Vos rubriques préférées
Accueil Newsletter
Blog Kiosque
Cartes Voeux Fêtes Juives
Album photos Infos Voyage
Perdu de Vue Infos Utiles
terredisrael.com
Site terredisrael.com
Histoires et Blagues
Table des matières
Table des matières 500 blagues
Détente dans le Blog
Humour dans le Blog
Humour - Clips
Emission satiriques
Histoires qui font réfléchir
Table des matières
Pourquoi le poulet a traversé la route ?
Pourquoi le poulet ... vu par un informaticien
Alternatives au travail
Théorème du singe
Théorème du salaire
Ce que dit l'ingénieur
Serment des ingenieurs
Histoire de cailloux
Comprendre la Bourse
A méditer ...
Table des matières
Pierre Dac - 1
Pierre Dac - 2
Pierre Dac - 3
A méditer - 2
A méditer - 3
Citations
Chroniques du Judaisme
Table des matières
Les Juifs de Tunisie
Le kaddish perdu des juifs de Corse
Rav de Tlemcen
L'espagne des 3 religions
Les Juifs de Fontainebleau
Avant dernier Marrane
Mémoire de Marrane
Lekha Dodi
Mémoire judéo-algerienne
Les raisins d'Alger murissent à Jerusalem
Lili Boniche
A lire ...
Table des matières
à lire .. dans le Blog
à lire .. Pr. Bensoussan
à lire .. André Namiech
à lire .. Arnold Lagemi
Varietés israéliennes
Noa Achinoam Nini
Yeoram Gaon
Uzi Hitman
Yafa Yarkoni
Shoshana Damari
Yehudit Ravitz
Corinne Allal
Glykeria
Rita
Esther Ofarim
Hava Alberstein
Eyal Golan
ISRAEL
Shlomo Artzi
Ofra Haza
Rika Zarai
Varietés françaises
Enrico Macias
Charles Aznavour
Edith Piaf
Jean Ferrat
Rika Zarai
Patrick Bruel
ISRAEL
Edith Piaf
ISRAEL
Elie Kakou
Autres Varietés
Glykeria
Cinéma israélien
Télévision
Rédaction
Rédacteurs :
Georges CHOURAQUI
Pr Albert Bensoussan
André Namiech
Patrick ATTAL
Articles envoyés par :
Dr. Israel Feldman, Simon Pilczer, Danielle Guedj, Raphy Barel, Guy Attal, Edgar Adda, Anny Vidor, Viviane Lesselbaum, Victor Perez, Corinne H-B, Gaby Tebeka, Danielle Hababou, Béatrice Coscas, Claude Borgel, Eliane Pal, Pierre Cain, Marcel Kleyer, Lucie Faitlowicz, Roger Chaouat, Jean Claude Haddad, Dinah Carrère, Marc Haviv, Daisy Cohen, Isaac Pariente, Eliane Camhy, Huguette Hendel, Serge Mordenfeld, Alain Sikli, Rachel Samoul, etc ...
La fréquentation du site
Recherche de mots clés
 
