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cela ne sera pas un reve Dès l’enfance, Léa est tombée sous le charme des histoires légendaires véhiculées par la Bible.
Dans sa famille cossue de Radomsk, en Pologne. elle profite d’un enseignement public de qualité qui la laisse pourtant insatisfaite, tout comme la superficialité des adolescents qu’elle côtoie. Son père, connu et respecté, pratique un judaïsme où la générosité tient une grande, place mais qui ne répond guère à ses aspirations.
Son introduction dans le cercle des « jeunes de Sion » lui ouvre un monde grave et passionné dans lequel elle s’investit totalement.

La musique de l’hébreu la subjugue, elle se lance à corps perdu dans l’étude de cette langue.
Un sentiment profond naît entre elle et Abraham, destiné par ses parents au rabbinat. Pour les satisfaire, il suit les études adéquates mais, sitôt le diplôme obtenu, il coupe les papillotes rituelles qui encadrent son visage et les offre à ses parents, leur apprenant ainsi sa résolution de partir pour la Terre Promise et d’y exercer un métier manuel dont il entreprend aussitôt l’apprentissage.
Léa ne pense plus qu’à le rejoindre en Palestine mais son père s’y oppose farouchement. Léa en tombe si gravement malade que sa mère parvient à infléchir la volonté de son époux. Il cède mais, pensant user d’un argument de poids, prévient Léa qu’elle sera déshéritée. Léa y consent avec joie.
Après un nouvel affrontement avec son père, elle entame un long périple par train et bateau jusqu’à se retrouver dans les bras d’Abraham, à Jaffa.
La vie à Tel Aviv est rude, mais Léa ne se plaint jamais. Elle travaille si dur que deux grossesses n’aboutissent pas. Elle se contraint à plus de repos pour la troisième et accouche de Tsafrira sans savoir que Frouma, sa mère, est morte. C’est à une autre fille qu’elle donnera ce prénom tendrement murmuré par le grand-père, en Pologne
Les évènements mondiaux sont inquiétants. Il faudrait faire venir la jeune soeur de Léa, en contournant les exigences drastiques des Anglais qui limitent l’immigration. L’homme grassement payé dans la perspective d’un mariage blanc trompe la confiance de Léa, effondrée.
Bourrelée de remords, elle décide de se rendre en Pologne auprès de son père. Tsafrira, apprenant qu’Abraham ne sera pas du voyage, refuse de partir et, bégaiement de l’Histoire, « tombe si gravement malade » que sa mère est contrainte de rendre les places de bateau.
Sans le savoir, la fillette vient de sauver trois vies qui auraient été prises au piège de la Pologne envahie par l’Allemagne.
Apprenant brutalement la nouvelle de l’extermination de millions de juifs de l’Europe de l’Est., Léa tombe en état de choc et veut mourir. La réaction virulente de Tsafrira la ramène au monde des vivants.
Léa se dévoue entièrement aux réfugiés. Elle retrouve une connaissance qui lui raconte l’horreur dans la maison familiale, les adultes massacrés, les enfants défenestrés. Les détails lui seront apportés plus tard par un voisin qui a tout vu, caché dans des combles. Lui ne cesse de parler, Léa ne cesse d’écouter, répétition d’une situation douloureuse incompréhensible pour les fillettes.
Elle devra également leur expliquer pourquoi elle se défait sans regret de ses bijoux au profit de l’Etat en situation économique difficile. Episode d’une longue histoire qu’elle racontera plus tard à ses petits-enfants en concluant toujours sur le même thème : ce jour de mai 1948, le Yom Haatsmaout, accordant enfin un pays aux Juifs. Léa en avait fait sa fête personnelle.
Malgré l’amputation d’une jambe atteinte d’un cancer, elle poursuit son aide aux rescapés de l’extermination.
Ayant appris la survie miraculeuse de 2 nièces, elle fera tout pour les retrouver. Mais la première ne réussira pas à sortir de Russie et la deuxième, après une visite très froide et protocolaire à Tel Aviv, ne donnera plus signe de vie.
Epuisée par les efforts qu’elle déploie et par la maladie, Léa restera plongée dans un coma dont elle ne s’autorisera à s’évader vers la mort qu’à la date du jour anniversaire de l’indépendance, passionnément attendue même au sein de son inconscience, le Yom Haatsmaout.

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2 Reponses to “Le shtetl en filigrane, Cela ne sera pas un rêve Par Line Meller-Saïd”

  1. Kebayli dit :

    Bonjour Madame Meller.
    Vos 5 romans ont désaltéré, notre soif inextinguible de lecture. Des histoires émouvantes, comme celle de « La juive au tchador », nous en redemandons. Imprégnez nous Madame, encore et encore , de l’eau de rose et des poussières de la bas, pour que nul n’oublie.
    Merci

  2. MELLER-SAÏD Line dit :

    Je découvre, grâce à mon éditeur, que terredisrael a eu la grande gentillesse de publier ce survol de l’histoire de Léa que j’avais écrit pour satisfaire la curiosité des personnes intriguées par le titre et inciter les lecteurs éventuels à plonger dans le livre pour s’informer plus avant.
    Merci de tout coeur
    Line

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