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Source : Charlie Hebdo

Une analyse lucide de l’opération israélienne à Gaza qu’a publié Charlie Hebdo le 7/1/09.
Venant d’un journaliste français…et en plus, de Charlie Hebdo, c’est là une agréable surprise (malgré quelques “fausses notes” en fin d’article).
Amitiés – Dr Zvi Tenney

La tragédie qui se déroule au Moyen-Orient joue un rôle d’exutoire.
Les passions qu’elle déchaîne hors de son périmètre, bien que manifestant une solidarité légitime aux victimes palestiniennes, prennent la forme, non d’un désir de paix, mais, au contraire, d’un encouragement à la radicalisation.
Autant je comprends que les soutiens aux négociateurs et aux dirigeants palestiniens du Fatah aient pu prendre des formes radicales, autant je n’arrive pas à comprendre que ces soutiens n’aient pas jugé utile de nuancer leur position dès lors qu’il s’est agi du Hamas et du Hezbollah.

Car la situation, en vingt ans, a beaucoup changé. Et, le plus froidement possible, avant d’emboucher les trompettes de l’indignation et de la vengeance, il faudrait peut-être faire un état de la situation nouvelle. Le but n’est pas de faire plaisir aux belles âmes, mais de comprendre les données du problème afin d’en imaginer les solutions. En clair, le but, c’est d’avancer, non vers la victoire d’un des deux camps, mais vers la paix pour les deux populations. Évidemment, il est beaucoup plus facile de penser la victoire du bien contre le mal, il suffit d’inverser les termes imposés par le plus médiocre des présidents américains. Mais on ne lutte pas contre la vision du monde de Bush en lui opposant une médiocrité symétrique. En définissant comme «mal» la barbarie des intégristes musulmans et comme «bien» son incompétence criminelle, il a incité une masse d’imbéciles à définir sa stupidité comme «le mal» et les intégristes musulmans comme «le bien». Sortir de ce piège est une priorité. Voici donc, bien modestement et sans prétention d’exhaustivilé, quelques points qu’on devrait peut-être prendre en considération avant d’ouvrir les vannes des bons sentiments et des passions.

1. En France, d’abord. Le soutien aux Palestiniens était encadré par des partis ou des associations tels que le PC, le MRAP, la LDH, les Verts, la LCR, dont le logiciel était encore celui de la guerre froide. Pourtant, les Soviétiques eux-mêmes, en 1979, avaient senti le danger, et, à tort ou à raison, avaient envahi l’Afghanistan. En face d’Israël, il y avait un parti palestinien laïque. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, en face, on a deux mouvements intégristes, le Hezbollah et le Hamas. Et désormais en France dans les manifestations, le gros des troupes est constitué de radicaux qui veulent détruire Israël au nom d’Allah. Ce n’est plus du tout la même chose. Et le PC, le MRAP, les Verts et les autres se trouvent désormais, non plus à la tête de la contestation d’une politique, mais débordés et mêlés à des manifestants qui n’ont plus rien à voir avec le programme écologiste, communiste ou antiraciste. Qu’ont en commun ces partis de gauche avec des mouvements religieux, racistes, millénaristes, apocalyptiques et totalitaires ? Leur répugnance à sedémarquer de tels compagnons de route relève soit de la bêtise, soit d’une démagogie qu’ils paieront cher.

