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Le moins que l’on puisse dire est qu’en cette période électorale, le débat entre citoyens n’est pas toujours des plus serein.
Comment pouvons-nous nous indigner, parfois avec véhémence, d’un choix électoral qui ne serait pas le nôtre (sans qu’il se porte, bien sûr, sur des candidats, éminemment ennemis de la démocratie) ?

Nombre de Français juifs, de toute sensibilité, ont, depuis plusieurs années, devant la montée de l’antisémitisme, pour préoccupation principale la sécurité de leurs enfants, de leur famille, d’eux-mêmes, de leur avenir en France. Et l’actualité est là qui fonde leur inquiétude.

Ainsi bien avant les échéances électorales, ils se sont sentis désemparés car aucun des candidats ou partis par leurs attitudes adoptées dans le passé, ne pouvaient les rassurer sur ce sujet.

Pour certains de ces Français juifs le choix est déjà fait s’ils sont membres inconditionnels d’une famille idéologique qu’ils défendront toujours avec force persuasion. Cela effectivement peut-être plus confortable que d’avoir à choisir véritablement.

Mais pour les autres, qu’en est-il ?


Ils sont là, ces Juifs, devant un choix à faire sans qu’aucun des candidats ne réponde à leur préoccupation première et vitale, ils sont là, électeurs potentiels dépossédés de citoyenneté.

Alors peut-on leur reprocher leur choix hésitant – ou les culpabiliser plus qu’on ne le ferait pour d’autres particularismes -, si, contrairement à nos pères qui s’inquiétaient de savoir si ‘’c’est bon pour nous’’, ils se posent aujourd’hui la question : ‘’qu’est ce qui est le moins pire pour nous ?’’.

Et là, il y va d’analyses, et d’avis partagés, qui ne trouveront leur conclusion que le jour du vote.

Dans ce contexte, il est vain, inopportun, offensant, de porter un jugement culpabilisateur (le plus souvent émis par le bord qui s’attribue le privilège de la bonne conscience) sur celui qui, comme tout électeur, voit midi à sa porte.

Alors quels sont les arguments qui vont faire pencher la balance pour l’un ou l’autre des candidats ?

D’un côté, on va lui énumérer à juste titre toutes les inadmissibles et révoltantes maladresses, erreurs et fautes de Sarkosy , on agitera le spectre FN, en voulant oublier de l’autre côté comment Mitterrand en son temps avait su en jouer pour se faire élire, en oubliant ses contacts avec Bousquet responsable de la rafle du vél d’hiv, et l’entretien d’une maîtresse au frais de l’Etat à Matignon, et le sauvetage à Beyrouth du terroriste Arafat, etc. etc.

Concernant le Français juif ‘’moyen’’, d’aucun se plaira à le mettre en défaut en lui rappelant que Sarkosy n’est pas un ‘’ami’’ fiable, ni des Juifs, ni d’Israël (des exemples abondent dans ce sens, c’est vrai). Mais ce serait tout simplement mépriser cet électeur hésitant – dans la mesure où il a déjà intégré et pesé tous ces paramètres – que de douter de sa capacité à faire un choix en connaissance de cause, conformément à sa légitime préoccupation (la sécurité des siens).

Les médias (de gauche surtout), les partis d’extrême gauche (verts, front de gauche, NPA, communistes…), qui rejoindront Hollande, une partie des tenant du parti socialiste (Aubry, Montebourg, Boniface, Hessel…), imprimant dans les consciences une image diabolisée d’Israël, ont par voie de conséquence une responsabilité dans la recrudescence d’actes antijuifs. Ceux-ci étant, et ce n’est pas par hasard, majoritairement d’origine arabo-musulmane.

N’oublions pas que les cris de ‘’Mort aux Juifs’’ – les mêmes que ceux de l’extrême droite des années 30 – scandés sur le pavé parisien, étaient issus de foules qui rassemblaient des partis de gauche ou d’extrême gauche, ceux-là qui s’allieront à Hollande. N’oublions pas que les premières croix gammées réintroduites en France avait une origine islamique qui a libéré la parole antijuive et abattu les interdits d’expression antijuive que l’extrême droite n’osait transgresser et qui lui permet aujourd’hui impunément de relever la tête.

Un Français juif peut légitimement s’inquiéter, selon son expérience, d’un électorat grandissant qui aura de plus en plus de poids dans la France de Hollande. On connaît aujourd’hui dans la France du XXIe siècle des ‘’exodes’’ intra-urbains de familles juives quittant leurs quartiers pour des lieux plus sûrs, ou précipitant leur alya par peur des lendemains en France.

Alors de grâce, accordons à ces Français juifs, soucieux de faire le ‘’moins mauvais choix’’ quant à leur sécurité, le droit à l’expression de leur pure sensibilité et de leur inquiétude.

Gérard Darmon

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