Napoléon
fit davantage que tous les autres chefs d’États
avant lui pour assurer la sécurité et
la liberté religieuse des Juifs dans toutes
les nations qu’il contrôlait. Il n’avait
pourtant que peu d’avantages politiques à
attendre de ses décisions généreuses,
car il n’y avait pas plus de 40,000 Juifs à
cette époque en France.
Les
Juifs de France et de l’Empire reconnurent que
ses bienfaits étaient la marque de son grand
coeur et de son respect pour toutes les ethnies et
religions. Ils lui étaient tellement reconnaissants,
qu’ils composèrent une prière
en son honneur. Cette prière était insérée
dans les missels de toute les synagogues de l’Empire.
En conséquence, tous les fidèles connaissaient
cette prière qu’ils récitaient
fréquemment.
Prière
des enfants d’Israël
Citoyens de France et d’Italie
pour le succès et la prospérité
de notre Maître
L’Empereur, le Roi Napoléon le Grand
(Que sa gloire étincelle)
Composée
dans le mois de Mar-Hechran, année 5567 (1807)
Psaumes 20, 21, 27, 147
J’implore l’Éternel, créateur
du ciel, de la terre et de tout ce qui y vit. Tu as
établi toutes les frontières du monde
et fixé à chaque peuple son langage.
Tu as donné aux rois le sceptre du pouvoir
pour qu’ils gouvernent avec équité,
justice et rectitude afin que chacun, à sa
place, puisse vivre en paix.
Que
nous sommes bienheureux, combien notre sort est agréable
depuis que tu as placé Napoléon le Grand
sur les trônes de France et d’Italie.
Aucun autre homme n’est aussi digne de régner
et ne mérite autant d’honneurs et de
reconnaissance; il dirige les peuples avec une autorité
bienfaisante et toute la bonté de son coeur.
Quand
les rois de la terre lui ont livré bataille,
toi Dieu, tu lui as prodigué tes bienfaits,
tu l’as protégé, tu lui as permis
de soumettre ses ennemis. Ils lui ont demandé
grâce et lui, dans sa générosité,
la leur a accordée.
À
présent, de nouveau, les rois se sont ligués
pour trahir les traités et remplacer la paix
par le sang de la guerre. Des armées se sont
rassemblées pour combattre l’Empereur;
voici les ennemis qui s’avancent et que notre
maître, avec sa puissante armée, se prépare
à repousser l’agression.
O
Dieu ! Maître de la grandeur, de la force, de
la puissance et de la beauté, nous t’implorons
de te tenir près de lui. Aide-le, soutiens-le,
protège-le et sauve-le de tout mal. Dis-lui
« Je suis ton sauveur » et donne-lui ta
lumière et ta vérité pour le
guider.
De
grâce, déjoue les complots de tous ses
ennemis. Que dans les décisions de l’Empereur
apparaisse ta splendeur. Renforce et affermis ses
légions et ses alliés, que tous ses
mouvements soient empreints d’intelligence et
de succès.
Donne-lui
la victoire et oblige ses ennemis à s’incliner
devant lui et à lui demander la paix. Cette
paix, il la leur accordera, car lui ne souhaite que
la paix entre toutes les nations.
Dieu
de clémence, Maître de la paix, implante
dans le coeur des rois de la terre des sentiments
pacifiques pour le plus grand bien de toute l’humanité.
Ne permets pas au glaive de venir chez nous verser
le sang de nos frères. Fais que toutes les
nations vivent dans la paix et la prospérité
éternelle.
Amen
Proclamation
à la nation Juive
Quartier Général Jérusalem, 1èr
floréal, an VII de la République Française
(20 avril 1799)
Bonaparte, Commandant en chef des Armées de
la République Française en Afrique
et en Asie, aux héritiers légitimes
de la Palestine :
Israélites,
Nation unique que les conquêtes et la tyrannie
ont pu, pendant des milliers d’années,
priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom,
ni de leur existence nationale !
