Tout
est parti d’une controverse amicale sur le thème
de la « résurrection ».
Et sur cette idée qu’il y avait une interprétation
diamétralement opposée entre Juifs et
Chrétiens sur la nature de la résurrection,
le judaïsme rejetant l’idée de la
résurrection des corps, dogme chrétien,
au seul bénéfice de la survivance des
âmes.
Mais
au fait qui en a eu l’idée ?
L’idée d’une existence post-mortem
et de l’espoir d’un temps hors du Temps
où les morts se lèveraient de leur sépulcre
pour renaître à la vie, et pour l’éternité
?
Je
dirais d’abord que le judaïsme, pratiqué
dans ses prières quotidiennes, répète
au moins trois fois par jour, et ressasse, donc, la
foi en la résurrection des morts. La ‘Amida,
que le croyant récite debout (c’est l’origine
de cette appellation, littéralement : «
station debout »), et donc de la façon
la plus solennelle, affirme d’emblée, à
la deuxième des dix-huit bénédictions
prononcées dans cette prière, et en le
répétant cinq fois : « Tu fais revivre
les morts, Tu es maître en salut… Tu fais
revivre les morts par une immense miséricorde…
Toi qui fais mourir et revivre et fais germer le salut
». Je donne la formule au complet pour amorcer
une discussion ultérieure liant étroitement
résurrection et salut. Après quoi, on
répète encore la formule : « On
peut Te faire confiance pour ressusciter les morts.
Sois béni, ô Eternel, qui ressuscites les
morts ». Ce qui fait une affirmation à
cinq reprises. Alors comment prétendre que le
judaïsme ne croit pas à la résurrection
des morts ?
Si
les prières quotidiennes sont de composition
et de rédaction relativement récentes,
autour du quatrième siècle de notre ère,
sous l’autorité des « Anché
Knesset Haguedola » -- les « hommes de la
communauté d’Israël » à
l’époque romaine --, c’est l’école
biblique de Yavné (Iamnia, pour les Romains),
au centre d’Israël, qui, en 80 de notre ère,
et donc peu après la destruction du 2nd Temple
par Titus, fixera, sous l’autorité de Yo’hanan
Ben Zaccaï, le canon des Écritures hébraïques,
Ce qui est certain c’est que l’idée
de résurrection est née de l’exil,
après la destruction du 1er Temple aux temps
de Nabuchodonosor, voici vingt-six siècles. Elle
a été énoncée par les prophètes
qui cherchaient à redonner espoir au peuple exilé
-- Bné Yehouda -- et à le galvaniser par
une idée forte, celle d’une résurrection
après la mort. Quoi d’étonnant à
trouver l’idée d’une résurrection
des morts chez Isaïe, chez Ezéchiel, chez
Daniel, ou au livre des Maccabées -- qui se situe
deux siècles avant notre ère ? Nous lisons,
par exemple, au second livre des Maccabées :
« Le roi du monde nous ressuscitera, nous qui
mourons pour la défense de Ses lois, et Il nous
rappellera à la vie pour l’éternité
» (VII, 9).
Mais
en face, nous trouvons le désespoir de Job qui,
la tête couverte de cendres et revêtu d’un
sac, estime que la mort est la fin de tout, la limite
extrême de l’existence, après quoi
il n’y a que néant. Réflexion philosophique
plus que texte mystique, cas de figure plus que figure
historique, Job se lamente sur le destin de l’homme
condamné à la souffrance sur terre et
à « l’amertume de [son] être
» ; les jours de l’homme, clame-t-il, «
s’achèvent sans nul espoir », la
vie n’est qu’ « un souffle »,
« fumée, mes jours » et « le
gisant du Shéol n’en remonte pas »
(Job, 7). Nous sommes encore à l’époque
du 1er Temple, et l’objet de ce livre réflexif
est de montrer l’inanité de l’homme,
misérable créature, face à la grandeur
de D.ieu ; le tout développé comme une
mise à l’épreuve du juste, comme
un débat entre la justice de l’homme et
la justice de D.ieu, donc comme une démonstration
de la toute-puissance divine : « Je sais que Tu
peux tout », répond finalement Job à
Elohim. Il s’agit bien là d’un théorème
de la foi et donc d’un ouvrage de synagogue, écrit
probablement au cinquième ou sixième siècle
avant notre ère. Et donc contemporain de l’essor
du prophétisme à Babylone.
