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Par Stephen Kaufman
Rédacteur
Washington – Lors d’une conférence de presse tenue le 3 novembre à la Maison-Blanche sur les élections de mi-mandat de la veille, qui ont fait perdre au parti démocrate la majorité à la Chambre des représentants, l’ont réduite au Sénat et ont entraîné sa défaite dans certains postes de gouverneurs, le président Obama a déclaré que les électeurs américains avaient clairement manifesté leur mécontentement au sujet de l’état de l’économie du pays, et il a reconnu n’avoir pas accompli autant de progrès qu’il avait espéré dans plusieurs dossiers de politique intérieure.

« Au cours des deux dernières années, nous avons fait des progrès. Mais il est clair aussi que trop d’Américains n’ont pas encore été touchés par ces progrès, et ils nous l’ont dit hier. Et en tant que président, j’en assume la responsabilité », a dit M. Obama.

Le président a ajouté que les électeurs avaient utilisé leur vote pour exprimer leur frustration par rapport au rythme du redressement économique, de la création d’emplois et de l’amélioration de leurs conditions de vie, ajoutant qu’il n’avait pas réalisé les progrès qu’il avait souhaités par rapport à certains dossiers, notamment la réforme des attributions à des fins particulières de fonds publics, l’indépendance énergétique des États-Unis et la coopération avec les républicains au Congrès.

« En réfléchissant aux résultats de l’élection, je me rends compte qu’ils signifient que je dois faire un meilleur travail, comme tout le monde à Washington », a déclaré M. Obama.

Se disant prêt à ouvrer en faveur de compromis avec la nouvelle majorité républicaine à la Chambre des représentants, M. Obama a ajouté qu’il espérait que l’intérêt mutuel des deux partis à l’égard de l’amélioration de l’économie et de la création d’emploi les pousserait à « agir de manière responsable ».

Les experts soutiennent que le gouvernement des États-Unis peut être plus efficace quand deux partis différents se partagent le pouvoir, l’un à la Maison-Blanche et l’autre au Congrès, malgré les conflits intenses qui existent entre eux. Selon les données collectées par un site Internet spécialisé dans ce genre d’élections, M. Obama subit des pertes de mi-mandat semblables à celles qu’ont connues la plupart de ses prédécesseurs. Depuis 1862, lorsque le parti républicain du président Abraham Lincoln avait perdu trois sièges à la Chambre des représentants, chaque chef de l’exécutif a vu des sièges de son parti à ladite Chambre passer à l’opposition, avec seulement quatre exceptions : Theodore Roosevelt en 1902, Franklin Roosevelt en 1934, Bill Clinton en 1998, et George Bush en 2002.

MM. Clinton et Bush ont néanmoins essuyé des pertes de leur parti, respectivement, aux élections de mi-mandat de 1994 et de 2006. La réaction initiale du président Clinton en 1994 avait été d’accepter la défaite des démocrates mais aussi de défendre les accomplissements réalisés par son gouvernement.

« Avec les démocrates aux contrôles de la Maison-Blanche et du Congrès, nous avons été tenus responsables de nos actes », avait dit M. Clinton au lendemain des élections du 8 novembre 1994. « Je ne pense pas que le peuple américain ait dit : nous sommes désolés que le déficit ait été réduit ; nous sommes désolés que la taille du gouvernement ait été réduite ; nous sommes désolés que vous ayez adopté une position ferme contre la criminalité ; nous sommes désolés que vous élargissiez les échanges commerciaux ».

Les divergences politiques entre M. Clinton et les nouveaux dirigeants républicains au Congrès les avaient empêchés de convenir d’un nouveau budget et par conséquent du texte de la loi qui aurait permis de financer les opérations du gouvernement fédéral. Ce blocage avait conduit à la fermeture du gouvernement pendant environ trois semaines entre novembre 1995 et janvier 1996.

Mais M. Clinton avait aussi tendu la main aux républicains, leur collaboration menant entre autres à la promulgation de la Loi de la réconciliation sur la responsabilité personnelle et les possibilités de travail de 1996 qui avait réformé le système de la protection sociale.

Lorsque le président Bush a vu son parti perdre la majorité au Congrès en 2006, il a abandonné son plan controversé de réformer la sécurité sociale.

« Chacune des courses était très serrée », avait dit M. Bush juste après les pertes subies par son parti aux élections de mi-mandat du 7 novembre 2006. « Cependant, leur effet combiné n’est pas rien. C’est comme un bruit sourd. Néanmoins, les gens s’attendent à ce que nous travaillions ensemble. C’est ce qu’ils attendent. Et (…) la responsabilité va de pair avec la victoire. »

M. Obama a pris note des revers électoraux qu’avaient subis ses prédécesseurs, ajoutant : « C’est quelque chose, je crois, que tout président doit traverser » pour mieux comprendre les électeurs américains.

« Je ne recommande pas que tout futur président ait à subir une défaite aussi lourde que celle que j’ai subie la nuit dernière », a dit M. Obama. « Mais je pense qu’il s’agit là d’un processus de développement et d’évolution. » Il a ajouté qu’il s’attendait à « d’autres hauts et bas » avec le peuple américain au cours de sa présidence.

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