La broderie de l’âme humaine Orna Goren archéologue et anthropologue, spécialisée dans la vie des Bédouins en Israël nous fera découvrir la femme bédouine en son milieu. Orna habite Hofit avec son mari qui est aussi archéologue et elle a participé à la fondation de tous les musées de la culture bédouine en Israël comme le musée Joe Allon.
Le tioul d’aujourd’hui concerne les femmes bédouines du Néguev dont la ville ou les villages se trouvent dans la périphérie de Beer Shéva. « La broderie de l’âme humaine » est le titre qu’Orna a choisi pour les rencontres qu’elles organisent entre les Israéliennes et ces femmes bédouines.
Rahat. Première ville bédouine au monde
Les bédouins se sont installés dans des villes ou villages construits à leur intention par le gouvernement israélien, dans lesquelles ils peuvent profiter d'infra structures, de formation, de soins médicaux et de possibilités de travail. Rahat, située au sud de la ville de Beersheba, est l'une de ces implantations qui s'est constamment développée et étendue depuis sa fondation en 1972. Aujourd'hui, elle abrite plus de 50.000 habitants dont la moitié ont mois de 18 ans; c'est la raison pour laquelle l'Etat d'Israël a décidé de lui octroyer le statut de ville. Une ligne d'autobus Egged desservait la ville jusqu'au jour où des événements malencontreux sont arrivés suite à la commémoration [du jour de la terre] et Egged a décidé d'interrompre le trajet à l'intérieur de la ville.
Rahat possède tous les services sociaux, médicaux et éducatifs, deux banques et une poste. La ville est très étendue et se partage en quartiers numérotés, il n'y a pas de noms de rues mais des numéros de quartier seules les écoles portent les noms des Sheikh de leur tribu.
En haut de la colline nous apercevons les vestiges de la maison du grand du Sheikh de Rahat qui avait 39 femmes et quelques 76 enfants. Une légende raconte qu'un jour ce sheikh se trouva prés d'une fontaine pour faire boire son chameau, là, il rencontra une belle jeune fille et lui demanda son nom et d’où elle venait, elle lui répondit tout simplement qu'elle était la fille du Sheikh du village, autrement dit la sienne…
Elhamal Kamlat nous reçoit chez elle, dans une pièce aménagée spécialement pour les groupes qui viennent lui rendre visite. Dans une petite cheminée brûle un feu de bois, des tapis, des coussins et des matelas multicolores le long des murs invitent les personnes à s'y installer. Sa belle mère passera entre nous pour nous offrir le thé traditionnel.
Elhamal est mariée ; elle a une fille de 4 ans et un fils de 2 ans, son mari travaille dans l'armée, plus exactement dans la « Police des frontières ». Elle travaillait tout comme son mari dans la ville de Sederot quand elle décida de réaliser un de ses rêves : créer une association pour l’évolution de la femme bédouine. Elle se tourna vers des organisations spécialisées qui lui proposèrent d'aller en Inde faire un stage pour voir et apprendre à résoudre les problèmes de la femme en Inde. 10.000 femmes en tout s'étaient présentées pour ce projet international mais après élimination, il n'en resta que 100 et sur les cent le comité choisit les 10 candidates les plus adaptées à ce projet. Elhamal réfléchit et se dit : Pourquoi aller si loin, jusqu'en Inde quand nous avons sur place les problèmes des femmes de notre ville? Elle fit donc son stage en Israël et depuis deux ans elle est la coordinatrice des femmes de sa ville : elle les aide à résoudre tous les problèmes qu'elles rencontrent. Elle leur apprend à se débrouiller toutes seules, elle les guide, elle leur donne les moyens de se rendre dans les divers bureaux de la ville pour obtenir ce qu'elles ont besoin mais elle ne les accompagne pas et ne se rend pas dans les bureaux administratifs à leur place. Il s’agit souvent de choses simples comme aller à la poste, à la sécurité sociale, au dispensaire ou tout simplement faire des emplettes. Elles leur donne la possibilité de savoir se débrouiller seules.
