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Enseignement du Rav Yehuda Léon Ashkénazi
(Manitou, )
Parasha - Vayetse
1993
Rav leon Askenazi zal

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayetse_serie_1993/cours_1
Face A

Nous allons prendre d’abord un premier thème en fin de Parasha Toledot au chapitre 27:43. Un thème important pour comprendre les raisons profondes de la séparation entre Jacob et Esaü dans le récit de l’histoire que nous sommes en train d’étudier, et d’autre part la raison pour laquelle Jacob va quitter le pays d’Israël où habitent encore Isaac et Rébecca qui comporte deux dimensions.

Une 1ère motivation celle de Rébecca : Se mettre à l’abri de la colère et frustration de son frère après l’échange des bénédictions.

Une 2ème motivation, celle de Isaac : aller trouver femme dans le pays d’où Abraham était sorti et où une partie de sa famille était restée, le frère d’Abraham Na’hor la partie de la famille d’Abraham qui est restée dans l’exil de ce temps-là et qui devient l’identité hébraïque araméenne restant araméenne.

Ceci pour dire qu’il y a un vocabulaire différent de la Torah lorsque c’est Rivqa qui envoie Jacob en dehors du pays pour fuir la colère d’Essav et se mettre à l’abri de cette colère, elle l’envoie à la ville où habitait son frère Lavan et qui est la ville de ’Haran

Fin du verset 27:43:
וְעַתָּה בְנִי, שְׁמַע בְּקֹלִי; וְקוּם בְּרַח-לְךָ אֶל-לָבָן אָחִי, חָרָנָה
Ve'atah veni
Et maintenant mon fils
shma bekoli
Écoute ma voix
vekoum brakh-lekha
Et va décide toi littéralement lève-toi (mais « décide-toi, prends une décision difficile » lorsque le texte dit koum)
el-Lavan a’hi ‘Haranah.
Chez Laban mon frère en direction de ‘Haran

וְיָשַׁבְתָּ עִמּוֹ, יָמִים אֲחָדִים--עַד אֲשֶׁר-תָּשׁוּב, חֲמַת אָחִיךָ
Veyashavta imo
Et tu résideras avec lui
yamim a’hadim
Quelques jours.

(Nous savons qu’il y est resté 20 ans :
7 ans pour Rachel mais on lui a donné Léa,
7 ans encore pour Rachel; Ne vous trompez pas, c’est 14 ans pour Rachel bien qu’au bout de 7 ans, il ait eu Léa comme épouse
Et ensuite 7 ans pour le troupeau, mais à la 6ème année « l’antisémitisme » de son beau-père se déclenche et l’oblige à s’enfuir. Et cette fuite nous sera racontée par la suite.

La consigne de Rivqa est de rester yamim a’hadim quelques jours.

עַד אֲשֶׁר-תָּשׁוּב, חֲמַת אָחִיךָ
ad asher-tashouv ‘hamat a’hikha.
Jusqu’à ce que revienne la colère de ton frère (à son état antérieur)

Elle est optimiste puisque cette colère a duré jusqu’à maintenant.
En vérité, elle a duré, semble t-il d’après ce récit, 20 ans.

Quelle sera la motivation du retour de Jacob ? Elle n’était pas d’obéir au souhait de sa mère puisque en réalité il revient parce qu’il s’est enfui de chez Laban, frère de sa mère.
Il y a une sorte de modèle de notre histoire : la raison pour laquelle la majorité des Juifs sont revenus au pays : parce qu’ils s’enfuyaient de chez l’oncle Laban, la civilisation blanche.
Il y a encore beaucoup de perplexité chez les Juifs de diaspora entre ces deux motivations qui n’arrivent pas à se décider :
Revenir chez leur mère ? Ou s’enfuir de chez l’oncle ?

עַד-שׁוּב אַף-אָחִיךָ מִמְּךָ, וְשָׁכַח אֵת אֲשֶׁר-עָשִׂיתָ לּוֹ
Ad-shouv af-a’hikha mimekha
Jusqu’à ce que la colère de ton frère revienne de dessus de toi
Veshakha’h et asher-assita lo
Et qu’il oublie ce que tu lui as fait.

Paradoxe : c’est elle qui lui a demandé de le faire et il ne pouvait pas ne pas obéir : un juif pieux obéit à sa mère. En clair : jusqu’à ce qu’il oublie ce que tu lui as fait et que tu as bien fait de faire. Cela lui a été fait, il l’a subi.

וְשָׁלַחְתִּי, וּלְקַחְתִּיךָ מִשָּׁם
veshala’hti
Et j’enverrai
ouleka’htikha misham
Et te ferai revenir de là.

Comment ? Cela a l’air assez mystérieux. On verra que finalement derrière les péripéties à travers lesquelles Jacob va revenir, il y a ce plan de Rivqa : le mettre à l’abri de la colère de son frère.
Mais pas n’importe où, là même d’où elle est sortie : la matrice d’identité de la famille d’Abraham. Une matrice restée dans une préhistoire d’elle-même, mais c’est elle, la matrice de l’identité de la famille d’Abraham.

L’identité d’Israël n’est pas encore constituée. Jacob n’est pas encore nommé Israël et il y a donc une double impossibilité :

 prendre fille dans le pays de Canaan dont on doit remplacer la population de ce temps-là. Israël se prépare en exil pour avoir à remplacer la population qui occupe le pays. C’est le plan de la Torah.

 Le fait de ne pas prendre de femme ailleurs que dans cette matrice qui a donné Abraham.

A partir du moment où Israël existe, alors il y a une adresse d’identité - et ce sera le cas prestigieux de Moïse – n’importe quelle fille des autres lignées humaine peut devenir fille d’Israël en étant mariée à Israël. Mais tant que l’identité d’Israël n’existe pas, c’est la consigne qu’Abraham va donner à Eliezer pour le mariage d’Isaac, et c’est la consigne que Rivqa va donner à son fils Jacob lorsqu’elle prend acte que Esaü s’est disqualifié pour avoir pris femme dans les peuplades occupants la terre de Canaan sans être toutes cananéennes.

וְשָׁלַחְתִּי, וּלְקַחְתִּיךָ מִשָּׁם
veshala’hti
Et j’enverrai
ouleka’htikha misham
Et je te prendrai de là-bas.

Il y a ici l’indication que la Shékhina, à travers qui la Providence agit, à différents visages suivant les époques, et elle a le visage des mères d’Israël.
Il y a une Shekhina qui a l’apparence de Sarah, une Shekhina qui a l’apparence de Rivqah, de Ra’hel et de Léa…
Effectivement, c’est la Shekhina qui agira par le mérite de Rivqa.