2. La guerre a changé de forme. D’abord le terrorisme, puis les stratégies du Hezbollah et du Hamas ont fait des civils les cibles privilégiées, et de l’adversaire, et de leur propre camp. Fondus dans la population, ils ne sont atteignables qu’au prix de victimes civiles. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les conventions de Genève et tous les efforts de la communauté internationale ont tendu vers des règles «humanisant» les conflits. Cette période est révolue. Le Hamas tire des roquettes sur des populations civiles et prend en otages les populations dont il est censé défendre les intérêts. Le terrorisme, les prises d’otages, les exécutions, la torture et la transgression spectaculaire des droits de l’Homme s’affirment de nouveau comme des moyens légitimes au service de la bonne cause. Cette mutation de la guerre est due au fait que certains protagonistes – comme le Hamas, le Hezbollah, ou les talibans en Afghanistan et au Pakistan – sont des mouvements religieux et non des armées d’État. Ils prospèrent sous les États et par-dessus les nations. Ils échappent à toutes les lois en étant infra-étatiques et supra-nationaux. Leur problème n’est pas tant une revendication légitime – comme la fondation d’un État palestinien – qu’un combat global, prôné par des fanatiques, contre tout ce qui n’est pas eux-mêmes.

3. Israël est un des points d’incandescence du combat que mène l’intégrisme contre le reste du monde. Mais il y en a d’autres. L’Afghanistan, mais aussi, on l’a vu récemment, l’Inde. D’autres points névralgiques ne manqueront pas de se révéler, et cette considération devrait inciter à modifier un tant soit peu nos analyses de la situation au Moyen-Orient.

4.Tout incite à la compassion pour le peuple palestinien. Encore faut-il savoir ce que l’on veut. Israël ne pouvait laisser indéfiniment tirer des roquettes sur ses populations du Sud. Le Hamas craint qu’avec la venue de nouveaux acteurs, notamment Obama, des négociations aboutissent. Or le Hamas ne veut pas d’un État palestinien voisin de l’État d’Israël. Il ne veut que la destruction d’Israël. Il y est encouragé par le soutien et l’aide de l’Iran, dont l’élaboration de la bombe atomique va de pair avec les discours d’Ahmadinejad menaçant Israël de destruction.

5. La situation devient de plus en plus tendue pour Israël, y compris à l’intérieur. Les Arabes israéliens représentent désormais 20 % de sa population et ils se radicalisent, fragilisant dangereusement l’unité nationale. Les récentes manifestations de ces citoyens arabes expriment leur compréhensible exaspération.

6. Israël se trouvant confronté à des mouvements transgressant les lois internationales, prônant sa destruction et légitimant le terrorisme, on se demande comment un État démocratique peut trouver une réponse qui ne remette pas en cause ses propres principes démocratiques.

7. L’idée du «Grand Israël» est désormais minoritaire en Israël. La majorité de la population est prête pour un retrait des territoires occupés, et la question de Jérusalem se réglera d’une façon ou d’une autre, comme Ehoud Barak l’avait déjà laissé entendre et comme Sarkozy l’a rappelé récemment. Le Grand Israël est mort officiellement lorsque Sharon a décidé de se retirer de Gaza et quand Barak s’est retiré du Sud-Liban. Or ces deux retraits, symboliquement et stratégiquement très importants, ont été bien mal payés. Au nord, le Hezbollah s’est immédiatement installé pour tirer des roquettes sur Israël, et au sud le Hamas a pris le pouvoir au terme d’élections qu’on s’entête à dire démocratiques, alors que la misère et l’illettrisme ont permis toutes les manipulations. Si, chaque fois qu’Israël se retire de colonies ou de territoires conquis en 1967, des foyers de guerre et d’intégrisme s’installent, comment veut-on que des élections démocratiques portent au pouvoir des gouvernements israéliens qui prônent la continuation des retraits ?

8. Les bombardements et l’attaque au sol de Gaza par l’armée israélienne arriveront-ils au moins à faire tomber le Hamas ? À lire les connaisseurs de la situation il y a peu de chances. Cette opération militaire couteuse en vie humaines, et qui, de plus, soulève l’indignation internationale, sera vraisemblablement un échec. D’ores et déjà, on peut porter le deuil des malheureuses populations qui en seront victimes.

