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Ce Tableau comme l’énonce l’auteur, Elie Sarfati, fait référence au jour de Kippour.
Le Talit, immense, majestueux, d’un blanc immaculé, tombe du ciel, directement issu de l’énergie divine, du feu sinaïque, émanation de la Loi et de nos Commandements.
Ce Talit, porté durant tout Kippour, se veut et est rassembleur, car de fait tous les Juifs du monde, qu’ils soient orthodoxes, traditionnalistes, et même non-pratiquants, se pressent à la synagogue, ce jour de Kippour, dans une solennité et une conviction propres au temps de la Promulgation. 
vayavor

Nous voyons cette foule évoquée, en divers endroits du tableau. D’abord, au premier plan à gauche, le peuple hébreu en longue chaîne suivant son Guide, Moshé, avec à sa droite (à gauche, dans le tableau) le Cohen Gadol, c’est-à-dire Aaron, totalement drapé dans son talit, tout comme au moment de la birkat hacohanim – la bénédiction des Cohen – les actuels descendants d’Aaron, se revêtent totalement du talit dont ils drapent leur visage, n’étant alors qu’une voix répétant mot à mot la bénédiction soufflée par le rabbin ou ministre officiant, dans l’impressionnant silence respectueux de la foule qui baisse la tête pour ne pas voir l’émanation de D.ieu les bénir.

D’autres grappes humaines se dispersent sur les flancs de la montagne, une mince colonne tout à gauche, une autre au milieu avec un groupe de quatre devant, et tous évidemment revêtus de leur talit. Et puis à droite, sur l’autre versant, séparé du premier par un profond ravin, un autre petit groupe d’hommes. Le peintre a, donc, voulu représenter l’immense unité du peuple juif, malgré la dispersion et la séparation. Seule la foi nous rassemble sous le talit pyramidal.

Le jour de Kippour est aussi appelé : le jour du Grand Pardon, car tout juif doit demander pardon pour les fautes commises envers le Créateur (et non celles commises envers autrui, pour lesquelles il faudra avoir le pardon de l’homme).

Le rituel passe par cinq abstinences : le manger, le boire, la toilette et les parfums, le port de sandales de cuir, et les relations conjugales. Ceci afin que le corps et les besoins s’oublient, que l’esprit s’épanouisse dans la prière du repentir et que l’homme devienne un « ange » se rapprochant ainsi de D.ieu, afin d’obtenir son pardon.

Une des nombreuses prières récitées ce jour là, commence par Vaya’avor et fait référence dans Chemot (L’Exode) chapitre 34 (Ki tissa : « Quand tu voudras dénombrer ») au moment où Moïse monte sur le mont Sinaï avec les deux nouvelles tables, qu’il a lui-même taillées afin que D.ieu écrive à nouveau les paroles gravées initialement sur les premières tables et que le prophète, dans sa colère, avait brisées. Le texte est le récit de cette rencontre essentielle avec D.ieu, et là, tout en haut, sur le mont Sinaï, que Sarel aime représenter dans plusieurs de ses tableaux, avec des teintes de terre brune et de feu, D.ieu se manifeste dans une nuée, celle que nous voyons en haut du tableau, et descend vers son Prophète : « Alors l’Éternel passa près de sa face » (34, verset 6) : Vaya’avor Achem ‘al-panav. La face de Moïse est cachée par D.ieu, car il ne peut voir la divinité : Lui comme nous, nous ne faisons qu’entendre la Parole. Ce qui suit est troublant : ce n’est pas Moïse qui parle, mais D.ieu lui-même qui s’écrie – vayikra – : Achem, Achem, El-Ra’houm vé- ‘Hanoun, et qui énonce Ses vertus et Ses promesses : « D.ieu miséricordieux et clément, patient et grand en bonté et vérité. Il garde la bonté pour mille générations, pardonne l’iniquité, le crime et la faute ». En fait D.ieu, qui révèle à Moïse son nom ineffable – le tétragramme -, dévoile ici, selon le Midrash, les 13 attributs de Sa miséricorde. Nous assistons donc là à la révélation la plus concrète de la divinité, et son pacte avec le croyant. C’est pourquoi ces deux versets (6-7) du chapitre 34 sont répétés en litanie tout au long des prières de Kippour.

Cette litanie, devient de plus en plus pressante, recueillie, au fur et mesure que la fin de la journée avance et que l’abstinence renforce la spiritualité. La cohésion est aussi plus forte, et c’est comme si la présence de D.ieu se faisait sentir plus forte elle aussi, d’où le fait que le Talit s’allonge et s’allonge dans le tableau.

Enfin on commence à ressentir le pardon, nous avons expié nos fautes, L’Eternel est passé devant nous. La ferveur est à son comble lorsque arrive la délivrance qui nous trouve tous serrés les uns contres les autres, sous ce petit espace de tissu, démesurément agrandi pour accueillir la famille et les amis – le Talit sacré et protecteur – pour la bénédiction finale, ponctuée par le son du Chofar, dernière plainte où notre corps exulte, et qui fera que longtemps…longtemps, nous nous sentirons protégés, contre les obstacles et la haine gratuite des autres, et que toujours nous garderons cette empreinte, la renouvelant chaque année.

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2 Reponses to “Vayaavor, un tableau peint par Sarel accompagné de commentaires d’Albert Bensoussan et de Nicole Madar”

  1. Nicole Myriam dit :

    Mais les femmes aussi étaient convoquées. C’est tout le peuple qui était présent Hommes conduits par Moshé et Aaron et Femmes conduitent par Myriam, et même les âmes à venir, c’est à dire Nous aussi.
    Les femmes ont eu beaucoup plus de mérite que les hommes, surtout lors de la faute des explorateurs. Elles ne voulaient pas écouter les détracteurs et voulaient rentrer dans le pays. Elles eurent donc le privilège de toutes entrer en Eretz-Israël malgré le prériple de 40 ans dans le désert où l’intégralité des hommes de cette génération moururent. Aujourd’hui encore on dit que si nous avons pu récupérer notre Terre c’est grâce aux mérites des Femmes. Alors bien évidement ELLES SONT LA et ELLES ONT LEURS PLACES.

  2. nicole tartour dit :

    Où sont les femmes?

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