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Source : http://www.croire.com
Comment faire la paix avec son passé familial et donc avec soi-même ?

Le point de vue de Maryse Vaillant, psychologue clinicienne et auteur du livre  » Pardonner à ses parents » (éd. Pocket). »Certains insistent sur la démarche strictement personnelle de celui qui pose l’acte du pardon sur ses blessures pour se libérer de l’emprise d’une vindicte mortifère.
Pour d’autres il est une affaire d’humanité, une nécessite générationnelle : chacun doit assumer son héritage… 

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De fait pour tous, il est l’expérience intime, le long cheminement de celui qui cherche la paix intérieure tout en assumant sa part d’humanité. »

Toute famille a ses secrets
Chaque famille se construit avec des souffrances plus ou moins difficiles à surmonter. On ne sait jamais tout de l’histoire de ses aïeux. Cela pose la question de savoir ce que l’on transmet à ses enfants malgré soi.

On peut en effet avoir été parasité (ou l’être encore) sans le savoir par des doutes, des demi-secrets, la honte d’une ou d’un aïeul qui s’est insidieusement repercutée de génération en génération. Aucune famille n’échappe à la violence, aux erreurs, aux « pieux » mensonges (par exemple une disparition mystérieuse, un suicide, un avortement, un enfant mort-né, une naissance hors mariage, une liaison secrète, un enfant naturel…) Il n’est pas toujours facile de « tout dire » mais il est clair que les non-dits ont le plus souvent un effet dévastateur sur la ou les générations suivantes. Dans la transmission des secrets, les effets pervers se déclinent longtemps après …Ressentant malgré lui un malaise, une peur, l’enfant s’inventera une explication à la hauteur de l’émotion ressentie, amplifiant par le silence et la honte, ce qui aurait pu être libéré par la parole.
Peut-on juger ses parents ?

Le tabou social est fort : a-t-on le droit de juger ses parents ? Mais ne peut -on pas leur en vouloir sans les juger ? Grandir, c’est non seulement accorder à ses parents le droit à l’erreur, c’est aussi vivre les mille petits manques de la vie, dépasser les griefs et les reproches, assumer sa part de défaillance.
Devenir adulte, c’est être amené un jour à se poser la question de sa dette et de ses rancoeurs envers ses ascendants et à se libérer de l’une comme des autres. Certains s’en remettent à Dieu, ce qui est une façon de dire : « Il nous faut pardonner aux générations passées… » Mais souvent on ne peut vraiment se libérer de cette angoisse qu’au terme d’un long cheminement thérapeutique personnel, parce que dans la représentation inconsciente une partie de soi cherche à se retrouver dans la même situation que l’aïeul ou le parent …Situation fréquente que Freud expliquait par le besoin de se retrouver dans la même situation pour « réparer » ou « guérir ». Hélas, on ne peut pas réparer ce qu’on fait les autres, juste ce que l’on a fait soi-même… Mieux vaut donc laisser les gens du passé et regarder son présent à soi !

Se libérer d’une terrible emprise
Pardonner à ses parents c’est accepter qu’ils aient été ordinaires, maladroits et sortir ainsi de l’Oedipe. En bref accepter une fois pour toutes qu’ils ne soient pas parfaits !
Ce chemin de pardon est toutefois impossible à certains : les blessures de l’enfance peuvent rester des douleurs la vie durant. Elles seront alors le poison mortel qui non seulement empoisonnera l’existence de celui qui fut blessé, mais qui contaminera une grande partie de son entourage ! Ce ne sera qu’au terme d’un long cheminement personnel que faisant preuve d’un courage intime, la personne pourra « accepter » d’avoir eu des parents monstrueux et d’en souffrir encore, mais refuser d’être déterminée par cela et ainsi se libérer de cette emprise générationnelle.

