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andre namiechComme chaque année, c’est avec une profonde émotion indicible que nous commémorons la « Shoah », crimes qui resteront à jamais des plaies ouvertes dans la conscience de l’humanité.

Dans un article publié dans la revue de « l’Arche » en octobre 1963, Jules Isaac évoquait un possible remède à ce mal absolu, généré par l’enseignement du mépris et de la haine.
Voici ce qu’il écrivait :

« …Il ne s’ensuit pas que j’ignore ou que j’exclue les autres racines de l’antisémitisme qui se sont hélas, multipliées et diversifiées depuis les temps anciens jusqu’à nos jours, où l’on peut voir encore le triomphe d’un racisme à base d’ignorance, par une exploitation méthodique et honteuse de la vilénie humaine…
«… Je dis seulement qu’en chrétienté, les racines de l’antisémitisme sont profondes et que, malgré les efforts auxquels il faut rendre hommage, leur nocivité reste encore vivace de nos jours…
«… Je dis aussi qu’il serait possible de trouver un remède efficace à ce mal détestable que provoque l’enseignement de la haine et du mépris, par une prise de conscience et un enseignement du respect…
« … Et que ce redressement, s’il est possible, parce que nécessaire, doit être fait sans plus tarder…
« … Il y a dans toute vie religieuse des purifications qui s’imposent et qui ne s’ajournent pas…
«… Tel est exactement le but que j’ai visé. »

Jules Isaac était conscient de la difficulté que suggérait un tel « redressement », d’autant plus difficile qu’il a trait à des dogmes religieux et à des croyances idéologiques, ancrés dans l’inconscient collectif :

Pour les Chrétiens, les Juifs sont coupables de ne pas reconnaître Jésus comme étant le messie, fils de Dieu, venu sur terre pour réaliser les enseignements de la Bible…

Pour les Musulmans, les Juifs sont coupables de ne pas avoir reconnu Mahomet comme étant le dernier prophète envoyé par Dieu, pour convertir le monde entier à l’Islam…

Les mêmes causes, produisant les mêmes effets, il apparaît très difficile de trouver une totale réconciliation sur la base de ces aspects théologiques, malgré le fait que ces trois religions prennent leur source commune dans l’intuition fulgurante du monothéisme qu’a pressenti Abraham…

Pourtant, cette réconciliation s’avère d’autant plus urgente que la destruction massive de l’humanité est devenue une hypothèse envisageable, depuis que des bombes atomiques sont devenues accessibles aujourd’hui, à des personnes dont la conscience morale et humaine ne semble pas acquise…

Conscients de ce danger de plus en plus imminent, des rencontres ont été initialisées par des hommes et des femmes de bonne volonté (membres de différentes religions et non religieux). Ils ont pris conscience de leur responsabilité. Malheureusement les résultats de ces rencontres sont encore timides au regard de la résurgence d’un racisme et d’un antisémitisme virulents.
Après la « shoah », il sera difficile de se réfugier derrière l’alibi du « Je ne savais pas… »

Dans son article intitulé « Jules Isaac et nous », paru dans la même revue citée plus haut, André Néher écrivait : « Au regard de la seule instance décisive, dans les relations d’homme à homme, qui est celle de la conscience, comment un homme peut-il avoir un seul instant « la conscience tranquille », lorsqu’il découvre que c’est l’enseignement du mépris et de la haine qui a été à l’origine d’Auschwitz ?

« Comment, se trouvant placé devant cette vérité, n’abdiquerait-il pas sur le champ, toute autre préoccupation et ne donnerait-il pas la priorité absolue à l’effort qui doit tendre à couper le lien ombilical entre la doctrine de la haine et Auschwitz? »

Et pourtant, comment ne serions-nous pas très inquiets aujourd’hui, lorsque nous apprenons que le livre « Mein Kampf » écrit par Adolf Hitler, l’instigateur des pires horreurs commises par des hommes, au 20ème siècle, est devenu un best seller dans certains pays et s’est vendu à des millions d’exemplaires…

Bien que certains pays occidentaux aient interdit la publication de cet ouvrage nauséabond, incitant à la haine, au mépris et au meurtre, ce libre tombera dans le domaine public dès 2016 (soit 70 ans après la mort de son auteur). Il pourra donc se vendre librement, même en « libre service »…

A l’heure de l’Internet, où les frontières sont abolies, et où des articles, aussi bien positifs que négatifs, se propagent à la vitesse électronique, la facilité d’accès à ce livre apporte la confirmation qu’il est urgent de prendre ce problème très au sérieux.

Les autorités compétentes, responsables de l’éducation, de la morale et de la santé publique, ne peuvent donc envisager l’interdiction pure et simple de la vente de ce livre, lorsque sa publication sera libre. Par contre, elles pourraient exiger que les maisons d’édition introduisent une critique pédagogique accolée à chaque ouvrage de ce type. Cette mesure, recommandée par certaines associations de vigilance, pourrait limiter les effets nocifs et racistes que ce livre ne manque pas d’inciter. (Voir à ce sujet les colloques transmis par le site « Akadem ».

Cette mesure de précaution a déjà été adoptée pour le tabac : Chaque paquet de cigarettes contient aujourd’hui la notion : « Fumer tue… »

Des psychologues et des psychiatres redoutent surtout les effets destructeurs et les perturbations conscientes et inconscientes, que ce livre pourra créer à nouveau, à grande échelle, comme il l’a déjà fait dans le passé. Qui dit inconscient, évoque aussi les côtés sombres de la nature humaine capable du meilleur comme du pire. Nous savons que le cerveau est fragile et que l’homme porte en lui des tendances mortifères que la conscience s’efforce de maitriser.
Qu’en sera-t-il des personnes influençables, face à de telles propagandes ?

Pour conclure, citons encore André Néher : « En dépassant le barrage théologique, Jules Isaac n’a-t-il pas du même coup donné la plus admirable leçon de théologie ? Car Dieu n’est-il pas Conscience, Vérité et Justice ?
« Et le point où se rejoignent l’Eternité théologique et l’éternité de l’histoire, n’est-il pas précisément celui sur lequel Jules Isaac, de toute la force de sa conviction, mettait le doigt : celui de la Responsabilité ? »

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2 Reponses to “Shoah : Conséquence de l’enseignement du mépris et de la haine Par André Namiech”

  1. gerardszarlit dit :

    Heureusement qu’aujourd’hui nous avons notre propre Etat et bientot nous feterons le Jour de lIndependance ! Nous juifs de Paris nous savons avec soulagement qu’en cas de pepin nous retournerons « a la Maison « ! Aujourd’hui la diffusion libre de « Mein Kampf  » le « Reveil  » du monstre nazi ou encore les extremistes arabes en Europe ne devraient plus nous faire peur …

  2. betty L dit :

    MEME SI les resultats des rencontres de ces hommes de bonnes volonte sont TIMIDES IL NOUS FAUT LES CONNAITRE MERCI

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