Elhamal nous explique ce que nous savons déjà. L'homme est le patriarche, il décide tout, que ce soir le père, le frère, le mari et mêmes les oncles et les cousins, ne fait pas les choses à leur place tous les hommes ont un pouvoir sur toutes les femmes de la famille. La loi bédouine domine sur les lois israéliennes. Avec l'évolution de leur vie en Israël les hommes de presque toutes les tribus acceptent que leurs femmes évoluent mais seulement sous leur protection. Quatre tribus d'entre elles seulement refusent catégoriquement tout changement, elles restent encrées dans leurs coutumes et leurs traditions, alors les filles doivent se marier à l'âge de 14 ans et passer de la tutelle de leur père à celle de leur mari.
Ces grâce à des femmes comme Elhamal [avec le consentement de son mari et celles que nous verrons plus loin] qui se bat avec beaucoup d'énergie que des écoles de filles ont été crées et qu'elles peuvent aujourd'hui obtenir leur bac. Des femmes de tous les âges rejoignent cette école, des mères, des grands mères vont s'assoir pour la première fois sur les bancs de l'école pour apprendre à lire, à écrire ou à compter sous l'enseigne de [L'instruction complémentaire de la femme]. Le maire de la ville qui a des idées libérales aident toutes les associations de sa ville compris celles des femmes [ma'amad isha] Malgré tous ces efforts le Matnass [la maison de la jeunesse et des sports] est en veille à cause d'un manque de budgets et de personnes qui la gèrent. Aujourd’hui quelques femmes de Rahat travaillent dans des épiceries, des magasins dans des services sociaux, dans des dispensaires ou encore dans des salons de beauté.
Séguev Shalom : "Wadi Shalom"
Une des sept villes fondée en 1960 par le gouvernement israélien. En 1977 elle reçut la visite du président égyptien Anouar El Assad.
Nous sommes reçues dans une grande pièce ou sont exposés plusieurs objets comme des jarres, des coussins et des robes brodés à la main, des colliers, des épices ou encore toute sorte d'artisanat que les grands mères qui sont toutes volontaires font de leurs propres mains. Sur le sol des petits paquets d'herbes cueillies par ces femmes avec lesquels on fait des infusions pour soigner tous les petits maux.
L'école des grands mères a été fondée pour les femmes qui voulaient s'occuper. Elles sont âgées de plus de 55 ans et font des travaux manuels dans le cadre de l'association. Sous nos yeux grand-mère Taza fait des colliers de perles, grand mère Hadra, de la broderie, grand mère Sabiha s'occupe des plantes naturelles.
Notre hôte a quitté l'école en 5ème comme toutes les filles de son âge, mais son rêve été de devenir médecin pourtant pendant huit longues années, elle fut hors du contexte scolaire et sa chance fut que toute la famille déménagea et vint s'installer à Seguev Shalom. Là, une assistante sociale de Beer Sheva la guida et l'aida à reprendre ses études. Accompagnée de huit jeunes filles bédouines, elle reprit ses études et passa son bac. Son père, palestinien jordanien divorça et vint vivre avec ses enfants. Après son bac elle se porta volontaire dans les jardins d'enfants et au bout d'un an abandonna les enfants, fit don de tout le matériel qu'elle avait investi pour ces écoles maternelles et partit étudier deux ans et demi à Haiffa. Elle réussit enfin à obtenir sa licence en anthropologie et créa « l'Association de femmes bédouines en leur faveur » « Nous allons de l'avant, nous dit-elle. L'époque de la femme servante est révolue. Elles ne peuvent plus rester enfermées à la maison. Elles ont besoin de travailler à l’extérieur »
Elle nous explique la différence entre deux robes brodées à la main, elles sont reconnaissables par leur couleur, la première, de couleur bleue est la robe de célibataire, les hommes dans la rue ou ailleurs savent alors que la jeune fille est disponible. Bien avant leur mariage elles se mettent à broder leur robe de mariée de couleur noire et rouge et s'en serve souvent après leur mariage. Plusieurs symboles de broderies sont contre le coup d'œil, ce travail de broderie dure une bonne année. En plus elle porte un foulard qui cache toutes leurs chevelures et certaines ont un cache-visage qui est un grand handicap car il les étouffe.