La « réparation » passe par la créativité
Sa vie à soi n’est pas celle de ses parents. Chacun se la crée! La « réparation » ne se comprend qu’au sens de créativité : créer du bien , du beau, du bon. C’est le processus de deuil achevé : on accepte mais on oublie pas. Simplement on s’autorise à vivre dans un monde que l’on crée meilleur. C’est un chemin de grand apaisement…
Les « pardonneurs » ont ainsi fait le deuil de leurs souffrances d’enfant, ce qui leur a permis d’inventer leur vie à eux, de se construire. En bref, dêtre vivants ! A contrario, ceux qui se posent toujours en victimes, qui n’arrivent pas à sortir de ce statut dans lequel ils ont parfois été plongés tout jeunes, attendent sans cesse un dédommagement. Ils seront éternellement des victimes, en voudront à la terre entière … tant qu’ils n’auront pas fait ce pas de réconciliation avec leur passé, donc avec eux-mêmes !
L’instinct de survie, ce n’est pas d’attendre passivement, mais d’aller là où l’on peut faire quelque chose de bien pour changer le monde. En le rendant meilleur, plus beau, on y participe, on est vivant !!!

Justement, pourquoi est-ce si important de pardonner à ses parents?
La plupart de ceux qui l’ont fait disent avoir trouvé un apaisement. Ils se remettent enfin à vivre. Pardonner à ses parents, c’est les acquitter et poursuivre sa route. C’est une démarche de libération personnelle, sans rêve de retrouvailles. On pardonne sans absoudre, parfois même sans comprendre. Le pardon nécessite un tel effort qu’il se fait sous condition: «Je te pardonne, à condition que tu restes loin de moi». Le parent? Qu’il se débrouille avec sa conscience, avec sa culpabilité. Le pardon filial n’est pas un acte de retrouvailles, c’est un acte égoïste pour se réconcilier avec soi-même.

Pardonner à ses parents, cela peut prendre toute une vie !.
Rappelez vous : le pardon est libérateur !
Alors n’attendez pas demain pour pardonner …

Maryse Vaillant, auteur de nombreux ouvrages, vient de publier « Entre soeurs » avec Sophie Carquain aux éditions Albin Michel.

Propos recueillis par Evelyne Montigny

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21 Reponses to “Pardonner à ses parents ? Par Maryse Vaillant”

  1. Dominique dit :

    Comment expliquer a ces jeunes restés au chomage pendant une longue période qu’ils ne peuvent prétendre trouver le même type de travail qu’avant et qu’ils doivent s’adapter ?

  2. Roger Cohen dit :

    A Rachel
    Nous vous le souhaitons …
    Pour nous ça a été un grand soulagement de voir Lucienne retrouver ses parents comme si rien ne s’était passé ..
    nous espérons qu’elle va trouver un mari et le bonheur qu’elle mérite …
    A bientôt sur le Site

  3. Rachel dit :

    Merci à Roger pour ces précisions sur sa nièce Lucienne
    j’espère que ma fille suivra son exemple.
    Amen

  4. Roger Cohen dit :

    A lucienne
    Je te présente mes excuses pour avoir publie un commentaire sur terred d’Israel sans ton accord.
    J’ai eu le bonheur de te rencontrer pour Yom Atzmaout et de constater qu’en un mois tu as réussi à sortir de cette spirale qui t’entrainait vers le bas depuis 20 ans …
    Ca y est tu « t’es pardonnée », tu t’es libérée …
    Tu es sortie de la plainte pour construire ta propre vie.
    Tu as accepté de travailler comme assistante dans une entreprise de service et tu as trouvé un appartement pas loin de ton travail …
    Tu vois qu’il n’est jamais trop tard …

    Masal tov
    Tonton Roger

  5. Raymond dit :

    Après un incident grave, c’est quoi pardonner ?

    1 – c’est être en paix avec soi-même et avec l’autre, comprendre pourquoi il/elle a fait ça, même si ça ne veut pas dire l’accepter.

    2 – c’est lâcher prise, lâcher ce fardeau qu’est la rancune.
    Et ce n’est pas qu’une question d’éthique ou de philosophie, mais surtout de bien-être.
    Donc pour votre bien-être de tous les jours, pardonnez !

    3 – c’est avoir des rapport apaisés. Ce qui ne veut pas dire plus fréquents, ou même meilleurs.

    4 – c’est être plus fort que le mal commis, et plus fort que la conscience de qui ce mal parvient, un peu comme d’être impassible sous la torture du boureau..