לָמָה אֶשְׁכַּל גַּם-שְׁנֵיכֶם, יוֹם אֶחָד
lamah eshkal gam-shneykhem yom-e’had
Pourquoi serai-je veuve de vous deux un même jour ?

Elle a peur de perdre les deux. Le verset est clair.
Si la bénédiction matérielle c’est Esaü qui la prend et puisqu’il ne partagera pas, les deux sont perdus au niveau du monde de la matière.
Mais si Jacob n’a que la bénédiction spirituelle, il ne partagera pas et les deux sont perdus au niveau du monde de la bénédiction spirituelle.

l faut donc donner la bénédiction matérielle et la bénédiction spirituelle à Jacob, puisque Esaü est disqualifié dans l’ordre des engendrements pour avoir pris les filles païennes. Cela veut dire que sa descendance ne peut pas être Israël. Rivqa a ici autant le souci d’Essav que de Yaaqov.

וַתֹּאמֶר רִבְקָה, אֶל-יִצְחָק, קַצְתִּי בְחַיַּי, מִפְּנֵי בְּנוֹת חֵת; אִם-לֹקֵחַ יַעֲקֹב אִשָּׁה מִבְּנוֹת-חֵת כָּאֵלֶּה, מִבְּנוֹת הָאָרֶץ--לָמָּה לִּי, חַיִּים
Vatomer Rivkah el-Yits’hak
Et Rivqa dit à Isaac :
katsti ve’hayay
Ma fin est dans ma vie
mipeney benot Chet
à cause des filles de ’Het (c’était donc des ‘Hittites et non des Cananéennes et cela est important symboliquement puisque ‘Het signifie le péché- cela remonte au péché originel)
im-lokeach Ya'akov ishah mibnot Chet
Si Jacob prend une femme de parmi les filles de ‘Het
ka'eleh
Comme celles-là
mibenot ha'arets.
Les filles de la terre (puisque bien sûr Jacob fait partie des célestes)
lamah li ‘hayim
Pourquoi pour moi la vie ?

La motivation de Rivqa, qui indique pour quelle raison Esaü a été disqualifié, concerne les femmes d’Esaü.

Fin du chapitre 26 verset 34 – 35 :
וַיְהִי עֵשָׂו, בֶּן-אַרְבָּעִים שָׁנָה, וַיִּקַּח אִשָּׁה אֶת-יְהוּדִית, בַּת-בְּאֵרִי הַחִתִּי--וְאֶת-בָּשְׂמַת, בַּת-אֵילֹן הַחִתִּי
Vayehi Esav
Et Esaü fut
ben-arba'im shanah
âgé de 40 ans
vayika’h ishah
et il prit femme
et-Yehudit bat-Be'eri haChiti
Yehoudit fille de Beerí le Hittéen
(Midrash : Yehoudit ? il a trompé son père en la déguisant en juive)
ve'et-Bosemat bat-Eylon haChiti
et Bosmat fille de Eylon le ‘Hittéen.

Les ‘Hittites ne sont pas Cananéens mais occupait le pays avec 6 autres peuplades dont les ‘Hivites.
Le Talmud dit qu’en revenant d’Egypte dans le pays de Kenaan il n’avait pas le droit de changer l’ordre agricole (continuer à faire du blé là où il y a avait du blé...) car les ‘Hivéens avait une grande sagesse antérieure : il leur suffisait de sentir l’odeur de la terre pour savoir ce qu’il fallait y planter.

Esaü a donc hérité des ‘Hivites et des ‘Hittites et d’autres alors que les Cananéens étaient d’autres peuplades venues d’Europe. Mais finalement ce sont les Cananéens qui ont imposé leur culture dans le pays des Hébreux et ils étaient la principale peuplade parmi ces conquérants et c’est pourquoi ils ont donné leur nom au pays des Hébreux.

וַתִּהְיֶיןָ, מֹרַת רוּחַ, לְיִצְחָק, וּלְרִבְקָה
Vatihyena morat ruach le-Yitschak oule-Rivkah
(Ces femmes) furent sujet d’amertume pour l’esprit de Isaac et de Rebecca

Ceci explique le changement de motivation dans le départ de Jacob. Le texte dit que ces femmes d’Esaü étaient sujettes d’amertume pour Isaac et Rivqa.

Retour au Chapitre 28 :
Dans le chapitre 27 la motivation du départ de Jacob est la fuite devant Esaü et cela s’appelle « aller à ‘Haran ». Dans le chapitre 28 nous allons voir la 2ème motivation.

28:1:
וַיִּקְרָא יִצְחָק אֶל-יַעֲקֹב, וַיְבָרֶךְ אֹתוֹ; וַיְצַוֵּהוּ וַיֹּאמֶר לוֹ, לֹא-תִקַּח אִשָּׁה מִבְּנוֹת כְּנָעַן.
Vayikra Yits’hak el-Ya'akov
Et Isaac appela Jacob
vayevarech oto
et le bénit
vayetsavehou
et lui ordonna
vayomer lo
et lui dit
lo-tikach ishah mibenot Kena'an
tu ne prendras femme parmi les filles de Canaan.

Avant de lui transmettre la bénédiction d’Abraham (au verset 4), le verset dit qu’il le bénit. Et ensuite il va lui donner une bénédiction.

A la différence de ce que le texte dit pour Esaü : Isaac prévoyait pour Esaü la bénédiction des biens matériels. Nous savons qu’en hébreu la bénédiction signifie la fécondité. Mais il n’est pas écrit qu’Isaac a béni Esaü. Il faut le voir en hébreu, il lui a transmis la bénédiction des biens matériels, mais il n’a pas béni sa personne. Tandis qu’ici nous apprenons que Jacob est béni par sa personne et il reçoit la bénédiction d’Abraham.

קוּם לֵךְ פַּדֶּנָה אֲרָם, בֵּיתָה בְתוּאֵל אֲבִי אִמֶּךָ; וְקַח-לְךָ מִשָּׁם אִשָּׁה, מִבְּנוֹת לָבָן אֲחִי אִמֶּךָ.
Kum lech Padenah Aram
Va à Padan Aram
beytah Vetu'el avi imecha
à la maison de Béthouel le père de ta mère
vekach-lecha misham ishah mibenot Lavan achi imecha
et prend pour toi là-bas femme parmi les filles de Laban frère de ta mère.

On dirait qu’Isaac et Rebecca ne se sont pas du tout concertés pour la même chose : que Jacob aille chez Laban.
Dans le 1er texte il s’agit d’aller chez Laban le frère de Rivqa à ‘Haran. Dans le 2ème texte il s’agit d’aller chez Betouel le père de Rivqa et de Laban à Padan Aram. Tout le vocabulaire a changé.

