''Résistance et Persistance
du Judaïsme Marocain: Mémoire brisée, mémoire en éveil et mémoire
retrouvée''
Un Colloque International à Marrakech sur
le thème: ''Résistance et Persistance du Judaïsme Marocain: Mémoire brisée, mémoire en éveil et mémoire
retrouvée''
Organisé
par l’association « Permanences du judaïsme marocain »,
un colloque, réunissant des chercheurs de renommée
internationale, s’est tenu à Marrakech les 25 et 26
Mai 2008.
Ce colloque
a été marqué par la participation de dizaines de chercheurs
de renommée internationale originaires notamment du
Maroc, de France, des Etats-Unis, de Grande Bretagne,
d'Espagne et d’Israël.
Avec
le concours du Département d'Etudes Hébraïques de l'Université
Paris VIII présidé par le professeur Ephraïm Riveline,
du Centre de Recherches sur les Juifs du Maroc (CRJM),
créé par Robert Assaraf , du Groupe de Recherches et
d'Etudes sur les Juifs du Maroc (GREJM) animé par le
professeur Jamaa Baida, de la Casa de Sefarad y de la
Memoria de Cordoue , tout cela sous le contrôle et à
l’invitation de Jacky Kadoch, président de la Communauté
israélite de Marrakech, ce colloque a été l’occasion
d’échanges féconds entre universitaires marocains, français
américains, espagnols ou israéliens spécialistes de
l’histoire et de la culture du judaïsme marocain.
Les juifs marocains ont réussi - de part le monde et durant les dernières
décennies passées - à imposer leur identité, leur concept
et nombre de leurs traditions marocaines, notamment
celles liées aux cérémonies et au mode de vie, a-t-on
affirmé lors de cette rencontre initiée par le Dr. Arrik
Delouya, sociologue - chercheur et président de l’APJM
en compagnie de ses amis tous pour la plupart universitaires. Parmi les auteurs de communications se trouvaient Arrik Delouya (Président
des « Permanences du Judaïsme Marocain), Ephraim
Riveline (Paris VIII) , Jacky Kadoch (président de la
communauté Israélite de Marrakech), Joseph Chetrit
(Université de Haifa), Jamaa Baida (GREJM, Université
Mohammed V de Rabat), Robert Assaraf (CRJM), Hanane
Sekkat (Faculté des Lettres, Fès-Saïs) , Jaime Sanchez
Casas (Casa de Sefarad y de la Memoria de Cordoue),
Mina Elmghari par procuration (Secrétaire Générale de
la Commission Nationale Marocaine pour l'Education la
Culture et les Sciences auprès de l’UNESCO), Mohamed
Mezzine (ancien doyen de la Faculté des Lettres, Fès-Saïs),
Hassan Majdi (doctorant à l’INALCO & Paris 8) ,
Sebastián de la Obra, (Casa de Sefarad de Cordoue) Mohammed
Hatmi, (Faculté des Lettres, Fès-Saïs), Nessim Sibony
par procuration (Los Angeles), Khalid Chegraoui (Institut
des Etudes Africaines à l’Université Mohammed V de Rabat),
Shmuel Segev (Israël), Mohamed Elmedlaoui ( Institut
Universitaire de Recherche Scientifique de Rabat) ,
Said Saïd
Gafaïti (Faculté des lettres et des sciences humaines,
Saïs Fès), Hassan Khallaf (de Demnate Doctorant à l’Université
Cadi Ayyad de Marrakech), et Khalid El Gharib par procuration
(« Khalid Art Gallery » de Marrakech).
Ce colloque a été une belle opportunité
pour ces chercheurs juifs, chrétiens et musulmans, d’étudier
à la fois la spécificité religieuse et culturelle du
judaïsme marocain, mais aussi ses relations avec son
environnement musulman arabo-berbère, des relations
caractérisées par une étonnante symbiose qui fit du
Maroc une nouvelle Andalousie.
Tous ont souligné l’urgence d’une
recherche pluridisciplinaire, à l’échelle internationale,
en vue d’une meilleure connaissance du judaïsme marocain
auquel se rattachent environ un million de personnes
dans le monde, dont les 800 000 installés en Israël.
Les originaires du Maroc en Israël
et dans le monde continuent à maintenir intactes leurs
traditions culturelles et cultuelles et à entretenir
des liens privilégiés avec le pays de leurs parents
et avec la dynastie alaouite.