    5 – c’est affirmer que le mal commis n’a pas de prise ou n’a plus de prise sur sa propre personalité…

    6 – c’est nier la volonté de l’autre, son ego, et lui enlever le succès de son entreprise destructrice…

  6. Raymond dit :

    1 – Quand on est enfant, on prend ses parents pour des dieux.

    Quand on est ado, on leur en veut de ne pas être des dieux (plus exactement, on leur en veut pour tous leurs « défauts »).

    On est adulte quand on comprend que les parents ne sont pas parfaits et que c’est normal, et qu’on les accepte tels qu’ils sont.

    2 – « On est adulte le jour où l’on pardonne à ses parents… »

    3 – « On commence à se dire que notre père avait peut-être raison, le jour ou notre propre fils commence à nous donner tord…. »

    4 – Certains disent à propos de l’éducation :
    « parents, que vous fassiez noir ou que vous fassiez blanc, de toute façon se sera toujours mal, car l’adolescent vous reprochera toujours le choix que vous avez fait pour lui alors que lui-même n’étais pas en mesure de faire ce choix en conscience »

    5 – Est-il pensable de pardonner à quelqu’un d’avoir fait de bonne foi de mauvais choix…
    l’on ne peut donner son pardon à quelqu’un que si celui-ci a commis en conscience un choix qu’il savait pertinament mauvais, et que ce choix se révèle être finalement destructeur et mauvais pour l’enfant/adolescent…

  7. terredisrael dit :

    Lire aussi
    « Nous et nos enfants » : Pourquoi nous devons pardonner à nos parents – Par Efrate Schreiber
    http://www.terredisrael.com/infos/?p=50238

  8. Denise dit :

    Le 25 Avril, Yom hazikaron
    Ce matin, nous avons rendu visite à papa …
    Le cimetière était rempli de monde …
    C’est la seule occasion pour nous de nous retrouver en famille.
    Maman, mes frères et soeurs étaient là à pleurer ce papa, héros d’Israel, tombé au Liban …
    Il s’était jeté sur une grenade quelques instants avant qu’elle n’explose sauvant la vie de ses soldats …

    Dois-je en vouloir à cet héros de père que je n’ai pas connu et qui m’a laissé tout seul depuis …
    Mais pour moi, rien ne me permettra plus de le revoir, de l’embrasser et de lui demander conseil …

    Isabelle, vous qui avez la chance d’avoir vos parents encore vivants. N’attendez pas une seconde de plus pour tourner la page, rapprochez-vous d’eux et serrer les dans vos bras …

    Vous avez déjà suffisamment perdu de temps en voulant les punir.
    Mais en réalité vous vous êtes punies vous même, vous avez gaché une partie de votre vie et vous avez gaché une partie de la vie de vos proches …. quel gachis ?

  9. Lise Bourbeau dit :

    Saviez-vous que demander pardon n’a rien avoir avec le « pardon véritable » ?

    À cause de notre éducation religieuse et familiale, la plupart d’entre nous avons appris que nous devons demander pardon aux personnes que nous avons pu blesser lorsque nous agissons mal. En général, on croit que nous sommes absous et que nous pouvons cesser de nous sentir coupable si on nous dit qu’on nous pardonne, ce qui est loin d’être la vérité.
    En réalité, personne n’a le pouvoir de pardonner une autre personne. Le seul pardon qui soit véritable est celui qu’on s’accorde à soi-même.

    Prenons l’exemple d’une femme qui crie après son mari pour une bagatelle et qui s’en excuse par la suite en lui disant : « Je m’excuse mon chéri. J’ai perdu le contrôle. S’il te plaît pardonne-moi. Je ferai plus attention à l’avenir. ». Elle peut même lui donner toutes sortes de raisons pour avoir agi de la sorte.