Les
observateurs attentifs et impartiaux du destin des
nations, même s’ils n’ont pas les
dons prophétiques d’Israël et de
Joël, se sont rendus compte de la justesse des
prédictions des grands prophètes qui,
à la veille de la destruction de Sion, ont
prédit que les enfants du Seigneur reviendraient
dans leur patrie avec des chansons et dans la joie
et que la tristesse et que les soupirs s’enfuieraient
à jamais. (Isaie 35.10)
Debout
dans la joie, les exilés ! Cette guerre, sans
exemple dans toute l’histoire, a été
engagée pour sa propre défense par une
nation de qui les terres héréditaires
étaient considérées par ses ennemis
comme une proie offerte à dépecer. Maintenant,
cette nation se venge de deux mille ans d’ignominie.
Bien que l’époque et les circonstances
semblent peu favorables à l’affirmation
ou même à l’expression de vos demandes,
cette guerre vous offre aujourd’hui, contrairement
à toute attente, le patrimoine israélien.
La
Providence m’a envoyé ici avec une jeune
armée, guidée par la justice et accompagnée
par la victoire. Mon quartier général
est à Jérusalem et dans quelques jours
je serais à Damas, dont la proximité
n’est plus à craindre pour la ville de
David.
Héritiers
légitimes de la Palestine !
La
Grande Nation, qui ne trafique pas les hommes et les
pays selon la façon de ceux qui ont vendu vos
ancêtres à tous les peuples (Joël
4.6), ne vous appelle pas à conquérir
votre patrimoine. Non, elle vous demande de prendre
seulement ce qu’elle a déjà conquis
avec son appui et son autorisation de rester maître
de cette terre et de la garder malgré tous
les adversaires.
Levez-vous
! Montrez que toute la puissance de vos oppresseurs
n’a pu anéantir le courage des descendants
de ces héros qui auraient fait honneur à
Sparte et à Rome. (Maccabée 12.15) Montrez
que deux mille ans d’esclavage n’ont pas
réussi à étouffer ce courage.
Hâtez-vous
! C’est le moment qui ne reviendra peut-être
pas d’ici mille ans de réclamer la restauration
de vos droits civils, de votre place parmi les peuples
du monde. Vous avez le droit à une existence
politique en tant que nation parmi les autres nations.
Vous avez le droit d’adorer librement le Seigneur
selon votre religion. (Joël 4.20)
NAPOLÉON
EN TERRE SAINTE
On
raconte que lorsque Napoléon Bonaparte alla
en Terre Sainte après sa campagne d’Égypte,
il aurait entendu des pleurs, des lamentations qui
se répercutaient d’un bâtiment
à l’autre. Il demanda qu’on l’informât
sur ce qui se passait. Après enquête,
Napoléon reçut le rapport suivant
: « Ce sont les Juifs qui se lamentent sur
la perte de leur pays, occupé par d’autres
maintenant ; ils pleurent la destruction de leur
Temple, le massacre de la population, la déportation
en exil. »
«Comment,
s’indigna Napoléon, on attaque des gens
de cette façon et je ne suis même pas
au courant ?»
Napoléon
n’en croyait pas ses oreilles : « Si un
peuple reste attaché à ses racines,
à son passé et continue de pleurer après
tant de siècles ce qu’il a perdu, ce
peuple assurément, dit-il, finira par récupérer
ce qu’on lui a pris.» Cet incident se
passait le 9 avril 1799.
LA
PRÉDICTION DE NAPOLEON S’EST REALISÉE
AVEC LA NAISSANCE DE L’ÉTAT D’ISRAËL
LE 12 MAI 1948.
Les
prières offertes par les Hébreux
de la France et de l’Italie pour Napoléon
Frères
! jetez un regard sur la joie de ce jour immortel
! Qui guida nos armées victorieuses ? Qui vainquit
l’ennemi approchant, et qui le poursuivit ?
Qui le dispersa, le confondit et remporta sur lui
la victoire la plus complète ? … N’est-ce
pas notre souverain chéri, le grand NAPOLÉON,
notre Empereur et Roi, dont Dieu couronna et les vertus,
et la tête sacrée, et la gloire ? N’est-ce
pas lui, généreux au milieu des combats,
magnanime au sein des victoires, lui dont le seul
nom fait trembler les héros les plus belliqueux,
dont encore il ménage le sang ? Il est donc
indubitable, que c’est lui qui est l’Élu
du Seigneur, et que le Seigneur protège sans
cesse les actions du juste.