On retiendra que semble t’il Isaac et Rivqa suivent deux projets différents et ne se concertent pas.
En fait, je reviens un peu en arrière, voilà comment Isaac a pensé la transmission d’identité à la génération suivante : à la génération suivante, il fallait qu’apparaisse Israël.
Abraham - Isaac - Israël.
Ce n’est pas ce qui est arrivé dans l’histoire, mais dans le projet c’était Abraham, Isaac, Israël.

Et puis voilà que ce qui apparait c’est deux jumeaux : Esaü et Jacob.
Tout le problème est de savoir qui sera Israël.
On ne peut qu’être frappé par la coïncidence : l’Eglise a mis 2000 ans pour se prétendre Israël. Arrive le moment où elle reconnait qui est Israël.

Il faut donc comprendre pourquoi dès le début, la Torah en nous parlant de la vocation de ces deux enfants qui étaient jumeaux, et que l’on ne distinguait pas enfant, mais on s’aperçoit que Esaü a la vocation matérielle alors que Jacob a la vocation spirituelle.

Pour Isaac, tout est bien : les deux problèmes de l’homme ont trouvé leur héros, Esaü réussira dans le monde de la matière et il partagera avec Jacob. Jacob réussira dans les tâches spirituelles et il partagera avec Esaü.
Mais la mère sait que ses enfants ne s’aiment pas. Raison pour laquelle, elle adopte une toute autre stratégie, celle-là même qui nous est racontée dans la Parasha à la fin de Toldot. Il faut aussi que la bénédiction d’Esaü aille à Jacob. Quand il a les deux bénédictions, il s’appelle Israël.

Jacob c’est l’esprit et que l’esprit. C’est le juif de diaspora : en tant que juif, il est censé ne s’occuper que de Torah. Il s’occupe d’autres choses mais ce sont des choses goyim.
Il n’est juif qu’en tant que Torah mais en tant qu’homme, il a la manière d’être homme des goyim chez qui il vit. Avec le danger de l’assimilation. Mais les Juifs se reconnaissent quelque soit le folklore. Aucune différence au niveau Torah.

Jacob l’homme voué uniquement à l’esprit. C’est pourquoi dans le début de notre Parasha Vayetsé il va refuser la bénédiction reçue sur l’ordre de sa mère. Car dans la vision des anges, il formulera ce vœu privatif du pain et du vêtement.
Ce n’est pas un contrat du genre « je serais Ton fidèle, si Tu me donnes du pain pour manger et un vêtement pour m’habiller, Tu seras mon Dieu » C’est un vœu. Il y a aussi d’autres indications dans le récit qu’il a refusé la bénédiction d’Esaü. En principe, Jacob a peur de la tâche d’Esaü, en tant que juif. Le juif de l’exil réussit aussi bien que le goy dans les tâches matérielles.

Midrash « je ne veux pas du pain et le vendre pour avoir un vêtement, je ne veux pas un vêtement et devoir le vendre pour acheter du pain » signifie : « je ne veux même pas du commerce... »

Esaü c’est l’homme de la matière.
Les deux vocations comportent des tâches qui demandent l’investissement total de 24 h sur 24.
Pour être un vrai talmudiste ou un vrai mathématicien il faut le faire 24h/24.

Il faut donc savoir où se situer et ce n’est pas n’importe qui peut être Israël. C’est surhumain d’être à la fois Jacob et Esaü. Cette identité n’apparaîtra que plus tard : quand Jacob est capable aussi des tâches matérielles, il s’appelle Israël.

Retour au sujet :

Nous sommes toujours préoccupés à comprendre le changement de motivation.
‘Haran : nom de la ville.
Padan ‘Haran nom de la province.
Béthouel : nom du père de Rivqa et Laban.
Laban est le frère de Rivqa, c’est donc la même maison.

Mais la Torah a tenu à nous séparer les deux motivations.
1ère motivation : s’enfuir de la colère d’Esaü disqualifié à cause des femmes étrangères.
Alors que la motivation d’Isaac ne fait pas allusion à la colère d’Esaü. Il faut continuer les engendrements et assurer la descendance. On a pris acte que Esaü est disqualifié, Jacob doit bénéficier de la bénédiction d’Abraham parce qu’il est le seul à pouvoir continuer la descendance d’Abraham.

וְקַח-לְךָ מִשָּׁם אִשָּׁה, מִבְּנוֹת לָבָן אֲחִי
28:2: Veka’h-lekha misham ishah mibenot Lavan achi imecha
Et prends pour toi là-bas une femme des filles de Laban frère de ta mère.

Prendre une femme des filles de Laban et on lui a imposé toutes les filles de Laban.
Effectivement, imaginez Jacob, toute sa tâche c’est d’étudier la Torah. Il est l’homme de la tente, l’homme de l’étude. Et il va lui falloir gérer 4 maisons car il est 4 fois Baal HaBayit.

28:3
וְאֵל שַׁדַּי יְבָרֵךְ אֹתְךָ, וְיַפְרְךָ וְיַרְבֶּךָ; וְהָיִיתָ, לִקְהַל עַמִּים
Ve'El Shaday yevarekh otkha veyafrecha veyarbecha vehayita lekehal amim.
Et le Dieu tout puissant te bénira.

Chaque fois qu’il s’agit d’une promesse de Dieu, il y a El Shadaï littéralement « qui possède suffisamment pour pouvoir promettre »

Indépendamment du fait que Jacob est béni dans sa personne et rendu capable de fécondité, alors il y a une fécondité particulière qui lui est confié qui lui est transmise ici.

וְיַפְרְךָ וְיַרְבֶּךָ; וְהָיִיתָ, לִקְהַל עַמִּים
veyafrekha veyarbekha
Il te fructifiera et Il te multipliera
vehayita leqehal amim
Et tu deviendras une assemblée de peuples.

C’est déjà l’annonce des 12 tribus
Il y a là aussi un thème important : chaque tribu d’Israël est en elle-même un peuple. Effectivement, nous l’avons vécu à travers les 2000 ans de la diaspora, chacune des tribus avait des sous-tribus, et c’est vrai pour les familles, pouvait être et refaire tout Israël. Même si les autres n’existaient pas.

Chaque tribu s’appelle un peuple. Juifs d’Afrique du Nord, Maroc, Algérie, Tunisie plus le Sahara, à peu près 350 000 Juifs et nous étions Israël, et nous entendions parler de mythes de millions de Juifs d’ailleurs... Ce fut un choc de les rencontrer réellement et dans leurs catastrophes.
Imaginez le changement de dimension de prise de conscience de soi : on commence par la prise de conscience d’une minorité infime et puis on s’aperçoit subitement que c’est un grand peuple.

