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Envoi de Danielle Hababou
Le principe des impôts semble pouvoir s’expliquer par une logique assez simple. Mais beaucoup pourtant ne le saisissent toujours pas.
Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous l’expliquer en des termes simples que tout le monde peut comprendre.

Imaginons  que tous les jours, 10 amis se retrouvent pour boire une bière et que  l’addition totale se monte à 100 euros. (Normalement, cela ferait 10 euros par  personne).

Mais nos  dix amis décidèrent de payer cette facture selon une répartition qui s’inspire  du calcul de l’impôt sur le revenu, ce qui donna à peu près ceci  :
· Les 4  premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient  rien.
· Le  cinquième paierait 1 euros
· Le  sixième paierait 3 euros
· Le  septième paierait 7 euros
· Le  huitième paierait 12 euros
· Le  neuvième paierait 18 euros
· Le  dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59  euros.

Les dix  hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblaient assez  contents de leur arrangement.

Jusqu’au  jour où le tenancier les plaça devant un dilemme  :

« Comme  vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire
une remise de 20  euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais vos 10 bières que  80 euros. »

Le groupe  décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient  payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais  comment les six autres, (les clients payants), allaient  diviser les 20 euros de remise de façon équitable ?
Ils réalisèrent que 20  euros divisé par 6 faisaient 3.33 euros.

Mais s’ils  soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme  devraient être payés pour boire leur bière.

Le  tenancier du bar suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de  chacun d’un pourcentage du même ordre, il fit donc les calculs.

Ce qui  donna à peu près ceci :
· Le 5ème  homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien. (un pauvre de plus ?  Ndt)
· Le 6ème  paya 2 euros au lieu de 3 (33% réduction) · Le 7ème paya 5 euros au lieu de 7  (28% de réduction)
· Le 8ème paya 9 euros au lieu de 12 (25% de réduction)
·  Le 9ème paya 14 euros au lieu de 18 (22% de réduction)
· Le 10ème paya 50  euros au lieu de 59 euros (16% de
réduction)

Chacun des  six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers  continuèrent à boire  gratuitement.

Mais  une fois hors du bar, chacun compara son économie  :
«  J’ai seulement eu 1 euros sur les 20 euros de remise », dit le 6ème, il  désigna le 10ème « lui, il a eu 9 euros ».

«  Ouais ! dit le 5ème, j’ai seulement eu 1 euros d’économie » « C’est vrai ! »  s’exclama le 7ème, « pourquoi aurait- il 9 euros alors que je n’en ai eu que 2  ? Le plus riche a eu le plus gros de la
réduction
  »

« Attendez  une minute » cria le 1er homme, « nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le  système exploite les pauvres ».

Les 9  hommes cernèrent le 10ème et l’insultèrent.

La nuit  suivante le 10ème homme (le plus riche ?!) ne vint  pas.

Les neuf  autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quant vint le moment de  payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : ils n’avaient pas  assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de  l’addition

Et cela,  mes chers amis, est le strict reflet de notre système d’imposition.

Les gens  qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de  taxe.

Taxez les  plus fort, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer  désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à  l’étranger…,

Pour ceux  qui ont compris, aucune explication n’est  nécessaire.

Pour ceux  qui n’ont pas compris, aucune explication n’est  possible.

Signé
David R. Kamerschen, Ph.  D.
Professeur  d’économie

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32 Reponses to “Le principe des impôts par David R. Kamerschen”

  1. calcul dit :

    Petit problème dans ce raisonnement : si on divise par (a-b) alors on doit également poser : a différent de b.

    En effet, lorsque vous Posez a=b=1 vous vous retrouvez à divisez par 0 ce qui est impossible !!
    1+1 = (1-1) / (1-1)
    donc 2 = 0/0 et non 2 = 1…

  2. Nico dit :

    Ah le peuple de droite décomplexée, qui estime que si quelqu’un est riche c’est qu’il a bossé plus que les autres…

  3. herve dit :

    Pour ceux qui ont compris, aucune explication n’est nécessaire.
    Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.

    Pour ceux qui ont compris je citerais Weber

    Prenons l’équation (a+b) x (a-b) = a²-ab+ba-b²
    (a+b) x (a-b) = a²-b²
    On divise les deux coté par (a-b)
    On obtient donc : [ (a+b) x (a-b) ] / (a-b) = (a²-b²) / (a-b)
    Ce qui fait : (a+b) = (a²-b²) / (a-b)

    Posons a=b=1
    1+1 = (1-1) / (1-1)
    donc 2 = 1

    Si on ajoute 1 des deux cotés ça fait : 3 = 2
    2 = 1+1

    Donc 1+1 = 3

    il faut expliquer à M Kamerschen et à tous ceux « qui ont compris » qu’en partant d’une fausse hypothèse …. on arrive à un faux résultat
    cordialement

  4. herve dit :

    ce raisonnement, tout en semblant « logique » est d’une absurdité parfaite:
    1- ce qui est rare est cher
    2- un cheval à trois pattes est rare
    –> conclusion: un cheval à trois pattes est cher

    on pourrait mettre en 2 : une affaire bon marché
    –> conclusion : une affaire bon marché est cher
    ?????

  5. Amalgame dit :

    Tout était pourtant très simple, il suffisait de mettre les 20€ de côté, pour continuer à boire ensemble un coup gratuit sur quatre.
    Ou encore mieux, de mettre l’argent de côté en cas de coup dur.
    C’est l’idée du bien commun qu’il faut conserver, ainsi je ne suis pas très loin de la solution de Reynaud.
    Cordialement.

  6. reynaud dit :

    on peut évidement faire autrement, tout dépend de l’esprit qui anime le raisonnement
    voilà une autre façon de voir!!
    tous doivent participer à la dette selon son revenu (pas d’exclus) ; donc en se rapprochant de ce qu’ils ont accepté au départ
    la participation de chacun à la dette de 100E pourrai adopter les coef.multiplicateur suivant:
    0,001+0,002+0,003+0,006+0,01+0,03+0,07+0,12+0,18+0,578 = 1
    ce qui donne pour chacun une participation de (100xcoef):
    0.1+0.2+0.3+0.6+1+3+7+12+18+57.8 = 100E
    maintenant la dette est de 80E, la participation de chacun est: (80xcoef)
    0.08+0.16+0.24+0.48+0.8+2.4+5.6+9.6+14.4+46.24 = 80E
    et les 20E!! et bien c’est le gâteau offert par le patron donc partagé en parts égales
    soit 2E à chacun, pas de jaloux!!
    personne n’est exclu!!
    les pauvres ont gagné et les riches aussi!!
    personnes n’a de raison d’aller boire ailleurs

  7. Marco dit :

    Tout cela est bien beau: beaucoup de parlottes, avec des avis soi-disant documentés. Il y en a qui se sont fait plaisir, mais le niveau reste base (se sont les plus sentencieux qui ont fait le plus de fautes d’orthographe!).
    Il n’en reste pas moins que le budget de l’état étant ce qu’il est,le jour où tous les riches seront partis (hypothèse), ce sera aux « pauvres » d’y pourvoir.Pas les vrais pauvres: ils ne payent pas d’impôts. Que la TVA sur leurs achats faits grâce aux allocations. Et on dira ce qu’on veut, les riches payent (malgré quelques niches fiscales destinées à les retenir)beaucoup plus d’impôts que les pauvres ( la TVA sur une Ferrari est plus importante que sur une Fiat Uno. Non?)
    Alors retenons le riche, réjouissons-nous des impôts qu’il paye, et offrons lui la légion d’honneur pour vrais services rendus au Pays.

  8. DIDIER dit :

    Ha le peuple de gauche, il est sûr qu’en passant son temps à se masturber l’esprit pour trouver une explication ou une suite ou tout autre message ou signe caché de l’histoire, le riche lui dont je revendique la position est allé bosser de quoi se payer 45 bières, je vous laisse à vos réflexions pour disséquer et analyser mon propos et trouver 550 lignes à écrire si vous n’avez rien a faire. Si vous n’avez rien compris, effectivement aucune explication n’est possible. J’arrête là cela n’en vaut pas la chandelle j’ai du boulot et ne me dites pas que j’ai de la chance…

  9. Alain Lucat dit :

    Sur la problématique « trop d’impôt tue l’impôt » voir la courbe de Laffer http://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Laffer.

