pub2011

Arnold Lagémi

Arnold Lagémi

Parce que nos plus redoutables ennemis, ceux qui s’attaquent à l’âme d’Israël ont vite compris où était notre vulnérabilité. Ils ont assimilé à la vitesse de l’éclair, qu’il n’y a pas un peuple qui,  ayant souffert ce que nous avons enduré,  soit autant persuadé que le peuple juif  d’être haï, détesté,  jusqu’à la limite du supportable. Et c’est précisément, sur cette faiblesse qu’ils tentent de porter leurs coups.  La quasi-totalité des réactions juives face au monde non juif est d’abord de vérifier, avant, le cas échéant,  de devoir se  défendre, que l’interlocuteur ne dissimule pas une once de sympathie que, par pudeur, il n’oserait manifester.

D’où la gaucherie, la maladresse dans les relations avec les non Juifs. Voire la provocation, pacifique s’entend.  J’assistais récemment, à un congrès de psychanalystes, où l’orateur baissa la tête vers son pupitre quand il évoqua d’un mot l’identité juive du père de la psychanalyse, avant de se redresser brutalement et de balayer l’assistance d’un regard appesanti et scrutateur.

Une fois assurés et, en quelque sorte rassurés sur la certitude de n’être pas aimés, les coudées sont franches pour contre attaquer ou être désagréables. Mais imaginer que, sans s’en être assuré, on commence une argumentation visant à démontrer l’hostilité de l’interlocuteur,  on court le risque de démultiplier le sentiment de culpabilité si d’aventure « l’autre » se révélait ami.

 

Si le dialogue est engagé avec un ennemi, un vrai, il se gardera bien de mettre en avant toute cause, raison ou motif de dissension. Il affirmera d’abord que le peuple juif est digne d’intérêt, voire d’affection. Il prétendra même que son propre système de pensée repose sur tout ou partie de la culture d’Israël. Surviendra alors chez le Juif une suite de réactions  conscientes ou non, visant à lever toute réserve pouvant mettre en doute la sincérité de son interlocuteur. Parce qu’avouer son affection pour les Juifs, c’est, du point de vue de certains, trahir son milieu !  Et, pour les Juifs, leur dire qu’on les aime, c’est, pour l’auteur de l’aveu,  s’exposer au rejet des siens. Un non juif qui prend ce risque a droit à des égards.

 

Ainsi, le stratège pervers pourra mettre en route son programme dont le but sera,  soit de l’amener à ses vues, soit, le cas échéant, le placer dans de telles dispositions d’esprit que la perspective d’une conversion à telle religion ou secte deviendra possible.

 

Ce qui est vrai au niveau d’individus le sera au niveau des Etats,  dont les Chefs commenceront à proclamer leur attachement à la survie d’Israël avant de lancer des accusations assassines sur tel ou tel aspect de la politique d’Israël.

 

On remarquera l’incongruité des politiciens étrangers ayant perçu la fragilité juive,  quand ils parleront  d’Israël dans des catégories d’expression proches de celles utilisées pour désigner sa propre famille.  Comme s’ils savaient que les Juifs n’étant pas prêts à ce que leur soit appliquées les modalités de l’impersonnel en politique,   il est préférable d’user d’un langage qui, pour puéril qu’il soit,  n’en permet pas moins d’être crédible à leur jugement.

 

Attitude puérile et naïve de prime abord, elle signifie tout de même que le « mal d’amour » est l’exigence d’implication de la vérité dans le rapport judéo non Juif, sans pour autant qu’il traduise un piège. Il n’est pas interdit, en effet, à un non Juif de déclarer son amour à Israël, s’il juge qu’après Auschwitz,  c’est le préalable à tout échange amical.  Il n’est pas illicite, du point de vue d’Israël, d’estimer la démarche obligatoire, même si en le rappelant, les Juifs sont maladroits. Profiter de cette carence pour y glisser un crédo, politique ou autre relèverait  d’une attitude criminelle.

 

Le « mal d’amour » nous laisse souvent désarmés face à l’ennemi. Mais c’est le moyen souverain pour vérifier la qualité de la relation. On ne parle pas aux enfants des victimes  de la Shoah comme on s’adresserait à un peuple dont les ennuis ne mirent jamais en cause la légitimité de son existence.

www.arnoldlagemi.com

Articles similaires

16 Reponses to “Pourquoi les Juifs souffrent-ils du « mal d’amour » ? par Arnold Lagémi”

  1. alexandre dit :

    Il ne faut pas quémander l’amour des autres ou leur approbation, ce qu’il faut c’est d’être juste, maître de soi et d’aller de l’avant. En sachant qu’on a rien à attendre des autres on peut dans cette situation avoir de la compassion pour ceux qui nous montrent de l’antipathie ou de la haine. On sait où on va et ce à quoi s’attendre. Longue Vie à Israël

  2. Marion dit :

    Par « prudence » j’entends que vous êtes peut-être plus craintif, plus méfiant à l’égard de mes commentaires, ou de mes critiques (surtout lorsque celles-ci touchent Israel)parce que je ne suis pas juive. Quand vous dites dans votre commentaire précédent « (…)c’est que votre neutralité dissimule mal l’hostilité… » vous sous entendez que je n’éprouve peut-être une hostilité envers les juifs, quoi que j’en dise. Mais peut-être cela est-il du à votre « manque d’amour » comme vous expliquiez dans votre article. De plus, j’avoue que vous êtes moins « prudent », et moins suspucieux envers moi que d’autres sur ce site.