28:4
וְיִתֶּן-לְךָ אֶת-בִּרְכַּת אַבְרָהָם, לְךָ וּלְזַרְעֲךָ אִתָּךְ--לְרִשְׁתְּךָ אֶת-אֶרֶץ מְגֻרֶיךָ, אֲשֶׁר-נָתַן אֱלֹהִים לְאַבְרָהָם

וְיִתֶּן-לְךָ אֶת-בִּרְכַּת אַבְרָהָם
Veyiten-lekha
Et Il te donnera
et-birkat Avraham
La bénédiction d’Abraham

Les bénédictions données à Jacob n’ont rien à voir avec les fameuses bénédictions d’Esaü qu’il a prises quand même et qu’il refuse.

לְךָ וּלְזַרְעֲךָ אִתָּךְ--לְרִשְׁתְּךָ אֶת-אֶרֶץ מְגֻרֶיךָ
lekha oulezar'akha itakh
Pour toi et ta descendance après toi
lerishtekha
Pour que tu hérites
et-erets megoureykha
Du pays de tes pérégrinations,

אֲשֶׁר-נָתַן אֱלֹהִים לְאַבְרָהָם
asher-natan Elohim le-Avraham.
Que Dieu a donné à Abraham.

28:5
וַיִּשְׁלַח יִצְחָק אֶת-יַעֲקֹב, וַיֵּלֶךְ פַּדֶּנָה אֲרָם--אֶל-לָבָן בֶּן-בְּתוּאֵל, הָאֲרַמִּי, אֲחִי רִבְקָה, אֵם יַעֲקֹב וְעֵשָׂו
Vayishlach Yitschak et-Ya'akov vayelekh Padenah Aram
Et Isaac envoya Jacob et il alla à Padan Aram

Rivqa voulait l’envoyer à ‘Haran, finalement Isaac l’envoie à Padan Aram. Et au début de notre Parasha Vayetsé, il va à ‘Haran

Vayetse 28 :10
וַיֵּצֵא יַעֲקֹב, מִבְּאֵר שָׁבַע; וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה.
Vayetse Ya'akov mi-Be'er Shava vayelech Charanah

Nous allons étudier ce qui a causé ce changement des motivations du voyage.
Rivqa veut l’envoyer à ‘Haran pour fuir la colère de Esaü. Isaac veut l’envoyer à Padan Aram pour prendre femme dans la famille d’Abraham. Et les deux, Rivqa comme Its’haq, sont d’accord.
On apprend dans le déroulement du récit que Isaac l’a envoyé à Padan Aram – on a oublié la motivation pour ‘Haran – et voilà qu’au début de notre Parasha de Vayetse il s’en va pour ‘Haran !

Rashi sur ce verset :
וַיֵּצֵא יַעֲקֹב, מִבְּאֵר שָׁבַע; וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה.
Vayetse Ya'akov mi-Be'er Shava vayelech ‘Haranah
Et Jacob sortit de Beer-Sheva
Là où il se trouvait.
Et il partir en direction de ‘Haran.

Rashi : « par le fait que Esaü s’est rendu compte que les filles de Kenaan étaient mauvaise aux yeux de son père ». (Un verset précise que Esaü a oublié sa mère dans cette considération - Rashi s’accroche sur la motivation immédiate). Esaü est allé chez Ishmaël pour prendre une femme ismaélite pour l’ajouter à ses femmes païennes, mais sans répudier ses femmes païennes.

Le sujet a été interrompu sur l’histoire de Jacob, et il est écrit : Esaü a vu que Isaac son père avait béni Jacob à cause du fait que les femmes de Esaü étaient mauvaises aux yeux de Isaac et lorsqu’il a fini cette parenthèse, le texte est revenu sur le 1er sujet c’est-à-dire notre verset 10.

J’explique en reprenant à partir du verset 5 du chapitre 28, et là nous allons aborder cette parenthèse à laquelle fait allusion Rashi et qui nous explique pourquoi il y a apparemment un changement de motivation.

28 :5
וַיִּשְׁלַח יִצְחָק אֶת-יַעֲקֹב, וַיֵּלֶךְ פַּדֶּנָה אֲרָם--אֶל-לָבָן בֶּן-בְּתוּאֵל, הָאֲרַמִּי, אֲחִי רִבְקָה, אֵם יַעֲקֹב וְעֵשָׂו.
Vayishla’h Yitschak et-Ya'akov
Et Isaac envoya Jacob
vayelech Padenah Aram
Et il alla à Padan Aram
el-Lavan ben-Betou'el ha'Arami
Chez Laban fils de Béthouel l’araméen
a’hi Rivkah em Ya'akov ve'Esav
Frère de Rivqa mére de Jacob et Esaü.

Le texte donne ici des informations qu’on connait déjà surtout que Rivqa est mère de Jacob et Esaü. Or, on a étudié déjà cela que Rashi nous dit qu’il ne comprend pas ce que le texte veut nous dire. Et si Rashi nous dit qu’il ne comprend pas ce que le texte a voulu nous dire, c’est qu’il y a un secret à comprendre. Rashi ne peut pas le dire parce qu’il faut le découvrir par soi-même.

On trouve la règle formulée chez Na’hmanide en discutant d’une explication de Rashi sur la création dès le début. La Création, c’est un grand secret très caché et celui qui le connait doit le taire.

Le grand mystère de cette explication c’est : si ceux qui connaissent ce secret doivent le taire, comment ceux qui ne le connaissent pas l’ont-ils appris pour être ceux qui le connaissent ? D’où le sait-on s’il faut le taire ? Que signifie parler en se taisant ?
Cela veut dire : fais attention : il y a à découvrir quelque chose que je ne peux pas te dire.

Rashi vit au milieu des chrétiens et il ne peut pas dire ce qu’il a à dire. Ce que nous avons appris d’autre part : Jacob va finalement fonder Israël et Esaü va fonder la chrétienté. Esaü a fondé la chrétienté c’est une tradition rabbinique très connue de ceux qui étudient mais qui était peu connue jusqu’à ces dernières années : dans les lieux d’études on sait très bien : Essav = Edom= Rome.

Qui, n’étant pas Jacob, dispute à Jacob son nom d’Israël ? C’est Esaü !
Qui, n’étant pas Israël, dispute son nom d’Israël ? C’est Rome – « Verus Israël ».