    Kamerschen dément être l’auteur de cette histoire. http://davidk.myweb.uga.edu/

    Bonne réflexion.

  10. patricck dit :

    C’est fou comme une petite parabole peut déchaîner le peuple de la gauche doctrinaire qui se répand en d’interminables discours sentencieux, prétentieux et pontifiants

  11. Paul Henry dit :

    En effet,cette belle histoire n’est qu’un conte de fée qui n’a rien à voir avec la réalité. Quel est le riche qui paye encore 50 % d’impôt ?

    Voici la réalité. le riche dit au barman « c’est moi qui paye le plus alors si tu veux que je continue à boire et à emmener mes amis pauvres dans ton troquet, les 20 % de remise c’est pour moi – et ce n’est pas 20 % mais 40 % qu’il me faut». Les pauvres sont trop bourrés pour se rendre compte de l’arnaque. Le barman ne peut qu’accepter, et comme il ne gagne plus assez pour équilibrer son budget, il doit emprunter (au riche) ; cela le mène inexorablement à la faillite. Le riche rachète alors le bistrot pour une bouchée de pain et double le prix de la pinte pour rembourser les dettes de l’ancien tenancier, dont il est en fait le créditeur. C’est ce qui nous arrive.

    Finalement, le dicton qui dit qu’il faut toujours boire en bonne compagnie se vérifie. Que le riche se casse à l’étranger est une bénédiction pour tous. On boira peut être un peu moins mais beaucoup mieux. Quant à ce David Kamershen, aux dernières nouvelles il a racheté tous les bistrots d’Athènes.

  12. jay dit :

    Mon cher Touzeau vous avez complétement raison, mais vous verrez qu’ici c’est plus le néolibéralisme et le néo conservatisme qui règne.
    vous oubliez juste une chose dans le cynisme des financiers et banquiers, non seulement nous avons été obligé de les sauver pour éviter le risque systémique (c a d de ne plus se retrouver qu avec la monnaie qu’on a en poche) mais en plus ces chiens ont refusé de rallumer le crédit et spéculent contre notre dette ensuite pour nous obliger à nous serrer la ceinture sinon ils nous punissent d’un taux d’intéret morbide qui bien sur stoppera la croissance et augmentera la spéculation…ad nauseam.
    En gros, il fallait nationaliser les banques le temps qu’il fallait pour changer les règles et interdire la plupart des pratiques financières. Mais ça, aucun politique n’a eu les c …de le faire.

  13. Touzeau dit :

    Tout cela est très bien, mais ce soit-disant professeur d’économie sait-il que proportionnellement les riches payent beaucoup moins d’impôt que les classes moyenne et même que les pauvres qui eu payent au moins la TVA à 19,6%.
    Cette théorie s’appelle le néo-libéralisme et elle consiste avec des exemple aussi bêtes que celui-ci à faire croire que ce sont les riches qui enrichissent les autres. En fait, les riches profitent de situations de monopole pour utiliser la richesse produite par les autres. Ce néo-libéralisme associé à l’ingénierie financière nous a conduit droit dans le mur. Mais au lieu de faire payer les financiers qui nous y ont mené, ce sont ceux qui les ont “sauvé” qui payent pour eux.
    Comment ce “Prof” pourrait nous expliquer cela avec une petite histoire gentille ….

  14. Frank Grimms dit :

    On ne dis pas que le riche possède le bar, la brasserie et fait bosser les plus pauvres en les exploitants copieusement.
    Que quand les pauvres boivent une bière il lui est discrètement déposé un bon pour une bière gratuite et que le prix de la bière et quand même très élevé parce que son comportement génère des frais que tout le monde doit assumer.
    Enfin exemple a la con conclusion a la con!!

  15. Paule dit :

    Au risque de m’attirer les foudres de certains, moi je la trouve plutôt bien cette histoire et pleine de bon sens.
    SAUF QUE malheureusement, cette histoire parle de reduction d’impôts et qu’en général on assiste davantage à des augmentations.
    Alors, bien sûr on peut convenir que dans ce cas là, si on raisonne de la même façon que dans l’histoire, l’augmentation du riche sera plus conséquente que l’augmentation du pauvre.
    SAUF QUE le riche aura eu l’opportunité d’investir (ce qui va le rendre encore plus riche) et donc de bénéficier d’un tas de réductions d’impôt.
    Qu’il y ait des riches et des pauvres (jusqu’à un certain point bien entendu) cela fait partie du système. Mais donner la possibilité aux riches de devenir encore plus riche pour exploiter les pauvres (hausse des loyers, salaire bloqué, etc..)qui deviendront encore plus pauvres. Là c’est pas normal.
    Il serait effectivement temps qu’on arrête de nous prendre pour des idiots.

  16. MAGGIOLINI dit :

    Vous vous dites professeur…C’est navrant de voir tant de simplisme dans votre petite démonstration…Aux petits hommes les petites théories…Il est évident vous ne compterez pas parmi les lumières de l’humanité, vous ! Aussi je vous suggère de changer de métier: faites plutôt de la politique au sein de l’UMP, tout y est facile à résoudre, à la portée d’enfants de primaire ou de tristes sires jadis eux aussi partisans des solutions finales …: telle catégorie pose problème? Eliminons la…Les services publics coûtent trop cher? …Eliminons les…Les gens râlent pour la réforme des retraites? Persillons nous les oreilles, on ne les entendra plus et tout ira bien…En plus nous appellerons ça « courage »(car le sens des mots évolue, parfois au point de signifier l’inverse du sens originel!) Les problèmes de sécurité s’aggravent? Parlons de Aimé Césaire ou de la nationalité, ça fera toujours penser à autre chose…Ainsi, les gens ont moins de temps pour constater que les prix augmentent, que les acquis sociaux diminuent, pendant que les privilèges des dominants s’accroissent…et que les affaire type Bettencourt se passent sans la moindre réaction populaire… Etc
    A quand des chefs lucides et efficaces, autres que ceux qui n’ont d’autres choses à proposer que des puérilités en guise de solutions aux soucis de la population? Apparemment ce n’est pas demain la veille… Votre niveau correspondant à celui des castes que vous semblez couvrir de votre indulgence, les vrais privilégiés, la gente financièrement supérieure, je vous propose de leur réserver vos cours et de nous laisser à nos problèmes…Les nôtres sont vrais et nécessitent un minimum de compétence pour être traités en intégrant les paramètres humains, ceux qu’oublient toujours les technocrates et autres champions des thèses ultra libérales dans votre style. Et je vais m’arrêter là, vu qu’à l’évidence votre cerveau ne semble pas formaté pour approcher le monde autrement qu’en équations financières, tout comme les tyrex qui ne le voyaient eux que comme une grand garde-manger où tout était permis pour assouvir sa faim ou ses caprices. Alors continuez, vous et vos adeptes, à croire que vous êtes les plus forts ! C’est excellent pour le moral de savoir qu’il y a des êtres comme vous ! Ca permet effectivement d’apprécier grandement les autres !

  17. guthie dit :

    Je crois que ceux qui ne veulent pas comprendre cette histoire intelligente (bien que l’auteur ne soit pas le professeur d’économie auquel elle a été attribuée) feraient bien de réaliser que le système qui permet de boire sa bière à l’oeil (c’est une image bien édulcorée de notre système démagogique de redistribution) est en train de mourir. Allez à Lausanne, à Marrakech, à Tunis, ou au Costa Rica, et vous y trouverez des milliers de français qui boivent leur bière au vrai prix et en ont tellement marre de payer pour les râleurs assistés, qu’ils préfèrent quitter le pays qu’ils aiment et où ils sont nés. Quand aux autres, ils peuvent s’attendre sous peu à ne plus boire que de l’eau, faute d’idiots pour payer leur bière.

  18. souci dit :

    moi qui suit sans problème d’argent, et en rien privilégié j’ai juste payé mes études et travaillé pour, je suis d’accord avec cet économiste même si sa démonstration est imparfaite .. il faudra bien rembourser notre dette car tout nous en avons profité, de manière directe ou non, après pour ceux qui ne savent que se plaindre alors que notre pays est sans doute le plus sociale du monde … de Gaulle le disait bien mieux que moi, un peuple de veaux ..