Le
prophétisme, justement, balance entre ces deux
pôles : l’imprécation et l’espérance.
Le prophète souligne toutes les tares du peuple
d’Israël et de Juda qui n’a pas su
garder le Temple et a mérité l’opprobre
et l’exil, ce qui fait que les plus fortes diatribes
contre les Juifs peuvent se lire, par exemple, sous
la plume d’Isaïe. Ou sous celle de Baruch,
secrétaire et confident de Jérémie,
qui exprime à la fois la faute d’Israël
et l’espoir du retour. Ainsi lisons-nous au chapitre
2 de Baruch : « C’est un peuple à
la nuque raide, mais dans le pays de leur exil, ils
se repentiront en leur cœur et ils sauront que
je suis le Seigneur leur D.ieu… Ils se repentiront
de leur nuque et de leurs mauvaises actions »,
et soudain, la césure : « Et je les ramènerai
dans le pays que j’ai promis par serment à
leurs pères, à Abraham, à Isaac
et à Jacob » et « Je ne ferai plus
mouvoir mon peuple d’Israël de la terre que
je leur ai donnée ».
Mais
qu’en est-il de cet espoir du retour et comment
l’expriment nos Prophètes ? Ils l’expriment
en relation avec la mort, avec cette fin de tout l’être
et du monde, qui nous angoisse et nous trouble, et nous
fait douter de tout. Isaïe, le plus lumineux, le
phare du prophétisme babylonien, prend la discussion
où l’avait laissée Job : «
Les morts jamais ne vivront, les fantômes jamais
ne se lèveront » (26, 14), dans la traduction
de Chouraqui, qui diffère notablement de celle
de Jean Koenig dans la Pléiade, plus résolument
chrétienne en ce qu’elle sous-entend une
résurrection -- ici refusée -- des morts
: « Les morts ne revivront pas, les ombres ne
se relèveront pas ! » Le texte hébreu,
d’une beauté totale dans sa concision,
qui fait du livre d’Isaïe un des sommets
de la poésie hébraïque, dit ceci
: « Metim bal-yi’hiou réfahim bal-yakoumou
». Metim ce sont les morts et Refahim est donné
dans le dictionnaire d’Elmaleh avec le sens de
« Géants, ombres, mânes » ;
bal est la négation « ne…pas »
; Yi’hiou est, encore aujourd’hui, la troisième
personne du pluriel du futur du verbe Li’hiote,
« vivre », et non pas revivre ; et enfin
yakoumou est le verbe Lakoum, « se lever »
et non pas se relever, conjugué au futur à
la troisième personne du pluriel. Ce petit développement
veut seulement signifier comment l’on peut faire
dire à un texte ce que l’on a, a priori,
dans sa tête sans tenir compte des exigences de
la lettre.
Donc
pour Isaïe, la mort apparaît, dans un premier
temps, comme la fin de tout, une négation réitérée
de la vie et de la survie. Mais l’extrême
contrition d’un peuple exilé, enchaîné,
humilié est une condition suffisante pour, après
l’imploration à la toute-puissance divine,
mériter quelque espoir ; lequel s’exprime
par la réfutation de ce qui précède,
et ainsi lisons-nous au même chapitre d’Isaïe,
un peu plus loin : « Tes morts vivront, mes charognes
se lèveront. Réveillez-vous ! Jubilez,
résidents de la poussière. Oui, ta rosée,
rosée des luminescences, la terre accouche de
fantômes. Va, mon peuple… » (Isaïe,
26, 19) ; ainsi traduit par Chouraqui quand Koenig persiste
et signe : « Que revivent tes morts, que mes cadavres
se relèvent ! Réveillez-vous et poussez
des acclamations, habitants de la poussière !
