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Une sirène s’élève de Jérusalem, se faufile entre les murs de pierre, perdue parmi les bruits du vent et le frissonnement des feuilles. Shabbat, enfin. Dans la maison, les bouillonnements d’une confiture de kumquat et clémentines du jardin troublent à peine la pureté d’une cantate de Bach. Les odeurs assidulées se mèlent aux relents suaves d’un gateau au chocolat cuit, faute de four, à petit feu dans une casserole en fonte.

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Rien ne laisse plus paraître le branle-bas-de-combat de cette semaine mouvementée… L’ordre de mobilisation des garçons collé à la boîte aux lettres dimanche matin, les nuits sans sommeil de Yana coincée avec sa famille sous les roquettes à Ashdod, et mes passages en coup de vent dans une maison désertée avant un bus en partance pour le sud. Vendredi dernier, c’était Pourim à Jérusalem, les restes des costumes trainent encore dans le salon. Samedi, c’était presque la guerre. Presque, pour cette fois.


Entre les dunes de sable du Négev et les monts caillouteux, le désert israélien est en fleur et partout les ruisseaux exhalent l’eau des pluies de cet hiver exceptionnellement frais. Les rayons d’un soleil blafard jouent entre les reliefs et les giboulées. En début de semaine, je rumine la brutalité de la tourmente régionale dans un bus blindé. La situation s’est brutalement détériorée samedi après un l’élimination de la tête d’une des factions armées de Gaza, les roquettes pleuvent sur le sud du pays. La nature me saisit de sa beauté sauvage et de sa réalité brute.

Aux abords d’une des batteries du système Dôme de Fer déployé pour protéger les villes des tirs, une soldate me propose lundi des « Oreilles d’Aman » dans une boîte en plastique embarquée de la cuisine de ses parents alors que l’armée rappelait ses forces actives au milieu du week-end. Les petits biscuits triangulaires sont traditionnels de la fête de Pourim, censés représenter les membres du méchant vizir perse qui rêvait d’annihiler les Juifs du royaume. « Toute ressemblance avec des éléments du réel serait totalement fortuite » glisse-t-elle, alors qu’à l’activation des sirènes nous nous réfugions dans un carré de béton armé posé sur la colline.

On n’en voit plus la fin. Depuis mercredi, le cessez-le-feu en vigueur n’empêche par les tirs de continuer à petit feu. Si fou que cela paraisse, je ne voudrais être nulle part ailleurs.

Source : Carnets d’Aliyah

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