  19. Olivier de Montréal dit :

    « RICHES » ET RICHESSE

    1- le Pr. David R. Kamerschen, Ph. D.
    Professeur d’économie à l’University of Geogia, a officiellement réfuté sa signature

    2- L’histoire tournerait depuis au moins 2001 sous une autre signature. L’actualité politique française (bouclier fiscal) l’a juste relancée

    3- Comme toute parabole elle est simpliste.

    4- Mais les commentaires ci-dessus, même parfois très élaborés, sont tous aussi simplistes !

    5- Ils révèlent une vision très statique de la « richesse » et des « riches », une confusion entre stocks et flux typiquement « hexagonale ». Il y a ainsi une confusion entre capitalisme (gestion des avoirs-stocks), libéralisme (création de richesse entrepreneuriale-flux créatif), et le système financier international (tuyauterie dans laquelle on comptabilise plusieurs fois des flux (stock et marginalement du flux créatif) qui tournent en rond sans forcément créer du nouveau stock mais en se refilant du risque spéculatif comme au mistigri). La gestion internationale de l’argent par ce dernier est, il est vrai, dysfonctionnelle actuellement et en cours de révision.

    6- @Thierry
    « la conclusion brutale : l’argent existe uniquement parce que tout le monde croît en sa valeur. » Pourquoi brutale ? C’est une vérité de Lapalisse, d’où l’importance des banques centrales et d’États plus fonctionnels que la Somalie. La confiance est à la base non seulement de l’argent, mais de tout organisation sociale structurée. En Somalie, actuellement la confiance et la richesse repose avant tout sur le stock de roquettes, la kalachnikov de chacun et l’habileté reconnue de chaque chef de guerre pour détourner des bateaux et obtenir rançon. En Afghanistan aussi d’ailleurs, piraterie en moins et stock de pavot en plus…

    L’argent et sa gestion structurée reste indispensable à moins de revenir au troc féodal du moyen-âge ou à l’homme de Cro-Magnon. Qui souhaite une réduction de la population mondiale au même niveau que « dans le bon vieux temps » pour se contenter de vivre de chasse, de cueillette (bio!) et de pêche, passant l’hiver dans les grottes de Lascaux et soignés par les bons soins du sorcier du village plutôt qu’à l’hôpital (financé – horreur!- à crédit par la Caisse d’Épargne ou autres)?

    7- @ Thierry
    a) « les banques pratiquaient la création de monnaie par l’intermédiaire des prêts et du crédit. » ==> Bien sûr et connu depuis longtemps.

    b) »Logiquement cela devrait entraîner une inflation extrêmement forte dans un temps très court. »
    ==> FAUX – pas forcément justement: il faut que cela idéalement accompagne une vraie création de richesse reconnue (juste valeur marchande des biens et services: combien quelqu’un est prêt à payer – base du fonctionnement de eBay et autres marchés). La richesse se crée, sinon nous serions encore tous des Cro-Magnons et beaucoup moins nombreux. La création monétaire au moins équivalente doit donc être possible quelque part, sinon le stock d’or (abandon de parité $US-or vers 1970) resterait un facteur limitatif et avantagerait indûment les détenteurs de stocks antérieurs et les minières par hausse du cours. Le problème du débat c’est « qu’est-ce que la richesse » ? Il est illusoire de croire les montants des fortunes des Riches du classement Forbes sont des dépôts bancaires: pour presque tous c’est plus de 95% d’actions d’entreprises ! Le dépôt bancaire compte pour presque rien dans la richesse mondiale, alors où est-elle ?

    c) Je connais bien le milieu du financement de la recherche technologique privée. Sans le système financier prêt à acheter le risque qui a accompagné la bulle technologique des années 2000, le site que vous lisez n’existerait probablement pas et l’infrastructure internet mondial serait encore en discussion dans des bureaux ministériels. Le secteur mondial des biotechs en est malade actuellement. La crise du crédit et de la revente du risque signifie aussi que beaucoup d’inventeurs ont plus de mal à démarrer leur entreprise et à la développer à partir de l’idée qui pourrait soigner votre maladie de demain : on ne prête plus qu’aux riches qui ne sont pas forcément les plus inventifs.

    d)Le prêt bancaire permet aussi à un gros céréalier de bien vivre et de payer la moissonneuse qui remplace un millier de serfs moyenâgeux qui auraient coupé les blés à la main et à la faux en restant piégés dans une vie misérable (productivité). La crainte du chômage avait pourtant poussé les ouvriers lyonnais à briser les premiers métiers à tisser de Jacquard au XIXe! Leurs descendants sont quand même moins pauvres. La banque prête aussi au jeune fonctionnaire pour construire sa maison parce qu’elle a confiance qu’il sera payé régulièrement jusqu’à la retraite pour la rembourser (accélération des décisions de construction d’un bien durable amortissable = fluidification des échanges qui permettent à l’ouvrier maçon de la construire, etc …).

    e) @Thierry : Ce sont ces actifs hypothéqués (la moissonneuse, la maison, …) qui doivent permettre aux Banques de re-prêter apparemment le même dépôt initial plusieurs fois. En fait il est loin d’être le seul actif en jeu, mais il est le seul « liquidable » rapidement (quasi-monétaire court-terme) alors qu’en cas de crise du marché de leur revente les autres actifs moyens et longs termes risquent une dévaluation indépendante de leur valeur intrinsèque (même maison à Paris et dans la Creuse = valeur variable mais différente, pourtant prix de construction à peu près identique).

    8- Dans la crise économique, issue probablement de délires d’ingénierie financière qui masquent les risques et les actifs associés, c’est ce rôle l’arrêt brutal de la fluidification des échanges par le crédit et le système financier qui explique la répercussion de la crise financière sur l’économie réelle. Le problème est plus à rechercher dans le débalancement entre le stock de richesses + la création de richesse reconnue et la création monétaire (stock+ flux) équivalente pour en fluidifier les échanges : hausses de productivité, inventions technologiques, importance reconnue ou en cours de reconnaissance -ex: bourses du carbone- de la valeur l’environnement, mais aussi et surtout valeur réelle d’une organisation sociale humaine bien structurée par rapport à une situation anarchique = une entreprise bien dirigée est reconnue théoriquement à travers sa cotation en Bourse, par rapport à un Etat en faillite organisationnelle comme la Chine du Grand Bond en Avant de Mao= autant de morts par famine que WWII, etc…).

    9- La somme d’un tout socialement organisé vaut bien plus que ses éléments isolés : c’est la base de toute civilisation. C’est cette proximité sociale du travail, de la culture, des décideurs publiques, des moyens d’enseignement qui fait que l’acheteur accepte de payer plus à Paris qu’à Guéret la même maison, et dans Paris, celle plus près du Métro ! On oublie trop souvent qu’au delà des biens et services, l’essentiel de la valeur et de la « richesse » tient en des organisions sociales structurées (entreprises = biens principales des « riches » qui en sont actionnaires ou créanciers, États et Villes « appartenant » et fournissant de la richesse sociale-crèches etc…- à leurs citoyens en démocratie et à leurs créanciers, …). Qui veut de la monnaie somalienne en ce moment à la place d’euros ou de $US ? C’est une question de confiance en des organisations sociales humaines, pas seulement « d’exploitation des pays pauvres ». Sinon pourquoi les communistes chinois achètent t’ils des bons du Trésor US (création monétaire aussi, comme celle des banques dénoncées par Thierry) plutôt que des devises africaines ? Le PCC va finir propriétaire des USA si cela continue ainsi, comme Mao l’avait prédit (ils nous vendront la corde pour les pendre), mais ses successeurs ont réussi la plus grande sortie de la misère de l’histoire de l’humanité depuis sa mort (avec les dirigeants de l’Inde et leur « révolution verte », et ceux de Corée du sud où la famine faisait rage en 1950 et dont Hyundai vient de virer Ford du classement mondial des constructeurs automobiles)!

    ==> La richesse et les « riches » sont trop souvent mal définies dans les conversations de comptoirs du café internet ! La valeur du passeport français est oubliée dans l’évaluation de la richesse des commentateurs : lors de la guerre au Liban, les Canadiens ont été les derniers occidentaux à s’occuper de l’évacuation de leurs ressortissants et les moyens de la Marine canadienne reste très embryonnaire avec leurs vieux sous-marins diesel anglais qui brûlent au large. Les dépenses militaires aussi sont un choix de société.