Car ta rosée est une rosée lumineuse et
la terre accouchera des ombres. Va, mon peuple…
», où l’on voit bien que la seule
divergence porte sur l’idée chrétienne
de résurrection, quand l’hébreu
continue de parler de vivre et de se lever, non de revivre
et de se relever, avec des verbes exprimés au
futur, non au subjonctif, qui est mode d’injonction
ou d’imploration, quand le texte hébraïque
s’en tient au constat ou à la promesse,
et donc à l’espoir.
En
fait, toute l’eschatologie juive, et par voie
de conséquence, chrétienne, puis musulmane,
de la résurrection repose sur la prédication
d’Ezéchiel et sa vision de la vallée
des morts – que l’on appelle aussi Vallée
de Josaphat, ou, dans la traduction de Chouraqui, la
« Vallée du Verdict », car c’est
le lieu du Jugement Dernier. Ezéchiel est le
plus grand visionnaire de l’histoire hébraïque,
l’archétype du prophète et du voyant,
et voilà la vision du célébrissime
chapitre 37, où D.ieu le conduit au fameux ravin
: « Il est plein d’ossements… Ils
sont très nombreux aux faces du ravin ; et voici
très secs. Il me dit : Fils d’homme, ces
ossements vivront-ils ?... Voici, moi, je fais venir
en vous un souffle, vivez ! Je vous donne des nerfs,
je fais monter en vous la chair, je vous gaine de peau,
je donne en vous un souffle, vivez !... Les ossements
se rapprochent, l’ossement vers son ossement.
Je vois, et voici, sur eux des nerfs, la chair monte,
la peau les gaine par en haut… Il me dit : Sois
inspiré pour le souffle, sois inspiré,
fils d’homme !... Des quatre souffles, viens,
souffle ! Gonfle ces morts, et qu’ils vivent !
Je suis inspiré comme Il me l’ordonne.
Le souffle vient en eux, et ils vivent. Ils se dressent
sur leurs pieds, une armée très, très
grande ! » Nous avons donc là la vision,
haletante et désordonnée, la seule vision
biblique de la Résurrection. La Résurrection
de la chair. La chair, en hébreu baçar,
et la vie par le souffle, en hébreu roua’h.
Roua’h, qui désigne tout à la fois
le souffle et l’esprit, le souffle de vie et l’esprit
d’intelligence. Les mêmes mots que dans
la Genèse -- Berechit, où la Création
de l’homme est opérée par la conjonction
de baçar et de roua’h. On a, donc, là
une re-Création, et c’est ainsi que l’esprit
humain a conçu, probablement à partir
de l’exil babylonien, et dans le souffle et la
vision prophétique, la recréation de l’homme,
qu’on appelle Résurrection, à la
suite d’un grand tremblement, en hébreu
ra’ash -- vibration, commotion, tremblement, grondement
de tonnerre, tremblement de terre… Ce mot-là,
ra’ash renferme, on le perçoit bien à
l’oreille, la totalité du bruit catastrophique,
et c’est ce que les Chrétiens appelleront
l’Apocalypse, et les Ben Yéhouda, ces Judéens
exilés à Babylone, appelleront par la
voix du prophète Daniel, le qets, qui est la
fin, l’extrémité, le terme et aussi
la destruction et la ruine (Daniel, 11, 40), le ‘et
qets, le temps de la fin. Et même qets hayamim,
la fin des jours, qui est l’expression ultime
du livre de Daniel. Et dans la vision de Daniel au terme
de sa vision, chapitre 12 et dernier, on peut lire :
« En ce temps, Michaël se dressera, le grand
chef dressé au-dessus des fils de ton peuple.
