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Daniel Pipes

Daniel Pipes

Les bandes dessinées comme méthode d’appel à se convertir à l’islam (da’wa)?
Eh oui. Il y a un an, l’université de Harvard organisait un atelier pour enseigner aux artistes de bandes dessinées comment aborder le « malaise concernant l’Islam et le Moyen-Orient » qu’éprouvent les Américains. Et pas plus tard que cette semaine [mardi 19 avril (NDLT)] , l’université de Georgetown diffusera un film documentaire du service public de l’audiovisuel PBS [Public Broadcasting Service], Wham ! Bam ! Islam ! [Vlan ! Pan ! Islam !] glorifiant une bande dessinée intitulée The 99 .

Vlan! Pan! Islam! 

The 99 semble inoffensif. [Le magazine] Adweek décrit le sujet de The 99 comme «une équipe de super héros multinationaux [qui] s’unissent pour lutter contre les forces du mal. » La chaîne Hub pour les enfants américains [Hub est la chaîne américaine pour enfants des 2-12 ans ; son nom signifie centre d'activités (NDLT)] explique de façon plus détaillée que « Créé par un célèbre érudit et psychologue clinicien, le Dr Naif al-Mutawa, [cela consiste en des] personnages de super héros qui doivent travailler ensemble afin de maximiser leurs pouvoirs. Chaque membre de The 99 incarne une des 99 valeurs mondiales telles que la sagesse, la miséricorde, la force ou la fidélité, et ils viennent de 99 pays différents répartis sur sept continents. Les super héros de la série représentent des personnages conçus pour être des modèles positifs, représentant des cultures diverses, qui travaillent ensemble pour promouvoir la paix et la justice ».

Qui peut trouver à redire à la promotion de «valeurs mondiales … représentant diverses cultures »?

Mais un examen plus attentif révèle le caractère islamique de la bande dessinée. Le titre, 99, fait référence à la conception qu’a l’Islam que Dieu a 99 noms , dont chacun apparaît dans le Coran et incarne un attribut de Sa personne: le Miséricordieux, le Compatissant, le Clément, le Très Saint, et le Tout pacifique, mais également le Vengeur, Celui qui plonge dans l’affliction, et Celui qui fait mourir.

La bande dessinée, produite par le Groupe Teshkeel media du Koweït, raconte une histoire moitié factuelle, moitié fantastique qui commence en 1258 après JC, lorsque les Mongols ont assiégé Bagdad. Les bibliothécaires ont soi-disant sauvé la sagesse de la bibliothèque principale de la ville en l’encodant dans 99 pierres précieuses qui ont été dispersées dans le monde. Les héros doivent trouver ces « pierres précieuses au pouvoir magique » avant qu’un parfait scélerat ne le fasse. Chacun d’eux est un musulman ordinaire qui, par contact avec la pierre précieuse, obtient des pouvoirs surhumains et représente l’un des 99 attributs de Dieu.

Les super héros sont tous des musulmans (c’est-à-dire ni chrétiens, ni juifs, ni hindous, ni bouddhistes), dont certains viennent de pays occidentaux comme les États-Unis et le Portugal. En revanche, les méchants sont principalement des non musulmans.

Naif al-Mutawa 

Al-Mutawa décrit les objectifs contradictoires de The 99. Parfois, il insiste sur le fait qu’[il] « ne cherche pas à convertir qui que ce soit. »De cette façon, il espère que les enfants juifs croient que les personnages de The 99 sont juifs, que les enfants chrétiens croient qu’ils sont chrétiens, que les enfants musulmans croient qu’ils sont musulmans et que les enfants hindous croient qu’ils sont hindous. »

À d’autres moments, il dit qu’il a conçu la série parce qu’au final il pense que «le monde arabe a besoin de meilleurs modèles. » Il aspirait à développer « un nouveau style de super héros pour les enfants du monde islamique» et espérait que son travail « pourrait peut-être bien aider à sauver une génération» de musulmans. Il pense même que ses personnages de bande dessinée peuvent «sauver la réputation de l’islam. » En effet, la discussion à propos de The 99 souligne sa composante islamique. The New York Times note que les super héros de cette BD ont « visé tout particulièrement de jeunes lecteurs musulmans et en se concentrant sur les vertus musulmanes. » The Times (Londres) décrit la mission de la série comme étant celle d’inculquer « les valeurs islamiques traditionnelles aux enfants chrétiens, juifs et athées. »