Mais la situation est affreusement compliquée. Des élections auront lieu en Israël dans quelques semaines. La droite de Netanyahou est en bonne place. Et c’est une catastrophe annoncée par sa vision de la situation, laquelle n’a rien à envier à celle de Bush. Le déclenchement de la guerre contre Gaza fait mécaniquement remonter les chances de Tzipi Livni et met le parti centriste Kadima en position de gagner les élections. Or, c’est le seul parti qui veut et qui peut mener une politique aboutissant à l’échange des territoires occupés contre la paix. La guerre de Gaza présente la double face d’être à la fois un échec militaire probable et la possibilité d’une réussite politique. Même si c’est immoral, la guerre qui se mène aujourd’hui est électorale. Elle a également pour but, en affaiblissant le Hamas, de renforcer l’Autorité palestinienne et Mahmoud Abbas. En ce sens, Israël est en train de faire la guerre que l’Autorité palestinienne n’a pas les moyens de mener. Toute guerre est ignoble, mais elle est encore plus ignoble quand ses fins le sont aussi. Lequel des deux protagonistes envisage le meilleur avenir ?
C’est la question.

9. De nouveaux négociateurs arrivent. La Turquie, l’Egypte, Obama et Sarkozy, lequel a sans doute raison d’aller chercher à Damas quelques bribes de solutions. El-Assad lui doit d’avoir été reçu en France. Il cherche une issue à l’aventure sanglante de sa dynastie. Tous les efforts sont bienvenus pour qu’au prochain retrait d’Israël on évite de voir surgir un nouveau foyer de guerre. Or la Syrie a été l’artisan de l’activité du Hezbollah au Sud-Liban et elle détient quelques clefs de la situation du Hamas à Gaza. La diplomatie internationale, telle qu’elle se configure depuis l’élection d’Obama, a rarement été en situation aussi favorable pour faire évoluer le processus de paix. Encore faut-il que les leaders des pays démocratiques résistent à leurs propres opinions publiques, de plus en plus révoltées par le sort des Palestiniens et hostiles à Israël. Mais il y a des compassions qui ont parfois pour effet le naufrage de ceux qu’on voudrait sauver. C’est l’art de la politique d’avoir le courage de déjouer ces mirages.

10. Enfin, face à cette violence, à ces souffrances, à ces imbrications d’intérêts humains qui ne répondent qu’épisodiquement à la raison, il faudrait proscrire les certitudes implacables. Nourrir en soi une part de doute, accepter qu’on ne comprend peut-être pas toutes les données du problème, et, comme on arrête un cheval en se campant bras écartés devant lui, s’avouer qu’on ne sait pas tout pour arrêter le galop des passions qui s’emballent. En d’autres temps,
Raymond Aron écrivait : « Appelons de nos voeux la venue des
sceptiques s’ils doivent éteindre le fanatisme. »

Edito de Philippe Val – 7/1/2009 – © Charlie Hebdo

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7 Reponses to “Gaza: la colombe, le faucon et le vrai con … Edito de Philippe Val pour Charlie Hebdo”

  1. riboh dit :

    Apres les declarations negationistes du pape,et, le maintien de sa visite en Israel pour le mois de mars ;que de Faiblesses de la part d’israel qui, a mon humble avis,devrait annuler la visite du pape. Il faut penser aux survivants de la shoa et aussi a tous ces fondements historiques et culturels,que d’un seul mot,ce pape remet en cause. Sa visite en Israel sera plus en direction des arabes et des fondamentalistes du monde ,qui ecouteront ses declarations. Et ,que fera Israel ,si lors de sa visite ,ce pape recidive et redeveloppe son revisionisme? Sachez aussi qu’il arrive en Israel en CROISE CONQUERANT,le vatican a eté le dernier etat europeen a reconnaitre Israel;je soupçonne ce pape de vouloir une alliance avec les fondamentalistes musulmans europeens et mondiaux,sur le dos des juifs ,et ,ainsi preserver le christianisme europeen ,rogné de toute part et meme marginalisé dans certaines villes d’europe.En france par exemple , l’eglise de st ouen ne fonctionne plus,la basilique de st-denis non plus quand a celle d’argenteuil ,elle est le rdv des dealers;des exemples comme celà sont multitude en belgique et autres pays ,le sacrifice d’ISRAEL ,vaut bien ,pour ce pape,quelques messes…

  2. sarfati dit :

    je vais me remettre à lire Charlie hebdo!