    10- La répartition de la richesse entre les éléments humains de chaque organisation (pays, entreprises) est ensuite effectivement un élément politique, mais dans l’anarchie, seuls les rares chefs de guerre sont riches, et encore: seulement par rapports aux autres, pas dans l’absolu car la taille du gâteau fond vite lorsque la plus grosse partie de la richesse dérive de la valeur des organisations fonctionnelles (sociétés de services et de droit) et non des biens (combien de dictateurs africains renversés pendant leur vacances ? Dangereux de prendre 9 semaines de suite!). De l’importance de rétablir ou d’instaurer des États de droits dans les États corrompus ou anarchiques, plutôt que de prôner la Révolution anticapitaliste là où on pourrait s’offrir ce luxe (Besancenot ?).

    11- Actuellement c’est la reconnaissance de la valeur du travail des « financiers créatifs » qui est en crise (et elle n’est pas purgée celle-là) parce qu’ils sont juges et parties dans la fixation de leur rémunération au détriment des autres acteurs économiques. Avez-vous déjà essayé de poursuivre un avocat en justice ? C’est le même problème : sa défense ne lui coûte rien, la rémunération de son collègue va vous ruiner ? Spéculez, les intermédiaires financiers vous prennent une commission, mais le faire eux-mêmes ne leur coûtent rien !

    11-Tous les commentaires du blog ci-dessus révèlent avant tout une rigidité intellectuelle et structurelle bien franchouillarde au niveau des classes sociales en France. C’est ce qui m’a incité à l’émigration, même sans aucune fortune ! Pour simplifier il faut être fou pour être patron en France, donc seuls les fous y deviennent patrons, ce qui permet à l’immense majorité qui n’arrivent pas à devenir fonctionnaires de rester dans leur mentalité de salarié, d’être conforté dans leur mauvaise opinion des patrons, tout en chialant de ne pas trouver de patron assez fou pour les embaucher … Avantages: les « un peu » riches restent les « un peu » riches et entre eux, sans trop d’efforts car les autres ne sont pas tentés de les concurrencer. Inconvénients : l’atmosphère est irrespirable dans beaucoup d’entreprises (ou même les organisations publiques comme « l’Éducation Nationale ») car les petits patrons, souvent des intermédiaires patrons malgré eux, grâce ou à cause de nébuleuses se perdant à l’étranger ou dans des fonds para-publics, sont mal dans leur peau et persuadé de devoir être aussi chiants que l’image qu’ils avaient du patron avant d’être NOMMÉS patron.

    12-L’atmosphère est meilleure en général au Québec où les salariés sont soient très fortement syndiqués (40% de la population, record mondial – les syndicats sont par ailleurs de très gros joueurs capitalistes avec leurs fonds de pension exonérés d’impôts dont les syndiquées suivent attentivement les performances actuarielles de l’action non revendable), soit s’en foutent de démissionner en 2 semaines pour essayer de devenir petit patron à leur tour ou de recaser chez quelqu’un de moins pénible. La menace de sécession ayant fait partir les riches antérieures anglos vers Toronto, ils ne restent guère de riches par héritage et la plupart sont de nouveaux riches par entreprenariat, moins jalousés apparemment que les riches de France issus d’une rigidité sociale. La problématique des petits patrons PROPRIÉTAIRES québécois c’est plutôt d’être confronté à comment garder leurs meilleurs salariés. Celui qui est vraiment trop insupportable se retrouve rapidement seul ou avec un syndicat puissant face à lui, prêt à racheter sa compagnie pour le sortir et continuer l’activité. La province est encore pas mal pauvre par rapport au reste de l’Amérique du Nord ou de l’Europe, mais ne désespère pas autant de devenir riche !

    Espérant apporter au débat une vision constructive,

  20. TOULON THIERRY dit :

    Cette histoire de 10 amis qui se retrouvent pour boire une bière pour expliquer l’économie me rappelle une autre histoire sur l’argent qui date de 2002 (avant la crise financière) que voici :

    L’ARGENT EXISTE-T-IL ? (Par A. LARRIBE)

    C’est une question à poser avec précautions à quelqu’un pour ne pas risquer de le voir se précipiter sur le téléphone pour appeler le SAMU et vous faire emmener à l’hôpital psychiatrique le plus proche. Et pourtant cela vaut la peine de la poser et d’essayer d’y répondre sérieusement. Ce n’est pas facile, contrairement à ce qui semble une évidence, mais en cherchant bien on peut trouver quelques éléments qui projettent un nouvel éclairage sur « notre société libérale avancée » (comme l’appelle Giscard d’Estaing).

    Pour commencer, il faut retourner environ un siècle en arrière aux USA. L’usage du chèque commençait à se répandre dans les milieux populaires et il circulait pas mal d’histoires concernant cette nouvelle manière de régler ses achats. La vedette en était souvent un auteur de chèques sans provisions, et le comportement que devaient adopter ses victimes : surtout ne jamais essayer d’encaisser le chèque, mais l’utiliser directement pour régler ses propres achats (à l’époque c’était possible car les chèques étaient souvent non barrés, ce qui n’obligeait pas les bénéficiaires à les encaisser en banque et au porteur, c’est-à-dire sans mention de bénéficiaire). On ne causait aucun préjudice à quiconque si tout le monde procédait de cette façon et le chèque passait de main en main jusqu’à ce qu’il finisse par revenir à celui qui l’avait émis, lequel était bien forcé de l’accepter sauf à révéler qu’il avait fait un chèque sans provision ce qui était déjà sévèrement puni. Tout rentrait dans l’ordre sans drame, police, procès, tribunaux et prisons. Personne ne remarquait rien sauf le coupable, automatiquement puni par les conséquences de son acte.

    Ces histoires, apparemment très naïves, sont instructives si on les examine sous le bon angle. Elles font apparaître qu’il suffit que tout le monde croit que le chèque est correctement approvisionné, c’est-à-dire que l’argent existe sur le compte bancaire pour que cela marche. Le fait que l’argent en question n’existe pas n’entraine aucune perturbation, aucun désagrément pour les innocents tant que cela reste ignoré. Autrement dit, en généralisant, l’argent n’a pas besoin d’exister réellement pour remplir son rôle dans notre société. Il suffit seulement de persuader tout le monde (ou presque) qu’il existe. C’est un constat dérangeant, mais on peut aller beaucoup plus loin. Le problème de la fausse monnaie est de même nature : un faux billet de banque, tant qu’il n’est pas détecté, « fonctionne » aussi bien qu’un vrai, permet tout autant de transactions sans problèmes. Il finira par apparaître un problème à la banque émettrice de la monnaie car il y a plus de billets en circulation qu’elle n’en a émis, mais pas pour ceux qui font circuler les billets, c’est-à-dire les gens ordinaires. Cela parce que la banque est obligée de faire figurer à son bilan la contre partie de la valeur des billets émis sous la forme d’une dette de façon à annuler dans la comptabilité nationale la valeur des billets en circulation. Mais il s’agit seulement d’un jeu d’écritures pour équilibrer la balance.

    Et cela pose la question de savoir ce qui différencie un vrai billet d’un faux parfaitement imité. C’est tout simplement que la « valeur » du faux ne figure pas en contre partie dans le bilan de la banque émettrice. C’est exactement pareil pour un chèque sans provision : l’argent correspondant n’est pas sur le compte. On peut donc assimiler les billets de banque à des chèques non barrés au porteur que tout le monde peut donc échanger, dont la valeur est garantie par un compte spécial à la banque émettrice sous la forme d’une dette figurant à son bilan. Tout comme un chèque leur valeur acceptée est le chiffre qui est écrit dessus. C’est une convention artificielle, qui ne fonctionne que si tout le monde y croit… La véritable valeur d’un billet de banque est la valeur au recyclage du papier qui a servi à le fabriquer ; cela ne fait pas une grosse somme même pour un billet de 500 euros. La monnaie « électronique » sous la forme des cartes bancaires ou autres ne change rien à ce constat.

