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Nous étions invités dans un des hôtels de la ville de Beer-Shev’a, à partager le premier shabbat de Laura et de son époux Jonathan, nouveaux mariés depuis quelques jours.

Bien que plusieurs roquettes et missiles Grad soient tombés la veille dans la région dont l’une sur la ville de Beer-Shev’a, ma cousine Ariane, mère de la mariée, n’avait pas changé ses plans et d’ailleurs aucun des invités n’avait annulé sa venue.
Ne soyez pas étonnés !
Une des constantes de mon peuple est de continuer à vivre notre vie en dépit des menaces
.

Mais les roquettes étaient au rendez-vous et ce shabbat des mariés a été quelque peu bouleversé par la terreur des miliciens du Hamas .

Je vais essayer de traduire en mots ce qui se passe durant les quelques dizaines de secondes dont dispose un citoyen de cette ville pour se mettre à l’abri.

Nous étions quelques-uns le matin, réunis dans le jardin de l’hôtel, près de l’une des salles aménagées en Temple, lorsque la sirène s’est fait entendre une première fois. Ma famille, venue de France pour réjouir les mariés, ne semblait pas comprendre ce qui se passait ; les regards passaient de visage en visage comme pour chercher une réponse à cette sirène impressionnante et il a fallu la panique de quelques-uns pour que se concrétise le danger qui s’approche à la vitesse de l’éclair.

Mais où sont les abris ? Où faut-il courir ?

La plupart de ceux qui étaient près de moi se sont précipités vers l’intérieur de l’hôtel, mais sans savoir véritablement où se diriger ; il est impossible de savoir, à chacun de nos déplacements où se trouvent les abris les plus proches. D’autres personnes avec moi se sont précipitées dans l’une des salles aménagées en Temple de prière et j’ai dû bousculer quelques personnes âgées pour qu’elles s’activent dans leurs déplacements.

Dans le Temple, personne ne s’est levé pour se mettre dans un abri et ils ont continué de prier avec plus de force.

Je me suis assise et la femme près de moi m’a soufflée : « ici, nous sommes plus à l’abri qu’ailleurs ». J’ai entendu sa prière faite à haute voix et qui n’était pas seulement pour elle et ses proches, mais pour l’ensemble de notre peuple et des citoyens de cette ville.

J’ai pris mon livre de prières pour me joindre à elle et à tous les priants. La détonation s’est aussitôt fait entendre. Elle a été lourde et puissante, mais elle m’a semblé lointaine. Je n’ai pas quitté ma place jusqu’à la fin de l’office du matin.

Le cours qui a suivi l’office et qui avait pour objet de transmettre un enseignement aux nouveaux mariés, sur l’union de l’homme et de la femme, a résonné en moi et m’a parlé bien au-delà des mots entendus. Il était question, bien sûr de cette chair Une, mystère de l’empathie de l’un pour l’autre, de ce lieu du Hessed, du Don pour l’autre que sont les liens du mariage. Et puisque nous étions agressés par les islamistes du Hamas, il m’a semblé comprendre quelque chose d’essentiel sur l’idéologie islamiste.

Voici :

Le couple est formé de deux êtres spirituels qui forment un seul visage ; car l’un révèle à l’autre la part cachée de son être, ce qu’il ne peut voir sans l’aide de son conjoint. Si Abraham et Isaac en particulier ont présenté leurs femmes comme leurs sœurs, c’est parce que leurs âmes sont des âmes sœurs, tricotées du même fil (les mots  » frère, sœur  » ont pour racines deux lettres qui veulent dire tricoter, en hébreu). La chair Une fait référence au jour Un de la création du monde.

Lorsque les époux réussissent à s’unir dans l’empathie et l’altérité authentique et non pour assouvir leurs désirs ou leurs fantasmes, ils réalisent sur terre le projet de la création du monde voulu par le Créateur.

Or quel est le regard de l’islamiste sur son épouse et la femme en général ? Il veut effacer son visage, il la voile et la masque. Il se sert de son corps pour se défouler de ses pulsions bestiales et il se sert de son ventre comme d’une machine à enfanter de futurs martyrs.

Faisant de sa femme, une servante sans visage, il signe sa propre inhumanité et fantasmant sur un paradis où l’attendent soixante-douze vierges, il certifie que la jouissance sexuelle est le lieu de son indignité.

Durant ce shabbat des mariés sous les roquettes et missiles du Hamas, j’ai regardé avec grand plaisir Laura et Jonathan danser et chanter avec tous les invités. Je n’étais d’ailleurs pas en reste ! L’amour et le respect qu’ils se portent, la joie de cette nouvelle vie qui s’offre avec eux et que nous avons partagée m’a confirmé que le combat qui est le nôtre contre la nuit islamiste est un combat de chaque instant et que la considération de l’autre est le signe de la victoire et de la délivrance du Mal.

Je ne dis pas que certains d’entre nous n’avaient pas peur lorsque les sirènes se sont remises en route ; L’une de mes tantes s’est évanouie et il a bien fallu trois heures pour qu’elle réussisse à se tenir sur ses jambes ; une de mes petites cousines enceinte de trois mois s’est mise à hurler dans la cage d’escalier parce qu’elle ne voyait plus sa petite fille ; moi, je ne savais pas si je devais attraper de force les enfants qui jouaient dans le lobby et ne savaient plus quoi faire loin de leurs parents ou aider d’autres personnes paniquées au point qu’elles ne pouvaient bouger.

Mes enfants n’avaient pas voulu se joindre à nous, et je savais leurs inquiétudes que nous ne pourrions calmer avant le soir. Au moment de partir, nous avons entendu qu’une roquette était tombée directement sur une voiture et nous savions que sur le chemin du retour, rien ne nous protégerait, si ce n’est l’Éternel. Nous avons également entendu qu’il y avait un mort et des blessés graves.

Je n’ai pas eu le temps de dire au revoir aux mariés, car la fin de cette journée a été très mouvementée et l’on s’est perdu.

Ici et de manière publique, je leur souhaite une vie faite de joies et de vrai partage ; puissiez-vous réussir le projet de la création de votre monde intérieur, ensemble, l’un et l’autre unis comme au Jour Un.

Mazal Tov à vous et plein de bonheur dans l’édification de votre Temple intérieur !

Rachel Franco

21/08/2011

Israël

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5 Reponses to “Shabbat des mariés sous les roquettes du Hamas : Témoignage depuis la ville de Beer-Shev’a – par Rachel Franco”

  1. betty L dit :

    A BEER SHEVA NOUS venons de marier YOAN ET VICTORIA notre petite fille MAZEL TOV A NOS JEUNES

  2. betty L dit :

    MADAME QUEL BEAU TEMOIGNAGE TEMOIN DU COURAGE DE NOTRE PEUPLE MERCI

  3. kremer p- david dit :

    Bravo!

    Je salue le courage de la femme, mère de la mariée, qui n’a changé ses plans, la détermination des invités, qui sont venus au mariage malgré les tirs de kassam.

    Mazal tov aux jeunes époux!

    Que l’E.ternel vous bénisse tous, qu’Il fasse luire sa face sur vous, qu’Il vous couvre de bienfaits…

  4. meller danielle dit :

    Il y a eu une defaillance au niveau des abris .Une partie des abris etaient verrouilles et certain quartiers etaient sans abris Dany de Carmiel

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