Mais il y a un argument historique : comment est née la conscience chrétienne ?
Elle est née dans une alliance entre les Romains et les Iduméens au temps de l’occupation de la Judée. Le Roi de la Judée au temps de l’apparition du Christianisme était Hérode qui était iduméen.
Les Romains avaient installé une dynastie d’Iduméens, descendant d’Esaü, sur le trône de Judée. Et il y a eu une alliance entre Rome et Edom qui fait que l’identité chrétienne est apparue. Chose que les chrétiens ont oublié. Les Juifs aussi. Alors il faut réapprendre.

Voilá ce que Rashi veut nous dire .../...

*****

Parasha - Vayetse 1993 suite

http://www.toumanitou.org/toumanitou/la_sonotheque/parasha/vayetse_serie_1993/cours_1
Face B

28 :5
וַיִּשְׁלַח יִצְחָק אֶת-יַעֲקֹב, וַיֵּלֶךְ פַּדֶּנָה אֲרָם--אֶל-לָבָן בֶּן-בְּתוּאֵל, הָאֲרַמִּי, אֲחִי רִבְקָה, אֵם יַעֲקֹב וְעֵשָׂו.
Vayishla’h Yitschak et-Ya'akov
Et Isaac envoya Jacob
vayelech Padenah Aram
Et il alla à Padan Aram
el-Lavan ben-Betou'el ha'Arami
Chez Laban fils de Béthouel l’araméen
a’hi Rivkah em Ya'akov ve'Esav
Frère de Rivqa mère de Jacob et Esaü.

Le verset est atypique car du point de vue de l’ordre de la naissance, le verset aurait du dire, mère d’Esaü et de Jacob. Or, ici mère de Jacob et d’Esaü. On pourrait croire que puisque Jacob est avant Esaü, cela veut dire qu’Esaü va faire Teshouva.

Rashi précise qu’il ne sait pas ce que cela veut dire. Cela signifie que ce n’est pas cela, mais il ne peut pas le dire explicitement en milieu chrétien. D’où l’avons-nous appris ? Nous l’avons appris en milieu musulman dans d’autres shitot.

Il y a un commentaire des ‘Hassidim que j’ai entendu cette année :
Rivqa est la mère des deux enfants, Jacob et Esaü, et elle se préoccupe des deux : « pourquoi serais-je veuve des deux enfants... »
En allant chez la mère de Jacob, si Jacob va chez Rivqa appelée « mère de Jacob », alors Esaü est aussi sauvé. Parce que si Jacob ne reste pas dans le monde, Esaü est perdu.

En termes contemporains :
La semaine dernière dans une assemblée d’ecclésiastiques, ils demandent de leur expliquer surtout " pourquoi nous chrétiens on ne peut pas se passer du judaïsme alors que vous Juifs vous pouvez vous en passer ? ".
Vous voyez que c’est un problème important : les Chrétiens ne peuvent pas se passer du judaïsme. Sans le judaïsme ils n’existent plus. Ils doivent s’adosser à l’identité juive. Mais un juif peut être juif en dehors de la planète Rome.

Je me rappelle mon enfance, on a vécu chez les musulmans, alors on n’avait entendu parler des chrétiens ces barbares qui se prenaient pour Israël comme des histoires exotiques... Un juif séfardi n’a jamais pris au sérieux le danger chrétien. Ce sont les ashkénazims qui ont pris au sérieux le danger chrétien. Pour les juifs séfardims, le danger sérieux c’est le danger musulman qui n’a rien à voir : non pas une histoire religieuse mais une histoire politique.

Pour revenir au sujet nous voyons qu'Isaac a envoyé Jacob à Padan Aram.
La parenthèse commence au verset 6 :

Toldot 28 :6 :
וַיַּרְא עֵשָׂו, כִּי-בֵרַךְ יִצְחָק אֶת-יַעֲקֹב, וְשִׁלַּח אֹתוֹ פַּדֶּנָה אֲרָם, לָקַחַת-לוֹ מִשָּׁם אִשָּׁה: בְּבָרְכוֹ אֹתוֹ--וַיְצַו עָלָיו לֵאמֹר, לֹא-תִקַּח אִשָּׁה מִבְּנוֹת כְּנָעַן
Vayar Esav ki verach Yitschak et-Ya'akov
Et Esaü vit qu’Isaac avait béni Jacob
veshilach oto Padenah Aram
Et qu’il l’avait envoyé à Padan Aram
lakachat-lo misham ishah
Pour qu’il prenne de là-bas une femme
bevaracho oto
En le bénissant
vayetsav alav lemor
Et en lui prescrivant
lo-tikach ishah mibenot Kena'an.
Tu ne prendras pas de femme au pays de Canaan.

28 :7
וַיִּשְׁמַע יַעֲקֹב, אֶל-אָבִיו וְאֶל-אִמּוֹ; וַיֵּלֶךְ, פַּדֶּנָה אֲרָם
Vayishma Ya'akov el-aviv ve'el-imo
Et Jacob a écouté et son père et sa mère
vayelech Padenah Aram
Et il alla à Padan ‘Haran.

Nous avons là la clef de notre problème dans ce verset.
Esaü n’a compris qu’une seule chose, c’est que ses femmes étaient mauvaises aux yeux d’Isaac. Alors qu’il a pris acte, il a découvert que pour Jacob, elles étaient mauvaises aux yeux d’Isaac et de Rivqa. On apprend qu’Esaü a un lien d’intimité avec Isaac qu’il n’a pas avec sa mère.

28:8
וַיַּרְא עֵשָׂו, כִּי רָעוֹת בְּנוֹת כְּנָעַן, בְּעֵינֵי, יִצְחָק אָבִיו
Vayar Esav ki ra'ot benot Kena'an be'eyney Yits’hak aviv
Et il vit Essav que les filles de Canaan étaient mauvaises aux yeux de Isaac son père.

Le texte revient sur cela.

וַיֵּלֶךְ עֵשָׂו, אֶל-יִשְׁמָעֵאל; וַיִּקַּח אֶת-מָחֲלַת בַּת-יִשְׁמָעֵאל בֶּן-אַבְרָהָם אֲחוֹת נְבָיוֹת, עַל-נָשָׁיו--לוֹ לְאִשָּׁה
Vayelekh Esav el-Yishma'el
Et Esaü alla chez Ishmaël
vayikach et-Machalat bat-Yishma'el ben-Avraham a’hot Nevayot al-nashav lo le'ishah.
Et il prit Ma’halat fille de Ishmaël fils d’Abraham sœur de Nevayot en plus de ses femmes pour lui pour femme.

Il y a un demi-repentir de la part d’Esaü par rapport à Isaac. Il le réalise en prenant une femme monothéiste fille d’Ishmaël. Mais il garde sa trinité païenne en-dessous. Quoiqu’il en soit, ce demi-repentir va accroître son mérite et donc la motivation va changer. Il faut que Jacob prenne conscience qu’Esaü devient plus dangereux pour lui, étant l’allié d’Ishmaël. Et donc c’est à ‘Haran qu’il va et non pas à Padan Aram.