    Il paraît difficile d’éviter la conclusion brutale : l’argent existe uniquement parce que tout le monde croît en sa valeur. En plus elle n’est pas nouvelle ; des gens très intéressés l’ont depuis longtemps découverte et soigneusement dissimulée sous des termes obscurs, compliqués, tel que « valeur fiducielle », « valeur faciale », « valeur actuarielle », « valeur nominale » et autres expressions du plus pur jus de « langue de bois à la sauce financière ». Ce qui fait que, dans l’ensemble, les gens ont l’impression de connaître cela, que l’argent n’est rien de plus qu’une image, un symbole. Mais c’est par bribes éparses, disparates et ils sont incapables d’en faire la synthèse. Les financiers se tuent pourtant à répéter que la valeur de la monnaie c’est une question de confiance pour réclamer et justifier des politiques monétaires pas du tout favorables aux « gens d’en bas » dont bien entendu ils ne font pas partie – cela sous prétexte de « restaurer » la dite confiance.

    Mais c’est un aveu : si la confiance en la monnaie est si fragile, c’est bien parce que l’existence de la valeur de cette monnaie n’est pas aussi assurée qu’on nous le fait croire. Puisque ce sont les professionnels des manipulations sur l’argent qui le disent on peut, pour une fois, essayer de leur faire confiance, à défaut de pouvoir faire confiance à la valeur de la monnaie qu’ils nous concoctent et par la suite à la réalité objective de l’argent, indépendamment de ce que croient ou non les gens. A ce stade on se heurte à un exemple concret d’un problème philosophique fondamental et difficile : le rapport qui existe entre la réalité, le monde matériel et ce qu’on pense de cette réalité. Pour comprendre ce problème il faut s’intéresser de plus près aux opérations des financiers avec pour objectif de comprendre comment ils s’y prennent pour écraser de dettes à son insu toute la population du monde.
    «  VOTRE ARGENT NOUS INTERESSE… »
    (Chœur des banquiers… Slogan de publicité bancaire des années 60-70)

    Il faut d’abord examiner ce qui se passe quand quelqu’un ouvre un compte courant. Que ce soit dans une banque, à la poste, une caisse d’épargne ou un autre organisme financier n’a pas d’importance. Donc pour alléger les explications, il va être question seulement de banques. Il faut accomplir certaines formalités, produire des attestations et certificats, remplir des papiers, mais surtout apporter une certaine somme qui sera « déposée » sur le compte, c’est du moins l’expression généralement employée. Et au bout d’un certain délai on reçoit un carnet de chèques et une carte bleue. Personne n’est assez naïf pour penser que la banque qui reçoit l’argent apporté le range dans une boîte au nom du titulaire du compte et, lorsque un chèque est présenté à l’encaissement, va prélever la somme correspondante à son montant dans la dite boîte pour la transférer dans celle du bénéficiaire du chèque. Mais en apparence cela semble fonctionner ainsi et une fois de plus on ne se pose pas de questions saugrenues, car il est bien connu que la curiosité est un vilain défaut.

    En fait la banque récupère l’argent sur le compte et en fait ce qu’elle veut, c’est-à-dire ce qui va lui profiter le plus. Elle inscrit dans sa comptabilité, à son passif, une dette du même montant et reconnaît donc que le titulaire du compte devient son créancier. Il peut exiger le remboursement de cette dette n’importe quand sous la forme d’un retrait par exemple. Lorsqu’un chèque est émis par le titulaire en vue d’un payement elle diminue son compte, donc la dette de la banque, de la somme correspondante pour créditer le compte du bénéficiaire du chèque, c’est-à-dire accroître d’autant la dette de la banque envers ce bénéficiaire. Cela est un peu difficile à comprendre : la banque opère sur ses dettes et non sur des avoirs (l’argent des gens). En apparence cela revient au même que de transférer des billets d’une boîte à une autre.

    Ce n’est pas le cas, car que devient l’argent déposé sur les comptes courants ? Tout simplement la banque le prête contre intérêts bien sûr, dont les titulaires des comptes ne voient pas la couleur. En principe elle ne peut pas tout prêter car il faut pouvoir satisfaire les demandes de retrait n’importe quand. Mais en général les retraits sont faibles devant le montant des comptes et la banque a la possibilité de prêter bien plus de 90% de ce total. Il s’agit en général de prêts à court terme dits de trésorerie de moins de 3 mois, par prudence, car des retraits trop importants risquent de survenir sur une plus longue durée. Cela paraît assez anodin en temps normal mais il y a une conséquence qui ne l’est pas : la diminution du pouvoir d’achat de l’argent qu’on appelle inflation et qui apparaît sous forme de hausse des prix. Il y a aussi d’autres conséquences moins évidentes et à bien plus longue portée.
    En effet l’argent liquide, disponible immédiatement sous forme de billets ou par retrait sur un compte, est supposé assurer les transactions nécessaires à l’activité générale. S’il n’y en a pas assez il y a blocage et crise, s’il y en a trop l’offre de marchandises est insuffisante par rapport au potentiel d’achat et les prix dérapent vers le haut. Or en prêtant l’argent des comptes courants les banques accroissent la capacité d’achat par rapport à l’offre réelle. Personne n’emprunte de l’argent pour le stocker dans un bas de laine, mais au contraire pour effectuer des dépenses, d’où la tendance à l’inflation. La conclusion est immédiate : apporter son argent à la banque contribue à la perte de valeur future de cet argent. Les pigeons se plument eux même, mais on ne leur a pas expliqué (c’est trop compliqué) ni surtout laissé le choix. C’est ce qui est appelé « un service bancaire gratuit » (sans rire, mais gare aux chèques payants). Il y en a d’autres du même métal, qui n’est pas de l’argent pour les particuliers, loin de là. Examiner les prêts bancaires à moyen et long terme fait apparaître des résultats comparables et ne modifie pas sensiblement la conclusion. Les banques utilisent alors l’argent des multiples placements à plus ou moins long terme, beaucoup plus stable, dans le même but. Les banques sont des entreprises qui « fabriquent » et vendent des dettes, sous l’appellation de « prêts ». A travers les échéances de remboursement elles assurent le recyclage de cette « marchandise », ce qui peut satisfaire les écologistes mais pas l’ensemble de la population. L’effet obtenu s’apparente à l’émission de fausse monnaie et de chèques sans provisions. Mais cela ne pose pas de problème immédiat aux banques et il serait très mal vu de traiter les banquiers de faux monnayeurs ou de fabricants de « chèques en bois ».

    C’est beaucoup plus grave que cela, car à travers les lignes de crédits et autres prêts interbancaires, tant au niveau national qu’international les banques vont bien au-delà des limites permises par l’argent disponible, mobilisent des sommes colossales pour en faire le même usage – cela fait partie de l’ingénierie financière – qui se révèle catastrophique pour la plupart des petits pays et leur monnaie. Ce sont eux qui supportent les pires conséquences de la fabrication et l’émission de « fausse monnaie bancaire » pour le plus grand profit de quelques uns. Ce que subit le peuple argentin en est une nouvelle illustration. Avec un peu de vrai monnaie les banques arrivent à produite beaucoup de « fausse vraie monnaie » sous forme de prêts donc de dettes, que les emprunteurs sont très fermement « invités » à convertir en vraie monnaie par le remboursement des échéances et qui retourne aux banques. C’est bien mieux que les chèques sans provision dont il était question au début : ici les chèques reviennent approvisionnés.

    Il faudrait sans doute voir cela comme un mécanisme d’exploitation capitaliste étendu à l’ensemble de la société et non plus aux seuls salariés. C’est un domaine ou tout est à faire pour arriver à comprendre la réalité de l’argent aujourd’hui. Une remarque : ceux qui disent que l’argent existe et qu’il faut l’utiliser autrement marchent peut être à « coté de leurs pompes ». On n’a jamais vu un voleur qui ne fait main basse que sur des reconnaissances de dettes rentabiliser le produit de son travail, sauf à se reconvertir de gangster en « bankster », c’est-à-dire en banquier. Ce n’est pas facile car cette honorable profession est protégée par la loi.