  3. Isaac ben Yossef Scepticix dit :

    PAS TERRIBLE, cet article n’est vraiment pas terrible car il ne fait que répéter une série de choses connues et évidentes ! Le seul mérite serait de les rappeler à ses compatriotes ignorants des subtilités de la politique.

    De plus il commet une erreur flagrante qui lui fait dire que cette guerre fait monter les actions de Tsipi Livni !
    Au contraire, 60 ans de guerres et la capacité des ennemis à se rapprocher des grandes villes PROVOQUE UNE RADICALISATION AUSSI de l’opinion israélienne et juive en général qui votera de plus en plus à droite, confirmé par les sondages !

    Ce qu’un NON ISRAELIEN ne peut pas comprendre, c’est que vivre depuis 60 ans en guerre quelques soient les raisons politiques ou idéologique ou et les caps religieux suivis par les ennemis d’Israel, ce dont on se fiche éperdument, ne change rien à leur volonté de nous rayer de la carte : CE QUE NOUS NE POUVONS PLUS SUPPORTER PARCE QUE AU DELA DE NOTRE PATIENCE !

    Le résultat est là : depuis 1948 les arabes ne reconnaissent pas Israel ( ni la décision de l’ONU qui l’a recréé) et ne lui accordent aucune chance d’exister !
    Ahmad-din-E-Dzab ne fait que dire tout haut ce que les arabes disent tout bas depuis la création de leur religion : RAYER ISRAEL ET CONVERTIR LES JUIFS puis les CHRETIENS !

    C’est son boulot de faire des analyses politiques et de vendre du papier mais quelle solution apporte donc Mr Val ?
    Il a eu lui même fort à faire avec les arabes de France lors du procès qu’ils lui ont intenté et il peut très vite se retrouver sous le coup d’une fatwa définitive en un rien de temps !
    PERSONNE AU MONDE NE DIRA TOUTE LA VERITE PARCE QUE TOUT LE MONDE CREVE DE PEUR DE CES SAUVAGES QUI TUENT QUAND ON EST PAS D ACCORD AVEC EUX ET QUI ONT INFILTRE LE MONDE ENTIER !

    LE COMBAT EST à PLACER SUR LE TERRAIN IDEOLOGIQUE POUR démonter très aisément QUE L’ISLAM EST UNE RELIGION COMME LES AUTRES ET N’APPORTE RIEN DE PLUS à l’humanité QUE LA TORAH ET LES EVANGILES QU’IL RECONNAIT ET DONT IL EST ISSU – sinon une regression si on continue de l’interpréter comme au moyen âge – !

    Mr VAL et tous les autres chroniqueurs feraient mieux d’évaluer la situation en Europe face à la faillite du catholicisme romain, car tous ces arabo-musulmans qui ont manifesté pour le Hamas sont tous des terroristes en puissance qui menacent l’intégrité morale de l’Europe et de l’humanité et veulent imposer un système théocratique totalitaire à l’humanité entière !
    Dans lequel il n’y aurait plus d’autre liberté que celle d’obéir à ces fous de Dieu !

    CE QUI EST INCOMPATIBLE AVEC LE SYSTEME MEME DE LA CREATION ET QUI, de ce simple fait, EST FORCEMMENT VOUE AU PLUS CUISANT ECHEC QUE N’AIT JAMAIS SUBI AUCUN DES SYSTEMES TOTALITAIRES précédents, PAR QUELQUE MOYEN QUE CE SOIT !

