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Arnold Lagémi

Arnold Lagémi

La discrétion, voire l’effacement d’Israël en bien des domaines, s’ils témoignent de la retenue et de la grandeur propres aux grandes nations, n’en restent, pas moins, dans le présent contexte,  une erreur majeure d’appréciation. En effet, ainsi que le soutenait César, si « le meilleur moyen de sauvegarder la paix, c’est de se préparer à la guerre »  la crainte de sombrer dans la vanité, conduit Israël, à une telle discrétion, qu’elle en devient parfois stupide et dangereuse, allant même jusqu’à entraver les préparatifs préventifs. « Se préparer à la guerre » fait du bruit !

Il faut, sans doute, préciser aussi que, durant les derniers siècles, Israël a appris à vivre dans la discrétion, et que sa qualité de témoin de la naissance et de la mort des grands empires est bien plus à ses yeux une incitation à l’humilité qu’à la démonstration bruyante de la force. Israël s’est engagé à  faire la preuve qu’on peut être fort sans provoquer la violence et que la possession d’une arme ne signifie pas qu’on prendra l’initiative de s’en servir. Ce tout dernier exemple explique la raison pour laquelle les Juifs ont l’habitude de déposer leur couteau dans l’assiette, après qu’ils aient déjeuné,  signe que le couteau n’a pour fonction que l’aide au repas !!!!!


Mais les hommes ne communiquent pas aujourd’hui comme au XVIème siècle et l’on se fragilise en laissant les écrans de TV ou de PC à la disposition quasi exclusive des antisémites. La conscience des impératifs liés à la conduite d’une nation devrait amener le gouvernement israélien à plus d’initiatives démontrant ses capacités,  sans pour autant altérer la moralité sous jacente à la discrétion.

 

Cet effacement se rencontre partout où Israël devrait décliner son identité, son projet, ses acquis. Sur le plan de sa vocation religieuse, par exemple. Israël, s’expose aux critiques, parce que ses maîtres en sont restés à un idéal replié sur lui-même : l’idéal du ghetto ou du mellah, oubliant le caractère messianique de sa vocation. Les maîtres de notre génération s’abstiennent de rappeler ce que le monde doit à Israël, d’abord et surtout l’apprentissage des valeurs morales. En refusant d’expliquer que le peuple juif est une aristocratie conquise, ils acceptent d’être assimilés à un peuple bénéficiant d’un privilège immérité.

 

Sur le plan économique, Israël cache le visage d’une  réussite incontestable alors que ses résultats publiés seraient de nature, d’abord à le faire apparaître sous un angle méconnu et, de plus, pourraient contribuer à aider les pays en difficulté.

 

Israël se tient parmi les leaders mondiaux dans les domaines de haute technologie, de  sophistication dans les techniques médicales d’avant-garde, dans l’industrie pharmaceutique, dans les armements nouveaux à haute performance. Et  Israël se tait, comme s’il s’agissait de fautes, comme s’il y avait là, démonstration d’un esprit,  préférant la dissimulation à l’accusation d’orgueil. Si affirmer sa puissance, montrer ses moyens peut être signe de vanité, ce peut être aussi, le moyen de dissuader l’ennemi de lui chercher querelle !

 

Sait-on, par exemple, qu’Israël ignore les longues files d’attente aux péages des autoroutes parce que chaque véhicule empruntant la voie 6 qui coupe le pays en deux, est photographié pour permettre son identification afin que son propriétaire reçoive directement la facture à son domicile ?

 

Les réussites technologiques sont attestées par les témoignages de délégations étrangères venant en Israël pour les acquérir. Il ne  semble pas, qu’Israël ait officiellement fait communication de sa possession de l’arme nucléaire. Est-ce un bien ?  Je ne le pense pas. Il est bon toutefois, que l’adversaire sache de quels moyens dispose Israël, et ce, à bien des égards.

 

Dans un monde où celui qui n’a rien, pas même l’honneur ou la dignité,  fait croire qu’il lui reste de quoi justifier sa présence dans « la cour des grands » même si ce n’est pas vrai, il est dommage que celui qui reste le peuple phare, ait maintenu la mentalité de l’exil en restant discret sur ses  acquis, parce qu’il ne veut pas admettre que porter la couronne est un signe d’attention aux souffrances de l’homme, plus qu’un signe arbitraire de soumission d’autrui. Cela fait penser aux excellents élèves qui tempèrent et nuancent leurs réussites pour…ne pas perdre leurs copains moins brillants !

 

Sans aucun doute, la discrétion d’Israël est une erreur, voire une faute, car « la discrétion a ses mérites, mais à trop forte dose elle peut être fatale. » (Paul Auster, « la chambre dérobée » Le livre de poche.)

www.arnoldlagemi.com 

 

 

 

 

 

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Une Reponse to “L’erreur d’Israël, sa discrétion! La faute d’Israël, son effacement ! par Arnold Lagémi”

  1. CHEN dit :

    La discrétion a trop haute dose révèle, pour certains, de la faiblesse dont ils profitent. C’est pourquoi, la communication du Pays doit être confiée à des spécialistes. Il est loin le temps où un seul passage à la TV de Menahem Begin clouait le bec
    à tous sur n’importe quel sujet.

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