La cérémonie du café chez les bédouins a aussi beaucoup de signification, si le patriarche rempli la petite tasse de café c’est mauvais signe, cela signifie que la compagnie de l'invité n'est pas souhaitable. Si au contraire la quantité de café est moindre dans cette tasse, c'est un signe favorable, la personne est la bienvenue, si l'invité met la paume de sa main sur la tasse, le chef comprend qu’il est venu pour parler de ses problèmes.
A 36 ans, notre hôte s'occupe de deux classes de maternelles d'une dizaine d'enfants chacune et tous les frais de ces classes sont à la charge de l'association.
Tel Shéva
Tel que Sabi ou Tel-Sheva est un ville bédouine dans le district du sud de l'Israël, en bordure de Beer Sheva. According to the (CBS), the population of Tel as-Sabi was 13,000 in December 2005.Selon le Bureau central israélien de statistique (CBS), la population de Tel-Sabi a été que 13.000 en Décembre 2005. Tel as-Sabi's jurisdiction is 5,000 (5 km²). As of 2000, the town has been ranked lowest (1 out of 10) in socio-economic standing, with an average income of 3,237 to the national average's of 6,835. En 2000, la ville a été classée parmi le plus bas niveau (1 à 10) du développement socio-économique, avec un revenu moyen de 3237 shekels à la moyenne nationale de 6835 de l'an. Only 43% of grade twelve students are eligible to graduate from high school. Seulement 43% des élèves obtiennent leur bac Tel as-Sabi was founded in 1968 as part of a government project to settle Bedouins in permanent settlements and became a local council in 1984.Tel as-Sabi a été fondée en 1968 dans le cadre d'un projet du gouvernement de reloger les Bédouins dans des établissements permanents et est devenu un conseil local en 1984.
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Myriam nous reçoit dans sa ferme aux épices
Aujourd'hui le village laissé à l'abandon est très mal entretenu. Myriam nous explique qu’il a été crée après la guerre des six jours par le gouvernement israélien à cause des nombreux problèmes de la population bédouine. En effet les bédouins vivaient dans la nature, avec leurs troupeaux de chèvres. Ils se nourrissaient des produits de la terre et du lait de leurs brebis. Arrivés dans un village de béton ils ont du s'adapter à la vie sédentaire et changer tout leur mode de vie et en particulier la nourriture. C'est pour cette raison que Myriam a décidé de reprendre les coutumes de sa grand mère et de reproduire les produits qu'elle fabriquait alors de ses propres mains. Myriam se rend dans les champs pour cueillir les plantes, elles les ramènent dans son laboratoire et fabrique toutes sortes d'huiles, de savons à base de produits écologiques. Elle a suivi un stage de trois ans dans une école spécialisée en cosmétique. La plupart de ses produits sont sans conservateurs. Pour se faire connaître, elle a commencé à les distribuer gratuitement jusqu'au moment où les femmes sont venues lui en redemander. Myriam est la première femme bédouine d'Israël à fabriquer ses produits. Mais cela n'a pas été si simple, il a fallu qu'elle obtienne des permis dans plusieurs bureaux administratifs qui lui ont mis des bâtons dans les roues, il a fallu qu'elle empreinte de l'argent à plusieurs personnes et elle a même réussi à passer dans une émission télévisée sur une chaîne israélienne.
Myriam a ouvert son laboratoire dans un ancien garage désaffecté qu'elle a aménagé succinctement, dehors elle crée un jardin de plantes sauvages et trois femmes l’aident dans ses préparations.
Elle a donné à sa ferme le nom de « La fille du désert ». Elle nous explique que même si les femmes bédouines obtiennent des diplômes ils ne servent à rien si elles n'obtiennent pas l'autorisation de leurs époux pour accomplir leurs projets. Beaucoup de jeunes femmes comme Myriam ne se marient pas car il est plus important pour elles de sortir de leurs conditions de femmes bédouines enfermées dans les coutumes et traditions ancestrales que de se marier. Si une jeune fille n'est pas mariée à l'âge de 25 ans elle sait qu'aucun homme ne voudra d'elle. Mais certaines femmes comme Myriam font leur choix, elles sont décidées, ne reculent devant rien et acceptent leur conditions de célibat sereinement. Leur choix est simple : Se marier ou avoir leur propre identité.
