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Daniel Pipes

Daniel Pipes

Quelques réflexions sur la politique que l’Amérique [devrait avoir] envers la Syrie, ceci à l’occasion du colloque qui vient juste de se terminer en Tunisie, sur « Les amis de la Syrie ».
Depuis la fin de la guerre froide, de nombreux Américains ont le sentiment d’être si forts, qu’ils [estiment qu'ils] n’ont pas besoin de penser à leur propre sécurité, mais peuvent se permettre de se concentrer sur les préoccupations humanitaires immédiates des autres.

Cheikh Abdullah bin Zayed al-Nahya
Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis,
Cheikh Abdullah bin Zayed al-Nahya, le ministre britannique
des Affaires étrangères, William Hague, et la secrétaire d’Etat
américaine Hillary Clinton au colloque des « Amis de la Syrie

Cela conduit à une politique étrangère américaine sentimentale de « guerre comme service social » dans laquelle le bien-être des peuples avec un passé il faut bien reconnaître malheureux comme celui des alliés de l’Amérique (Afghans, Irakiens, Libyens, Syriens) peut l’emporter sur les intérêts nationaux. En fait, les intérêts américains divergent souvent de ceux des Moyen-Orientaux. Par exemple, comme je l’ai dit il y a six ans, « lorsque les terroristes sunnites visent les chiites et vice-versa, les non musulmans sont moins susceptibles de subir des dommages. »

Si on applique cette façon de voir à la crise en Syrie: ce sont de bonnes nouvelles que l’abominable dynastie Assad touche à sa fin. Mieux vaut « un diable que nous ne connaissons pas » [ un danger que nous ne connaissons pas] qu’encore plus d’un [même] régime totalitaire qui opprime son peuple, menace ses voisins, et fournit une assistance cruciale pour les mollahs de Téhéran.

Cela dit, je suis favorable à une politique américaine de l’inaction, laisser les événements en Syrie se produire d’eux-mêmes. Alors que le régime et son opposition se combattent :

  • le régime peut causer moins d’ennuis à ses voisins.
  • les Iraniens ont encore plus la possibilité de s’en inspirer et de se rebeller contre leurs dirigeants.
  • les Arabes sunnites sont encore plus courroucés contre Téhéran. Comme un analyste de la Syrie, Gary Gambill, le dit, «Qu’est-ce qui ne va pas avec le statu quo d’un Iran enchaîné à un cadavre syrien? »
  • la colère sera encore plus grande contre Moscou et Pékin.

En outre, le renversement du régime d’Assad ne mettra pas fin automatiquement à la guerre civile du pays. Plus probablement, cela inversera la dynamique, avec les Alaouites et d’autres rebelles à venir luttant contre un régime islamiste sunnite.

On peut être d’accord ou pas d’accord avec mes arguments, mais le fait est que les Américains devraient considérer la Syrie de façon stratégique, donnant la priorité à leur propre sécurité dans un monde dangereux.

 

La Syrie : argumentation pour l’inaction des U.S.A. par Daniel Pipes
25 février 2012

http://fr.danielpipes.org/blog/2012/02/syrie-inaction-usa

Version originale anglaise: Syria: Arguing for U.S. Inaction
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

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