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L’histoire d’Esther ressemble à son début à celle de la Bergère  qui  épouse le roi, mais là. s’arrête la ressemblance.
Car  l’histoire d’Esther ne se termine pas avec l’Image du baiser royal, elle ne fait au contraire que commencer.

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ESTHER est juive et très belle, elle est la fille d’AVIH’AIL (qui signifie « Mon père est valeureux »), défunt, et elle habite chez son oncle et tuteur MORDEKHAI (MARDOCHEE), membre du Grand Sanhedrin et prince de l’exil à la cour du roi Assuérus.
Elle est descendante du roi Saül, lui-même descendant de la matriarche Rachel.

                                     LE « VOILE »
Le nom ESTHER vient du verbe Lehastir qui signifie « cacher »; Esther signifie  » Je cacherai ».
Elle est nommée ainsi parce qu’elle cachait ce qui la concernait : sa naissance et son peuple.(1) .

Esther a accédé à la royauté  perse  en voilant l’essentiel d’elle-même  car c’était  le seul moyen d’y parvenir (2).

En d’autres termes, elle a réussi parce qu’elle s’avançait masquée.  Chose curieuse,  le seul moment où elle dépose son masque et où elle proclame son identité sans ambages,  c’est à Pourim, fête au cours de laquelle précisément on met des masques sur son visage.
C’est justement l’instant  tragique où la reine Esther consent à se démasquer.

C’est aussi le moment où Dieu révèle sa volonté, montre sa  main forte qui était caché derrière les personnages visibles de l’intrigue. (2)

Le Talmud ‘Houlin,139 b ,  trouve une allusion à l’histoire d’Esther, .dans  la  Bible, lorsque Dieu annonce (Devarim-Deutéronome . XXXI, l8)  dans  la phrase  ‘Et moi, en ce jour-là, je cacherai bien ( Haster astir’)   ma face’

Dans ces deux mots les consonnes rappellent le nom d’Esther.

Le  Talmud voulait sans doute affirmer que les miracles du salut du peuple juif sont d’origine divine, même si la Meguila d’Esther ne contient pas une seule fois le nom de Dieu. Si donc, le Seigneur s’est détourné des Juifs pendant l’exil de Babel, au cours duquel s’est déroulée l’histoire d’Esther, Israël n’en a pas moins profité  de Ses miracles et prodiges. Ce fait constitue une consolation pour la nation d’Israël : l’Eternel est absent, mais il n’en aide pas moins Israël par des chemins indirects.’(3)

En effet, puisque l’histoire d’Esther ne contient pas une fois  le nom de Dieu, c’est donc  qu’il  se cache comme Il l’avait annoncé

 bien avant, tout en restant présent.(1)    

                                LE SILENCE .
Ce qui précisément va caractériser l’action d’Esther, c’est 1e secret et la discrétion. Tout le récit des événements s’agence autour  de ce thème central du  silence (4)

Esther appartient à cette longue lignée de personnages silencieux pudiques  et discrets, tout en intériorité, comme

Binyamin, Shaul, Mikhal (4). Il est écrit  qu’Esther ne raconte pas et non pas qu’elle n’a pas raconté, car il s’agit, non d’une attitude occasionnelle traduisant un manque d’envie  de parler, mais d’un comportement délibéré et systématique. « Le rempart de la sagesse est le silence »(Avot, 3, 13, cité dans (4)).

L’homme doté d’une riche vie intérieure n’éprouve pas le besoin  effréné de bavarder pour masquer un vide.

L’homme se doit de parler peu et d’agir beaucoup(4).

On  ne peut  pas dire des personnes réservées et discrètes qu’elles sont négligentes et inactives; l’exemple d’Esther prouve le contraire.(4)

             PUDEUR, COURAGE, ABNÉGATION\

Esther toute en réserve et en discrétion, est animée d’un courage  et d’une force d’action peu commune.  La pudeur n’exclue pas la bravoure. Pudeur et courage  sont les  vertus de base d’Esther (4)

Mais ce qui fait avant tout sa grandeur, c’est une exceptionnelle abnégation  qui  transparaît .dans  la sagesse de son plan si dangereux : réserver un accueil bienveillant à Aman et lui manifester affection et  amitié en présence  d’Assuérus pour qu’il  en arrive  à la tuer  en même temps qu’Aman,  ce qui annulerait ainsi le décret ( MeguiIa, 15b,  cité dans 4)  pris par le roi .à l’instigation d’Aman de détruire, d’exterminer et anéantir tous les Juifs, jeunes et vieux, enfants et femmes, en un  seul jour, à savoir le treizième jour du douzième mois,. qui est le mois d’Adar et de faire main basse sur leur butin.

