pub2011

Source : INFO’SION Jérusalem-capitale (Israël) – Pierre Caïn
Juste une question de choix du moment opportun ?
(Palestinian Media Watch) – The Jerusalem Post
Traduction pour Info’SION par Edith Brenner

En fait, la récente « condamnation » par Mahmoud Abbas de l’attaque terroriste du Hamas qui a coûté la vie à quatre civils israéliens n’était pas du tout une condamnation.

La récente déclaration de Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité Palestinienne, à Washington et sa condamnation publique de l’assassinat de quatre israéliens par les terroristes du Hamas près de Hébron, a généré un sentiment d’optimisme prudent. « Ce qui est arrivé hier et ce qui arrive aujourd’hui est également condamné. Nous ne voulons absolument pas que du sang soit répandu, pas même une seule goutte, par les israéliens ou les palestiniens » à dit Abbas.

Après des années pendant lesquelles la glorification de la terreur et les honneurs accordés aux terroristes ont été à la base de la culture de l’AP, cette déclaration annonce-t-elle un changement réel ? Un examen des réponses internes de l’AP à l’attaque, hors des yeux vigilants de Barak, de Benjamin Netanyahou et des médias du monde, élimine rapidement l’espoir de la prise de distance de l’AP avec la terreur.

Palestinian Media Watch a comparé la réponse de l’AP aux meurtres des civils israéliens avec sa réaction après les morts résultant de la confrontation avec la flottille. PMW insiste sur le fait que la réponse de l’AP à l’attaque du Hamas n’était absolument pas une condamnation de la terreur ou de la violence.

Le thème central et récurrent des leaders de l’AP et des médias contrôlés par l’AP en réponse à l’attaque du Hamas a été la critique du moment choisi pour l’attaque à cause des dommages faits à la cause palestinienne, et pas une critique des meurtres eux-mêmes. Le thème central et récurrent de la réaction aux morts de la flottille a été une condamnation ferme de ce que l’AP a toujours défini comme « un massacre » et « un crime ».

Le lendemain des meurtres du Hamas, les médias officiels de l’AP ont signalé que le « Dr Salam Fayyad, Premier Ministre, avait dit que l’opération qui avait eu lieu cette nuit dans la zone de Hébron et le moment de sa survenue, nuisaient aux efforts déployés par l’OLP pour obtenir un soutien international sur la position palestinienne … Il a déclaré : « Nous condamnons cette opération qui nuit aux intérêts des palestiniens et aux efforts de la direction des palestiniens pour obtenir un soutien international … » (agence Wafa de l’OLP, 31 août 2010).

Dès son retour à Ramallah, tout comme Fayyad, Abbas s’en est pris à son rival politique, le Hamas, au sujet du moment choisi pour les tirs : « Il (Abbas) a déclaré que les récentes opérations de tir dans la Rive Ouest ne constituaient pas un acte de résistance : « … Pourquoi il (le Hamas) ne fait pas de la résistance tous les jours, ou n’en fait pas du tout, sauf le jour où nous entamons des négociations ? …Pourquoi la résistance ne devient légitime qu’aujourd’hui ? » (Al Ayyam, 6 septembre 2010).

Dans son sermon du vendredi qui a suivi les assassinats, Mahmoud Al-Habbash, le ministre des Affaires Religieuses de l’AP, a suivi la ligne de l’AP en condamnant le moment choisi, et en accusant même le Hamas d’essayer d’aider Netanyahou : « Quel est le secret du moment choisi pour la réalisation d’opérations armées sur la Rive Ouest ? Nous voulons connaître le secret de ce choix … Soudain ! au moment de l’arrivée du président Abbas à Washington, alors que Natanyahou est acculé, forcé de s’adapter à l’approche internationale, il bénéficie soudain d’un répit, et les palestiniens sont en défaut [à cause des attaques] … (TV AP (Fatah), 3 sept. 2010)

Aussi l’AP a objecté le moment choisi pour les assassinats. Si l’intention de l’AP était réellement et sincèrement de condamner les assassinats, l’attaque de Hébron leur donnait l’opportunité d’envoyer un message clair à son peuple pour lui dire que la violence est mauvaise et immorale. Si l’AP voulait condamner la violence, le moment choisi n’aurait pas pu être meilleur. Cependant, aucun des leaders de l’AP n’a saisi l’opportunité de condamner la violence parce qu’elle était mauvaise.

Lorsque l’Autorité Palestinienne veut envoyer un message clair et condamner sérieusement ce qu’elle considère comme de la terreur, elle sait comment le faire. Après la confrontation avec la flottille en mai, l’AP a contrôlé tous les jours Al-Hayat Al-Jadida dans une série d’articles intitulés « pirates, meurtriers, barbares, transgresseurs du droit international, absence de relation avec l’humanité. » (3 juin). Référence était fait à la conduite israélienne comme « plus que de la piraterie et plus grave qu’un massacre dans sa laideur et son inhumanité. C’est pire qu’un crime … un gang se faisant passer pour un état. » (5 juin). L’AP appelait aussi à « la protection de l’humanité contre le fascisme israélien … Un autre massacre barbare par les israéliens qui fait honte à l’humanité et au monde civilisé … la sauvagerie israélienne … un crime contre l’humanité. » 1er juin) Tayseer Tamimi, alors juge en chef du Tribunal Religieux de l’AP « a dénoncé le crime honteux » (Al-Hayat Al-Jadida, 3 juin 2010)

Quand l’AP a voulu condamner la conduite d‘Israël lors des confrontations avec la flottille, les thèmes récurrents ont été « un nouveau crime », « un grand crime », « une longue liste de crimes », « les crimes de l’ennemi », ainsi que « massacre », « massacre sanglant » et « crime contre l’humanité ».