    Il est totalement invraisemblable, fou, voir idiot et manquant d’intelligence, qu’un groupe quelconque puisse imposer sa loi au monde entier !
    Personne n’y a jamais réussi et personne n’y réussira jamais, la seule universalité possible étant celle de l’homme dans sa diversité et dans le respect des autres !

    LA RAISON D ETRE D’ISRAEL EST JUSTEMENT D’OPPOSER A CES TYRANS POTENTIELS un système législatif qui annihile tous les systèmes législatifs faits par des hommes pour soumettre d’autres hommes !
    Autrement dit, la LOI de la TORAH divine est la seule qui puisse briser toutes les velléités hégémoniques de tous les tyrans de l’histoire !
    C’est une des leçons majeures de la Sortie d’Egypte et du combat des juifs contre Pharaon ; archétype de tous les tyrans à venir !
    La preuve en est c’est que chaque fois un tyran met en marche une guerre de conquête du monde, sa première décision est de vouloir détruire les juifs !
    Et à chaque fois ils se sont tous cassé les dents !

    C’est pourquoi aussi, radicalisation de toutes parts oblige, la fin sera une dernière guerre, celle de Gog et Magog (l’Apocalypse chez les chrétiens)

    Car les ennemis d’Israel veulent provoquer Dieu, terriblement absent lors de la Shoah ! Et qui leur tend un piège selon les prophètes d’Israël qui ne se sont jamais trompés.

    à Bon entendeur !

  4. claude dit :

    Il faudrait faire suivre cet interwioux,a tous les sites de gauche et extreme gauche les verts et autres,sites pseudo humanitaire.Peut etre que le monde réagirait autrement.Nathan ben David

  5. Héléna Mass-Waysenson dit :

    OUAH! on en reste sans voix, quelle lucidité! MAIS que faire pour que les foules assoiffées de sang prennent connaissance de cette parole et la comprennent, pour que les leaders changent de stratégie?
    Et les Européens accepteront ils d’avouer qu’ils se sont trompés? J’en doute
    Merci pour cette voix qui nous empêche de douter de l’humanité.

  6. fabrice dit :

    exellent et réaliste cet article, lisez aussi l’article d’une syrienne.

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    Selection primo : Documents/Islam | Gaza ou l’hypocrisie inégalée
    Wafa Sultan

    Gaza, ou l’hypocrisie inégalée
    Le point de vue de Wafa Sultan (Aafaq.org)

    La célèbre sociologue d’origine syrienne, Wafa Sultan, vient de publier l’un des points de vue le plus cinglants concernant la situation à Gaza. Elle plonge aux origines de l’islam pour expliquer le conflit entre deux conceptions diamétralement opposées : la culture de la vie contre la culture de la mort et du martyre. Elle s’appuie sur des exemples de l’histoire récente pour dénoncer une religion, une culture et une idéologie barbares… En voici les extraits les plus significatifs, traduits par Chawki Freïha.

    Puisqu’il m’importe peu de satisfaire les uns, de défendre les autres ou d’éviter la colère des troisièmes, je peux dire que le Hamas n’est qu’une sécrétion islamique terroriste dont le comportement irresponsable à l’égard de sa population l’empêche de se hisser au niveau d’une responsabilité gouvernementale.

    Mais ceci est conforme à l’habitude, puisque, à travers l’histoire de l’islam, jamais une bande de criminels islamistes n’a respecté ses administrés. (…) Je ne prétends pas défendre Israël, puisque les Juifs ne m’ont pas demandé mon avis quant à leur terre promise.