Ce sacrifice de soi aurait été du même ordre que celui de Shimshom (Samson )  « Que je meure avec les Philistins » (Choftim , 16, 30 cité dans 4)

C’est le dévoilement du nom de Dieu et le dévouement à Dieu qui transparaissent  dans cette exceptionnelle abnégation de la reine Esther  et  dans la Sagesse de son dangereux plan. Cette manifestation du nom de Dieu et cette ferveur hors du commun résultent de la discrétion et de la pudeur qui se conjuguent avec le courage, la force, l’intelligence politique et l’abnégation d’Esther .Ce sont ses qualités qui permettent à Esther , ‘la silencieuse’, sa caractéristique profonde , cachée, qui lui permettent de résister dans ces moments difficiles .(4)

Le silence est l’un des trésors intérieurs les plus précieux. Tous les mondes de notre parole puisent aux mondes de silence inexprimés.

Il est écrit dans Vayiqra- Lévitique10,3, « Et Aaron garda le silence »

La parole puise sa force dans le royaume du monde du sîlence ( Orot Hakodech, III,  275, cité dans 4)

Le silence appartient au monde des aspirations cachées. Les facteurs agissant dans le monde puisent leur force dans les aspirations

Les aspirations ont un caractère plus élevé que les réalisations

Le silence exprime des aspirations cachées au tréfonds de l’âme,  et qui n’ont pas d’expression par la parole. Les mots sont impuissants à rendre la grandeur d’Esther, si intérieure, si pudique, si discrète(4)

Esther était à l’abri du danger au sein du palais royal ; elle aurait pu continuer à y mener une vie facile sinon agréable. Son total dévouement à son peuple et son courage tranquille suffisent à en faire une des plus attachantes figures féminines de la Bible (… ) et la tradition juive ne s’y est pas trompée, qui lui porte une vénération particulière.(5)

Au péril de sa vie, avec courage, foi et loyauté, elle est intervenue pour sauver son peuple. Par son parcours audacieux et spectaculaire, la reine Esther nous a montré que la Présence divine imprègne notre histoire. Elle a compris que son sort et son destin et – ceux de son peuple -étaient entre les mains de Dieu (6)

La reine Esther est une des grandes héroïnes de l’histoire : elle  a mis au point un plan d’action concret qui a été exécuté politiquement et stratégiquement , mais aussi un plan  spirituel lorsqu’elle a enjoint Mordechaï de rassembler le peuple pour qu’il se repentisse, prie et jeûne. Elle  a senti que Dieu était à ses côtés dans tous ces événements, et nous devrions l’imiter (6)

 

Références

1. le Grand Livre des prénoms bibliques et hébraïques,  Marc-Alain Ouaknin et Dory Rotnemer Ed. Albin Michel p.123

2. Le puits d’eaux vives. Entretiens sur les Cinq Rouleaüx de la Bible, de Claude Vigée et Victor Malka. Ed. Albin-Michel. Collection Spiritualités vivantes. p. 225, 226

3. Elie Munk, La Voix de la Torah, Deutéronome p.330

4. Esther, par Chlomo Aviner. Collection: Figures féminines dans la Bible. Edition Sifria Khava. Bet El 90300.

5.  Josy Eisenberg , La Femme au temps de la Bible, les prophétesses,  Ed Stock, p 329                                                  

6. Purimspiel par  Grand Rabbin Warren Goldstein, grand rabbin d’Afrique du Sud, Jérusalem Post  édition française n°1083, 6-12 mars 2012, 12 -18 adar 5772  ,

                                                                     Pierre Caïn    12 adar 5772   6 mars 2012

Info’SION Torah  Jérusalem-capitale (Israël)    

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