    UBU-ROI FINANCE LA POMPE A PHYNANCES

    Il faut essayer d’expliquer les principes des montages financiers appelés aujourd’hui ingénierie financière que pratiquent les banques et autres organismes financiers à très grande échelle. Mais il faut au préalable préciser un autre point : l’horreur des financiers face à l’inflation. Nous avons vu que les banques pratiquaient la création de monnaie par l’intermédiaire des prêts et du crédit. Logiquement cela devrait entraîner une inflation extrêmement forte dans un temps très court. Si ce n’est pas le cas, c’est parce que des précautions ont été prises et des garde-fous mis en place sous forme de règles dites prudentielles, après de nombreuses catastrophes financières. Les banques prêtent de la monnaie de singe mais n’apprécient pas du tout d’être remboursées dans une monnaie de singe encore plus dévaluée. Ce serait le cas si des prêts de longue durée étaient remboursés à l’échéance dans une monnaie qui a perdu 99% de sa valeur (on a vu bien pire au cours du XXème siècle). C’est parce que ces règles déjà très insuffisantes, ne sont pas toujours respectées que nous connaissons périodiquement des crises boursières et financières. La déréglementation avait essentiellement pour but d’affranchir les financiers de la plupart de ces règles et contraintes. On peut apprécier le résultat et ce n’est sans doute pas fini. Ce qui a changé c’est l’inflation, elle est bien plus faible : on a pris d’autres dispositions, dictées par les théoriciens du monétarisme, pour l’empêcher au détriment du pouvoir d’achat du plus grand nombre, au prix du massacre des retraites par les fonds de pension et de la spoliation accrue des petits épargnants qu’on a poussés dans les Bourses d’actions.

    Supposons que la banque A s’aperçoive qu’il lui manque 100 millions d’euros (on est à un niveau ou on ne bricole plus sur la petite monnaie) pour une opération. Elle a diverses possibilités pour se procurer cette somme, qui dépendent de la durée de l’immobilisation. Le plus simple est de l’emprunter à la banque B. Celle-ci ne dispose que d’une petite partie (5% voire même moins) de la somme dans l’immédiat mais elle peut quand même consentir un prêt de ce montant sous certaines conditions à la banque A sous la forme d’une ligne de crédit en faisant figurer une créance sur A dans sa propre comptabilité. Grâce aux moyens actuels de télécommunications cela ne prend que quelques minutes ou quelques secondes. Par la suite B peut découvrir qu’il lui faut aussi 100 millions d’euros. Elle ne va pas demander à la banque A de rembourser par anticipation, cela ne se fait pas. Elle va lui emprunter la somme dans les mêmes conditions que précédemment. Les naïfs peuvent s’imaginer que les deux dettes s’annulant, tout est remis à zéro. Cela ne se passe pas ainsi : les deux emprunts continuent à courir jusqu’à l’échéance. Cela fait que 200 millions d’euros supplémentaires sont en circulation dans le système financier, sous forme non de billets mais de moyens de paiement, ce qui revient pratiquement au même, avec leurs conséquences inflationnistes.

    Mais il n’est pas obligé que les choses en restent là : chacune des banques peut vendre sa créance à une tierce banque contre une petite compensation, disons un demi-million d’euros d’agios et obtenir de nouveaux moyens de paiement pour le montant de la différence, soit 99,5 millions d’euros. On arrive donc à 400 millions (moins 1 million) de « faux vrais »euros en circulation. Cela peut continuer un certain temps : la durée des emprunts de départ. Cela est semblable à l’escompte et au réescompte beaucoup pratiqués dans le passé, mais à une échelle bien plus grande. Pour tout arranger il est aussi possible de transférer les dettes, même si cela est un peu moins fréquent, car des banques peuvent éprouver le besoin de restructurer leurs dettes pour respecter les rapports d’endettement – les ratios prudentiels – entre les différentes catégories de dettes, et pour cela échanger des dettes de nature différente. Ce qui fait qu’au bout d’un certain temps, comme le dit le langage populaire, un cochon n’y retrouverait pas ses petits. Et un banquier encore moins, mais tout a été prévu, car c’est là qu’interviennent des sociétés très spéciales, opérant le plus souvent dans des paradis fiscaux, comme la société luxembourgeoise Clearstream, qui a fait beaucoup parler d’elle ces dernières années. Sur le principe il s’agit de sociétés qui pratiquent le clearing, c’est-à-dire confrontent les créances et les dettes pour annulation (ce qui aurait dû intervenir entre les banques A et B après le second emprunt, mais cela n’aurait pas permis quelques affaires juteuses, en fait pratiquement sans bourse déliée) Ces sociétés de clearing disposent de moyens informatiques colossaux pour remonter jusqu’aux emprunts initiaux. Ce qui fait qu’en principe il serait possible de tout savoir sur les mouvements de capitaux à l’échelle mondiale. Mais en pratique l’entreprise est sans espoir, car le volume est tel qu’il faudrait des années à tous les experts disponibles dans le monde pour éplucher une seule journée d’opérations de Clearstream. Il suffit de rappeler que le Crédit Lyonnais, une banque moyenne à l’échelle mondiale, a pratiquement fait faillite il y a une quinzaine d’années et qu’on n’espère pas y voir clair dans ses comptes avant 2015, soit au total un quart de siècle.

    Les banques disposent de bien d’autres moyens pour fabriquer et multiplier les dettes. On peut citer parmi eux la titrisation qui consiste à convertir les créances en titres (genre obligations à court terme ou bon du Trésor) pour les placer sur le marché financier et obtenir de « l’argent frais ». Tout cela permet des montages financiers sophistiqués, qui servent à financer une immense spéculation que les gens ordinaires et les entreprises produisant des biens réels payent très cher. Une étude récente(*) montre que, avant 1991 aux Etats-Unis, pour 1 dollar de biens il fallait créer 1,40 dollar de dette. Ce chiffre est passé à 2,60 $ en 2000 et à 4 $ en 2001 toujours pour produire 1 $ de biens ou de services (services ( !?) financiers compris). Comme le produit national des USA est de l’ordre du quart du produit mondial, il en résulte que l’économie des Etats-Unis fonctionne en générant une dette comparable à la totalité des richesses produites dans le monde pendant la même durée. Les études pour les autres pays ne sont pas connues mais il est logique de présumer que c’est du même ordre de grandeur. Il est inévitable qu’un système aussi démentiel connaisse des « accidents » très graves. Le capitalisme producteur de richesses ?
    Encore un mensonge éhonté. Il ne peut survivre qu’en accablant de dettes la population mondiale pour drainer les richesses produites au profit d’une toute petite minorité de privilégiés. C’est à cette énorme opération de vampirisme à l’échelle mondiale – cela s’appelle la mondialisation ou globalisation – que sert l’argent aujourd’hui. Mais le constater est insuffisant, il faut en comprendre les mécanismes, y compris dans la vie de tous les jours, les expliquer pour convaincre les gens qu’ils vont dans le mur s’ils continuent à laisser faire.

    (*) Etude faite par le Centre d’étude de l’Expansion, citée par l’hebdomadaire Marianne n°284 du 30/09/2002 au 06/10/2002

  21. J. François FILLON, Conseiller en Economie Sociale et Familiale dit :

    Ouf, je viens de recevoir cette histoire qui circule en boucle sur internet et je suis content de voir que d’autres partagent certaines VALEURS et sortent des discours simplistes.
    Et puisqu’il en est ainsi, allons y :

    Pour ma part j’ai très bien compris et aucune explication ne m’est nécessaire ; mais pour cet économiste méprisant, je dirai juste qu’il est trop facile de vouloir trinquer quand cela vous arrange, de « se casser » quand cela vous dérange, et de se repointer aux urgences aussi quand cela vous arrange à nouveau.

    En effet, l’histoire ne dit pas si le riche, (qui devrait être le moins alcoolisé – sic), ne reviendra pas un jour de son exil pour se faire soigner d’une cirrhose du foi ou d’un cancer « gratuitement » (pour ne pas dire au frais de l’ensemble des contribuables qui, eux, sont restés) parce que la pays d’où il revient n’avait prévu un système de solidarité !

    J’espère en effet que ce Monsieur Kamerschen vit à l’étranger et ne profite pas de tout ce que notre magnifique pays a pu mettre en place avec ce système et dont beaucoup de pays nous envient. Si le système économique français ne lui convient pas, qu’il parte effectivement aux Usa, en Angleterre ou en Irlande pour ce qui est de la bière, mais qu’il ne revienne pas au pays se faire soigner… quand ça l’arrange. Il devrait d’ailleurs se mettre d’accord avec son épouse pour savoir qui va garder les enfants vu qu’il n’aura pas de place en crèche dans ce pays.

