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des salafistes terrorisent les villes

Le terrorisme a éclaté cette fin de semaine dans différentes régions de la Tunisie où des attaques ont été enregistrées contre des établissements publics notamment par les salafistes en dépit de l’état d’urgence en vigueur dans le pays. Après, le Kef, Jendouba, Sousse…, les salafistes radicaux ont affiché de nouveau leurs muscles, samedi, et semé la terreur dans la région du nord-ouest et le centre.

Plusieurs centaines de salafistes ont attaqué ce samedi, 26 mai, des bars et des commerces à Jendouba, dans le nord-ouest de la Tunisie, où des affrontements les ont ensuite opposés aux forces de l’ordre, a-t-on appris auprès des autorités et de témoins. Ces salafistes, qui prônent une interprétation stricte des préceptes de l’islam, entendaient protester contre l’arrestation de quatre hommes impliqués dans de précédentes attaques contre des les commerces d’alcool.

Selon un témoin, qui n’a pas voulu décliner son identité de crainte de représailles salafistes, les manifestants étaient au nombre d’un demi millier et armés d’engins incendiaires, semant la terreur dans cette localité située vers la frontière algérienne.

« Des salafistes au visage masqué et armés de sabres, de cocktails Molotov et de cailloux ont attaqué des boutiques en ville et détruit les biens qui y étaient stockés. Ils ont ensuite incendié le commissariat de police » a précisé ce témoin à Rueters.

Selon l’agence TAP qui les estime à 500, ces salafistes étaient armés de sabres et de bâtons et appelaient au Jihad. Il se sont dirigés au centre-ville de Jendouba, mettant le feu et pillant des bars et des points de vente de boissons alcoolisées, a ajouté la même source.

Les groupes de salafistes ont attaqué aussi le siège du district de la sécurité nationale de Jendouba avec des pierres et des cocktails molotov. Les terroristes et sont allés ensuite chercher refuge dans la mosquée de la ville

Ces groupes se sont attaqués à un hôtel qui abrite des touristes polonais, alors que l’armée nationale n’a bougée pour protéger les bâtiments publics et les magasins.

Samedi aussi, un second poste de police de la Cité Habib Thameur à Ghardimaou (gouvernorat de Jendouba) a été incendié à son tour par des barbus. Après l’avoir totalement saccagé, les islamistes radicaux ont mis le feu dans le poste de police.

Un groupe salafiste s’est attaqué ensuite dans la soirée à une maison close à Ghardimaou .Ils ont agressé les filles qui y travaillent et avaient annoncé la fermeture des locaux. Un peu plus tard, ils étaient revenus et avaient incendié les locaux, ils seraient à la recherche de bulldozer pour raser le bordel.

Un autre groupe, s’est attaqué à un bar dans la localité de Dahmani dans le gouvernorat du Kef, les clients ont été agressés et le bar a été fermé. Les assaillants ont fini par incendier un autre poste de police de Dahmani ainsi que la fourrière municipale. Les forces de l’ordre ont été obligées de quitter les lieux .

Devant une population terrorisée, le gouvernement semble laisser les choses se passer et refuse de réagir concrètement pour stopper ce phénomène salafiste. Ces groupes se sont autoproclamés porte-parole de la religion.

Il y a une semaine, des salafistes avaient attaqué des propriétaires de débits d’alcool à Sidi Bouzid, ville du Centre qui est le berceau de la « révolution de jasmin » à l’origine de la chute Ben Ali. Le 19 mai dernier, des bars de Sidi Bouzid (centre-ouest) avaient été vandalisés et un dépôt d’alcool incendié.

Cette ville a été le théâtre d’échauffourées entre des terroristes salafistes et des vendeurs de boissons alcoolisées qui ont dégénéré en violences et actes de destruction. Des voix des radicaux se sont élevées ces derniers temps en Tunisie pour « l’application de la loi islamique ». Des milliers de salafistes venus de différentes régions se sont rassemblées Kairouan pour exprimer leur soutien à la Sharia.

