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Washington – La navette spatiale Atlantis mérite assurément le surnom que l’on a donné à cette catégorie de véhicules voilà maintenant 30 ans.

De fait, le 11 juillet, le « camion de l’espace » a livré sans anicroches un énorme module de fret à la Station spatiale internationale (ISS). Il s’agit maintenant de déballer près de 4,1 tonnes de pièces détachées, de matériel, de vivres et de fournitures diverses.

La navette Atlantis a apporté des approvisionnements qui permettront à l’avant-poste orbital de tenir pendant un an, puisque la flotte de navettes sera mise hors de service après ce 135e vol en orbite. D’autres partenaires de l’ISS, notamment les agences spatiales du Japon, de la Russie et de l’Union européenne, ont mis au point des vaisseaux non habités qui prendront la relève.

La NASA collabore avec le secteur privé pour développer une capacité de transport de fret destiné à l’ISS. Selon des documents de la NASA, celle-ci entend ainsi se concentrer sur le prochain chapitre de l’exploration humaine de l’espace.

« En même temps que nous traçons à la NASA une nouvelle voie qui nous permettra de pousser toujours plus loin notre exploration humaine de l’espace, nous redynamisons nos efforts avec le secteur privé afin de développer un système commercial de transports spatiaux qui soient sûrs, fiables et abordables. » Cette déclaration figure au premier plan d’un site Internet de la NASA consacré aux initiatives de commercialisation et de partenariat de l’agence spatiale américaine.

En attendant, l’équipage d’Atlantis a beaucoup à déballer et à emballer. Les 4,1 tonnes de matériel ont voyagé dans le module de fret Rafaello, long de 7 mètres, que les astronautes ont retiré de la soute d’Atlantis et amarré à l’ISS.

Dans les jours qui viennent, l’équipage d’Atlantis passera près de 130 heures-personnes à décharger le module et, quand il sera vide, à y placer plus de 2,5 tonnes d’équipements dont la station n’a plus besoin et qu’il faut rapporter sur Terre.

Parmi le matériel livré à l’ISS figure tout le nécessaire à une expérience scientifique dont les résultats pourraient se révéler d’une importance cruciale pour les longs vols spatiaux habités ainsi que pour les gens sur Terre qui souffrent d’ostéoporose ou de fractures fréquentes.

On sait depuis longtemps que les séjours de longue durée dans l’espace, c’est-à-dire dans un environnement de microgravité, entraînent une perte osseuse considérable. Les scientifiques comptent sur 30 souris qu’ils ont envoyées dans la navette pour les aider à mieux comprendre le mécanisme biochimique de cette perte osseuse. L’expérience est dirigée par un consortium qui réunit, entre autres, le Centre médical Beth Israel Deaconess de Boston et le Centre Ames de recherche de la NASA, en Californie.

L’équipe scientifique a injecté à la moitié des souris un anticorps ayant pour fonction de bloquer l’action de la sclérostine, une protéine qui inhibe la croissance osseuse, d’où l’idée qu’en bloquant son mécanisme on pourrait prévenir la détérioration du squelette.

« Quand les souris seront ramenées sur Terre [après le vol de 12 jours], nous espérons apprendre les effets de la microgravité sur le squelette et les muscles », explique Mary Bouxsein, professeure adjointe de chirurgie orthopédique à la faculté de médecine de l’université Harvard. « Nous voulons savoir si cette nouvelle thérapie pourra contrecarrer les effets profonds de la microgravité et même promouvoir la croissance osseuse dans un tel environnement. »

Bien d’autres expériences scientifiques ont été effectuées dans l’espace tout au long du programme de la navette spatiale de la NASA. La construction d’un vaisseau réutilisable a permis à l’agence spatiale d’accomplir des avancées extraordinaires au niveau de la technologie des vols spatiaux. En outre, la navette a été un laboratoire unique qui a mené à des découvertes dans le domaine de la médecine, de la biologie, de l’astronomie et des sciences naturelles.

« Nous avons beaucoup appris sur notre planète, sa masse terrestre, ses océans, son atmosphère et son environnement général », lit-on dans l’histoire du programme de la navette spatiale de la NASA. « Grâce à la navette, nous avons approfondi nos connaissances sur notre Lune, notre système solaire, notre galaxie et notre univers. »

La navette Atlantis doit revenir sur Terre le 20 juillet, date à laquelle prendra fin l’ère de la navette spatiale.

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