    Qui veut défendre nos valeurs de liberté, égalité et fraternité qui vont avec ce système n’hésite pas à compléter l’histoire, la réinventer, innover et montrer que certains discours parfois simplistes sont à mille lieux des réalités de terrain.
    Il aurait pu au moins illustrer ses propos avec du vin ; j’aurai pu prendre un peu sa défense !

    Signé J. François FILLON, Conseiller en Economie Sociale et Familiale

    PS : je suis heureux de voir l’élan républicain de vos commentaires et remercie chacun pour sa généreuse contribution autre que financière…

  22. tzenga dit :

    pas mal…
    Mais il y a une suite à l’histoire…

    Depuis, plus personne n’achète de bière….
    Le tenancier est au chômage.
    Il regrette d’avoir consenti une ristourne….
    Il aurais du soit ne rien dire, soit vendre dès le début sa bière au prix réduit.

    Personne n’aurais rien trouvé a redire à l’addition.
    Et le bistroquet continuerais à vendre sa bière.
    ….

    Le gars le plus riche, est allé boire dans un autre bistrot,
    Il s’y rends sous la protection d’un policier en arme
    parce que tous les autres clients du nouveau bistrot le regardent de travers
    Vu qu’il paye sa bière au même prix qu’eux
    alors qu’il vit dans une villa de 14 pièces
    pendant qu’eux vivent à quatre dans un studio.

    Il regrette le temps des parties de belote avec ses potes de l’ancien bistrot.
    Il se dit qu’une partie de Belote entre pote, ça vaut bien un ou deux euros de plus.

    Pour ceux qui ont compris aucune explication n’est nécessaire.
    Pour ceux qui n’ont pas compris deux solutions :
    1) Entrer dans la police et taper sur ceux qui se plaignent de trop bien comprendre
    2) Préparer un PhD d’économie

  23. La conclusion de l’histoire est tout à fait vraie.
    Mais j’ai un bémol qui est le suivant :

    La conclusion de cette histoire relève de ce que j’appelle la logique du “pansement”. Ce que je veux dire par là c’est qu’on se contente d’observer la situation à un instant T et d’y chercher une solution sans perspective à long terme.

    En effet, si on décrit la situation de l’histoire à l’instant T, il y a des pauvres, des modestes, des confortables et des riches. Le problème c’est que si on fait trop chier les riches, ils se cassent et du coup ça fait une grosse perte d’argent pour les impôts.

    Je placerais le problème en amont. Pourquoi y a-t-il des pauvres dans cette histoire ? Ceci est-il normal ? Ceci est-il souhaitable ? Le fond du problème n’est-il pas celui-là ? Si au lieu d’avoir des très pauvres d’un côté et des très riches de l’autre, on n’aurait que des modestes et des confortables, qu’ils soient 2 ou 10 amis à se réunir, ils pourraient tous payer leur binouze à 10 euros sans problème. Je pense que c’est cela qu’il faut viser pour une société équilibrée.

    Donc on a deux points de vue (qui peuvent entrer en conflit sur certains aspects) :
    - il ne faut pas trop faire chier les riches
    - il faut une société sans “très pauvres” et sans “très riches”

    Personnellement je suis pour une limitation des revenus.
    Les impôts servent biensur à payer les services publics, mais il sont aussi une forme de limitation des revenus : si on gagne vraiment beaucoup, on paie vraiment beaucoup d’impôts, donc à quoi bon viser de très hauts revenus. Moins de hauts revenus -> plus d’argent disponible pour créer de l’emploi -> Moins de pauvres

    Enfin, pour terminer sur un coup de gueule, s’il y a des gens qui sont prêts à quitter leur pays et leurs attaches juste pour pouvoir acheter 3 voitures de luxe par mois au lieu d’une seule, et bien qu’ils s’en aillent. On se débrouillera sans eux.

  24. dazelle richard jannick dit :

    Un savant calcul aujourd’hui, qui va payer l’addition aujourd’hui de nos « chères » économistes.
    Combien de milliards envolés de vos paradis fiscaux ? combien de riches appauvris par vos visions d’aveugles et vos placements « audacieux »,
    Vos impositions dans vos pays étaient bien plus douces messieurs les riches !

    Et, vous pouvez dire un grand merci à vos gentils économistes, et à son éloquent représentant de dilapider votre argent et une grande partie du notre par conséquent.
    Messieurs, je vous en supplie quittez notre monde, et créer vous une sphère digne de vous, VOTRE PARADIS OU VOUS SEREZ QUE VOUS, votre rapacité et votre bêtise nous coutent tous très très chères

  25. Laurent Deparis dit :

    deuxiéme point important

    allez donc sur …

    Et vous verrez que l’auteur de ces propos n’est pas celui qu’on croit….

  26. Laurent Deparis dit :

    ah ah ah,
    sacré comique que ce David R. Kamerschen, Ph. D.

    En plus des commentaires déja écris, auquel j’adhère, il oublie juste un détail : comment le riche est riche ?

    Je vous laisse donc méditer la dessus…

  27. Guy Leboutte dit :

    Moi j’ai tout compris.

    Cette fable faussement pénétrante ne convaincra que les convertis. Une des impasses logiques de base est la croyance libérale officielle qui construit une macro-économie en-dehors de toute analyse de la société ou de la culture, en postulant un individu séparé du social mais au psychisme porteur par essence (d’une manière inexpliquée et inexplicable) de toute la culture de la classe dominante.

    Autrement dit, allez trouver dix amis dont les revenus se distribuent conformément aux revenus postulés par l’histoire et qui se voient autour d’un verre une fois par jour. Ce groupe n’existe pas.

    Même les quatre ou les cinq qui pourraient être de bonne entente, puisqu’en toute hypothèse ils partage une certaine communauté de condition, n’existent pas en termes statistiquement pertinents, en raison de la guerre qui règne entre les pauvres eux-mêmes. Les appointés contre les salariés, les titulaires de CDI contre les temporaires, les retraités contre les actifs, les actifs contre les chômeurs (ces deux dernières guerres étant postulées notamment par le système de retraites par capitalisation), les hommes contre les femmes, tous contre les immigrés, européens, non européens, sans papiers…

    Par ailleurs la progressivité de l’impôt ne s’applique qu’au revenu des personnes physiques, et pas aux autres financements de l’Etat. La TVA, qui représente un volume de deux à quatre fois la recette de l’IPP, selon les pays, fonctionne elle comme un impôt « dégressif », avec un taux, rapporté au revenu, qui s’accroît inversement à ce dernier ! Et l’impôt sur les sociétés est proportionnel – en-dehors d’une série de cadeaux aussi variables que nécessaires, comme cette première mondiale nommée « intérêts notionnels », une pure merveille de la créativité démocratique. N’oublions pas que les possibilités d’éluder l’impôt sont réelles, légales, et immensément plus que proportionnelles aux revenus. En particulier, les abattements octroyés à ceux qui ont la douleur d’être propriétaires de biens mobiliers et immobiliers sont légion, la plus-value boursière est exonérée d’impôts, l’ingénierie fiscale, locale et internationale, n’est pas encore un privilège des pauvres et j’en passe.

    Une milliardaire étasunienne dont le nom m’échappe se plaisait à dire « L’impôt, je ne le paie pas, c’est pour les pauvres ».

    Il faut donc une myopie certaine, non traitée et souvent incurable, pour considérer que la fable des dix amis présente « le strict reflet de notre système d’imposition ».

    La petite histoire du docteur Kamerschen, qui mutiplie les contradictions internes, comme la confusion entre la réduction en termes relatifs et la réduction en termes absolus, ne représente rien d’autre que l’acharnement du camp des riches à n’en avoir jamais assez, un acharnement qu’aucune « auto-régulation » ne limite, et que même la ruine générale à laquelle il mène de façon récurrente ne peut modérer. Seuls le krach majeur en 1929, une guerre mondiale, la menace de l’épouvantail communiste expropriateur et la grâce d’une croissance propre à un nouveau cycle d’accumulation ont pu, d’une façon exceptionnelle et provisoire, humaniser hors Tiers Monde le capitalisme occidental.