Rashi sur la fin du verset 28:10 : Vayelekh ‘Haranah il partit à ‘Haran. Rashi dit : « il est sorti pour aller à ‘Haran ». Rashi semble nous dire ce qu’on appelle en français une lapalissade ?
Que nous apprend-il ?
Maintenant on comprend mieux Rashi : Jacob est sorti de Beer Sheva dans l’intention d’aller à Padan Aram mais en réalité il est allé à ‘Haran.
Parce que le verset lui-même était à expliquer : « Et il sortit de Beer Sheva et il alla à ‘Haran ». Mais pour aller à ‘Haran il faut qu’il sorte de Beer Shéva ! Qu’est-ce que cela m’apprend-il qu’il est sorti de Beer Shéva ? Vous avez compris le problème.

C’est l’habitude de Rashi de donner son enseignement derrière une règle de grammaire. Très souvent Rashi explique : Il y a hé (hé paragogique) à la fin d’un mot pour remplacer le Lamed au commencement d’un mot => Lé’Haran devient ‘Haranah.
Parce que le Hé de la fin d’un mot indique la direction avant qu’on arrive quelque part.
Mitsraïmah : en direction de l’Egypte.
Shamaïmah : en direction du ciel.
‘Haranah : en direction de ‘Haran.

Cela veut dire qu'il y a eu dès l’origine un demi-repentir d’Esaü qui se repent vis-à-vis de son père et pas vis-à-vis de sa mère. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Nous allons changer de registre d’étude pour l’étudier d’après le Midrash.

Retenez en tout cas cela qu’il y a eu dans l’histoire un demi-repentir de Rome : la Rome païenne est devenue la Rome chrétienne. Je vais vous situer cela : ce changement de la Rome païenne devenant la Rome chrétienne est un événement historique énorme. La Rome païenne a réussi à imposer à la communauté chrétienne ses structures impériales.
Et au bout de 300 ans, à partir de Constantin, la communauté chrétienne a capitulé, abdiqué, devant l’empire romain qu’elle a christianisé, mais en réalité elle s’est faite impérialisée : elle est devenue « l’empire chrétien ! » Ce que le pape montrait d’ailleurs avec la triple tiare dont l’une était celle de l’empereur. D’ailleurs je crois que c’est le pape Jean 23 ou celui qui a suivi qui a enlevé la triple tiare.
Après Vatican 2 d’ailleurs on cherche à désimpérialiser l’Eglise mais je vous garantis que les spécialistes de Rome savant à quel point il y a une inertie de la cité du Vatican. Dans n’importe quel pays au monde, il y a en général 300 serviteurs inutiles d’un ministre, au Vatican là-bas il y en a 3000 chaque fois.
Pour revenir au sujet : il s’est produit ce demi-repentir.

Voilà le Midrash que je voulais vous citer, qui ne traite pas de notre problème mais d’après ce qu’il dit cela éclaire notre problème. Il y a un verset des Proverbes (Mishlei lu à Shavouot avec Rout)
שְׁמַע בְּנִי, מוּסַר אָבִיךָ; וְאַל-תִּטֹּשׁ, תּוֹרַת אִמֶּךָ
« Ecoutes mon fils, la morale de ton père, et n’abandonne pas la Torah de ta mère ».

Regardez comment ce verset s’adapte à notre question : Le Midrash dit : Eïn Abikha Ela Abikha Shel Shem Hashamayim Vé-Eïn Imékha Ela Knesset Israël le père dont il est parlé ici c’est ton père qui est aux cieux et ta mère c’est l’Assemblée d’Israël.

Regardez exactement ce qui se passe pour Esaü :
Appliqué à Esaü : il a finalement accepté la morale de son père céleste « Dieu le père » comme ils disent, la morale mais pas la religion, et la Torah d’Israël, « sa mère », il la rejette. C’est le demi-repentir d’Essav. Ils s’inventent ensuite une mère qui n’est pas mère puisque c’est par l’opération du Saint-Esprit... etc.

On approche peut être du temps du repentir d’Esaü vis-à-vis de sa mère. La reconnaissance de l’Etat d’Israël en est le 1er pas.

*****

Q : Ne pensez-vous pas que cette reconnaissance de la chrétienté est due au fait qu’on vient de partager la terre d’Israël et qu’il y a un doute sur l’identité d’Israël, puisqu’elle est partagée entre le croissant et la Maguen David et alors la croix se permet de nous reconnaitre ?

R : en grande partie, mais je pense qu’il y a un secret espoir chez beaucoup de Romains non qu’on partagera mais qu’on rendra tout. Un peu ce que pense les Palestiniens eux-mêmes d’ailleurs. Parce que dès que le gouvernement israélien dit « Jéricho et Gaza d’abord » c’est qu’il y a bien une suite ! Et pour les Palestiniens la suite on la connait, c’est la mer ! C’est évident !
Bon, cela ne se passera pas comme ça parce que le Bon Dieu ne joue pas aux billes. Mais la faute à la Knesset. C’est avec une pseudo-majorité que ce projet d’accord qui n’est pas encore signé, c’est une pseudo-majorité. Le gouvernement lui-même n’avait qu’une majorité possible parce que plus que 56 vois il avait la voix des Arabes et des orthodoxes séfarades antisionistes. Entre merets et Maarar pour avoir 60 il fallait la voix des Arabes, ce qui faisait 61, mais avec les voix de Shass cela faisait 67.
Quand la haute cour de justice a obligé les Séfaradims à quitter le gouvernement pour des raisons de justice, alors il n’avait plus que 56 vois, parce que les Arabes font pression : c'est-à-dire que c’est les Arabes qui décident, je ne sais pas si vous vous rendez compte, avec la complicité des orthodoxes antisionistes. Et c’est légal d’après la démocratie israélienne 61 % des voix c’est la majorité. Mais ce n’est pas légitime. Ce que j’essayais de dire à la conférence, et je me suis aperçu que les israéliens ne comprennent plus le français, cela m’a rassuré, ils ne sont pas arrivés à comprendre la différence entre légal et légitime.
Tout le monde a cru que j'ai dit que c’était légitime, alors que c’est légal et pas légitime. Que ce n’est pas légitime cela veut dire que c’est basé sur un mensonge politique éhonté. Que le monde entier s’en lave les mains et se félicite, mais que les Juifs et les israéliens surtout fassent semblant que c’est légitime c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Alors il faut rester vigilant.

