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André Nahum

Quelle chance devait être pour la région ce printemps arabe au parfum de jasmin !
Les vieux dictateurs et les moins vieux, les Ben Ali, les Moubarak, les Ghaddafi, chassés par des jeunes idéalistes, avides de liberté, de justice sociale, de paix, quelle victoire pour la démocratie !
Ces foules immenses sur la place Tahrir au Caire et l’Avenue Bourguiba à Tunis portaient en elles une immense espérance.
Un nouveau Moyen-Orient et un nouveau Maghreb allaient surgir, débarrassés de la corruption, du népotisme, de la main-mise policière grâce à ces manifestants dont le courage et l’enthousiasme forçaient notre admiration !.
Ils ont vaincu. Ils se sont libérés tout seuls, sans armes, sans aucune aide extérieure.
L’avenir était à eux !
Du moins le croyaient-ils !
C‘était compter sans les Islamistes, tapis en embuscade en attendant leur heure.
Et cette heure n’a pas tardé à arriver.
Dieu est le plus grand !


Mieux structurés, mieux organisés, ils ont réussi à s’imposer par les urnes.
Par un processus des plus démocratiques, Ennahda à Tunis, les « frères musulmans » au Caire, se sont emparés du pouvoir.
Quelle revanche sur ceux qui les ont combattus depuis 50 ans, depuis Nasser !
Comme toujours les révolutionnaires, les vrais, les purs, se sont fait voler leur révolution.
Pas seulement par Ennahda et les Frères Musulmans qui officiellement se revendiquent d’un islamisme modéré, mais aussi par des Salafistes bien plus extremistes.
Des gens qui réclament l’application de la Charia dans toute sa rigueur…

Ils sont anti-occidentaux, anti-juifs, anti-chrétiens, anti-alcools, anti-arts, anti-musique et veulent priver les femmes des acquits dont elles bénéficiaient sous les régimes précédents pour les faire revenir au Moyen-âge.
Tout prétexte leur est bon pour créer des troubles et plonger dans l’embarras les gouvernements en place, même s’ils sont eux-mêmes islamistes comme en Tunisie et en Egypte.
Cet Islam ultra-radical vole de succès en succès et multiplie ses conquêtes, non seulement au Moyen-Orient et au Maghreb mais aussi en Europe et en Afrique Subsaharienne où Al Qaida vient de s’offrir un état dans la moitié nord du Mali.
Et le mouvement n’est pas près de s’arrêter.
Au contraire.

Face à cette offensive qui vise rien moins que de recréer le califat, des voix encore peu nombreuses il est vrai, s’élèvent, surtout en Tunisie.
Des femmes et des hommes, des intellectuels, des écrivains, tels l’Algerien Boualem Samsal, des peintres, n’hésitent pas à braver les interdits qu’on veut leur imposer et les menaces de mort, pour s’exprimer librement.
Ils risquent gros et ils le savent.
Saluons leur courage et tenons les par la main.

André Nahum

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Une Reponse to “Un printemps déchu, un billet d’André Nahum”

  1. simonviolet dit :

    en Algérie il n’y a pas eu besoin de révolution pour interdire l’alcool,ça s’est fait il y a quelques mois

    pour le Califat,et bien,je ne sais pas de quelle zone on parle mais j’ai toujours entendu dire que c’était l’age d’or de l’Islam et de l’espagne,des arts,des sciences,de la tolérance envers les autres religions.
    qu’à cette époque du moyen-age chrétien pendant laquelle l’europe s’enfonçait dans les ténèbres (même si cette vision simplistes des choses à été réévaluée),l’empire ou les empires islamiques se démarquaient et étaient infiniment plus évolués.

    je ne vois donc pas de raison de s’inquiéter,si le Califat du 10ème siècle correspond aux lumières européennes du 18ème,ça veut peut etre dire que les minorités pourront enfin vivre sur des terres musulmanes en toute quiétude et avec les mêmes droits

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