  3. AFLM dit :

    Je n’ai jamais dit qu’être antisémite n’est pas un signe de détestation…
    non je suis d’accord avec vous
    être neutre ce n’est pas possible ou on nous aime ou on nous déteste
    dégager des sentiments positifs ou négatifs sont le propre de l’être humain. Il n’y a que l’ordinateur qui est neutre

    mais je reprenais juste au début de mon commentaire celui de Marion
    Je disais à propos de la neutralité qu’elle est peut-être présente en introduction mais quand on rentre dans le vif du sujet elle disparaît
    surtout il y a des sujets où la neutralité est impossible
    ou alors on est froid et lisse à ce moment là on ne dégage rien qui suscite de l’intérêt chez l’autre

  4. Arnold Lagemi dit :

    Vous indiquez que dans leur relation aux Juifs, les non Juifs éprouvent d’abord une émotion qui serait majoritairement négative: « la majorité des non Juifs a une surdose d’antisémitisme bien ancrée etc…Comment donc, pouvez vous écrire au début de votre commentaire: « Votre interlocuteur peut être neutre, il n’est pas obligé de vous détester ou de vous aimer. » Sauf, bien sûr, si vous estimez qu’être antisémite n’est pas un signe de détestation…
    L’appréciation de Danielle Meller ‘plus bas sur cette page)est pleine de bon sens.

  5. AFLM dit :

    « Car,sachez que votre interlocuteur peut être neutre, il n’est pas obligé de vous détester ou de vous aimer, et il peut vouloir échanger une discussion avec vous sans arrière pensées.
    Cordialement, Marion. »

    bon comme je le disais en donnant l’exemple de De gaulle et consort les politiciens ont un langage diplomatique pour tel ou tel pays du style du corbeau et du renard (ils manipulent pour sauver leur intérêts)

    En revanche, dans mon cas personnel dès qu’on sait que je suis juive on est plus neutre avec moi
    dans 9 cas sur 10 c’est de l’hostilité
    et dans 1 cas sur 10 de la sympathie
    la majorité des non juifs a une surdose d’antisémitisme bien ancrée en lui depuis 2 siècles
    et il sort ses armes de leur cache dès qu’il en a l’occasion

  6. Arnold Lagemi dit :

    Marion, voudriez vous, SVP, expliquer ce que vous entendez par votre reproche sur « la prudence » à moi adressé. Merci.

  7. Marion dit :

    M.Lagemi,
    Comme je vous l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je suis étudiante en Histoire, du coup, j’ai croisé maintes fois l’histoire du peuple juif au cours de mes études. Considérant cela, je ne vois pas comment vous pouvez imaginer que je puisse ne rien ressentir devant les injustices, et les horreurs que vous avez subi.. Cela étant dit, si on ne peut faire preuve de neutralité lorsqu’on constate votre histoire (et je ne parle pas seulement des injustices dont vous avez souffert mais aussi des contributions que vous avez apporté au monde), on peut être neutre(ou du moins essayer de l’être) lorsqu’on discute d’un tout autre sujet avec vous, que ce soit de la politique d’Israel, ou de tout autre chose. Enfin, je maintiens que vous être trop prudent avec vos interlocuteurs non-juifs, la preuve: vous vous trompez sur moi.
    Je vous souhaite une bonne semaine.

  8. Arnold Lagemi dit :

    Effectivement, balayez devant votre porte, vos erreurs de jugement vous cachent la perspective! Parlons nous de la même réalité? Racisme, dîtes vous envers les Ethiopiens? Savez vous qu’il existe dans l’armée des officiers supérieurs d’origine ethiopienne? Vis à vis les Russes ???? Avez vous entendu parler d’Avigdor Liberman, ministre des Affaires Etrangères, avez vous considéré l’intégration réussie de la plus grande partie des Juifs d’origine russe?
    Par ailleurs, vous témoignez d’incohérence en comparant notre relation gobale avec les non Juifs et les disparités sociales en Israël. Alors supposons que ces disparités soient effectives. Doivent-t-elles empêcher, pour autant, les non-Juifs de « réparer » . Si vous portez préjudice à un tiers, que celui ci ci soit honnête ou pas, vous n’êtes pas dispendé, pour autant d’une attitude réparatrice. Conditionnez l’application du droit à l’irreprochabilité de la victime justifie les crimes. Pour le balayage, prenez un aspirateur de bonne qualité !!!!