    En demandant pardon, elle affirme qu’elle a commis une faute, que ce qu’elle a fait n’est pas bien et que, par conséquent, elle doit changer. Elle s’accuse et ne s’accepte pas dans ce genre de comportement tout comme elle n’accepte pas que les autres agissent ainsi. Cette non-acceptation de soi fera en sorte qu’elle criera après son mari à nouveau lorsqu’une situation semblable se présentera et ce, malgré ses bonnes intentions et ses promesses. Pourquoi? Parce que plus on s’accuse et qu’on veut arrêter à tout prix un comportement, plus il perdure.

    On cherche à se sentir mieux en demandant pardon parce qu’on s’en veut et qu’on ne s’aime pas. Puis on répète le même comportement, on se sent davantage coupable et ça peut continuer ainsi pendant des années jusqu’à ce qu’une maladie se déclare ou qu’un accident survienne (de bons moyens pour attirer votre attention sur votre manque d’acceptation).

    Se pardonner, c’est s’accepter même si on n’est pas d’accord avec notre comportement; c’est avoir de la compassion pour l’enfant en nous qui a peur; c’est reconnaître que nous avons des limites, que nous sommes humains.

    Mais pourquoi est-ce si difficile de s’accepter? Parce que notre mental prend le dessus et qu’il croit qu’accepter signifie « être d’accord » et qu’en étant d’accord on continuera à agir de la même façon. Le mental ne peut pas comprendre les notions spirituelles. Il ne peut donc pas comprendre qu’accepter véritablement est un acte d’amour envers soi. La dimension mentale est nécessaire pour mémoriser, organiser et analyser tandis que les notions d’amour, de responsabilité et de pardon relèvent de notre dimension spirituelle qui est la seule à être en contact avec les vrais besoins de notre âme.

    Revenons à l’exemple de la femme qui crie après son mari. Si elle s’acceptait, elle reconnaîtrait qu’elle est furieuse pour le moment et que c’est parce qu’elle souffre qu’elle perd le contrôle. Pour arriver à s’accepter ainsi, elle doit prendre sa responsabilité, c’est-à-dire admettre que son comportement vient d’elle-même et que les autres n’y sont pour rien. Ainsi, elle ne trouverait plus d’excuses pour justifier sa façon d’agir. Elle doit accepter qu’elle a des blessures non guéries qui lui font vivre beaucoup de peurs et qu’il lui est impossible d’y faire face pour le moment.

    C’est ce qu’elle devrait partager à son conjoint au lieu de lui faire une promesse qu’elle ne peut pas tenir. Elle peut lui faire part que son plus grand désir est d’arrêter ce genre de comportement, mais que c’est trop difficile pour elle en ce moment, qu’elle n’a pas la force de faire face à ses peurs et qu’elle ne veut pas faire une promesse qu’elle ne pourra peut-être pas garder. Elle peut lui donner le choix de rester avec elle ou non tout en lui assurant qu’elle est bien décidée à guérir un jour, mais qu’elle ne sait pas combien de temps ça prendra.

    En prenant sa responsabilité, en étant vraie avec elle-même et avec son mari, elle mettra toutes les chances de son côté pour se transformer. Quant à son mari, il aura l’heure juste et aura davantage envie de l’aider dans ce qu’elle vit. S’il a atteint ses limites avec les états d’âme de sa conjointe, il peut décider de vivre séparé d’elle jusqu’à ce qu’elle réalise son désir de cesser de crier pour n’importe quoi.

    En résumé, on ne peut être ce qu’on veut être tant et aussi longtemps qu’on n’a pas accepté d’être ce qu’on ne veut pas être.

    Je sais que je répète souvent cette notion. J’insiste parce que c’est le seul moyen de s’accepter et de se pardonner véritablement. Lorsqu’on y parvient, on ne ressent plus le besoin de demander pardon aux autres.

    http://www.ecoutetoncorps.com/.....table.html

  10. Rene dit :

    Il était une fois un homme qui faisait le métier de facteur dans une petite ville nord américaine. Au début quand il faisait ce métier à chaque matin, il chantait à chaque fois qu’il allait distribuer les lettres. Malgré sa peur et sa haine des chiens, il faisait son métier avec joie, Il était reconnu dans la ville comme quelqu’un de très droit et très strict. Sa femme et lui sortaient toujours ensemble. Mais depuis plusieurs années, on ne les voyait plus ensemble si ce n’est qu’en de rares occasions. Mais depuis plusieurs années, il ne chantait plus aussi. Les gens qui le voyaient remarquaient ce changement.