Les Centres de recherche
le Département d´Etudes Hébraïques de l´Université Paris 8 l’association "Permanences
du Judaïsme Marocain " - Paris le CRJM/Centre de Recherches sur les Juifs du Maroc-Paris le GREJM/Groupe de Recherches et d’Etudes sur le Judaïsme Marocain-
Rabat la Casa de Sefarad - Casa de la Memoria
de Cordoba en Espagne et Jacky Kadoch de la Communauté Israélite
de Marrakech-Essaouira
Présentent
le Colloque International de Marrakech du 26 Mai 2008 de 10H00 à
18H00
Sous la présidence de : Dr. Arrik Delouya
(Ph.D-Sociology)
Sociologue et Chercheur Président &
Fondateur des "Permanences du Judaïsme Marocain"
Autour de la thématique des « Permanences du Judaïsme Marocain »
à l’Hôtel Kenzi Farah Marrakech Avenue du Président Kennedy Tél: 212 (0) 24 33 95 00
« Etat de
la Recherche Académique au Maroc sur le Judaïsme Marocain » par le Prof.
Jamaâ Baïda (Faculté des Lettres, Rabat)
Abstract Il s’agit dans
cette brève communication de faire un bilan succinct
de la recherche universitaire ayant pour objet le judaïsme
marocain, particulièrement dans le champ de la recherche
historique. Celle-ci, après avoir observé un mutisme
quasi total, pendant plusieurs décennies après l’indépendance,
sur le rôle joué par les Juifs dans l’histoire du Maroc,
a commencé récemment, sous l’impulsions de divers facteurs,
à leur accorder partiellement le statut qui leur revient
en tant qu’éléments incontournables dans l’histoire
du pays. Nous essayerons d’examiner les facteurs qui
ont déterminé cette occultation, ainsi que ceux qui
ont ouvert la voie à ce regain d’intérêt pour le
judaïsme marocain.
« Récupération
d’une identité et construction de réseaux"
par Sebastián
de la Obra
Director y fondator
de la Biblioteca-Centro de Documentación
de la Casa de
Sefarad
Abstract La réalité
historique de Sefarad a été durant de nombreux
siècles une réalité intentionnellement occultée et manipulée.
D’une part,elle s’est transformée en un exercice d’
« étonnement » , c’est-à-dire d’ « étran-gérisation
» des juifs espagnols et de leur composante culturelle
; d’autre part, on a affirmé qu’ avec l’expulsion
ne subsistait plus la moindre trace, vestige
ou témoignage de la culture juive en Espagne. Jusqu’à
la fin du XIXème siècle on ne se pose pas de questions
sur cette réalité officielle.
Les premières tentatives de récupération des traces juives en
Espagne sont d’origine politico-émotionnelle (Angel
Pulido), de reconstruction identitaire (Américo
Castro) et de caractère académique (Institut Arias
Montano et Revue Sefarad).Tous ces essais sont
confrontés à l’historiographie officielle et a une réalité
sociale qui a « oublié » cette part essentielle de l’identité espagnole.
Actuellement,
nous sommes en présence de Communautés qui, peu à
peu, donnent signe de vie publique ; des Administrations
qui récupèrent ( du point de vue politique et
touristique) le « mythe » de Sefarad et quelques
initiatives, à titre privé et culturel (Casa de
Sefarad, Tarbut Sefarad, etc.) qui cherchent à récupérer
et à dynamiser le passé,le présent et le futur de la
culture judéo- espagnole.
« Existe-t-il
un conceptualisation ou une théorisation pour devenir
gardien et garant de la mémoire Juive de Marrakech et
d’Essaouira en 2008 ? » par Jacky Kadoch
Président de
la communauté Israélite de Marrakech-Essaouira
Abstract Pourquoi donc
courir après toutes les communautés juives d’origine
marocaine dans le monde ? Pourquoi les solliciter
pour créer un véritable bastion et une importante bastide
de notre culture judaïque et de notre patrimoine ?