Des salafistes avaient mené une démonstration de force à Kairouan, le 20 mai dernier, une ville sainte du centre du pays, lors d’un rassemblement de leurs partisans venus de diverses régions. Habillés à l’afghane, sabre au poing, les uns effectuaient à des chevauchées à cheval, d’autres s’adonnant à des exercices d’arts martiaux, sous l’oeil de leur chef, Abou Yadh (de son vrai nom Seifallah ben Hassine), un ancien « Afghan » condamné à 42 ans de prison avant d’être amnistié après la chute du régime de l’ancien président Ben Ali.

Au regard de l’opinion publique locale, les autorités tunisiennes sont pour le moins permissives face à ce phénomène qui prend une ampleur inquiétante. Cette recrudescence de violence a été par ailleurs soulevée à l’Assemblée constituante par les groupes parlementaires qui ont mis en garde contre les retombées de cette dégradation sécuritaire sur la stabilité du pays appelant le gouvernement à enquêter sur « les financements internes et externes » des mouvements salafistes et extrémistes en Tunisie.

Les agressions des groupes salafistes en Tunisie ont suscité l’indignation des formations politiques qui ont appelé à « faire face » aux agissements des extrémistes qui « portent atteinte » aux libertés fondamentales individuelles et collectives.

«Des groupes violents hors la loi propagent la terreur et agressent physiquement et moralement des femmes, des intellectuels, des journalistes, des créateurs, des syndicalistes, des politiciens ainsi que des militants des droits de l’Homme», avait déploré Abdessatar Ben Moussa le président de la Ligue tunisienne de la défense des droits de l’homme (Ltdh).

Des partis politiques tunisiens ont en outre dénoncé « l’ingérence » des extrémistes salafistes dans la vie des citoyens et appelé la société civile et les parties concernées à « faire preuve de vigilance » pour faire face aux violations des libertés qui « menacent » l’équilibre de la société et la stabilité du pays.

Suite à ces troubles, le secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Intérieur, Saïd Mechichi, a condamné ces actes tout en précisant que les responsables seront sévèrement sanctionnés.

Depuis la chute du régime modéré du président Ben Ali, les islamistes radicaux se manifestent à tout bout de champ: dans les universités pour imposer le port du niqab, devant les tribunaux pour fustiger une chaîne de télé accusée d’avoir diffusé un film blasphématoire.

Selon des observateurs, ce climat risque aussi de pénaliser le secteur de tourisme, vital pour le pays et qui éprouve des difficultés. L’image de la Tunisie en tant que destination touristique a est dangereusement malmenée, alors même que la reprise venait tout juste d’être annoncée.

Les observateurs ont, par ailleurs, « exprimé leur crainte de voir ces agissements se reproduire » dans les autres villes touristiques à l’instar de Sousse, Hammamet, Djerba, Monastir, Nabeul et Taberka au moment où le gouvernement tunisien provisoire s’atèle à mettre en place les plans visant à sauver la prochaine saison touristique.

Le département fédéral des Affaires Etrangères suisse a évoqué déjà des «risques d’attentats terroristes». La diplomatie helvétique avertit ainsi ses ressortissants qui comptent visiter la Tunisie, dans une note publiée sur son site officiel le 22 mai 2012.

Le quotidien américain «The Washington Post» a ainsi ouvert ses colonnes, dans son édition du samedi 26 mai, aux «exploits» accomplis par les extrémistes religieux dans la ville tunisienne de Jendouba,. Il évoque même au passage la démonstration de force effectuée dimanche 20 mai, à Kairouan en parlant de «quelques centaines de salafistes habillés comme des Afghans».

L’hebdomadaire français «L’Express» a aussi rapporté un témoignage particulièrement angoissant de la situation dans le nord-ouest du pays.

Les tunisiens observent avec inquiétude la recrudescence des actes criminels de ces fanatiques. Les reculades a répétition des autorités, offrent l’occasion à ces illumines pour bien orchestrer leurs plans diaboliques. Du laxisme, rien que du laxisme, voila le message véhiculé par le pouvoir.

Ftouh Souhail

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