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· John Brennan, conseiller du Président Obama pour la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, a déclaré en avril 2010 que son administration était à la recherche de moyens pour constituer « des éléments modérés » au sein du Hezbollah. Le fait que le Hezbollah fasse partie du dispositif de sécurité iranien ne semble pas modifier son analyse.

· En 1979, suite à la constitution de la République islamique, l’Iran a pris une décision stratégique d’exporter sa révolution dans les pays arabes et le monde islamique. Un mécanisme fut mis en place pour soutenir les mouvements islamiques souhaitant adopter le model iranien et la charia. Le Liban fut le premier pays en raison de son état politique instable et sa large population chiite et avait entretenu dans le passé des liens étroits avec Téhéran.

· Le Hezbollah n’est pas un mouvement national libanais, comme le qualifie souvent l’Occident. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ainsi que ses troupes ne jurent pas leur fidélité envers le président Libanais ou à son gouvernement mais plutôt à leur chef suprême ayatollah Khamenei. Toutes les activités du Hezbollah sont soumises à son approbation comme l’a confirmé le numéro deux du Hezbollah, le cheikh Naim Kassem, à la télévision iranienne. Ainsi, le mouvement chiite est devenu une force militaire- et en sorte, le bras long de l’Iran dans la région.

Dans ce contexte, le Hezbollah forme une entité combattante et homogène et ne peut avoir « des éléments modérés » comme tente à nous faire croire, et à plusieurs reprises, John Brennan, le conseiller du Président Obama.

Depuis les années 70, les messages du chef spirituel Khomeiny ont été enregistrés au Liban et ensuite diffusés à travers l’Iran pour répandre la doctrine islamique. Suite au refus du parti libanais Amal de ne plus demeurer un mouvement loyal à l’Etat, les Iraniens ont décidé de fonder un autre mouvement chiite qui représenterait fidèlement les aspirations iraniennes au Liban et ainsi l’alternative à l’Amal a pris forme avec la naissance du Hezbollah, « les fous de Dieu ».

Une évidence, la Première guerre du Liban et le déploiement d’une force multinationale avec notamment des contingents américains, britanniques, français et italiens, ont servi de cible au Hezbollah et ont accéléré son indépendance militaire. En outre, l’occupation israélienne prolongée dans le sud du pays (1982-2000) a également favorisé le renforcement du dispositif du Hezbollah. Dés le départ, l’Etat libanais a échoué à imposer son autorité gouvernementale sur les chiites du sud du Liban, dans la vallée de la Bekaa, et au sud de Beyrouth.

Le Hezbollah sous l’autorité d’Hassan Nasrallah est démesurément plus puissant que l’armée libanaise elle-même. Le système des institutions civiles construit par le Hezbollah à réussi à fournir des réponses efficaces aux besoins de la population bien plus que celles du gouvernement libanais.

Le salaire mensuel d’un employé dans le dispositif civil du Hezbollah est plus élevé que le salaire d’un fonctionnaire du gouvernement libanais.

La loyauté des membres du Hezbollah à l’Iran n’est pas seulement religieuse, et elle est complètement différente de l’autorité exercée par le pape au Vatican. Elle implique la subordination politique dans toutes ses formes. L’Etat libanais a perdu sa souveraineté et le Hezbollah est le véritable souverain dans ce pays. C’est juste une question de temps pour que le processus mûrisse et grâce à la puissance démographique que tôt ou tard s’établira une République islamique au Liban.

http://www.jcpa-lecape.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=395

Extraits d’un article pris du document « Iran: défi régional- menace mondial », (248p) publié et édité par le JCPA- CAPE. Voir l’intégralité de l’article et ses notes ainsi que le document en PDF sur le site en anglais du JCPA.

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