Ce sera un temps de détresse -- ‘et tsara
-- comme il n’en a jamais été depuis
que la nation existe jusqu’en ce temps. En ce
temps-là, ton peuple s’échappera,
quiconque se trouvera inscrit sur le Livre. Des multitudes
d’endormis dans la poussière de la terre
se réveilleront, ceux-ci pour la vie, en pérennité,
à jamais -- lé’hayé ‘olam
-- et c’est là aussi promesse de Résurrection,
sous la houlette de Michaël -- en hébreu
« Qui comme El, D.ieu » -- qui apparaît
dans le livre de Daniel comme le messager divin, le
porteur de la Nouvelle et celui qui sauvera les âmes
de ceux qui sont inscrits sur le Livre, pour les emmener
au Paradis -- le Pardès hébraïque
signifiant simplement Jardin, à ne pas confondre
avec le Jardin d’Eden, gan bééden.
Il
est bien d’autres témoignages et récits
rattachant l’opprobre et l’humiliation de
l’exil à l’espoir du Salut, exprimé
sous la forme de Résurrection. Cela veut-il dire
pour autant que le judaïsme ait adopté l’idée
d’une résurrection réelle de la
chair ? C’est là une controverse qui va
habiter toute la littérature rabbinique et philosophique,
et en particulier les écrits de Maïmonide,
de Nahmanide et de tant de talmudistes et de kabbalistes.
Il serait un peu vain de peser tous ces arguments ;
il suffit de dire que la querelle a toujours balancé
entre la réalité de la résurrection
de la chair et la valeur symbolique de l’image.
Maïmonide, s’il déclare d’une
part que « la Résurrection est l’un
des piliers de la religion de notre maître, Moïse
», soutient aussi, contradictoirement, et en philosophe
aristotélicien, que « l’homme mourra
inexorablement et qu’il sera séparé
de ce dont il est composé » (commentaire
sur Sanhedrin, 10) ; et il répète dans
son Michné Torah que « dans le monde à
venir il n’y aura pas de corps, rien que l’âme
des justes sans corps, comme les anges ». Il ne
nous appartient pas d’épiloguer sur cette
interminable controverse, mais revenons pour finir à
Ezéchiel, et à la fin de sa vision.
Ezéchiel
nous livre clairement la clé de sa vision de
la Résurrection des morts, exprimée au
chapitre 37. Si la première partie du chapitre
campe, des versets 1 à 10, la vision du cimetière
infini du ravin où tous les ossements vont se
mouvoir et se rassembler sous l’effet du tremblement
– ra’ash -, la seconde partie, aux versets
11 à 14, voit l’ouverture des sépulcres
et la montée des corps vers un autre destin que
celui du dessèchement. Nous avons là,
par la vision prophétique, le dépassement
de la résurrection de la chair par l’interprétation
symbolique : « Il me dit : Fils d’homme,
ces ossements, c’est toute la maison d’Israël
» -- ha’atsamot haélé kol-Beth
Israël --, et si l’on n’a pas encore
compris qu’il s’agit d’une allégorie,
le prophète visionnaire ajoute : « Voici,
moi, j’ouvre vos sépulcres, je vous fais
monter de vos sépulcres » -- véha’alti
et’hem miqbéroté’hem -- en
utilisant le verbe la’alot, « monter »,
qui est celui-là même qu’on utilise
aujourd’hui pour désigner le retour vers
la terre d’Israël, la ‘aliya, la «
montée » des ‘olim. Et Ezéchiel
poursuit et insiste : « Je vous fais retourner
à la terre d’Israël, et vous saurez
que je suis l’Éternel, quand j’ouvrirai
vos sépulcres, quand je vous ferai monter de
vos sépulcres, mon peuple. Je vous donnerai mon
souffle en vous, et vous vivrez. Je vous établirai
sur votre terre ». Et ce chapitre 37, qui a fait
couler beaucoup d’encre et a fondé pour
tant de croyants (des trois religions monothéistes)
la foi en la Résurrection (la résurrection
des corps et de la chair), s’achève sur
le rassemblement du peuple d’Israël exilé
sur la terre de promesse. N’oublions pas que les
prophètes de l’exil ont sans cesse souligné
et stigmatisé la division d’Israël,
ces deux royaumes affrontés de Juda et d’Israël
qui, par leur faiblesse consécutive, ont été
vaincus, et les Juifs déportés et asservis.