 
Shroulik

par Nicole Madar
et
Albert Bensoussan

La plage blanche de Netanya

Ce jour-l Sroulik courait sur la plage de Netanya, longue langue de sable rouge qui, s'il l'avait longe perte de vue jusqu'au sud, l'et men aux portes de la Colline du Printemps. Mais l'espoir tait bel et bien dans son cour depuis qu'il revivait dans la proximit de l'aime. Cet amour-l, nagure encore, avait t contrl, mesur - ah ! chichement -, mais il avait su s'en contenter en se disant que le Ciel en sa clairvoyance saurait bien pourvoir au futur, et que, de toute faon, ce qu'il vivait tait tout bonnement trac sur le parchemin de sa destine, crit sur le chemin de sa vie. tait-ce la proximit de sa chre Yhoudit qui avait transform ce mennche, n dans l'inconscient ashkenaze de la vieille Golda, la yiddishe mame, au point de devenir aussi fataliste qu'un Soufi, aussi superstitieux qu'une Tune de Nabeul ? C'est vrai qu'elle avait raffermi son cour et renforc son me pieuse, c'est vrai qu'il avait quelque peu modifi son attitude, son comportement. Le fils orphelin avait accd la dignit de pre, gardant l'insu des autres toutes ses cicatrices sous la peau. Et d'abord il portait sous sa chemise ce lacet tress par la brune Yy du temps qu'elle travaillait la boutique de la rie Bonne Nouvelle. Ce lacet il le portait jour et nuit, et mme ici, visiblement, pour se tremper dans l'eau lustrale. Et qu'y avait-il au bout du lacet ? Une mdaille grave l'or fin reprsentant une main et ses cinq doigts tendus vers le bas avec, encercle au milieu, l'initiale du nom divin, minuscule bouclier au regard de sa taille sens le protger tout entier du mauvais sort. Et le voil converti en homme de parole, et si on le voyait portant aux bras son petit dernier et qu'on lui demandait combien pesait ce beau bb, il rpondait invariablement : cinq kilos. - en compltant dans son for intrieur :. dans ton oil. On ne le sait que trop, le chiffre 5 est de bon prsage et vaut comme conjuration absolue. Et c'est lui-mme qui tait all qurir cette vieille lame rouille qu'il avait glisse dans le berceau de Chmoyel, son ultime rejeton, leur premier tous les deux. Il ne quittait jamais son domicile, ni n'y pntrait sans ce geste pieux de la main effleurant la mezouza coquettement incline au fronteau droit de la porte, et la baisant en murmurant invariablement : qu'elles sont belles tes tentes Jacob ! tes demeures Isral !. , alors qu'on sait bien que ce n'est qu'en entrant dans une synagogue qu'il convient de prononcer cette phrase difiante du judasme. Mais voil, Sroulik tait un Juif atypique, mlant les rites sfarades et les superstitions orientales au rituel ashknaze et aux fables du shtetl. Le Djnoun et le Dibbouk, c'tait pour lui synagogue., pardon, synonyme. La crature de glaise ptrie par Rabbi Lew, le clbre Maharal de Prague, et qu'on appelle communment  golem , lui apparaissait ni plus ni moins que comme ce factieux Ch'ha des contes tunes. De plus en plus croyant et pieux sous l'influence de Yhoudit, l'ardente zlatrice, sachant bien que l'union des corps, par del la fragile corce, donne accs au divin, Sroulik traait enfin son sillon, fermement. Gommant sa balourdise d'antan, il avait assimil sans effort la leon talmudique : l'homme et la femme - ich ve icha - recrent par la fusion de leurs corps la maison divine, le makom - l'Endroit -, alors que l'absence de fusion, incroyable paradoxe, ne produit que du feu (ech) - l'Envers, l'Enfer, qui brle, consume et dtruit le couple.

Ce jour-l Sroulik courait sur la plage de Netanya. Il avanait petites foules, en son footing matinal, sur ces sables d'or o, coup sr, il croiserait la belle Yokheved, promue depuis peu matre-nageur et qui, du haut de son mtre soixante-dix-sept, surveillait les baigneurs nonchalants s'aventurant au-del de la barre, en fait une vritable barrire de sret, au-del de laquelle l'arme ne pouvait plus garantir la scurit du citoyen. Qui le protgerait, au large, de l'attaque surprise d'un zodiac palestinien ? d'un youyou terroriste ? dun missile gazen, du Qassam meurtrier ?

Il connaissait bien l'agent de surveillance post en haut des marches donnant accs la plage.

- Chalom, Nathan, tout va bien chez toi, ton frre est sorti de l'hpital ?

- Ken, oui, il va commencer la rducation avec sa nouvelle jambe. C'est dur pour sa femme, depuis qu'elle a perdu son fils dans l'attentat, elle fait des cauchemars toutes les nuits.

- Le terroriste a parl ?

- Un gosse de douze ans. il ne savait pas ce qu'il transportait dans son sac dos. Son oncle lui avait promis une nouvelle paire de Reebok s'il apportait le sac de l'autre ct du poste frontire. Lui aussi est soign l'hpital Soroka de Beersheva, ils lui ont fait une greffe.

- On lui a fait la greffe l'Hpital Hadassah, Jrusalem ? .. ou directement Beersheva ? Parce qu' Hadassah ils sont en jumelage avec l'Institut Pasteur de Paris et que je connais bien. Et qu'ils sont chez nous la pointe de la recherche mondiale.

