La randonnée des cyclamens
Notre excursion commence sur le mont des cyclamens qui se trouve près du nahal Safloul. Ce sont les membres du kibboutz de Gal-Ed qui ont crée la réserve. La randonnée circulaire nous permet de découvrir une mer de cyclamens sauvages, quelques-uns blancs, d’autres rouges. Certains disent que ces cyclamens poussent naturellement, d’autres affirment que les enfants en âge de Bar Mitsva ont rajouté une certaine quantité de cyclamens sauvages dans la réserve pour l'enrichir.
Les Arabes utilisent la feuille du cyclamen comme aphrodisiaque. Avec le chêne Thabor, on prépare une boisson qui ressemble à du café et on mange aussi ses glands comme on mange des marrons.
D’une manière générale le cyclamen sauvage aime l’ombre et les pierres, il pousse sous les arbres comme c’est le cas ici, dans cette forêt de pins. C’est une des premières fleurs du printemps qui apparaît juste après les premières pluies. En principe les feuilles sortent suivies des fleurs sauf dans le cas d’une humidité importante où les fleurs pointes leur nez avant les feuilles. La forêt de pins de Ramot Menashé à été planté en 1950 par les membres du kibboutz d’Even Itstrak, mais c’est en 1937-8 que la première forêt de pins sera plantée dans cette région, entre Azoréa et Yaarot Menashé ; par contre les eucalyptus plantés en 1896 à Hedera font partis de la première forêt d’Israël. Les arbres ont été plantés sur 30.000 ares dans la région et la majorité sont des pins.
Une grande forêt de chênes Thabor a occupé les monts de la région. Petit à petit ces chênes ont disparus et il ne reste que quelques bosquets parsemés de part et d’autres de la réserve. Ces chênes Thabor n’ont pas été plantés mais ils font partie d’une réserve naturelle. Malheureusement les Bédouins qui occupaient la région à l’époque les ont utilisés pour diverses raisons ; il y avait alors près de 60 campements bédouins car l’eau de sources et des nahalim était abondante, la végétation suffisante pour le bétail et le bois était à profusion.
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Nahal Taninim supérieur (fleuve des crocodiles).
Face à la réserve un chemin de randonnée part vers le fleuve et la cascade Taninim.
Contrairement aux fleuves de Galilée ou du Golan qui coulent en cascade car ils dévalent les pentes ceux de la région de Ramot Menashé coulent paisiblement sur des étendues plates et s’y étalent.
Le nahal Safloul est un affluent du nahal Taninim, celui-ci prend sa source à deux kilomètres en amont de Ramot Menashé grâce à une quantité de sources (Ein Goufren, El Kfar) qui s’y accumulent. L’eau y coule la majorité de l’année mais il est quand même à sec en été. Son eau est très propre et très pure, et si de temps en temps elle paraît moins claire, c’est seulement à cause des alluvions qui sont entraînés par le courant. Nous sommes dans une des régions où l'eau est la plus pure du pays bien moins polluée que par exemple dans le Nord du Néguev.
Le long du fleuve Taninim nous croisons deux sources dont Ein Natsa que nous ne voyons pas mais que nous entendons car elle est envahie par les roseaux. 20 à 30 mètres cubes d’eau par heure dévalent dans le fleuve en février-mars. Contrairement à beaucoup de guides qui nous disent que l’eau creuse le lit des fleuves et traverse les chaînes montagneuses, celui d'aujourd'hui nous explique, très justement, que l’eau n’a jamais eu la force de creuser ou de percer la roche mais que ce sont seulement les pierres et le sable entraînés par l’eau qui font ce travail.
La cascade. Elle descend sur de larges marches pour se jeter dans le fleuve Taninim.
Près de la cascade les vestiges du village arabe Ein Priha sont encore visibles, la construction est différente des autres villages de la même époque car elle a été faite avec les petites pierres trouvées près du fleuve. La présence d’oliviers et d’amandiers sont aussi la présence du passage des habitants de ces villages bédouins.
La région de Ramot Menashé a été occupée depuis l’époque préhistorique, on y trouve encore des silex. Toutes les civilisations s’y sont installées les unes derrière les autres, les Cananéens, les Hellènes, les tribus d’Israël et enfin les Bédouins.
Les historiens se contredisent, certains pensent que l’histoire s’est faite autour du wadi Ara qui se trouve un peu plus loin, d’autres affirment que ce n’est que dans cette région que les différentes civilisations se sont installées, la principale raison étant la facilité de la surveillance des routes.
En remontant la cascade qui nous mène à des champs envahis de fleurs, nous croisons une grotte avec d’anciennes sépultures qui daterait de l’époque de la Mishna.
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Le réservoir Priha et Le mont Gal Ed.
Le réservoir Priha.
Il a été construit pour récupérer tout le surplus des eaux de sources et du fleuve qui se trouvent ici ; un barrage a été mis en place et la quantité d’eau qui déborde du bassin collecteur s’écoule et forme un deuxième bassin naturel celui-là. Non loin de là, un des nombreux moulins à farine qui se trouve le long du parcours du nahal Taninim.
Sur les bords de l’eau, notre guide ramasse une grenouille verte (rainette) qui change de couleurs selon ses sensations, elle peut passer du vert au gris ou encore au marron foncé. Grâce à des sortes de crochets qui se trouvent à l’extrémité de ses pattes, elle peut grimper n’importe où, même sur une plaque de verre lisse.
Le mont Gal Ed.
Nous continuons notre randonnée en montant sur le mont Gal-Ed en croisant un chêne Thabor nommé Bar Kohba, il donne beaucoup d’ombre et de fruits (noix de galles).
Le long de notre randonnée nous verrons des cyclamens sauvages, des anémones, des lis, des peignes de vénus, des asphodèles (fenouil), des marguerites, des pâquerettes, du shamir et de la menthe sauvage.
Du haut du Tel un immense panorama s’offre à nous et nous distinguons au loin le Carmel avec Zirhon-Yaacov, le nahal Dahlia qui prend le nom de nahal Toute, le wadi Milek et Amikan.
Gal Ed (signifie monument commémoratif) est un kibboutz fondé en 1945 par des rescapés de la shoa et les membres du kibboutz lui ont donné son nom en souvenir des victimes des camps de concentration. Plus tard, le K.K.L. a qui appartient toutes les terres des environs lui a donné le nom d'Even Itrsak en souvenir d’Istrak Horberg donateur du K.K.L.
Près du kibboutz se trouve une aire de repos aménagée en souvenir d’un Hollandais qui a sauvé plusieurs Juifs dans son pays et en Allemagne pendant la deuxième guerre mondiale.
Le kibboutz Ramat Ashofet a pris le nom de Juges en souvenir de juges américains donateurs du K.K.L.
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