Et voici, l’apothéose de ce texte :
«
Parle-leur : Ainsi dit D.ieu : Voici, moi, je prends
les Benéi Israël d’entre les nations
-- hagoïm -- où ils sont allés. Je
les groupe tout autour, je les fais venir sur leur terre
-- El-admatam. J’en fais une seule nation sur
la terre, sur les montagnes d’Israël…
Ils ne seront plus deux nations. Ils ne se diviseront
plus en deux royaumes… Mon serviteur David sera
leur roi… Ils demeureront sur la terre que j’ai
donnée à mon serviteur Jacob, là
où habitaient vos pères. Eux, leurs fils,
les fils de leurs fils y habiteront à jamais
».
La
vision d’Ezéchiel, qui remue le sépulcre
des morts et fait se lever les ossements pour les recouvrir
de chair, afin de les conduire au Jardin, n’annonce
pas seulement la résurrection de la chair, mais
la renaissance du royaume, du pays, de la nation hébraïque.
Là où l’on attendait l’exultation
de la survie, du retour à la vie terrestre avec
toute sa chair et tout son poids d’os et de nerfs,
nous trouvons un discours politique prêchant la
réunification des deux rameaux ennemis d’un
même peuple, et la renaissance ou le retour d’Israël.
Rejoignant ainsi ces prophètes qui, clamant dans
le désert de l’exil, d’une voix forte
et imagée, ont tous stigmatisé la faute
collective, qui est d’abord celle de la division
fratricide, pour ensuite, à l’aide d’une
vision eschatologique, prôner -- ou promettre
-- la résurrection du grand corps d’Israël
et le retour sur sa terre de promesse. C’est pourquoi,
si nous retournons au Rituel, nous voyons que conjointement
aux bénédictions de D.ieu qui ressuscite
les morts, et cela nous rassure et nous réconforte,
certes, en nous faisant croire à l’illusoire
immortalité de la chair, eh bien, nous voyons
aussi s’exprimer en autant de fois l’espoir
de la libération du peuple d’Israël,
car béni est D.ieu « qui rassemble les
dispersés de son peuple Israël »,
l’Éternel, « Sauveur d’Israël
», tout comme est béni l’«
Éternel, qui fait germer la corne du salut »,
tout comme est béni l’« Éternel,
bâtisseur de Jérusalem ».
Alors
aujourd’hui, éclairé par tant de
paroles, secoué par tant de prières, nous
voyons bien que le corps d’Israël s’est
depuis soixante ans redressé, que les morts ont
déserté les charniers et, renaissant de
leurs cendres, ont rejoint la terre de leurs ancêtres,
la seule terre qui leur était promise et due,
et nous voyons bien que d’entre les nations, tant
de Juifs revivant l’exil entendent aussi assumer
cette promesse de retour. Et monter à la Médina.
Et monter jusqu’à la colline de Sion. Alors
nous disons, en rassemblant les termes mêmes du
discours maïmonidien, tel qu’il fut mis en
poésie par Daniel Ben Yehouda au XIVème
siècle dans cet hymne, Yigdal Elohim ‘Haï,
que nous chantons au lever du jour ainsi qu’à
la fin des prières du vendredi soir, en répétant
donc d’un cœur pénétré
de foi : « D.ieu fait revivre les morts pas sa
bonté infinie », que même si la mort
nous est promise, inexorablement, même si nous
savons que nos corps se dessécheront inéluctablement
sous la terre, nous nous berçons de cet espoir,
chevillé à notre corps fragile et périssable,
cette espérance, cette hatikva -- pour le dire
en hébreu --, de renaître à la vie
et de retourner à la Terre Promise. Et le cœur
gonflé de promesse, nous nous réjouissons
aujourd’hui de la vie turbulente, foisonnante,
rayonnante d’Israël.
Albert
Bensoussan |