Ceci dit, il y avait 3 raisons pour lesquelles le Vatican ne voulait-pouvait pas reconnaitre Israël :
 Le Vatican ne reconnait que des états qui ont des frontières reconnues. Or, comme Israël n’a pas de frontières reconnues...
 Il s’agit de la terre sainte ! Il y a des biens de l’Eglise en terre sainte qui comporte surtout des Arabes. Et tant que les droits des Palestiniens ne sont pas reconnus comment reconnaitre la présence juive en terre sainte ? On ne peut pas faire deux poids deux mesures, même si pendant très longtemps pendant l’occupation par la Jordanie des lieux saints cela ne posait pas de problème majeur, mais lorsque c’est Israël c’est un blasphème...
 Reconnaitre Israël a des implications théologiques énormes.

On ne sait pas encore l’axe par lequel l’état d’Israël sera reconnu et à quel niveau il sera reconnu. Le Vatican est aux prises avec trois problèmes :
 Le judaïsme comme religion.
 Le peuple juif comme histoire et comme mémoire.
 Et l’Etat d’Israël comme nation.

Il a trois problèmes différents. Il a essayé sa première stratégie : reconnaitre le judaïsme comme religion valable. Pour la nation c’est plus difficile. Reconnaître Israël a des conséquences théologiques énormes.
J’attends de voir comment cela va être reconnu.
Mais le seul fait que la question se pose est un tremblement de terre sainte.

Il faut se rendre compte du traumatisme énorme qu’ils vivent : pendant 2000 ans ils étaient sûrs que c’était eux Israël, et puis subitement c’est les Juifs !

Il y a un deuxième problème qui apparait. D’après ce que je sais de ces problèmes, Israël ces dernières années n’avait plus tellement intérêt à ce que le Vatican reconnaisse Israël. Parce que finalement le monde entier s’est mis à reconnaitre Israël. Pour des raisons diverses et variées et même avariées d’ailleurs.
Mais c’est l’intérêt du Vatican de reconnaitre l’état d’Israël. Seulement, si le Vatican reconnait l’état d’Israël cela veut dire que l’Eglise catholique tient compte que l’identité juive c’est Israël. Que devient la diaspora juive dans l’histoire ? Il y aura une compétition de deux diasporas. La chrétienté et la diaspora juive. Mais la chrétienté est de taille à avaler la diaspora juive, sans problème ni hésitation. Il restera de petites forteresses ghettos, mais cela va se christianiser en diaspora.
Alors le problème n’est pas tellement pour Israël mais pour la diaspora juive. Parce que finalement il aura une compétition de diaspora. A l’origine les Juifs étaient la diaspora de fidélité à la nation hébraïque, fidélité difficile mais jamais démentie. Est resté Juifs quelqu’un qui dit Amen en hébreu alors que les chrétiens sont à l’origine des Juifs qui ont opté pour la culture et le culte gréco-romain. Et un chrétien c’est quelqu’un qui dit « Amen » en latin, même quand il parle en français. J’ai rencontré beaucoup de chrétiens qui étaient persuadés qu'Amen c’était du latin ! Il a fallu qu’ils entendent les Arabes dirent « Amin » pour se rendre compte qu’il y avait un problème…
D’ailleurs je dois vous dire que les Commissions des Affaires Etrangères Israéliennes qui s’occupent de cela depuis quelques années sont très au fait des tenants et aboutissants. Rassurez-vous.

Je n’ose pas ouvrir un autre sujet, avez-vous des questions ?

***

Q : Essav n’est pas Yaaqov, mais Yaaqov n’est pas Essav, cela dérange-t’il le projet d’Its’haq ?

R : On a déjá appris que le projet d’Its’haq est impraticable. Il a fallu d’ailleurs que Its’haq s’en rende compte lui-même. Je vous donne une parenthèse de Torah-fiction : C’est Jules Isaac qui a démontré qu’Esaü n’aime pas Jacob. Jules Isaac est un historien juif français très assimilé qui a été secoué par la Shoah dans laquelle il a perdu sa femme et sa fille et qui a tenté de comprendre les racines de cet antisémitisme aberrant. Il a trouvé derrière l’antijudaïsme chrétien. Il a écrit un 1er livre nommé « Jésus et Israël », et ensuite une livre qui s’appelait « les sources de l’antisémitisme chrétien ».
Ce sont ces deux livres qui ont obligé le Vatican à prendre au sérieux les demandes d’amitiés judéo-chrétiennes surtout en France (préparées par Jules Isaac et Edmond Fleg). Cela a abouti à un 1er congrès qui a été le congrès de Sélisberg (les fameux 11 points de Sélisberg). On a compris que l’Eglise commençait à réviser sa catéchèse en ce qui concerne les Juifs. Cela prend du temps, c’est au forceps, avec des hauts et de bas. La commission épiscopale française qui s’occupe de cela est bien en avance sur toutes les autres, Vatican compris. Si Jean 23 avait pu continuer ce qu’il avait commencé, cela aurait été plus loin. Mais Jean-Paul 2, pape polonais, c’est le regret plutôt que le progrès...
Isaac est un nom de famille juif très peu répandu, c’est surtout courant comme prénom. Et en plus Jules le prénom romain par excellence. Tout se passe comme si il avait fallu qu'Isaac revienne sous l’apparence de Jules pour découvrir que c’est vrai : Esaï haït Jacob !
C’est un livre qui a été mal digéré par les chrétiens, parce que rédigé sans se cacher en se disant un juif assimilé qui aurait pu croire à la religion chrétienne et qui part des postulats de la religion chrétienne pour démontrer qu’ils ont torts d’être anti-juifs. Cela leur a fait énormément de mal de les mettre en face de leur miroir.

Toldot Verset 41 chapitre 27 pour ensuite rattacher à la question:
וַיִּשְׂטֹם עֵשָׂו, אֶת-יַעֲקֹב, עַל-הַבְּרָכָה, אֲשֶׁר בֵּרְכוֹ אָבִיו; וַיֹּאמֶר עֵשָׂו בְּלִבּוֹ, יִקְרְבוּ יְמֵי אֵבֶל אָבִי, וְאַהַרְגָה, אֶת-יַעֲקֹב אָחִי
Vayistom Essav et-Ya'akov
Et Essav haït Jacob - le texte emploie un terme plus fort que sitnah pour dire la haine
al-habrakhah
À cause de la bénédiction
asher berakho aviv
Dont son père l’avait bénit (on a l’habitude de lire : dont son père avait béni Jacob)
vayomer Esav belibo
Et Essav dit en son coeur
yikrevou yemey evel avi
Les jours de deuil de mon père arriveront
ve'ahargah et-Ya'akov a’hi.
Et je tuerais Jacob mon frère.