Pourquoi sauver les deniers meubles et repenser à apposer
les plaques des Rues du Mellah de Marrakech portant
des noms juifs en français ? Restaurer le cimetière
et requinquer nos synagogues, est-ce nécessaire pour
une population juive si petite en nombre ? Vouloir
interviewer les dernières âmes juives vous parait-il
ressembler à une preuve de pérennité et de longévité
de ce judaïsme deux fois millénaire ? Peut-on parler
de mémoire juive et de devoir de mémoire quand ce sont
nos frères musulmans qui nous proposent de prendre la
relève de ce que nous laissons ? Autant de « questions
Hamletiennes » qui devront trouver des éléments
de réponses tout au long de ce colloque international
que nous hébergeons dans notre ville en ce jour du 26
Mai.
« La création d’un mythe Le juif heureux dans un royaume heureux » Par le Prof Mohammed
Hatimi (Faculté des Lettres, Fès-Saïs)
Abstract « La solitude du pouvoir »
fait découvrir au roi Hassan II les « délices »
des débats philosophiques. Aussi, plusieurs savants,
érudits, hommes de lettres et de sciences… furent invités
dans les palais royaux en vue de discuter de sujets
qui tenaient à coeur à Sa Majesté. Avec les invités
juifs en particulier, le roi aimait développer ses
connaissances sur le « Génie d’Israël » et
prospecter les opportunités de concorde entre Judaïsme
et Islam.
« La
mémoire identitaire des juifs du Maroc après la dispersion
des communautés:
Dissolution nostalgique ou réinvention intégratrice?»
par Joseph
Chetrit, Université de Haifa Israël
Abstract L’introduction
de l’éducation moderne dans les communautés judéo-marocaines
aux XIXe et XXe siècles puis la dispersion de ces communautés
millénaires dans la seconde moitié du XXe ont amené
l’identité traditionnelle des Juifs du Maroc à s’ouvrir
sur d’autres cultures, sur d’autres régimes politiques,
sur d’autres territoires, sur d’autres expériences de
vie juives et non juives. Elles ont ainsi forgé de nouvelles
formes d’identité, moins centrées sur la tradition et
sur la vie communautaire enveloppante et sécurisante.
C’est
cette identité diffractée, aux multiples pôles d’identification
et d’engagement, dont fait partie bien sûr le sentiment
d’appartenance à une destinée juive familiale et communautaire
et à un patrimoine culturel spécifiques, qui détermine
la condition judéo - marocaine de nos jours et ses prises
de positions, individuelles ou collectives, par rapport
aux nouveaux environnements, aux nouvelles aires socio
- culturelles et aux nouvelles sollicitations et séductions
de la modernité et de la post-modernité.
La prise
de conscience identitaire que ces transformations d’expériences
de vie et de modes de vie millénaires impliquent pour
chacun qui les a vécues, individuellement ou en groupe,
devrait nourrir – et nourrit de fait – un questionnement
sérieux sur l’avenir du judaïsme marocain, dont la forme
première d’organisation et de gestion du quotidien qu’a
été la vie communautaire homogène a disparu.
Dans
la plus grande aire de regroupement des Juifs du Maroc,
en Israël si l’on veut être explicite, les originaires
du Maroc ont été amenés, sans préméditation aucune,
à créer de nouveaux ancrages identitaires qui tentent
de créer des jonctions – sinon des relais – entre leur
ancienne vie communautaire et leur patrimoine culturel
propre et la vie socio - culturelle dominante du pays,
comme la célébration publique et même politisée de la
Mimouna, la vénération intense des saints ou bien la
promotion de la musique andalouse et des piyutim.
Cela
suffira-t-il pour mobiliser ou intéresser les prochaines
générations qui n’auront pas connu directement les saveurs
intimes, les relents tenaces et les manques nostalgiques
d’une vie familiale et communautaire porteuse malgré
ses contraintes ?
C’est
là le défi existentiel que tous ceux qui sont intéressés
à la préservation ou au moins à la survie d’un tel patrimoine
humain et culturel devront relever non seulement dans
les générations futures mais déjà de nos jours.
C’est
donc à trouver de nouvelles formes de réinvention communautaire
et de nouveaux usages d’un patrimoine riche et diversifié,
bref à forger de nouveaux ponts de mémoire entre ce
passé judéo - marocain formateur et les formes nouvelles
de la vie sociale que chacun, tant individuellement
que collectivement, devra s’atteler pour que persistent
en lui comme dans ses proches et dans son environnement
les lueurs et les valeurs qui nous ont guidés et qui
continuent de nous interpeller.