  9. Arnold Lagemi dit :

    NON! Dans l’approche et, à plus forte raison, dans le dialogue avec Israël, on ne peut être neutre. Si le mot amour vous heurte, remplacez le par un autre, sympathie, par exemple. L’histoire du peuple juif est une des plus singulières qui soit. Si l’injustice subie par ce peuple n’éveille pas chez vous, au minimum, un sentiment de révolte, c’est que votre neutralité dissimule mal l’hostilité…

  10. gerard dit :

    Comment peut on oser demander aux goyims de nous aimer si nous en Israel il y’a tant de disparites sociales , tant de haine dans notre communaute , quand souvent le racisme est si frappant envers les ethiopins Juifs , envers les russes ! et quand les travailleurs etrangers ( soudanais , phillipines ) sont traites avec mepris !….balayant d’abord les saletes devant notre porte !

  11. Marion dit :

    Bonjour,
    Je trouve votre article fort interessant; il y a plusieurs points qui m’interpelent: d’abord cette question « est-ce qu’on nous aime ou pas? »-se poser cette question de manière personnelle « est-ce qu’on m’aime » c’est, à mon avis, le cas de toute l’humanité, mais se l’a poser de manière collective « est-ce que la personne qui me parle aime les juifs ou pas » démontre, la particularité de votre histoire. ensuite vous décrivez votre « mal d’amour » comme une faiblesse face à un interlocuteur, pourtant c’est ce « mal d’amour » qui vous rend si « prudent », peut-être trop prudent d’ailleurs. Car,sachez que votre interlocuteur peut être neutre, il n’est pas obligé de vous detester ou de vous aimer, et il peut vouloir échanger une discusion avec vous sans arrière pensées.
    Cordialement, Marion.

  12. AFLM dit :

    Tous les politiques et homme d’état que ce soit pour les juifs ou pour d’autres
    c’est séduire pour mieux les manipuler et arriver à leur fin.

    pour réunir l’empire austro hongrois c’est sissi qui a usé de ses charmes et de belles paroles pour les séduire.

    de gaulle quand il disait des pieds noirs (bien que je sois contre cette colonisation française)
    oh les pieds noirs pas de danger quelques mots crus et peu d’anisette et vous les mettez dans votre poche

    donc moi si des politiciens non juifs de pays étrangers (particulièrement la France) se disent amis d’Israël ou prononcent des phrases élogieuses
    à mon avis c’est comme de gaulle et consort c’est pour nous mettre dans leur poche en somme nous manipuler pour arriver à leur fins et servir leurs intérêts
    Ils ne pensent pas un seul mot de ce qu’ils avancent
    se disent amis d’Israël

  13. simonviolet dit :

    on a beau tenter de se persuader qu’on se fiche de ce que pensent les autres,ça finit forcément par etre pesant.
    à force d’etre traité en coupable quand on est victime,d’etre traité de nazi quand toute sa famille a été décimée par les nazis,d’etre traité de bourreau,de criminel,de tous les noms,quand on n’a rien à se reprocher sinon le seul désir de se défendre,à force d’etre traité d’état raciste alors qu’on a été chassé d’une bonne partie des pays du monde,comment garder son équilibre mental quand tout est toujours inversé,qu’on a été victime de la shoah en europe,des spoliations,des attentats et des expulsions dans les pays musulmans,des guerres et des discours antisémites de nasser ou d’arafat,et qu’on est après tout ça traité de nazi,de voleur de terre,de spoliateur,de raciste,de génocidaire?

    quand on y pense ça donne le vertige,et je n’ai même pas évoqué les destructions de synagogues ou de cimetières juifs,même récents.j’y songe à cause des pieds-noirs qui ne peuvent pas même fleurir les tombes de leurs parents,parce qu’elles ont été détruites;et qui ,chassés,ayant tout perdu,sont en plus traités comme s’ils étaient des criminels.

    les psychiatres israéliens doivent etre débordés,parce que pour faire face à tout cela,il faut un sacré mental

  14. Arnold Lagemi dit :

    Les Juifs n’ont plus peur, ne se cachent pas et l’antisémitisme demeure! Merci de vos voeux adressés d’une terre où l’antisémitisme est ignoré.
    Chalom à vous de la terre d’Israël

  15. Duran dit :

    L’antisémistisme sera, peut-être vaincu quand les Juifs n’auront plus peur et ne se cacheront plus.
    Regardez les Israëliens le probléme ne les touche pas autant que dans la diaspora.Quelles leçons de
    courage et de morale ce peuple donne au monde! Comment voulez-vous que l’eternelle jalousie ne rejaillisse pas? Souvenez-vous d’Abel et Caïn.
    Longue vie à Israël et Pace e Salute de Corse.

  16. betty L dit :

    L’ANTISIMITISME SE NOURRI DE NOS FAUTES ET NOS ENNEMIS SE NOURRISSENT DE NOS SRATEGES NOUS DEVRIONS LAVER NOTRE LINGE SALE EN FAMILLE MAIS AUJOURD’HUI TOUT EST MONTE EN EPINGLE PAR LES JOURNALISTES

Laisser une reponse

Vous pouvez utiliser ces balises: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>