    S’ils me demandent mon avis, je leur conseille de brûler leurs livres sacrés, de quitter la région et de sauver leur peau. Car les musulmans constituent une nation rigide exempte de cerveau. Et c’est contagieux. Tous ceux qui les fréquentent perdent la cervelle…

    Avant la création de l’Etat d’Israël, l’histoire n’a jamais mentionné une guerre impliquant les Juifs, ni qu’un Juif ait commandé une armée ou mené une conquête. Mais les musulmans sont des combattants, des conquérants et leur histoire ne manque pas d’exemples et de récits de conquêtes, de morts, de tueries, de razzias… Pour les musulmans, tuer est un loisir. Et s’ils ne trouvent pas un ennemi à tuer, ils s’entretuent entre eux.

    Il est impossible pour une nation qui éduque ses enfants sur la mort et le martyre, pour plaire à son créateur, d’enseigner en même temps l’amour de la vie.

    La vie a-t-elle une valeur pour une société qui inculque à ses enfants qu’ils doivent tuer ou être tués pour aller au Paradis ?

    Si on me demandait mon avis

    Depuis le début de l’opération israélienne contre Gaza, je suis bombardée de courriers électroniques venant de lecteurs musulmans qui me demandent mon avis sur ce qui se déroule à Gaza. Je ne suis pas concernée par ce qui s’y passe, mais je suis intéressée par les motivations qui animent ceux qui m’écrivent.

    Je suis convaincue que ce qui les motive n’est pas la condamnation de l’horreur, ni la condamnation de la mort qui sévit à Gaza. Car, si la motivation était réellement la condamnation de la mort, ces mêmes lecteurs se seraient manifestés à d’autres occasions où la vie était menacée.

    Ceux qui condamnent le massacre de Gaza, par défense de la vie en tant de valeur, doivent m’interroger sur mon avis à chaque fois que cette vie-valeur était menacée.

    Plus de 200.000 musulmans Algériens ont été massacrés par d’autres musulmans Algériens ces quinze dernières années, sans qu’aucun musulman ne s’en émeuve. Des femmes Algériennes violées par les islamistes ont témoigné et raconté que leurs violeurs priaient Allah et imploraient son Prophète avant qu’ils ne violent leurs victimes. Mais personne ne m’a demandé mon avis.

    Plus de 20.000 citoyens syriens musulmans avaient été massacrés par les autorités (Hamas en 1983) sans qu’aucun musulman ne réagisse et sans qu’aucun ne me demande mon avis sur ces massacres étatiques.

    Des musulmans se sont fait exploser dans des hôtels jordaniens tuant des musulmans innocents qui célébraient des mariages, symboles de la vie-valeur, sans qu’aucune manifestation ne soit organisée à travers le monde, et sans qu’on ne me demande mon avis.

    En Egypte, des islamistes ont récemment attaqué un village copte et ont massacré 21 paysans, sans qu’un seul musulman ne dénonce ce crime.

    Saddam Hussein a enterré vivants plus de 300.000 chiites et kurdes, et en a gazé beaucoup plus, sans qu’un seul musulman n’ose réagir et dénonce ces crimes.

    Au plus fort des bombardements de Gaza, une femme musulmane, fidèle et pieuse, s’est fait exploser en Irak dans une mosquée chiite, tuant une trentaine d’innocents, sans que les médias ou les musulmans ne s’en émeuvent.

    Il y a quelques mois, le Hamas avait aussi tué onze personnes d’une même famille palestinienne, accusés d’appartenir au Fatah, sans que des manifestations ne soient organisées en Europe ou dans le monde arabe, et sans qu’aucun lecteur ne m’écrive et ne m’envoie ses protestations.

    Ainsi, la vie n’a pas de valeur pour le musulman.

    Sinon, il aurait dénoncé toute atteinte à la vie, quelle qu’en soit la victime. Les Palestiniens et leurs soutiens dénoncent les massacres de Gaza, non pas par amour de la vie, mais pour dénoncer l’identité des tueurs. Si le tueur était musulman, appartenant au Hamas ou au Fatah, aucune manifestation n’aurait eu lieu.