Par ailleurs, pas une seul fois le meurtre des quatre civils israéliens n’a été appelé « crime » et certainement pas « massacre ».

Aucun leader de l’AP n’a condamné ces meurtres en disant simplement que le meurtre n’était pas bien. En effet, même Abbas à Washington, dans sa condamnation, n’a pas parlé de crime, meurtre ou tirs, mais il a choisi de condamner « ce qui a eu lieu hier ».

Pour confirmer que l’AP n’a pas cessé de glorifier la terreur, le ministre des Prisonniers de l’AP a visité les cellules des prisonniers condamnés à vie pour meurtre, immédiatement après les assassinats du Hamas. La célébration de la « condamnation » par Abbas de la terreur et de l’assassinat de civils israéliens était nettement prématurée.

Ce centrage de l’AP sur le timing de la terreur doit se comprendre non pas comme une modification de la tactique de l’AP mais comme l’évolution en cours de la politique à long terme de l’AP. Nabil Sha’ath est un membre important de l’équipe de négociation palestinienne. Après l’appel de l’Autorité Palestinienne à la cessation de la violence il y a quelques mois, il a plusieurs fois répété que le « conflit armé » devait temporairement être mis en attente « en raison de l’incapacité de s’engager dans la lutte armée actuellement indésirable, bien que ce soit le droit du peuple palestinien … « (20 mai 2010) « La distance prise actuellement avec la lutte armée ne signifie pas son rejet absolu … spécialement parce que la lutte armée n’est pas possible actuellement ou n’est pas efficace … « (20 mai) « nous avons le droit de revenir au conflit armé si nous considérons que c’est dans l’intérêt de notre peuple » (7 juin, le tout dans Al-Hayat Al-Jadida).

Le pire des problèmes résultant de la critique par l’AP du moment choisi par le Hamas pour l’attaque est loin d’être une condamnation de la terreur que le monde acclame, c’est juste le contraire ; c’est une réitération de la terreur. Le message reçu de leurs dirigeants par les palestiniens, après le meurtre des quatre civils est que la terreur reste un outil politique valable – lorsque le moment est bien choisi et s’il entraîne un gain politique. En tant que leader de l’AP, Muhammad Dahlan a expliqué : « Cette [résistance violente] est notre droit, un droit légal. La communauté internationale l’affirme pour nous. Mais la responsabilité de l’utilité, du choix du lieu, approprié et du moment important, incombe à la direction ». (TV AP (Fatah) 22 juillet 2009).

Si l’AP veut être un partenaire pour la paix, elle doit renoncer sincèrement à la terreur et la condamner ; et l’AP doit cesser d’honorer les assassins terroristes et d’en faire des héros palestiniens. Cela doit se faire non pas à Washington mais dans les zones contrôlées par l’AP et dans les pays arabes. Si l’AP continue à glorifier la terreur et à condamner uniquement sa mauvaise programmation, Israël continuera à ne pas avoir de partenaire pour la paix.

Itamar Marcus est directeur du Palestinian Media Watch (www.palwatch.org)

Nan Jacques Ziberdik est une analyse du Palestinian Media Watch

Tags: ,

Une Reponse to “Juste une question de choix du moment opportun ? Par Itamar MARCUS et Jacques ZILBERDIK (PMW)”

  1. JACQUES OIKNINE dit :

    Pour nous la majorite silencieuse le Hamas et l’AP sont deux branches palestiniennes ennemies L’UNE DE L’AUTRE QUI SE BATTENT POUR LE POUVOIR ET DEMEURENT D’ACCORD SUR UN SEUL POINT.LA DESTRUCTION D’ISRAEL PAR TOUS LES MOYENS.
    L’UNION EUROPEENNNE NAVIGUE DANS UN OCÉAN D’INCERTITUDES
    ET EN ATTENDANT LES TERRORISTES PROFITENT DE CAPITAUX TOMBÉS DU CIEL DEPUIS LES TAXES DE SA POPULATION
    ,CAR LES DEUX AURES ENNEMIS SECULAIRES
    LES PERSANS ET LES ARABES S’EVERTUENT À QUI MIEUX MIEUX
    À PROFITER GRACE À LEURS MILLIONS DE TENTER DE GAGNER
    LE COEUR DES MASSES DES POPULATIONS ARABES SOUS DICTATURES.
    ON A CONNU LA GUERRE DE CENT ANS EN EUROPE.
    MAIS CELLE CI DURE DÉJÀ MILLE ANS.
    C’EST LA DEFINITION DU DETROIT ARABE OU PERSAN QUI TRADUIT LE MIEUX CETTE SITUATION.
    ET LA PARTIE CONTINUE…………..

Laisser une reponse

Vous pouvez utiliser ces balises: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>