DIEU
Éternel, Maître de l’Univers, du
haut de ton Trône, tu inclines le regard de
ta Providence vers les cieux et la terre.
La
force et la puissance t’appartiennent, par toi
seul tout s’agrandit, tout s’affermit
; c’est par toi que les Rois règnent
; c’est toi qui leur dispense le Sceptre pour
gouverner les Nations.
JETTE
de ta demeure sainte un regard favorable, bénis,
préserve et assiste notre auguste Souverain,
NAPOÉON LE GRAND, Empereur des Français,
Roi d’Italie.
Amen.
Verse sur lui le trésor de tes Bénédictions
: prolonge la durée de son règne jusqu’au
terme le plus reculé.
Amen.
Que ton œil divin veille sans cesse sur lui et
que son front soit constamment orné d’une
couronne de gloire immortelle.
Amen.
Que ses ennemis fléchissent devant lui, que
le bonheur, la paix et la tranquillité accompagnent
son règne.
Amen.
Que les rayons de ta lumière le guident et
le protègent ; que ta miséricorde et
ta grâce lui servent de bouclier.
Amen.
Que LOUISE, sa Compagne chérie, ce modèle
des Reines, participe à sa gloire et à
sa félicité.
Amen.
Augmente de plus en plus la puissance, la grandeur
et l’élévation de notre Souverain
et celles de son illustre famille.
Amen.
Assure le bonheur d’Israël en nous rendant
dignes de sa bienveillance, et fais que nous soyons
agréables aux yeux de tous ceux qui l’approchent.
Amen.
Accueille favorablement nos expressions et les vœux
de nos cœurs ; exauce-les, Dieu notre Créateur
et notre Libérateur.
Amen.
NAPOLÉON
LE GRAND
Rétablit le culte des Israélites, le
30 mai 1806
Autrefois
l’unique dépositaire des volontés
du Très Haut, une antique
nation gouvernée par la divine législation
de Moïse, est dispersée
depuis plus de dix-sept siècles
sur la surface du globe. En rapport avec tous les
peuples, elle ne se mêle avec aucun, semblant
n’exister que pour voir passer devant elle le
torrent des siècles qui les entraîne.
Un tel phénomène serait inexplicable
s’il ne tenait qu’à l’ordre
politique, car avec toutes les vicissitudes et les
persécutions dont ils furent victimes de la
part des différentes nations de la terre, il
aurait été impossible que les Juifs
subsistent si longtemps.
Le
grand Sanhédrin des Israélites de
France (5 février, 1807)
Dans
combien de proscriptions ne furent-ils enveloppés
? Pour ne parler que de la France, qui ne sait les haines,
les mépris, les outrages, les confiscations,
les bannissements, les supplices même qu’ils
ont endurés ? Rien de cruel, rien de déshonorant
ne leur a été épargné ;
de sorte que l’on serait tenté de croire
que nos aïeux ne les comptaient point au nombre
des humains. En vain quelques orateurs éloquents
s’élevèrent-ils contre une si criante
injustice ; leur voix ne fut point entendue, et les
infortunés Israélites
paraissaient à jamais condamnés à
l’avilissement et à l’opprobre. Un
nouveau Cyrus a paru, qui a fait pour
eux plus que l’ancien. S’il n’a pas
reconstruit leur temple, il leur a donné une
patrie et des lois protectrices et a restauré
leur honneur et leurs mœurs, les a mettant à
l’abris à jamais du mépris des peuples.
Pénétrés de reconnaissance pour
de si précieux bienfaits, les enfants d’Israël
se sont prosternés au pied du trône du
Grand Napoléon, et les filles
de Sion ont fait retentir les voûtes
des temples de ces célèbres cantiques
que répétaient les échos du Jourdain,
lorsqu’au retour de sa captivité le peuple
Hébreu célébrait les miséricordes
du Seigneur. La gratitude des Israélites
français ne s’est pas bornée à
de simples démonstrations, ils prouvent chaque
jour qu’ils sont dignes des faveurs du Souverain
par leur attachement à son auguste personne et
par leur soumission à ses lois.
