangereux si on ne les voit pas. La promenade est un régal car nous somme dans une réserve immense, complètement dénudée et qu'aucun signe de civilisation ne vient déranger. La région est très vallonnée et sur chaque hauteur se cachent des vestiges de la même période.
Arrivé sur place des petits détails permettent de penser qu'un village existait à cet endroit, une marche bien taillée devait être l'entrée d'un maison ou de tout autre bâtiment, les suppositions sont entières mais les preuves manquent.
Une petite ouverture avec une échelle nous permet de descendre à l'intérieur de la terre et à peine a-t-on le temps de se retourner que nous pénétrons dans un tunnel souterrain que nous devons longer à quatre pattes pendant 20 bonnes minutes. Au bout de ce tunnel la surprise est très grande car nous arrivons dans une salle immense, très haute, avec des piliers impressionnants de forme carré qui sont rattachés au sol et au plafond d’où le nom de vestiges Amoudim (piliers). Seul un trou au plafond laisse passer de la lumière, trou par lequel apparemment, les ouvriers ont creusé la carrière.
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Un peu plus loin une autre entrée, plus normale celle-là, nous permet à l'aide d'une échelle de descendre dans la terre pour arriver devant un escalier en terre d'origine qui nous permet de descendre dans une importante salle avec des piliers. Cet escalier joint à la paroi humide et poisseuse est en colimaçon. La salle fait encore plus d'effet que la première, la hauteur incroyable de cette pièce, les nombreux piliers rattachés au sol et au plafond, l'environnement un peu mystérieux et sombre ne peut laisser personne insensible.
Toujours au sein de la réserve nous irons à pieds des vestiges d'Amoudim à ceux de Loya, sans chemin de randonnée tracé, sans signe de marquage pour se repérer, grâce à notre guide connaît la région par cœur car il y travaille. Cette partie du Sud de la plaine de Judée n'étant pas du tout fréquentée, nous sommes les seuls promeneurs de ce parcours.
Beit Loya.
Cette ville est connue dans la Bible – Livre de Josué - elle se trouvait à la frontière de la tribu de Siméon et celle de Juda à 8 kilomètres du tel Lahish.
On y a découverts des tombes, des grottes avec des sarcophages garnis de chapiteaux et des desseins, un columbarium, un joli pressoir à huile entouré d'une mosaïque blanche, un très grand pressoir à vin étonnant et le comble du tout : une mosaïque dans son ensemble, ahurissante, un coup de cœur, dans les vestiges de l'église.Les mormons ont sanctifié cette église et s'y rendent lorsque l'armée le leur permet car ils croient que Jésus est passé par là. Ils ont demandé au gouvernement israélien d'entreprendre des fouilles mais le site étant occupé par l'armée toute la semaine le travail y est lent et difficile.
La basilique
Elle date apparemment de l'an 500 de notre ère et elle a été abandonnée depuis de nombreuses années. On y découvre aujourd'hui, en balayant le sable qui la recouvre pour la protéger, des trésors d'ornements, de desseins et d'inscriptions. Certains animaux sont en plein mouvement, on y trouve un loup, des poissons, un pécheur, une barque sur la mer avec sa voile qui est poussée par le vent, deux oiseaux qui boivent dans une coupe et au centre de la mosaïque plusieurs personnages et des dessins géométriques.
Sur le côté gauche une colline servait de lieu à la tour des cloches, il y a encore une inscription en grec : Que D. garde Tsar et Bouah. (Traduction d'un verset des psaumes)
Comment y arriver :
Arriver jusqu'au carrefour Plougot (Kiriat Gat) puis tourner à l'Est vers Lahish jusqu'au carrefour Lahish, tourner 200 mètres après le carrefour sur la route 3415, juste avant Amatsia, à droite d'une maison isolée, on tourne à gauche sur un chemin de randonnée. Rouler jusqu'à la fin de cette route et suivre le symbole rouge et après près d'un kilomètre on tourne à gauche sur le chemin qui monte aux vestiges de Beit Loya
La route 358 est une route neuve qui mène de Beit Juvrin à Lahav. Elle est parallèle à la ligne verte et à la route du pétrole.
Vestiges de Oum Shakef - Khirbet Umm ash-Shaqaf
Tous les villages arabes d'Israël ont été détruits pendant ou après la guerre d'indépendance en 1948, tous sauf Oum Shakef, pourquoi? La question reste sans réponse! Certains disent qu'il était dans une région non défendu ou trop près de la ligne verte…
Ce village est très très étendue, immense même puisqu'il couvre toute le contrefort du lieu, il s'y trouve plus d'une centaine maisons; certaines n'ont qu'une pièce, d'autres sont magnifiques, la majorité d'entre elles sont construites sur des grottes, c'est-à-dire que l'entrée est à la hauteur du sol et la maison est en contrebas, construite au niveau de la grotte. Les habitants ont consolidé ces grottes de terre crayeuse déjà existantes afin de les utiliser comme grottes secrètes et entrepôts.
Les habitants descendaient des monts Hébron pour venir travailler dans les champs et ils décidèrent de créer un village non loin de leur lieu de travail. Ce sont les vestiges du haut qui remontent à une période plus tardive, celle de la période musulmane datant de 200 ans. Dans les grottes on trouve de grandes pièces, des linteaux de pierre taillés avec des dessins. Les vestiges dominent à 342 mètres au-dessus du niveau de la mer ce qui permet d'y admirer un beau panorama entres autres sur les monts de Hébron.
D'après les vestiges trouvés sur place ce village a été occupé pendant la période du deuxième Temple puis à la période byzantine, le village arabe d'Oum Shakef s'est établi juste sur les vestiges des civilisations précédentes.
Certaines de ces grottes ont servi de refuge aux Juifs pendant la période romaine, celles-ci ont été creusées d'une manière très intelligente : Pour contrecarrer les soldats romains qui arrivaient avec un attirail encombrant pour persécuter les occupants de ces grottes, ces derniers firent des passages sinueux de 90° degrés. On dit que c'est pour cette raison que les communautés de ces grottes secrètes ont retardé et empêché les romains dans leurs recherches de rebelles, et qu'ils ont réussi à se sauver grâces à ces sorties secrètes.
Dans une de ces grottes une chapelle y a été découverte car sur deux de ses murs des croix ont été gravées et des encoches pour les lampes à huiles y ont été creusées. On suppose que cette grotte datede la période byzantine.
Comment y arriver : Prendre la route n° 6 jusqu'à Kiriat Gat qui rejoint la nationale 35.
Tourner vers l'Est et rouler jusqu'au carrefour Lahish. Tourner ensuite à gauche sur la 3415 qui arrive jusqu'à l'implantation de Shakef. Là continuer vers le sud sur une route non classée avec la marque de reconnaissance rouge. Après trois kilomètres prendre l'embranchement à l'ouest avec la marque de couler verte.