Myriam a crée de toutes pièces son entreprise. Il y a 3ans de cela elle a monté une grande tente dans son village de Tel Sheva et a commencé ses préparations de produits de beauté dans son laboratoire proche d'ici. Au début sans trop de moyens elle écrivait même ses étiques à la main. Pour arriver à ce résultat il a fallut à Myriam bien des discussions et de la patience, elle a réussie à persuader son père de la laisser partir en Angleterre pour étudier, elle a eu la chance d'être hébergée par une amie et a obtenu sa licence de gestion à l'âge de 24 ans. Aujourd'hui Myriam a 38 ans et refuse encore de se marier, elle ne s'en plaint pas et elle a des projets pleins la tète. C’est grâce à une de ses amies qui lui a démontré que dans son pays elle a tous les moyens et les possibilités d'ouvrir un magasin de cosmétiques que Myriam s’est lancée, pourquoi chercher en Angleterre ce qui est a la portée de sa main lui dit-elle !
Cramim
Kibboutz le long de la ligne verte qui a une salle de fête et quelques chambres d'hôtes. 70 membres seulement vivent dans ce kibboutz.
Lakya
Manal Abu Karen : Magasin de bijouterie fantaisie
Sidrey et les Ateleirs de Kakkia
Créée en 1998, l’association Sidreh vient en aide aux femmes bédouines de la région du Naqab, dans le centre d’Israël. Mais c’est dans le village de Lakya qu’elle a installé son atelier de tissage qui permet aujourd’hui a plus de 70 femmes de perpétuer les traditions bédouines et de fortifier la situation sociale et économique de ces femmes.
Historiquement, les femmes tissaient les tentes, les tapis, les ceintures et les autres ustensiles domestiques. Aujourd’hui vivant dans des maisons en pierre (mais toujours très précaires), elles ne tissent que très rarement lors de grandes occasions. L’atelier de tissage permet ainsi de préserver l’héritage Bédouins très cher aux arabes du Naqab
La laine utilisée pour le tissage des tapis provient exclusivement des moutons élevés par les bédouins du Naqab. Une fois les moutons tondus, les femmes teignent la laine grâce à un système utilisant de l’eau bouillante et la regroupe en bobines. Le travail peut alors commencer. Il faut plusieurs jours pour tisser un tapis, le travail étant uniquement réalisé à la main et à l’aide d’un métier à tisser traditionnel fabrique en pierre et en bois. Lors du travail, les chants et les anecdotes sur les hommes amènent une ambiance bonne enfant, rythme par le mouvement du métier à tisser
Grâce à la qualité de ses tapis, l’association exporte aujourd’hui dans le monde entier, permettant aux bédouins du Naqab non seulement d’améliorer leur situation mais aussi de perpétuer ce savoir au combien symbolique pour la communauté bédouine.
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Amal est aujourd'hui infirmière en oncologie dans le service des enfants à l'hôpital de Soroka à Beer Sheva. Il y a 150 ans de cela son grand père vendait des épices, A l’ origine il habitait Gaza et c'est dans cette ville qu'il achetait sa marchandise pour la revendre à Beer Sheva, sa marchandise vendue il retournait à Gaza se fournir de nouveau et avec ses gains il acheta une petite terre à Kalya pour y construire sa maison. Il se maria et son commerce florissant il acheta d'autres terres et y fit construire un immeuble. Un chrétien lui demanda de lui construire une maison et les vestiges de cette maison sont encore visibles au fond d'une cour devant la maison d'Amal. C'était une belle propriété avec une salle voutée soutenues par plusieurs arcades et la famille l'a occupée depuis plusieurs générations. Pendant la guerre du golfe les 60 membres de la famille venaient s'abriter dans cette maison qui leur servait d'abri. Sa grand-mère âgée de 95 ans aujourd'hui a continué à l'entretenir et un des projets d'Amal est de la restaurer complètement car effectivement ce sera une belle maison.