    Au fil des années, sa peur et sa haine des chiens augmentèrent particulièrement à l’approche de Noël et malgré sa trousse de défense contre les chiens, il se sentait angoissé et moite à chaque fois qu’il entendait un chien aboyer.

    Il parla de son problème à un de ses amis qui lui suggéra d’aller suivre un cours de gestion de la pensée positive ou du mental.Il s’empressa d’y aller et grâce à ce cours tout allait bien pendant quelque temps. Mais il n’arriva pas à contrôler complètement sa peur qui reprit de plus belle.
    Aussi las de tout cela et ne sachant que faire, son cœur adressa une prière à la Providence lui qui ne priait presque jamais dans sa vie.

    Une nuit lorsque qu’il dormit, un ange apparut et lui disait : ‘ Pardonne au chiens’. Aussi, le lendemain il appliqua à pardonner à tous les chiens qui l’attaquaient ou lui faisaient peur. Cela commençait à marcher et il ne comprenait pas pourquoi. Tout d’un coup, les souvenirs qu’il pensa enfouis à jamais dans sa mémoire, remontèrent à la surface les uns après les autres.
    Il se revoyait enfant tout petit à 8 ans qui écrivait au Père Noël au pied de l’arbre de lui envoyer un petit chiot car il aimait beaucoup les chiens. Son désir le plus cher était d’en avoir un.
    Chaque Noel arriva l’un après l’autre mais jamais de petit chiot au pied de l’arbre. Il habitait avec ses parents dans un petit appartement et il était défendu d’avoir des chiens. Aussi le matin de Noel, lorsqu’il voyait un chien errant passer dehors, n’écoutant que son cœur, il tenta de caresser le chien. Mal lui en prit car le chien lui mordit violemment au visage.
    Ses parents le transportèrent à l’ hopital où on lui fit des points de suture. Pendant que le docteur recousait son visage déchiré, toutes sortes de pensées s’entrechoquèrent dans sa tête. Ces pensées nouvelles lui expliquaient pourquoi il ne devait pas avoir un chien et inversèrent son désir d’en avoir un. À partir de ce jour là ,le mental avait pris place de son cœur et c’est la peur qui gérait sa vie.
    Soudain frappé d’un profond chagrin et d’un long sanglot, il vit fondre sa haine et sa peur des chiens. Il comprenait maintenant pourquoi et plus encore. Il parvint à pardonner au premier chien qui l’avait mordu et à tous les autres. Et il découvrit surtout au fond de son cœur qu’il en voulait à ses parents de ne pas lui permettre d’avoir un chiot.

    La guérison survint plus tard lorsqu’il pardonna enfin à ses parents. Il découvrit la leçon que l’ange lui a fait voir càd le pouvoir de son cœur de changer la vie et non son mental.

  11. Dominique dit :

    Dans le livre de Judith Leventhal et de Yitta halberstam, l’histoire de Joey illustre clairement le processus du pardon.
    Il était une fois un jeune homme du nom de Joey qui à l’age de 19 ans quitta sa maison et tourna le dos à sa religion juive. Son père était extrêmement bouleversé et menaça son fils de le rejeter s’il ne changeait pas sa décision.
    Joey ne changea pas sa décision cependant et toute communication cessa entre lui et son père. Le fils erra à travers le monde pour se trouver lui-même et donner un sens à sa vie. Il tomba en amour avec une femme merveilleuse et pendant un certain temps il sentait que sa vie avait un sens et un but.
    Quelques années passèrent et un jour Joey rencontra dans une maison de café en Inde un vieil ami de sa ville natale. Son ami et lui passèrent la journée ensemble et alors son ami lui disait : ‘ Je suis désolé d’apprendre que ton père était décédé le mois dernier .’ Joey était comme paralysé. C’était la première fois qu’il entendait des nouvelles sur la mort de son père. Il retourna alors chez lui et commença à réexaminer ses ( racines) ses origines juives. Son amie de fille et lui se sont brouillés car elle était juive et il ne voulait rien faire d’autre concernant sa tradition juive.

