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Source : IR pour demain
L’heure est venue d’enfiler nos gros pulls et nos écharpes et de quitter notre confortable maison pour prendre place dans la Soucca, cette cabane précaire dans laquelle nous avons l’obligation de consommer l’intégralité de nos repas durant les 7 jours de Souccot. Nous y sommes souvent serrés et les allers-retours incessants avec la cuisine sont parfois inconfortables. Et pourtant…Nous nous y sentons bien. L’ambiance y est conviviale et chaleureuse. Les chants de la fête qui s’échappe de son toit nous réchauffent le cœur…

Mais quel est donc son secret ?
Le Midrash nous enseigne : « Pourquoi construit-on une Soucca juste après Yom Kippour ? Pour faire suite au fait qu’à Rosh Hashana, D’ juge l’ensemble de l’humanité et à Yom Kippour, Il scelle son jugement. Or peut-être méritons-nous alors d’être exilés. C’est pourquoi l’on fabrique une Soucca dans laquelle on s’exile, quittant nos habitations ; ainsi D’ nous comptabilise cette action comme si nous avions été exilés en Babylonie »

Nous apprenons donc de ce Midrash que le fait de construire une Soucca est en réalité une forme d’excès de zèle positif de la part des Bnei Israël, qui tendent ainsi à anticiper sur la punition de l’exile et par la même, à la réparer.

Expliquons-nous.
De la même manière que le divorce avec D’ s’effectue par le biais de l’idolâtrie qui est une forme d’infidélité par excellence, le divorce entre les êtres humains s’effectue par une trop grande jalousie qui rend l’homme égoïste et égocentrique.

Sa vision des choses s’en retrouve profondément bouleversée puisqu’il pense désormais que tout ce que l’autre possède constitue impérativement pour lui un manque à gagner.

Ce processus pervers conduit inexorablement à ce que l’on appelle communément la haine gratuite et que nos sages ont qualifié de faute suprême.

C’est effectivement la haine gratuite qui est à l’origine de la destruction du second temple et de l’exile du peuple juif.

La seule manière de réparer cette faute est effectivement l’isolement de l’homme, du moins de ses racines profondes. Lui faire sentir le goût amer de l’errance en terre étrangère, en pays où on lui rappelle constamment, clairement ou allusivement, qu’il n’est qu’un résident temporaire. Cet exercice a pour but de faire réfléchir le juif sur sa véritable condition, de lui rappeler ses impératifs et de l’amener alors à se rapprocher de ses semblables. La solidarité comme remède à l’égoïsme et à la jalousie.

C’est exactement sur ce même schéma que nous bâtissons la Soucca. Nous quittons notre bien être quotidien pour nous installer dans une cabane dans laquelle nous ne sommes que des invités. Le sentiment de supériorité et de domination qui a tendance à se développer naturellement chez l’homme se retrouve alors refroidi et peut laisser s’exprimer celui de la solidarité et de la générosité.

C’est cela le meilleur moyen de réparer la faute de la « sinat chinam », cette haine gratuite qui nous fait vagabonder à travers le monde depuis maintenant près de 2000 ans !

Espérons qu’en effectuant ce petit travail sur nous-mêmes, nous contribuions à hâter la délivrance finale, celle qui nous mènera tous à Jérusalem devant son temple reconstruit.

Rabbin Harold WEILL

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