    CNN a diffusé un documentaire sur Gaza montrant une femme palestinienne qui se lamente et crie : mais qu’ont fait nos enfants pour être tués comme ça ? Qui sait. Peut-être s’agit-il de la même palestinienne qui se réjouissait il y a deux ans quand l’un de ses fils s’était fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv et qui disait souhaiter que ses autres enfants suivent le même exemple et deviennent martyrs ?

    Mais quand l’idéologie et l’endoctrinement sont d’une telle bassesse, il devient normal que cette palestinienne perde toute notion de la valeur de la vie. Sinon, elle pleurerait ses enfants de la même façon, qu’ils se tuent dans un attentat suicide à Tel-Aviv ou sous les bombes israéliennes.

    Car, la mort est la même, qu’elle qu’en soient les circonstances, et elle doit être rejetée. Au contraire, la vie mérite d’être vécue et pleurée.

    Dans ce cas, comment puis-je me solidariser avec une femme qui lance les youyous de jouissance quand l’un de ses enfants se fait exploser contre les juifs, alors qu’elle pleure quand les juifs tuent ses autres enfants ?

    Mais l’idéologie enseigne aux musulmans que tuer ou être tué permet au fidèle de gagner le paradis. Dans ce cas, pourquoi pleurer les Gazaouis alors qu’ils n’ont pas bougé le petit doigt pour les Irakiens, les Algériens, les Egyptiens ou les Syriens pourtant musulmans ?

    Qui prend des risques, sinon les petits ?

    Borhane, un jeune palestinien de 14 ans, a perdu il y a une dizaine d’années ses bras, ses jambes et la vue dans l’explosion d’une mine en Cisjordanie. La communauté palestinienne aux Etats-Unis s’est mobilisée pour lui venir en aide et financer son hospitalisation dans l’espoir de sauver ce qui pouvait l’être.

    Lors d’un dîner de bienfaisance organisé à son profit en Californie, la plus riche palestinienne des Etats-Unis s’est présentée en grande fourrure, et a qualifié Borhane de héros. Elle s’est adressée à ce bout de chair immobile et inerte : Borhane, tu es notre héros. Le pays a besoin de toi. Tu dois retourner dans le pays pour empêcher les Sionistes de le confisquer…

    L’hypocrisie de la palestinienne la plus riche des Etats-Unis l’empêche d’envoyer ses propres enfants défendre la Palestine contre les Sionistes.

    Exactement à l’image des chefs du Hamas qui demandent les sacrifices à Gaza, mais restent à l’abri à Damas et à Beyrouth.

    La guerre contre Gaza est certes une horreur. Mais elle a le mérite de dévoiler une hypocrisie inégalée dans l’histoire récente de l’humanité.

    Frères musulmans

    Une hypocrisie qui distingue les Frères Musulmans syriens qui annoncent abandonner leurs activités d’opposition, pour resserrer les rangs contre les sionistes. Mais ces Frères musulmans ont-ils le droit d’oublier les crimes du régime commis contre les leurs à Hama, Homs et Alep ?

    Avant de se réconcilier avec le régime pour lutter contre les sionistes, ces Frères musulmans ont-ils dénoncé les crimes commis par leurs alliés et partenaires (dans la confrérie) en Algérie et en Irak ?

    Ont-ils dénoncé la mort de centaines de milliers de chiites en Irak sur le pont des oulémas à Bagdad, pulvérisé par l’un des vôtres conformément aux enseignements de votre religion de la paix et de la miséricorde ?

    Avez-vous une seule fois dénoncé les exactions contre les chrétiens en Irak ? Ou contre les coptes en Egypte ? Votre hypocrisie nous empêche de croire vos sentiments à l’égard des enfants de Gaza, puisque vous êtes responsables du pire.

    Essayons d’imaginer ce que le Hamas aurait fait du Fatah, et des autres, s’il possédait la technologie et les armes d’Israël ? Essayons d’imaginer ce que l’Iran aurait fait des sunnites de la région, s’il détenait les armes modernes que possède Israël ? Ce serait sans doute le massacre garanti.