    Après un court séjour à la maison , Joey s’envola vers Jérusalem pour se trouver au mur des lamentations.
    Il décida d’écrire une note à son père décédé pour lui exprimer son amour et pour lui demander son pardon.
    Après qu’il écrivit la note, il la roula et essaya de la faire entrer dans l’un des trous du mur.

    Pendant cette opération, une autre note tomba du même trou et atterrit à ses pieds. Joey se pencha et ramassa la note. Curieux il la déroula . L’écriture lui paraît familière. Il lisait la note et étonnament la note venait de son père qui demandait à Dieu de le pardonner d’avoir rejeté son fils et elle exprima un amour profond et inconditionnel pour Joey.

    Joey était alors foudroyé. Comment cela pouvait t-il être possible ? C’était plus qu’ une coincidence. C’était un miracle. Aussi difficile pour lui de croire qu’est ce qui s’était produit , il y avait la note écrite de la main de son père, preuve irréfutable que ce n’était pas juste un rêve.

    Joey commença à étudier la foi juive. Une couple d’années plus tard de retour aux états unis , un rabbin qui était son ami l’invita chez lui pour dîner.

    Cette nuit là dans la maison du rabbin,Joey était assis face à face avec son ancienne amie de fille qui l’avait quitté des années avant. Elle aussi était aussi retournée à ses racines juives. Peu après elle et Joey étaient mariés ensemble.

  12. Celine dit :

    Le sujet me touche particulièrement…
    Ado et jeune femme je détestais ma mère, j’estimais que lorsqu’on était pas assez mure pour élever des enfants on avait la clairvoyance de ne pas en faire…
    J’étais égocentrique et quand on est jeune je crois que c’est normal de rejeter ses parents (que ça se passe mal ou bien d’ailleurs).

    Si on ne fait pas l’effort après, en tant qu’adulte, de comprendre pourquoi nos parents ont agi comme ils l’ont fait, je crois qu’on peut difficilement aller de l’avant, parce qu’il y a cette « souffrance » (interne mais aussi inter-génération) qui continuera à nous poursuivre, à nous hanter…

    Attention que ça n’excuse pas certains agissements (bien sur).

    Je crois aussi que ce n’est pas juste de continuer à en vouloir à ses parents éternellement en se complaisant dans son rôle de victime, ça ne fait que des malheureux à la fin…

    J’ai fait de l’anorexie et de la boulimie pendant plus de 15 ans. Ma mère savait, mais elle n’a rien fait pour m’aider. Je n’étais pas battue, mais mon père avait le martinet et la ceinture rapide… Et me répetaient que j’était nulle à l’école, que je n’arriverai jamais à rien… bref… Ils refaisaient en fait ce qu’ils avaient eux même vécus quand ils étaient jeune (je l’ai su plus tard).
    Tout ça c’est du passé maintenant, c’est déjà une autre époque, révolu.

    Et puis quand on est jeune aussi on ne peut pas se défendre mentalement (pas assez d’experience) et physiquement, concernant les parents violents (pas assez fort forcément).

    Un jour j’ai décidé que c’était fini, que je ne voulais plus rester dans ce shéma de victime. Que je ne voulais pas devenir une victime de moi-même. J’ai pardonné. Mais attention, pas à eux. C’est-à-dire que je n’ai pas été voir mes parents un jour en leur disant: « Papa, Maman: je vous pardonne ».
    Non non…
    Je leur ai pardonné pour moi et moi seule. Pourquoi j’aurai dû les accabler de ma souffrance d’adulte? C’était à 8 ans ou à 12 ou même à 15 ans que j’avais besoin d’eux.
    Plus maintenant.
    Je suis une adulte responsable et libre maintenant… J’ai le choix maintenant de rendre ma vie belle ou moche.

    On pardonne pour soi pas pour les autres.