    Les riches aimeraient nous faire croire que l’iniquité de l’impôt les aurait chassés depuis longtemps s’ils n’étaient patriotes. Eh bien, qu’ils s’en aillent ! Nous allons leur créer une république off-shore, la Boursoulavie, un territoire d’où tous les pauvres seront absolument exclus, et où ils pourront émigrer avec armes et bagages, une fois la totalité de leurs biens réalisés en une monnaie boursoulave provisoirement inconvertible.

    Cette république peuplée exclusivement de libéraux convaincus, qu’aucun système d’assistance publique n’a jamais contaminés, voués corps et âme aux bienfaits de la concurrence, donnera à l’humanité une leçon définitive de bonne « gouvernance », de réelle justice et de démocratie insurpassable, autant dire de bonheur collectif, auquel les peuples du monde ne manqueront pas de se convertir dans l’enthousiasme d’ici dix ou vingt ans.
    C’est du moins leur projet.

    Je décris les surprises de leur expérience, qui ne surprendront pas tout le monde, dans un roman à paraître en 2010. Sans lever le voile, je vous invite simplement à vous demander comment les citoyens boursoulaves réussiront à satisfaire leur soif, non seulement de justice, mais aussi de bière à quelques euros le verre, et de vin à deux cents la bouteille.

  28. Visiteur dit :

    Kodje ton exposé est vraiment très pertinent.
    Tu m’as ôté les mots de la bouche avec en prime une très belle formulation. Je m’offusque régulièrement contre ce genre de réflexions « faussement intellectualisées » ou des grands penseurs reformulent des petits discours de contoirs (c’est le cas de le dire…)afin de véhiculer une idéologie cachée, en laissant entendre qu’après ca on aura tout compris car tout aura été dit, et le message me semble ici flagrant: nos pauvres sont vindicatifs alors même qu’ils bénéficient du même traitement (usurpé, en passant) que les autres, et ils se payent le luxe de compromettre notre économie si généreuse envers eux en accablant les riches, nos riches sont méprisés et insultés alors qu’ils mériteraient le respect et la considération de tous ces paresseux qui boivent à l’oeil (et qui en passant ne comprennent rien à rien parce que ce sont surement des imbéciles et des fumistes) alors que les riches sont les véritables contribuables du pays et les seuls vrais moteurs de notre économie, quant à la classe moyenne, et bien ma foi ils ne sont jamais contents et en veulent toujours plus.

    L’histoire a démontré partout dans le monde que les situations de crise économiques sont par excellences les plus propices à l’instauration progressive (ou pas…) des régimes totalitaires, et les ingrédients qui font prendre la sauce sont en train de se mettre en place tout doucement… Stigmatisation de telle ou telle partie de la population, nationalisme, manipulation des médias et propagande… Il est urgent à l’heure ou nous sommes de rester vigilants et de se méfier de la désinformation intense qui sévit dans tous les domaines (sciences, politique, médecine…) et avec prédilection sur internet. En éduquant les gens à penser n’importe quoi n’importe comment à partir de données erronées qui plus est, on arrive à véhiculer bien plus qu’une information manipulée, on nous fait un authentique lavage de cerveau. On pourrait appeler ça de la « déséducation ». Il en résulte souvent ce genre d’idéologie unanimiste, tissée par la colère, véhiculée par la peur, d’une population qui pense comme on lui dit de penser, qui n’apprend plus à douter et à réfléchir. Nous sommes en train de réécrire l’histoire de la démocratie à l’envers, et je pense que nos enfants boiront surement à notre santé quand ils se payeront l’addition…

    A la votre les petits.

  29. Kodje dit :

    L’explication par métaphore du système d’impôt progressif n’est pas trop mauvaise mais elle est incomplète : il manque notamment l’explication du fait que sur chaque tranche de revenu chacun paye la même part. Là il ne donne que la « fin » à savoir les taux marginaux d’imposition. En outre le choix des valeurs faisant supporter 56% de la note à 10% des individus est fallacieuse car elle sous entend qu’une infime fraction de la population contribue à la majorité des revenus de l’état tirés des impôts. Ce qui est faux. Ne serait ce que parce que l’impôt sur le revenu qui focalise le plus l’attention ne représente que 15% des recettes de l’état contre près de 50% pour la TVA (sur laquelle il n’y a aucune progressivité justement – même taux pour tout le monde, la seule modulation venant du panier d’achat avec plus de biens à faible tva pour les ménages modestes).

    Ensuite il oublie de dire que chacun n’a pas la même bière… En effet plus on donne plus on reçoit contrairement à l’idée reçue. Que ce soit sous forme d’exonération de prélèvement comme avec les niches fiscales ou de redistribution (exemple : les impôts servent à financer le système éducatif, les enfants de familles aisées font des études plus longues et plus souvent en grandes écoles et donc bénéficient d’une meilleurs redistribution – c’est reproductible à de nombreux domaines comme la santé, la sécurité etc…). Pour filer la métaphore du prof, le « riche » reçoit une bonne bière d’abbaye Belge là où les autres ont une vieille Kro dégueulasse.

    Enfin la conclusion est un joli sophisme. En gros l’idée est de nous dire qu’il est naturel que la baisse d’impôt favorise d’abord et d’autant plus les plus aisés (règle de proportionnalité). C’est logique. Sauf que rien n’oblige à baisser de manière uniforme, on peut tout aussi bien cibler les baisses. Et c’est là qu’intervient l’autre argument : « sinon, ils (les riches) vont partir ». Or ils étaient déjà incités à partir avant une éventuelle baisse, que celle ci soit proportionnelle ou pas ne change rien au problème. Il ne s’agit donc pas d’une démonstration logique (au sens premier du terme) car le dernier argument est extérieur au raisonnement. Tout cela peut se résumer à il faut baisser les impôts et principalement ceux des plus aisés car sinon ils vont partir. Or là il s’agit d’un simple choix politique / idéologique. On peut très bien tenir le raisonnement (idéologiquement) inverse qui suggère de diminuer l’impôt (voire de rendre négatif l’impôt – type prime pour l’emploi) des moins aisés car, leur proportion à épargner étant plus faible et leur proportion à acheter des produits importés étant également plus faible, c’est un moteur de croissance.

    Or dans les deux cas les choses sont infiniment plus complexes. Le taux d’imposition n’est pas le seul facteur décidant de l’opportunité (au sens de « l’intérêt qu’il y a à », hors considérations « morales » donc) à rester ou à immigrer vers un paradis fiscal (sinon, ça fait longtemps qu’il ne resterait quasiment plus une seule personne imposée sur la fortune en France or ce chiffre augmente régulièrement). De même qu’une relance par la consommation ciblée sur les ménages défavorisée n’est pas forcément la panacée question efficience car cela dépend de nombreux facteurs exogènes (pour les économistes, c’est la question de l’efficacité d’une relance keynésienne en économie ouverte, et on peut repenser au précédent de la période Mitterrand version avant 83).

    Bref, ce que ce prof d’économie nous livre là n’a rien d’une banale explication uniquement factuelle. C’est un propos largement teinté idéologiquement (avec en plus des petits bouts de manipulation type les choix des valeurs) qu’il essaie de nous vendre pour un pur raisonnement logique. Et, à titre personnel, c’est typiquement le genre de manoeuvre intellectuelle qui m’agace (pour rester soft). Ou comment faire passer une opinion pour un fait quasi scientifique. C’est juste malhonnête.

    Ah et pour terminer la dernière remarque (« ceux qui comprennent… ») est juste méprisante ce qui ne donne pas non plus une bonne image du monsieur. Ceux qui ne comprennent pas c’est souvent parce qu’on leur a mal expliqué et c’est tout…

  30. H2 dit :

    Elle est super conne cette histoire à l’heure où les contribuables vont payés la note et la fameuse addition des multimilliardaires qui ont poussé à la faillite les USA et plongé la planète entière dans la crise !

    A côté de la plaque ce conte pour enfants au pays des bizounours…

    Pillage, guerre, récession, extension de la misère la voilà la réalité ! C’est loin d’ une simple histoire de beuverie entre potes qui se chamaillent !

    Pas étonnant que les économies soient en récession et que la dépression menace partout si on a des professeurs d’économie aussi comiques !

    A vous les travailleurs ! Sachez que l’on va une fois de plus vous demander de payer la note des irresponsables !

    Bien le bonjour chez vous.

  31. parisi dit :

    no comments ,la realite des choses

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