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Yaron Gamburg

Yaron Gamburg

Suite aux nombreuses infos sur les élections anticipées en Israël en septembre 2012, de nombreuses spéculations se sont répandues dans les médias sur les raisons « cachées » de cette décision. Certains commentateurs ont affirmé qu’une prochaine attaque israélienne sur les installations nucléaires iraniennes se cache derrière cette décision. D’autres ont parlé des élections américaines et du désir du PM Netanyahu d’être réélu avant l’élection présidentielle aux États-Unis en novembre.

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Une belle compétition de scoops! La question iranienne est évidement une question importante pour les Israéliens, qui voient en la bombe iranienne un danger réel et immédiat pour Israel et une menace pour la région et le monde. Mais non, ca n’est apparemment pas la raison.


Les élections américaines, très importantes bien sur pour les israéliens qui suivent la campagne avec intérêt et attention. Mais est-ce que le gouvernement israélien aurait-il dissout la Knesset, démissionné, organisé de nouvelles élections, géré les négociations de coalition (souvent difficiles) dans ce seul but ?
La raison de ces élections anticipées aurait du être recherchées dans la situation intérieure. Il y a quelques mois la fameuse loi Tal a expiré, la Cour suprême demandant au gouvernement de faire une nouvelle législation sur la question du service dans l’armée israélienne avant le mois d’Août 2012. Quiconque suit la politique israélienne, sait que la question du service militaire des orthodoxes est un sujet sensible et central en Israël. La loi Tal, promulguée il y a 10 ans, à fixé l’exemption du service militaire pour des milliers de jeunes orthodoxes en âge d’être appelés pour effectuer leur service militaire. Cependant, au fil de la décennie, le nombre des exemptions a continué de croître, ce qui portait le nombre des non-recrues à près de 40%.

Cette situation a conduit à des protestations populaires, y compris de la part du mouvement des réservistes qui demandent l’égalité face au service militaire obligatoire. Ceci a été également au centre de la protestation sociale de l’été dernier en Israel. Aujourd’hui, de nombreux partis politiques appuient cette demande. Le ministre des affaires étrangères, Avigdor Leiberman, chef du parti Israël Beitenu, est l’un des fervents partisans de cette reforme. Il a d’ailleurs annoncé il y deux semaines que dans le cas où le gouvernement ne soutiendrait pas le nouveau projet de loi sur cette question, son parti ne sera plus lié à l’accord de coalition. C’est en fait, tout simplement, cette position qui est à l’origine de la décision sur les élections anticipées.

Monsieur Netanyahu s’est rendu compte que dans la coalition actuelle dans laquelle cohabite le parti laïc d’Avigdor Lieberman ainsi que les partis orthodoxes comme le Shas et Yahadut ha-Tora, il sera impossible de parvenir à un consensus sur cette question sensible de la conscription. Heureusement pour la coalition, le parti centriste Kadima, qui envisageait un échec électoral cuisant selon les derniers sondages si des élections étaient organisées en juin, a décidé de joindre la coalition, évitant ainsi le scenario d’élections anticipées. Selon l’accord entre Kadima et le Likud, le premier objectif du nouveau gouvernement d’unité national sera… la législation d’une nouvelle version de la loi Tal.

A tous les chercheurs de complots, ce sont, en général en démocratie, des conditions antérieures qui sont à l’origine d’élections anticipées, et non pas d’éventuels développement futuristes aléatoires.

Source : yarongamburg.blogspot.fr

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