    Mais bon, je dois dire que mes parents ont beaucoup évolué et que ma mère, à 50 ans, a enfin apprit à dire Je t’aime à ses enfants (ça aide forcément)…

  13. Martine dit :

    Bonjour,
    Moi j’ai été élevé par mes grands-parents. Et mes parents ont essentiellement reporté leur amour sur mon frère. Mais je n’en ai jamais voulu à mon frère. Après tout il n’y était pour rien. Quant à mes parents, pendant longtemps je leur en ai voulu. Puis un jour j’en ai eu assez de cette colère en moi qui me bouffait.

    Je suis d’accord avec Catherine.
    Le pardon est nécessaire pour trouver la paix intérieur. Et tu peux très bien pardonner sans renouer forcément le contact. Ta colère est inutile, car elle ne fait de mal qu’à toi, pas à tes parents. Le pardon n’est pas une faiblesse. Au contraire c’est une force. C’est le plus beau cadeau que tu puisses te faire.

    Depuis que je leur ai pardonné ma vie a beaucoup changé et j’ai tellement changé (en mieux!). Je me sens sereine, en paix avec mon passé, remplie d’amour. Je suis enfin heureuse en couple, je suis entourée d’amis très précieux. Nous avons même le projet d’avoir un enfant mon ami et moi. Et je me suis aperçu que le plus beau cadeau que m’ont fait mes parents, c’est de m’avoir laissé à mes grands-parents. Car ce sont des êtres merveilleux qui m’ont donné beaucoup d’amour. Et tant pis si mes parents ne m’aiment pas autant que je le voudrais. J’ai décidé de les accepter tels qu’ils sont et de prendre ce qu’ils peuvent me donner et non plus ce que j’aimerais qu’ils me donnent.

    Le pardon est l’étape obligatoire pour un jour pouvoir accéder à l’amour et au bonheur.

  14. Denise dit :

    le 24 avril 2012
    Demain nous rendons visite à mon papa.
    J’ai été attiré par le titre de votre article, en première page du site et sur fond rouge : Parent-enfant : comment expliquer la rupture ?
    J’espérai trouver réponse …

    Moi, Je n’ai pas eu la chance de rencontrer le problème d’Isabelle, mon papa est tombé au Liban alors que j’avais 5 ans …

    Demain, Yom Hazikaron, toute la famille se réunit au cimetière militaire de Rishon autour de la tombe de celui que je n’ai presque pas connu et que nous pleurons chaque jour, mon papa …

    Isabelle ! reveillez vous et ouvrez les yeux … !!
    vous avez la chance d’avoir des parents encore vivants …

  15. nathalie dit :

    bonjour,
    je lis attentivement l’article et les commentaires, en tant que jeune femme ayant subit des parents tres difficiles qui lui ont entravé sa vie d’adolescente et le debut de sa vie de femme.
    Beaucoup d’années sont passées mais j’ai du mal a pardonner car ils ne reconnaissent pas leurs erreurs et n’en sont pas affectés par celles ci.
    Selon moi, une personne peut reussir à pardonner à ses parents leurs erreurs si ces derniers montrent qu’ils regrettent et meme s’en excusent sincerement.
    Tant que les parents minimisent ou rejetent leurs erreurs, la rancune et la colere continuent. Les consequences se font ressentir meme sur l’adulte de façon quotidienne.
    Cela reste des blessures ouvertes, au niveau du nefesh.
    Les parents doivent clairement s’excuser aupres de leurs enfants s’ils ont fait des fautes ou des erreurs.
    Il y a une grande difference entre des parents qui reconnaissent leurs erreurs et les autres qui veulent les minimiser.

  16. Isabelle D. dit :

    Bonjour,
    J’ai 37 ans et plus je vieillis, plus ma rancune envers mes parents semble s’accentuer.
    J’en veux à mon père de m’avoir privée de son affection, même si j’ai compris plus tard que c’était par éducation…, à ma mère, pour m’avoir dit quand j’étais ado qu’elle ne m’avait pas voulue si tôt…. On a toujours mis en avant mon « intelligence » mais j’ai l’impression d’être une tête sans corps, avec un coeur qui a du mal à trouver sa place. (…) Je n’arrive pas à tirer un trait, à m’accepter comme je suis. Je me noie dans le travail pour compenser un vide (…). Comment gommer les affres de mon début de vie bancal et trouver un peu de sérénité, et pardonner à mes parents ? J’ai mis des milliers de kms entre nous, mais cela ne change rien …
    Isabelle