Pour
combien de temps encore et de quelle manière?
La communication
suggérera certaines voies.
"La
dispersion des Juifs du Maroc et l’évolution de la célébration de la
Mimouna »
par
Robert Assaraf
Président
et fondateur du CRJM
Abstract Marquant la fin
de la fête de Pessah, la Mimouna est une tradition spécifiquement
judéo-marocaine dont la célébration était jadis intrinsèquement
liée à la présence d'un environnement arabo-musulman
à l'époque, l'immédiate après guerre, où le judaïsme
marocain comptait 300 000 membres ramenés à 160 000
en 1956. L'exode du judaïsme marocain, en plusieurs
étapes (1948, 1953, 1967 et 1973), soit pour Israël,
soit pour la France, soit pour l'Amérique du Nord, n'a
pas mis un terme aux rapports intenses entretenus par
les originaires du Maroc avec ce pays dont l'un des
souverains, Mohammed V, leur octroya la plénitude des
droits civiques en supprimant le système de la Dhimma.
Leur dispersion,
notamment en Israël où ils sont plus de 800 000, a paradoxalement
eu pour conséquence une réactivation et une transformation
en profondeur de leurs traditions, en particulier la
célébration de la Mimouna. Celle-ci est devenue en Israël
à la fois le symbole d'une affirmation identitaire et
l'expression de la contribution judéo-marocaine aux
rites de sociabilité et au multiculturalisme. Dans cette
contribution, Robert Assaraf analyse les transformations
connues par la Mimouna et la signification de l'étonnante
persistance de cette fête,. Il s'interroge également
sur l'évolution du judaïsme marocain lors du dernier
demi-siècle. ".
« Mémoires
et Oublis des Juifs Tétouanais » Par le Prof Richard
Ayoun
Historien et
écrivain. Maître de conférences habilité à l´Institut
National de Langues et Civilisations Orientales / INALCO
Paris
A lire par Sabrina
El Maalem Fille de Mohammed
HATMI & Hanane Sakkat Place Administrative,
Immeuble Zarzour N. 17, Hamria, Meknès Maroc Tel: +212 35
40 34 78 E-mail: hatmisekkat@yahoo.fr 20 ans, étudiante
à la faculté de Meknes en litterature anglaise. Elle
desire mener des recherchs sur la litterature juive
marocaine, surtout l'apport des écrivains israelites
pendant les premières années de l'indepandance.
Abstract Mon trisaïeul
paternel Abraham Bentolila naquit en 1820 à Tétouan.
C’est à l’âge adulte qu’il s’installa à Gibraltar où
la communauté juive avait été créée entre 1721 et 1749.
Ma grand-mère maternelle nous faisait le récit à mon
frère et moi, du vécu des Juifs à Tétouan. C’est ce
que nous allons raconter dans cette évocation.
Mon trisaïeul
eut cinq enfants : trois garçons et deux filles ;
l’une s’est mariée avec un dénommé Azuelos d’Oran, l’autre
avec un Amselem de Sidi-Bel-Abbès. Quant aux enfants
mâles, l’un vécut à Mascara où il exerça la profession
de tailleur ; l’autre à Miliana et à Tiaret était
commerçant ; mon arrière grand-père, David Bentolila,
s’établit à Saint-Denis-du-Sig. Il possédait une petite
entreprise de cuirs et peaux. Pour les fêtes, c’était
chez lui que ses frères et ses sœurs se réunissaient.
Le nombre de convives participant à ces réunions était
important : en effet, mon arrière grand-père avait
eu neuf enfants, son frère de Miliana qui s’était marié
deux fois (sa première femme étant morte jeune) eu trois
filles et deux garçons, son frère de Mascara quatre
enfants et sa sœur de Sidi-Bel-Abbès deux fils. Avant
la première guerre mondiale, une partie de cette famille
est retournée au Maroc, en 1908 à Taza et à Casablanca
où ils ravitaillèrent les troupes françaises.
