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jerusalem-Kotel

A chaque génération, nous rappelons inlassablement notre serment : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma (main) droite m’oublie. Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens toujours de Toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies » (Ps. CXXXVI, 5-6), toile de fond de notre sensibilité et raison d’être de notre existence dans les affres de la diaspora, car nous savions que « l’an prochain à Jérusalem ».

Le temps des actes est arrivé. Grâce à Dieu, nous sommes revenus à Jérusalem, dans sa totalité. A présent, il faut repeupler la vieille ville et lui insuffler à nouveau le Judaïsme. Cependant, on ne saurait lui donner un statut privilégié, comme si, à Dieu ne plaise, contrairement à d’autres régions d’Israël, elle faisait partie du consensus national et divin.

Un jour, des disciples dirent au Rav Tzvi Yéhouda qu’on parlait de livrer la vieille ville à un pays étranger. Et le grand Maître de répondre : « Et le Golan ? » Pensant qu’il n’avait pas compris, ils posèrent à nouveau leur question, recevant la même réponse et ce, à trois reprises, ce qui les déçut.

En réalité, le Rav avait une conception globale d’Eretz Israël, au sens où, fidèle à sa méthode d’approche, il expliquait ainsi la « Michna » : (« L’emplacement déterminé par) l’intérieur des murailles (de Jérusalem) a une sainteté plus grande qu’elles (que les autres villes entourées de murailles) (« Kélim » 6, 7-8) : « L’intérieur des murailles (de Jérusalem) a une sainteté qui a pour origine les autres villes (entourées de murailles) », car le mot « méhen » peut se lire « qu’elles » (idée de comparaison) ou « d’elles » (idée d’origine). En d’autres termes, l’édification de la vieille ville a pour origine –passe par- l’édification d’Eretz Israël.

Dans le même esprit, nos Sages enseignent que l’alliance qu’avait contractée Abraham avec Avimelekh, alors roi de Jérusalem (de ne pas porter préjudice à ses habitants ni à leurs descendants), fut un obstacle à la conquête de la ville par David. De même, enseignent-ils encore, capituler devant les habitants du « Goush Katif » de jadis portait préjudice à la ville sainte (cf. Rachi et Ralbag sur Sam. II V, 6-9 ; « Pirké de Rabbi Eliézer, 36). Déjà à l’époque, la libération de Jérusalem n’était pas chose facile.

Une question est d’autant plus difficile à résoudre qu’elle est importante. Malgré tous nos efforts, nous n’avons pas pu libérer Jérusalem à la Guerre d’Indépendance. Maintenant, c’est chose faite mais en aucun cas nous ne saurions tolérer que les étrangers qui l’habitent continuent à faire obstacle à son repeuplement.

Depuis longtemps le gouvernement aurait pu mener cette tâche à bien si nous en avions eu le mérite. Assurément, elle relève du collectif, mais aussi du simple particulier.

Lorsqu’on objectait au Rav Tzvi Yéhouda que le passage « Na’hem » (dit à la « Amida » du neuf av, sur l’état de désolation où est plongée la ville sainte), il rétorquait, reprenant ces mêmes Sources, que la vieille ville était toujours « tenue dans un état d’abaissement et de désolation et que personne n’y habite ». Effectivement, il y a de quoi pleurer lorsqu’on voit les synagogues en ruines et les autres vestiges de sa gloire passée. Le grand Maître connaissait bien la vieille ville. Il s’illuminait lorsqu’il entendait dire qu’on la repeuplait.

Dans sa jeunesse, il étudiait à la « yéshiva » (académie religieuse) « Thorat ‘Haïm », actuellement « Atéret Yéroushalaïm ». A la Guerre d’Indépendance, la vieille ville tomba aux mains de l’ennemi qui la pilla et profana toutes les synagogues et lieux d’étude qui s’y trouvaient, à l’exception de cette « yéshiva ». Un « Juste des Nations » –qui habitait en bas- la protégea durant vingt ans et, à notre retour, il remit les clefs au gouverneur de la ville, à l’époque ‘Haïm Herzog, plus tard président de l’état. Lorsqu’on lui demandait « : « Comment avait-il pu protéger cet endroit durant si longtemps, il répondait : « Ce n’est pas moi qui l’ai protégé mais l’inverse ».

Grâce à Dieu, « la Thora revient chez son propriétaire » (passim), fait entendre à nouveau sa voix et hommes et femmes âgés, petits garçons et petites filles se promènent encore sous protection- dans les rues de Jérusalem (inspiré de Zac. VIII, 4).

Lors du partage d’Eretz Israël entre les différentes tribus, Jérusalem est resté le patrimoine de toutes (Traité « Méguila », 26 a) car c’est à elles qu’elle doit son existence (« Midrach Téhilim », 122), « ville par laquelle tous se trouvent unis en une même unité » (Ps. CXXII, 3 ; lecture possible dictée par le contexte), qui rend tout Israël uni dans un même sentiment d’amitié (Talmud de Jérusalem, « ‘Haguiga 3, 6). La ville appartient à tous les Juifs, par-delà les clivages, les options personnelles et le lieu où ils habitent, tous coopèrent à son édification, cœur du monde et « cœur d’Israël » (« Tikounjé Zohar, 21 ; « Béouré Hagra », 56).

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