Ce verset dit clairement : Tant qu’Isaac (Jules Isaac) est vivant Esaü ne peut rien contre Jacob.
C’est la manière de lire habituelle qui n’est pas fausse mais on lira autrement.
« Et Essav haït Jacob à cause de la bénédiction dont son père l’avait bénit » on lit : dont son père avait béni Jacob.

Mais on ne se rend pas compte que cela veut dire qu’Esaü haït Jacob à cause de la bénédiction dont Isaac a béni Esaü et non Jacob. En effet, lorsque Esaü, après que Jacob ait reçu sa bénédiction, prévu pour lui, est parti et qu’il est revenu du champ, il demande à son père : « ne m’as tu pas gardé à moi une bénédiction ? » Alors il savait très bien ce qu’il se passait ! Il aurait du dire : ne lui avais-tu pas gardé une bénédiction, donnes-la moi ?

En fait tout le monde ferme les yeux dans l’histoire mais personne n’est dupe.

Cela me rappelle Jacques Lacan. Il avait un grand ami Emmanuel Raïs que j’ai connu qui était un des élèves de mon maître, et qui le fournissait en Midrashim Juifs dont son œuvre fourmille de manière déguisée. Il avait parlé une fois de cela de la manière suivante « Le nom dupe erre ». « Celui qui n’est pas dupe erre ». Jacob est devenu errant, alors c’est l’autre qui s’est fait dupé. Il appelait cela le nom du père. A qui donne-t-on le nom du père ? A Jacob ! Parce que le nom dupe erre. Et c’est lui le juif errant !
En fait ce qu’on ne voit pas dans le verset c’est qu’Esaü haït son frère à cause de la bénédiction que son père lui a donné à lui, Esaü. Parce que lorsqu’il est revenu son père l’a béni en lui disant : « tu vivras de ton épée ». C’est une bénédiction terrible !

Esaü ne peut pas ne pas être marchand de canons. Il n’y a qu’à lire toute l’histoire de la tradition romaine pour savoir ce qu’est la Pax Romana : c’est la guerre ! Au point qu’ils ont pris l’épée pour la tourner en forme de croix… Sa bénédiction terrible est celle du meurtre du frère par le frère. Cela commence par Remus et Romulus. Le mythe romain félicite celui qui fonde ainsi la cité. Il en résulte la malédiction des armes, la malédiction de Caïn. Mais chez les Romans c’est cela la cité. Toute l’économie occidentale tourne autour de la fabrication d’armes. Leur plus grande difficulté est d’arriver à transformer les épées en socle de charrues comme le dit Esaïe. On leur donne d’ailleurs un coup de main au passage avec par exemple ce juif devenu chrétien Marcel Dassault. Einstein et la bombe atomique...Mais enfin il faut toujours être romain pour être martien !
Il découvre stupéfait la nature de sa bénédiction. Il vivra de son épée ! Et la bénédiction de l’amour c’est Jacob qui l’a. Alors il a beau être la religion de l’amour, il vit de son épée. Alors imaginez la haine que cela peut projeter sur l’autre à cause de sa bénédiction à lui Esaü.

Effectivement, la question posée est une question énorme : Jacob ne peut pas aimer Esaü. Un Tsadik ne peut pas aimer un Rashâ. Un Juif ne peut pas aimer un Romain à partir du moment où l’on sait qui il est et qui on est.
Mais Jacob n’est pas encore Israël. Il faut avoir une toute autre envergure pour que cela se dénoue. Israël peut résoudre le problème d’Esaü, pas Jacob. D’ailleurs c’est clair, la relation avec l’idée d’un Esaü qui redeviendrait cachère ne peut pas sortir des Yeshivots de Jacob, c’est impossible. Seul Israël peut renouer avec le Vatican. Jamais la synagogue ne pourra renouer avec le Vatican. Même si le grand rabbin de Rome ou d’Israël a des mondanités pieuses avec sa « sainteté ». Cela n’a pu se résoudre qu’au niveau de la politique israélienne par rapport à la politique vaticane. Cela ne veut pas dire que Shimon Perez aime Jean-Paul II, je crois qu’il préfère Arafat…

Q : A propos de l’incompatibilité entre Rome et Jérusalem, est-ce également le cas avec Athènes ?

R : Absolument. Absolu mais dans le fond. Et cela nous a coûté très cher cette assimilation à l’hellénisme. On rentre dans ‘Hanouka. C’est énorme cet affrontement entre Judéens et Grecs. Mais avec cette différence que c’est finalement Rome qui réalise le génie d’Athènes d’une certaine manière.

Petite parenthèse :
Athènes a fondé le langage des sciences et l’esthétique. C’est elle qui de manière irréversible fait qu’un goï qui lit la Bible ne peut pas la lire en hébreu. Même quand il la lit en latin, il la lit en grec.
Le grec est celui qui est sollicité par les évidences des catégories de la matière. Cette civilisation qui a fondé le langage des sciences et l’esthétique, en tout cas de la civilisation moderne occidentale, est sensible à tout ce qui est déterminé, impersonnel, quantitatif. C’est la science occidentale dans son aveuglement par rapport à tout ce qui est l’esprit, la qualité, la liberté, la valeur morale. Le Grec est sollicité par le déterminisme. C’est pourquoi lorsqu’il lit la bible, il transforme le Dieu vivant en dieu mort, parce qu’il projette les lois de la matière sur l’esprit. Et d’autre part, l’esthétique, ce qui est corollaire. Cela ne veut pas dire que le Grec n’ait pas eu l’intuition de la moralité mais il est persuadé et possède la conviction que la moralité ne peut pas se réaliser et ne peut que se contempler. C’est pourquoi le juste selon Socrate est celui qui connait la vérité morale et non celui qui la pratique. D’ailleurs la relation entre Socrate et Platon son disciple n’a rien à voir avec la relation morale entre un maître et son élève. Vous savez de quoi je ne veux pas parler. Sinon oubliez. C’est ce qu’on appelle l’amour platonique...

C’est une conscience qui est par définition tragique et contemplative. C’est ce que les Grecs ont scellé dans la civilisation occidentale. Rome y a mis le génie de civilisation impériale.
C’est pourquoi, nous avons en réalité le problème de Babel, Perse, Grèce, et le problème qui récapitule tous les problèmes avec Israël c’est Rome.
Arrivons-nous à u temps où Rome et Jérusalem vont faire la paix ? Je ne sais pas. Mais j’ai donné une fois la comparaison suivante :
L’homme a deux mains, la droite et la gauche. Cela ne peut pas coïncider.

Alors peut-être qu’est en train de s’ouvrir un temps où on va avoir les trois antagonistes à Jéruslem Israël – Ishmaël - Essav ?


 
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