En outre, Barack Obama a fait l’éloge de cette bande dessinée pour avoir « capté l’imagination de tant de jeunes avec des super-héros qui incarnent les enseignements et la tolérance de l’Islam. » Une banque islamique d’investissement dont les produits « se conforment pleinement aux principes dela chari’a» a investi 15,9 millions de dollars américains dans [l'organisation]Teshkeel et l’a félicitée pour « mettre en évidence le riche patrimoine culturel de l’islam. »

La couverture de la bande dessinée. 

En bref, The 99, disponible en arabe et en anglais, a un contenu ouvertement islamique et sans ambiguïté fait la promotion de l’islam. Certes, son Islam a des aspects modernes, mais par rapport aux non musulmans la série s’engage dans une da’wa [appel à l'islam (NDLT)] de façon souterraine.

En plus des bandes dessinées, Al-Mutawa a développé des retombées [des à-côtés qui en découlent (NDLT)] (BD en ligne, jeux, boîtes à sandwiches, et parcs à thèmes [parcs d'attractions, parcs de loisirs, parcs animaliers, parcs aquatiques etc..(NDLT)] et en envisage d’autres (bandes dessinées dans les journaux, autocollants, et peut-être des jouets). Mais avant tout ce qu’il veut c’est un dessin animé. Bien que la chaîne Hub ait prévu en 2011 de diffuser the 99, ce n’est jamais arrivé, en grande partie parce que la critique l’a fait reculer, s’effarouchant devant un spectacle inculquant « les valeurs islamiques à des enfants chrétiens, juifs et athées. »

Cinq de «the 99 » de gauche à droite: Mumita (rapide), le Dr Razem (un expert en pierres précieuses), Rughal (pouvoirs mystérieux), Jabbar (extensible) et Noora (voit la vérité). 

En résumé, à l’endoctrinement islamique des enfants occidentaux, existant déjà dans les écoles par le biais des manuels scolaires, des fournitures scolaires supplémentaires, et des voyages de classes, à présent s’ajoutent des bandes dessinées et leurs nombreux prolongements, réels et potentiels. Il se peut que The 99 soit une bonne chose pour les enfants musulmans, mais, nonobstant le soutien de l’Université de Georgetown, les enfants non musulmans ne devraient pas être exposés à une propagande missionnaire de ce genre.

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Les bandes dessinées, missionnaires de l’Islam

par Daniel Pipes
National Review Online
17 avril 2012

http://fr.danielpipes.org/11021/bandes-dessinees-missionnaires-islam

Version originale anglaise: Islam’s Cartoon Missionaries
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

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2 Reponses to “Les bandes dessinées, missionnaires de l’Islam par Daniel Pipes”

  1. geraud dit :

    Je connais pas le contenu de la BD. En même temps, on se pose pas la même question quand on lit les X-Men, Captain América et autre marvel ou quand Sangoku fait ses gammes dans un temple boudhiste. Tous les super-héros sont ancrés dans les société ou vivent leurs auteurs.
    Ca nous fait juste bizarre de voir l’émergence d’une culture de de divertissement de masse qui vient de pays musulmans, on n’a pas l’habitude.

  2. simonviolet dit :

    barack obama souligne la tolérance de l’islam maintenant?
    quel est l’intéret de dire le contraire de ce qu’on voit tous les jours?
    à force de prendre les gens pour des imbéciles,est-ce qu’ils ne risquent pas de le devenir?
    chaque nouvel attentat,chaque nouveau crime contre des enfants commis au nom de l’islam est une occasion de redire encore et encore jusqu’à la nausée à quel point c’est une religion pacifique,fraternelle,tolérance,magnifique,et qui a tout inventé du monde moderne,culture science ,arts,tout.

    je l’ai pas revé ça si?vous trouvez ça normal,logique,intelligible?

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