  17. Roger Cohen dit :

    et je rajouterai pour Lucienne qui est ma nièce,
    tes parents ont le mérite de t’avoir élevé dans les meilleures conditions …
    tu as 38 ans, tu est une belle jeune fille, tu es une avocate mais au chomage, pas mariée, de plus en plus isolée et tu vivotes …
    depuis toujours, tu accuses tes parents de tous tes échecs et tu ne parles plus à ta mère depuis longtemps …

    j’ai une question a te poser : penses-tu qu’à ce jour tu as fait mieux que tes parents ?
    je ne le crois pas !

    Alors comprends et tournes la page …
    Prends ton envol pour la vie tant qu’il est encore temps …
    Reconcilies toi avec ta maman et ta famille, et continues ton traitement auprès de ton psychologue.

    Rappelles toi :
    le pardon est libérateur !
    Alors n’attends pas demain pour pardonner …

    Tonton Roger

  18. Catherine dit :

    Comment voulez-vous vous accepter telle que vous êtes si vous n’acceptez pas vos parents tels qu’ils sont ?

    Vous semblez les juger durement, vous leur reprochez de n’avoir pas su vous aimer comme vous l’auriez souhaité.
    Ils n’ont pas comblé tous vos manques, ils vous ont blessée, ils se sont disputés, ils n’ont pas su exprimer leur tendresse, soit. C’est ainsi que vous avez perçu et vécu les choses.

    Nous avons tous et toutes des griefs envers nos « géniteurs », nous avons tous souffert de ne pas avoir des parents parfaits…
    Mais comme vous le savez, la perfection n’est pas humaine.
    Vous semblez oublier un fait essentiel : vos parents ont fait ce qu’ils ont pu avec leur passé, leurs difficultés à se construire eux mêmes, leurs doutes, leurs failles, leurs relations à leurs propres parents…

    Il y a un temps pour exprimer sa colère et son ressentiment contre ses parents et un temps pour analyser ce qui, dans leur histoire, explique leurs défaillances.
    Cette mise en perspective permet de sortir de la plainte et de construire sa propre vie.
    Vous souhaitez accorder votre « pardon » à vos parents, vous y réussirez en arrêtant d’être dans l’accusation pour passer à la compréhension.

    Faire et refaire le procès des accusés est un moyen de rester éternellement la « fille de vos parents ». Il ne suffit pas de couper physiquement le lien, de partir à 1000 kms, voire au bout du monde, pour couper symboliquement le cordon…

    Il semble que le travail d’ordre psychanalytique (psychanalyse ou thérapie psychanalytique) vous aide à vous libérer par la parole du poids de votre enfance et des blessures anciennes qui vous empêchent de profiter du présent.

    Catherine, psychologue clinicienne, diplômée de l’Université Descartes Paris V.

  19. Lucienne dit :

    Je découvre cet article qui m’apporte un autre éclairage sur la source des difficultés à me construire dans la vie.
    J’aurais pu être la fille de Rachel …
    Actuellement en traitement, je vous envoie la réponse de ma psy
    Merci au Site

  20. Rachel dit :

    Cette analyse m’a beaucoup aidé à comprendre la difficile relation que j’ai avec ma fille qui ne cesse de vouloir me changer et de lui demander pardon sur des futilités qui n’existent que dans son esprit.
    Cette relation conflictuelle fait qu’elle se pose toujours en victime et n’arrive pas à sortir de ce statut attendant sans cesse un dédommagement.
    A 36 ans, pas mariée, elle ne travaille pas.
    Elle passe son temps à se lamenter sur son passé et sur ce qu’elle aurait du faire …
    Merci au Dr Vaillant

  21. nussbaum sandra dit :

    On a trop souvent tendance à assimiler pardon à oubli. Il est plus facile de pardonner à un parent si on accepte l’idée que nous sommes avant tout le résultat de nos expériences et non pas uniquement de nos gènes

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