- Il faut que tu saches, Sroulik, toi qui es oleh khadash, un nouvel immigrant, que nos mdecins tu peux leur faire confiance. Mme au cour du dsert, ils apportent les premiers secours, et a depuis l'poque ottomane. Ds le XIXe sicle et le dbut des implantations juives ils ont tordu le cou la malaria, le typhus, le trachome, et j'en passe, pour le plus grand bien des bdouins.

- Et gratuitement en plus, ils taient rputs pour leur dvouement, y compris dans les situations difficiles, et c'est le cas aujourd'hui. Avec ce terrorisme aveugle.

- Aveugle ! . tu fais bien de le dire. Tous ces morts. tous ces estropis. ces chairs meurtries jamais. des deux cts ! Oui, les mdecins ne font jamais de diffrence entre la victime et le bourreau.

- Sroulik !!!

- Ah, Yokheved !!! j'allais venir te voir.

- Chalom, Nathan, appelle-moi pour les prires du mois de ton neveu !

- Yokheved, tu viens dimanche pour le pidion haben, tu sais bien, le  rachat du premier-n  ? Yhoudit m'a demand de venir t'en parler ce matin, elle compte sur toi pour l'aider prparer la fte.

- Qu'est-ce que c'est que cette affaire-l encore ? 

- Trente et un jours aprs sa naissance, nous allons vendre, fictivement, son premier-n un Cohen, un prtre, comme aux temps de Mose et de la sortie d'gypte !

- Ah bon ! je connaissais pas, qu'est-ce que vous avez invent l ? Toujours des prtextes pour faire la fte, pure de vous autres ! O.K., Besseder, d'accord. Je passerai voir Chmoyel cet aprs-midi. Trente et un jours dj, il est trop mignon, j'adore lui faire des bisous dans son petit cou, sur ses fesses roses, et plein de nechikot sur ses petits petons. O allez-vous faire la crmonie ?

- la synagogue de rite algrois, rue Herzl. Tu sais comme Yhoudit aime cette shoule et les roucoulades andalouses du hazan, du pur flamenco. Avec son gros ventre, elle allait tous les chabbats l'couter chanter pour que le  bb  apprenne vibrer de la glotte comme un parfait chantre.

- Qui fait le rachat ?

- Nous avons demand Mose Cohen de le faire.

- Qui ? .Mose, ton copain du Sentier ? Celui du p'tit cochon Naf-Naf ?

- Oui, il arrive demain de Paris, et veut ouvrir un magasin dans la galerie commerciale.

- Au Canyon de Netanya ?

- Il y a des Canyon partout en Isral, tu sais bien, des galeries marchandes trois niveaux, en bas tu achtes ta bouffe, au rez-de-chausse les parfums et les robes de Paris pour ma Yhoudit, au 1er tage la caftria o on te sert le fameux caoua turqui, bref., lui et moi, nous allons nous associer.

- Yofi ! Super ! Sroulik ! Mais quoi, vous allez faire du shmates, encore de la fringue ? y'en a plein !

- Non, on va pas faire du shmates, on veut ouvrir un magasin de makhchev, computer, ordinateur. C'est pour a qu'il m'a demand, parce qu'il n'y connat rien, lui.

- Et ton boulot de Herzliya ? t'avais pas un poste chez  Evoloutsia , le groupe de tlvizia numrique ?

- Oui, mais tu sais, c'est jamais temps plein en ce moment les boulots. D'ici que la paix soit signe et que les affaires reprennent. !

- C'est super Sroulik, c'est bien de te lancer !

- Oui, je sais, c'est pour a qu'il tait temps. Avec Yhoudit et Chmoyel, ma vie a repris un sens. Lorsque Rbecca est partie avec les garons, il y a deux ans, j'ai vraiment disjonct, mais tu connais Yhoudit, elle m'a sorti de la merde o je m'enfonais et n'arrivais pas refaire surface. Le dpart et la perte des garons m'obsdaient, me renvoyaient la perte de mon pre. J'tais fch avec la terre entire, et mme, Ribono Chel Olam avec le Matre du Monde. Je cherchais le dfier, le provoquer, en me portant volontaire pour toutes les missions, y compris les plus dangereuses. Ne me reconnaissant plus moi-mme. On voit tellement d'horreurs ! . Yhoudit est la femme de ma vie. Je l'ai aime ds que je l'ai vue, mais aujourd'hui elle est ma chair, mon souffle. Elle a vraiment tout fait pour me ramener la raison, au sein du kahal.