Amal nous fait passer dans le salon de son appartement ou un thé et un gâteau maison nous sont servis par sa belle mère. Amal refuse de se faire photographier, mariée, elle a deux enfants : une fille de 11 ans et un garçon de 6 ans, elle a la tête couverte et porte la robe traditionnelle de la mariée.
Amal est infirmière depuis 14 ans, elle décida de faire des études et demanda l'autorisation à son père de se rendre à Ashkelon à l'école d'infirmière. Le père ne comprit pas la question, pourquoi sa fille voudrait étudier ? Pourquoi la seule fille de Lakya demandait à son père d'aller étudier a Ashkelon ? Il l'a regarda avec étonnement et les discussions houleuses s'entamèrent. Elle réussit à convaincre quelques femmes de commencer des études avec elle et avec beaucoup de patience et de persévérance obtint la permission de son père de se rendre à Ashkelon, le gros problème est qu'il leur fallait dormir dans les chambres d'étudiantes ce qui compliquait encore plus les discussions paternelles. Les médecins la voyant habillée avec son costume traditionnel pensait que son hébreu n'était pas à la hauteur et se proposait de l'aider mais Amal parle l'hébreu couramment et a fait toutes ses études dans cette langue sans aucuns problèmes. Elle choisit ce métier car elle voulait aider ses prochains. 80% de bédouins sont hospitalisés à l'hôpital de Soroka de Beer Sheva.
Amal a, elle aussi, réussi a créer deux associations pour le développement de la femme bédouine. Certaines femmes sortent enfin de chez elles pour se rendre à l'association et entreprendre des travaux manuels, d'autres commencent à aller travailler à l'extérieur pour gagner leur vie.
Les quelques 130 000 Bédouins vivant actuellement dans le Néguev représentent 13 % des citoyens arabes d’Israël, qui constituent eux-mêmes 20 % de la population totale israélienne.
Israël a construit, dans les années 1960 et 1970, sept petites villes pour les rassembler. La moitié environ des 120 000 Bédouins de la partie méridionale du pays s’y trouvent. Mais l’autre moitié souhaite continuer à vivre sur ses terres ancestrales leurs villages sont « illégaux » (« non reconnus », selon la terminologie officielle), à tel point que leurs noms ne figurent sur aucune carte officielle...
À ce jour les sept villes bédouines sont Rahat (35.000 habitants), Tel Shéva (10.000), Aroer et Kseifa (8.000 chacune), Segev Shalom et Hura (3.000 chacune) et Lakiya (2.000 habitants)14. Ce qui équivaut à la moitié des 130.000 Bédouins.
Ma conclusion personnelle
Il faut écouter ces femmes, les voir devant nous, pour sentir la volonté, l'énergie, la force intérieure qu’elles énament, il a fallu qu'elles se battent non seulement contre la société bédouine de leur ville mais aussi se faire accepter dans la société israélienne. Il a fallu qu'elles arrivent à convaincre mari, père, frères, cousins, tous les hommes de la tribu que leurs projets étaient réalisables. Elles nous en parlent avec amour et passion et rien ne les arrêtera pour continuer le combat qu’elles ont entamé. Maintenant tout est un peu plus facile, les associations sont reconnues dans les villes et les villages, quelques femmes se sont jointes à elles, les projets sont lancés, leurs maris (celles qui en ont) les soutiennent, peut-être en sont-ils fiers?...
Ces femmes ne sont pas féministes, elles gardent les traditions et les coutumes de leur tribu, elles ne demandent pas à changer leur système de vie encrée depuis la nuit des temps, mais elles ont en elles cette volonté d’étudier, d’aider et de soutenir les femmes de leur entourage à sortir leur condition pour qu’elles puissent comme elles évoluer.
Mais…. Ces quatre femmes exceptionnelles arriveront-elles un temps soit peu à faire bouger la loi bédouine que les hommes conservent précieusement ? Combien d’autres femmes les suivront ? Combien de maris, pères, frères, permettront à leurs femmes, sœurs ou filles de se joindre à ces associations en faveur de la femme bédouine? Il faudra encore beaucoup de temps et de patience pour que la femme bédouine ait son identité le tunnel est long mais grâce à ces quatre femmes une lueur d’espoir apparaît.