Ma grand-mère
maternelle m’apprit que la ville de Tétouan (Titwan,
déformation du mot Tittawen en Amazigh Rifain (Tarifit),
pluriel de Tit = œil ou source) est la capitale et le
centre culturel de la région du Tanger (Tanja) au nord
du Maroc ; elle est considérée comme la ville la
plus andalouse du royaume. La ville est située dans
le Rif à environ 40 kilomètres à l’est de la ville de
Tanger et à proximité du détroit de Gibraltar. Elle
se trouve dans une vallée (la cluse de Tétouan) creusée
par l’oued Mhannech dans les montagnes de la chaîne
calcaire du Rif au nord et au sud. La Wilaya de Tétouan
s’étend sur une superficie de 10375 km2.
Les Juifs
tétouanais sont des Judéo-espagnols, des Séfarades au
sens strict du terme, originaires d’Espagne puis du
Portugal, d’où ils sont partis, essentiellement entre
1492 et 1496. Ils se sont installés à Tétouan (anciennement
nommée Tamuda), cité étroitement liée à l’époque andalouse,
à ses fastes et à ses drames. Les chroniques arabes
attestent la sainteté de ce lieu, comme en témoignent
les tombeaux des XIIe et XIIIe siècles, devenus lieux
de prière et de pèlerinage. Les récits des voyageurs
européens provenant de Gênes, de Pise, d’Amalfi et de
Marseille évoquent l’activité maritime de Tétouan avant
ses grandes difficultés économiques survenues dans la
première moitié du XVe siècle.
Tétouan
renaît à la suite des difficultés du royaume de Grenade,
puis de son abandon lorsque la ville est prise en 1492.
Elle devient la fille de Grenade, sa soeur nonchalante,
Yeruchalaïm ha Ketana (la petite Jérusalem), la soeur
de Fès, le coeur des nostalgies des Morisques, des Mudéjars,
des Andalous-Marocains et des Juifs Judéo-Espagnols.
Tétouan réunit l’intensité de ses activités économiques
et l’originalité de sa contribution culturelle et intellectuelle.
L’héritage andalou apparaît dès la fin du XVe siècle
lors de la reconstruction de la ville par Sidi al-Mandari
et ses « chevaliers » émigrés de Grenade. Les Juifs
de la Péninsule ibérique, comme les autres émigrés,
savent s’adapter aux conditions de vie du Maroc, ils
s’organisent, puis ils prospèrent. Ils s’établissent,
provisoirement ou définitivement, dans les ports méditerranéens
ou atlantiques et dans les métropoles de l’intérieur
du Maroc, sous contrôle musulman : à Taza, à Meknès,
à Debdou, à Marrakech et à Fès. On les voit également
dans des places sous contrôle portugais : à Tanger,
à Ceuta, à Areiba, à Safi, à Azemmour, à Mazagan, à
Ouezzane et à Tétouan, essentiellement à partir de 1511.
En raison de l’attitude bienveillante des dirigeants
de Tétouan, ils peuvent largement développer un commerce
par voie maritime. Le commerce reste exclusivement entre
les mains de la communauté juive locale, quasiment presque
jusqu’au début du XXe siècle.
« Coexistence
et vie commune entre musulmans et juifs dans le versant
sud de l’anti-atlas marocain : la vallée de Tmanar :
Quelques pistes de recherches» Par le Prof Khalid
Chegraoui Université Mohammed V Souissi Rabat - Institut
des Etudes africaines Tel : +212 61 22 85 87 E.mail : k.chegraoui@yahoo.fr
Abstract Lors d’une expédition
scientifique multidisciplinaire dans la vallée du Draa
et du Oued Noun, nous avons été amené à visiter la grande
vallée de Tmanar sur la route de Foum el Hissn vers,
Smouggen et Tafraoute, ancien passage des caravanes
en liaison avec la vallée d’Issafen vers Tamdoult la
grande cité minière médiévale et moderne.
A Egred, nous
avons constaté l’existence d’un village en ruine qui
a abrité jusqu'aux années quarante une communauté musulmane
et juive sans séparation apparente ni frontière de quelques
sortes, sauf pour les lieux de cultes et les cimetières.
Dans notre exposé nous présenterons l’espace en question
en plus de documents photographiques et matériel manuscrit
et imprimé collecté dans le site. Tout en essayant de
formuler quelques idées et pistes de recherches qui
mettent en corrélation les espaces : religieux,
géographiques, linguistiques et socioéconomiques.
