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Le 6ème Forum mondial de l’eau est l’occasion d’aborder la question de l’eau dans le conflit israélo-palestinien dans un esprit constructif et pragmatique. Au Proche-Orient, la population augmente vite et son standard de vie s’améliore : en conséquence, les besoins en eau explosent. En même temps, fatalité du changement climatique, la ressource tend à se raréfier. Que faire?

Celui qui veut réellement des résultats ne peut pas faire l’impasse sur les solutions israéliennes qui incarnent tout simplement les principes exigeants du développement durable: des activités économiques et des comportements collectifs préservant le capital naturel pour le léguer intact aux générations à venir.

La production et la gestion de l’eau d’Israël obéit à des orientations bien simples à première vue:

- d’abord l’économie de la ressource: ne pas gaspiller l’eau. C’est prévenir les fuites dans les réseaux, c’est optimiser le stockage, c’est inciter la population à la parcimonie par une tarification progressive, c’est obtenir l’implication des consommateurs et des municipalités; ce sont aussi des techniques agricoles les plus économes d’eau possibles (goutte à goutte);

- ensuite le recyclage systématique des eaux usées et la non contamination des nappes souterraines: premier au monde Israël recycle vers l’agriculture au moins 80% (*) de ses eaux usées systématiquement retraitées. Le second pays est l’Espagne qui recycle 12% ! Double avantage du recyclage vers l’agriculture : la pollution est circonscrite et la campagne déjà approvisionnée laisse des marges nouvelles à la consommation domestique. Outre le recyclage, une multitude de mesures ciblées identifient et combattent toutes les sources imaginables de contamination, et elles sont nombreuses;

- troisième volet, le dessalement: il couvre des besoins domestiques et ce faisant, il limite les prélèvements des eaux souterraines, qui au-delà d’un certain seuil dégradent et salinisent les nappes phréatiques;

- enfin, l’innovation est l’une des cartes essentielles: formation des professionnels, implication systématique de la recherche, explosion des innovations, capitalisation et transfert des bonnes pratiques.

Ces dispositions censément simples sont en réalité souvent très « techniques », et elles imposent à la population d’énormes efforts. Mais l’économie aride ne laisse aux hommes aucun autre choix que l’effort et l’intelligence de tous les instants.

En 1967, les Israéliens disposaient de 508 m3 d’eau par personne et par an, alors qu’en 2010, ils n’ont plus que 150 m3 ! Ils vivent et se développent quand même.

Mais il y a un volet particulièrement méconnu et déformé de la politique israélienne de l’eau. C’est celui qui concerne les Palestiniens.

Qu’est-ce qu’Israël a trouvé en prenant le contrôle des territoires en 1967 ? Un système d’origine antique ; des aqueducs romains avaient traversé les temps et restaient à la base de la production et de la distribution de l’eau. Les Jordaniens avaient bien introduit quelques techniques de forage mais elles étaient modestes. Sur les 708 communautés municipales, seules 4 bénéficiaient de l’eau courante.

Israël, qui partage avec les Palestiniens un espace géographique et hydrologique unique, devait les propulser dans la modernité. Il a tout de suite entrepris une véritable révolution de l’eau dans les anciennes Judée et Samarie : forage de grands puits, construction de centaines de kilomètres de canalisations, formation de cadre autochtones. Les Palestiniens ont ainsi quitté un univers technologique quasi antique !

En 1995, au moment des accords intérimaires d’Oslo II, les communautés disposant de l’eau courante étaient passées de 4 en 1967 à 309, et la disponibilité par tête de 93 m3 par an à 123 m3.

Depuis, Israël a continué d’assister les Palestiniens dans le cadre de la gestion mixte voulue par les accords. Ils font en sorte, grâce à leurs livraisons d’eau, que soient assurés à leurs voisins arabes, non seulement les volumes prévus par Oslo II pour la période intérimaire, mais au-delà. Aujourd’hui les Palestiniens disposent de 140 m3 d’eau par tête et par an, c’est à dire quasiment autant que les Israéliens (150 m3), et 96% de la population des Territoires disposent de l’eau courante, situation inconnue dans le monde arabe.

Malgré cela, les relations entre Palestiniens et Israéliens sont très tendues sur la question de l’eau.

Les Palestiniens revendiquent des droits sur les aquifères israéliens définis par les accords transitoires et demandent des attributions supplémentaires d’eau. Ils se plaignent de rejets imaginaires de leurs projets et accusent la « colonisation » de les assoiffer. Précisons tout de suite que les implantations israéliennes sont raccordées au réseau national israélien et n’interfèrent nullement sur les volumes assurés aux Palestiniens.