FAITS
PEU CONNUS CONCERNANT
LE ROI JÉRÔME
Lorsque
Jérôme, le frère de Napoléon,
devint roi de Westphalie (1807-1813), il mit établit
une constitution qui comprenait la complète
égalité des droits des Juifs. Le roi
Jérôme adhérait au principe d’égalité
de toutes les religions devant la loi.
Le
10 décembre 1807, à son arrivée
dans la ville de Kassel, il dit : « C’est
mon intention que les Juifs ne soient pas seulement
des citoyens, mais aussi qu’ils détiennent
des charges publiques. »
Ces
paroles causèrent beaucoup de joie chez les
Juifs de toute l’Allemagne. La population en
général réagit avec satisfaction
à la reconnaissance des droits des Juifs au
même titre que ceux des autres groupes.
Le
27 janvier 1808, Jérôme émit un
manifeste dans lequel les principes d’égalité
civique étaient établis. La «
Grande Charte » de la communauté juive
de Westphalie fut proclamée le 9 février
1808.
Un
Consistoire israélite fut fondé par
décret impérial, le 17 mars 1808, pour
confirmer la nomination de rabbins et pour contrôler
l’administration de la communauté. Le
roi Jérôme proclama qu’il était
heureux que la Constitution de son royaume soit en
harmonie avec son cœur, en ce qui concerne l’égalité
de toutes les religions.
C’est
durant cette période que de nombreuses écoles
juives furent construites dans les villes allemandes.
Le
27 janvier 1808, le roi Jérôme de Westphalie
créa la première loi extensive sur l’égalité
des Juifs sur le territoire allemand et il abolit
les taxes spéciales pour les Juifs.
Voici
un extrait du décret royal du 27 janvier 1808,
qui abolissait les taxes imposées au Juifs
•
Nos sujets qui adhèrent à la religion
de Moïse bénéficieront dans nos
états des mêmes droits et libertés
que tous nos autres sujets.
• En vertu de quoi, toutes les taxes spéciales
imposées aux Juifs, sans égard aux circonstances
de leur création et sous quelque désignation
qu’elles soient, sont par les présentes
abolies.
• Ils pourront désormais se marier, donner
une éducation adéquate à leurs
enfants et les établir, leur céder leurs
actifs, et ce, sans permis spécial comme autrefois,
à condition de se conformer aux règlements
du Code Napoléon.
• Ils sont également libres de s’établir
dans toute ville, ou tout autre endroit, et dans tout
commerce qui leur sied.
Notre
ministre de la Justice et de l’Intérieur
a le mandat d’exécuter le présent
décret.
Émis
au palais royal de Kassel, le 27 janvier 1808.
BIBLIOGRAPHIE
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2.
C. Roth, The Jews of Malta in : Transactions of the
Jewish Historical Society of England, XII (1931).
3.
The Jewish Press Magazine, April 1998, page 69.
4.
The Memoirs of Dr. Barry O’Meara.
5.
The New Judea, Vol. 16, September 1949.
6.
Simon Schwarzfuchs, Napoleon, the Jews and the Sanhedrin.
7.
Proctor Jones, The Memoirs of Baron Fain, First Secretary
of the Emperor Cabinet, First Edition, 1998.
8.
Frans Kobler, Napoleon and the Jews (1975).
9.
A. S. Yahuda, Conception d’un état Juif
par Napoléon, Évidences publication,
No. 19, May-June 1951.
Le
Dr Ben Weider,
C.M., C.Q., C.St.J, Ph.D. est le Président
de La Société Napoléonienne
Internationale.
Son plus grand espoir est que la Société
Napoléonienne Internationale ouvre la voie
en inspirant les étudiants, les érudits
et les personnes profanes à s'intéresser
à Napoléon, à explorer ces
ressources et à partager l'information
avec vous.
Ci-dessous, la Conférence qu'il a donnée au :
Congrès de la Société Internationale Napoléonienne
(Alexandrie, Italie 21-26 juin 1997 - 28ème Symposium
sur l'Europe Révolutionnaire - Université de l'Etat
de Floride, Tallahassee, Etats-Unis, 7 mars 1998).