« Le
Patrimoine Culturel Matériel Juif de Demnate : Richesse
conjointement appropriée et nécessitée de Perpétuation »
par
Hassan Khallaf - Doctorant Université Cadi Ayyad
Faculté
des lettres et des Sciences Humaines - Marrakech
Synopsis Située dans le
piémont du versant nord du Haut Atlas Central, la ville
de Demnate, compte un patrimoine culturel matériel juif
très riche (Deux Mellahs, L’Ecole de l’Alliance Israelite
Universelle, Cimetière juif, moulins à eau etc). Celui-ci
fait partie intégrante et indéniable du patrimoine culturel
local. Les données historiques et l’état actuel des
choses révèlent qu’il s’agit d’une richesse patrimoniale
conjointement appropriée. D’où la nécessité de mettre
sur place une action associative réunissant tous les
acteurs concernés. Cette structure et cette action auront
pour objective, la préservation, la perpétuation et
la mise en valeur de ce patrimoine.
« Mémoire du Judaïsme Marocain perdue,
en éveil et reconstruite en Israël »
Par Shmuel Segev Ecrivain et Grand
Reporter en Israël
Abstract 60 ans après la création de l'Etat d'Israël,
on peut constater sans réserve que la contribution du
Judaïsme Marocain à l"Etat d'Israël est plus importante
que la contribution d"Israël aux juifs Marocains. Cette contribution
peut être définie par les points suivants:
Concrétisation des
frontières d"Israël par le peuplement des villes
de développement : Dimona, Sderot, Ofakim, Beer
Sheva, Ashdod, Kiryat Shmona, Beit Shean etc...
La défense d"Israël,
à cause du recrutement des dizaines des milliers des
soldats au moment où l"Etat a eu le plus grand
besoin d'eux.
Les bons offices des
Juifs Marocains auprès de La Cour, d'abord pour faciliter
l'immigration pour Israël ensuite par le rôle que
Hassan II a joué dans la paix entre Israël et l"Egypte
et autres initiatives pacifiques surtout avec les
Palestiniens.
Le prochain défi des
Juifs Marocains en Israël est double: Pénétration
plus importante dans la vie académique (Universités
et Centres de Recherche) et dans le domaine du High
Tech.
« De l’histoire
de la judaïcité fassie Le statut des
juifs dans la ville de Moulay Idris»
par le prof Hanane
Sekkat (Faculté des Lettres, Fès-Saïs)
Abstract De toutes les
villes marocaines dites « impériales », Fès
est sans conteste la mieux marquée par l’influence juive.
Les relations intercommunautaires s’y distinguaient
par plusieurs caractéristiques, dont une part était
devenue la norme à observer ailleurs. En outre, le mellah
de la ville représentait un concentré des aspects harmonieux
et contradictoires de la vie d’une communauté qui se
prévalait d’attributs qui à ses yeux, méritaient respect
et admiration.
« Sur les traces de la mémoire
juive à Fès » Par le Prof Mohamed
Mezzine
(Faculté des
Lettres, Fès-Saïs)
Abstract S’il est une
communauté qui a marqué la mémoire de la ville de Fès,
c’est bien la Communauté juive. En effet, aujourd’hui,
les restes d’un passé riche et laborieux juif à Fès
semble défier le Temps. L’objectif de cette intervention
est de tenter d’interroger les traces encore vivantes
de ce passé, dans les écrits, les traditions et la culture,
mais aussi dans la morphologie de la ville.
« Le Projet
Marocain » par le Prof Ephraïm
Riveline Professeur Directeur du Département d’Etudes
hébraïques
EA 2303 : Etudes juives et hébraïques
" Etudes juives et hébraïques"
Université de Parie 8
Abstract Je poursuis le
projet imaginé et porté par notre ami, le regretté
Haïm Zafrani, -disparu il y a quatre ans, jours par
jour-, au début des années 1980. Après le départ de
Zafrani à la retraite, je considérai comme devoir d’assurer
la relève.
Mais est-il facile
de vouloir former des étudiants marocains au métier
d’enseignant en matière juive et hébraïque ? Peut-on
imaginer réunir autour d’un projet scientifique des
étudiants d’origines différentes et de confessions différentes :
Chrétiens, Juifs et Musulmans ? Enfin, peut-on
croire qu’il est facile en ces jours de restriction
et de contrôle de délivrer des visas pour continuer
d’accueillir des étudiants d’un haut niveau du Maroc
en écartant tout préalable, toute idée préconçue, tout
à priori et travailler sur les documents,