Mais les reproches formulés par les Israéliens sont autrement graves. Ils portent sur le développement durable, c’est à dire sur la préservation du capital naturel, la guerre à la pollution, et l’impératif d’imposer des comportements d’économie de l’eau. Leurs voisins arabes semblent vouloir tout le contraire.

- les Palestiniens gaspillent la ressource: leurs puits et leurs habitations ne disposent généralement pas de compteurs d’eau. N’étant pas payée l’eau n’est pas économisée. Les techniques agricoles sont archaïques et n’évoluent pas. L’irrigation se fait pas inondation, et non au goutte à goutte, ce qui représente un véritable gouffre (et réduit les volumes disponibles pour les ménages). La maintenance est négligée et les fuites du réseau mal entretenu sont de 33,6%.

- pire, les Palestiniens refusent le recyclage des eaux usées et leur emploi dans l’agriculture. Ils refusent de même la construction de grandes stations d’épuration, alors qu’elles sont préfinancée par des pays donateurs (une seule a été construite à El Bireh sur 16 prévues depuis 1995). Plus de 50 millions de m3 d’eau usée sont ainsi rejetés dans la nature tous les ans. C’est pourquoi des rivières (Hébron, Naplouse) sont des égouts à ciel ouvert qui empoisonnent la vie des populations et contaminent les aquifères les plus importants. Les écoulements naturels conduisent toute cette pollution vers les sources et les aquifères israéliens (nord et occidental) situés en aval de la Samarie.

- enfin, les Palestiniens creusent délibérément des puits illégaux (reliés à leur réseau électrique) et ils se raccordent souvent de façon sauvage aux conduites israéliennes. Le volume d’eau ainsi soustraite est d’environ 13 millions de m3 par an. Pour ne pas déstabiliser leurs nappes phréatiques les Israéliens sont alors contraints de réduire leurs prélèvements sur leurs propres ressources phréatiques.

Ces attitudes palestiniennes sont regrettables, mais aussi extrêmement périlleuses pour ce milieu écologique fragile, qui connait un stress hydrique quasi-permanent. L’aquifère côtier de Gaza a déjà succombé sous les pratiques irresponsables du Hamas. L’irresponsabilité s’accompagne d’un discours victimaire, accusateur et revendicatif appuyé par de nombreux faux-amis occidentaux. On a vu le rapport Glavany diffamer férocement Israël et actualiser la vieille accusation antisémite d’empoisonnement des puits. Il conforte en même temps les comportements palestiniens les plus contre productifs.

En effet, quiconque cherche à défendre les intérêts du petit peuple palestinien et non ceux de sa nomenklatura, sait que deux conditions doivent être impérativement réunies : la généralisation des sévères exigences du développement durable, et l’adoption de logiques coopératives avec le voisin israélien. Il faut que les Palestiniens apprennent à économiser l’eau, déclarent la guerre à la pollution et à la contamination, acceptent le retraitement systématique et le recyclage dans une agriculture radicalement modernisée. Il faut en parallèle qu’ils renoncent aux postures victimaires et aux accusations pour coopérer productivement avec Israël et bénéficier de la vraie manne qu’il constitue pour eux.

Haim Gvirtzman, hydrologue de l’Université hébraïque de Jérusalem démontre, programmation à l’appui, qu’à cette condition, on pourrait assurer la couverture des besoins israéliens et palestiniens en eau pour plusieurs décennies. Encore faudrait-il obtenir enfin le silence et la décence des faux-amis des Palestiniens qui pullulent en Occident.

 

(*) Les données rapportées sont tirées de The Israeli-Palestinian Water Conflict: An Israeli Perspective , Haim Gvirtzman, Janvier 2012, qui exploite les statistiques que l’Administration israélienne de l’eau vient de déclassifier.

 Communiqué : 6èmeForum Mondial de l’eau – Le 12 mars 2012
Association Louis Kahn Marseille & France-Israël Marseille

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Une Reponse to “Relever le défi de l’eau au Proche-Orient : Développement durable et coopération, oui ; victimisation et réquisitoires, non !”

  1. BRAMI charles dit :

    Tous mes souhaits que cette conférence soiot enregistrée et diffusée sur une chaine car les PALESTINIENS s’identifient a des martyrs alors qu’ils sont plus heureux par l’administation ISRAELIENNE que par l’administration de GAZA
    IL N’EST PAS PENSABLE QUE l’eau soit gratuite et mal gérée quelque soit le pays

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