- Oui, et je me demande bien ce qu'elle te trouve ! Regarde, je suis oblige de me plier en deux pour te faire la bise, tellement t'es p'tit ! Chtouyote - petite merde -, pas plus haut que trois pommes ! peine plus grand que ton fils !

- Espce de chipie ! j'suis pas grand mais je cours vite, et c'est pas ta ficelle qui te protgera de ma fesse !

- Faudrait encore que tu saches mescalader, nain de jardin !

S'ensuit une course poursuite, o Sroulik finit par attraper les petits pieds - un bon 42 - de Yokheved et la fait tomber sur le sable. Il lui administre une claque retentissante sur son postrieur, qu'elle exhibe effrontment.

- D'accord, a va, t'as gagn, mais j'tai pas fait le coup du kvar maga [1] quand mme, pour mnager ma copine.

- Close-combat de mes deux, va rhabiller tes fesses ! [2] Elle te l'a dj dit, Golda, c'est honteux ce fil dentaire sur la plage.

Elle donne un coup de grand pied rageur qui lui projette du sable jusqu'au fond des yeux. Et comme il secoue furieusement la poussire de son visage :

- T'es mignon quand mme, petit bonhomme !

- Tu vois, faut pas se fier aux apparences. Bon, allez, je pique une tte dans l'eau et je retourne retrouver ma habiba.

- O.K., ne t'loigne pas trop, il y a beaucoup de courant aujourd'hui. pluss.

Il s'lance alors sans hsiter dans cette eau, limpide encore pour l'heure, scrutant d'un regard machinal l'horizon o pointe la silhouette d'un avion. Sans doute la liaison rgulire d'El Al. Tout coup, brisant le ciel tel un clair tonitruant, une patrouille de trois chasseurs fonce toute allure vers le Nord, obligeant l'ensemble des personnes prsentes lever la tte d'un air inquiet.

 Mon pauvre Chmoyel, quand est-ce qu'on va, un jour, te laisser grandir en paix , pense Sroulik et son cour se serre. Dans ses grands yeux vert sombre, qui ont gard la couleur du lointain ghetto, dferlent, de la toundra et de la taga, et de toutes les steppes hostiles, les farouches cosaques, moulinant leur sabre au-dessus de leur tte, mche au vent sous leur toque (ou est-ce un keffieh ?), sang au fond du regard, voix hurlante sur leurs noirs coursiers.

 

(Extrait de Sroulik (ditions Maurice Nadeau, Paris 2006. En vente sur la toile, L'Arche du Livre, de Netanya, ou chez Nicole Madar : 0528016500)



 

[1] Le kvar maga veut dire  Combat avec contact  en hbreu. C'est la mthode officielle de l'arme isralienne et des services de scurit. Il a t cre par Imi Lichtenfeld qui l'a dvelopp pendant sa longue carrire, comme instructeur en chef de l'arme isralienne.

[2] Ce lourdaud de Sroulik ne voit mme pas que Yokheved, en dvoilant son jeu, vient de lui apprendre qu'elle est ni plus ni moins qu'un agent du Mossad.

Nos rubriques
. Le Blog terredisrael
. Perdu de vue
. Livre d'Or
. E cards
. Carte de Voeux Gratuite
. Annonces PAP
. Espace Culture
. Espace Détente

dosssiers Terredisrael
. Informations utiles Israel
. Liens utiles pour voyager en Israel
. Israël de A a Z
. Vacances en Israël
. Visite d'Israel
. Immobilier en Israel
. Etudier en Israel

partenaires
. Shopping
. Maison Jardin
. Montres Bijoux


Copyright 2009 - www.terredisrael.com
Le site est édité par la Sté Terredisrael Ltd. Israel
(Sté Num 513928770) - Contact : Yossi TAIEB
Email: contact@terredisrael.com
umfi