    La guerre du mal contre le mal

    J’ai récemment rencontré un religieux hindou en marge d’une conférence consacrée à la guerre contre le terrorisme. Il m’a dit : « Toutes les guerres se sont déroulées entre le bien et le mal. Sauf la prochaine, elle doit se dérouler entre le mal et le mal ». N’ayant pas compris ses propos, je lui ai demandé des explications.

    Il m’a dit : « Je suis contre la présence américaine en Irak et en Afghanistan. Si les Etats-Unis veulent gagner la guerre contre les islamistes, ils doivent se retirer et laisser les deux pôles du mal s’entretuer. Les sunnites et les chiites étant nourris sur la haine, vont se battre et se neutraliser ».

    Tirant la conclusion de ces mots remplis de sagesse, on peut dire qu’Israël contribue aujourd’hui, inconsciemment, au succès de l’islam.

    En s’attaquant à Gaza, Israël pousse les musulmans à se solidariser et à surpasser leurs divergences. Et septembre noir en Jordanie est encore dans tous les esprits (…). Les exactions dont sont capables les arabes et les musulmans dépassent toute imagination.

    Un char jordanien avait écrasé un palestinien, puis le conducteur du char est descendu de son blindé et a bourré la bouche de sa victime avec un journal… Un comportement qu’aucun militaire israélien n’a eu à Gaza.

    Pendant les massacres de Hama en Syrie, des militants des Frères musulmans trempaient leurs mains dans le sang des victimes pour écrire sur les murs : « Allah Akbar, gloire à l’islam ».

    Je n’ai jamais entendu qu’un juif ait écrit avec le sang d’un autre juif des slogans à la gloire du judaïsme. Je le dis avec un pincement au cœur : pour sauver l’humanité du terrorisme, il faut que le monde libre se retire et qu’il laisse les musulmans s’entretuer.

    Souvenirs

    Je me souviens quand j’étais étudiante à l’université d’Alep, et quand l’ancien ministre syrien de la Défense Mustapha Tlass était venu nous rencontrer. Dans un élan d’hypocrisie, Tlass nous avait dit qu’« Israël craint la mort et la perte d’un de ses soldats lui fait peur et mal. Mais nous, nous avons beaucoup d’hommes et nos hommes ne craignent pas la mort ». Là réside la différence entre les deux conceptions et les deux camps. Le témoignage de Tlass semble avoir inspiré les dirigeants du Hamas aujourd’hui.

    Ainsi, l’extermination de tous les enfants de Gaza importe peu aux dirigeants islamistes et du Hamas, la vie n’ayant aucune valeur pour eux. Ils se réjouissent simplement de la mort de quelques soldats israéliens. Pour les islamistes, l’objectif de la vie est de tuer ou de se faire tuer pour gagner le paradis. La vie n’a donc aucune valeur.

    Si le Prophète Mohammed savait que le Juif allait voler un jour à bord des F-16, il n’aurait pas commandé à ses disciples de tuer les juifs jusqu’au jour dernier. Mais ses disciples doivent modifier cette idéologie par pitié pour les générations futures, et pour sauver leur descendance et lui préparer une vie meilleure, loin de l’idéologisation de la mort.

    Les musulmans doivent commencer par se changer pour prétendre changer la vie.

    Ils doivent rejeter la culture de la mort enseignée et véhiculée par leurs livres. C’est seulement quand ils y parviendront qu’ils n’auront plus d’ennemis.

    Car, celui qui apprend à aimer son fils plus qu’à haïr son ennemi appréciera mieux la vie. Jamais la terre ne vaut la vie des personnes, et les Arabes sont le peuple qui a le moins besoin de la terre.

    Mais paradoxalement, c’est le peuple qui déteste le plus la vie.

    Quand est-ce que les Arabes comprendront-ils cette équation ? Quand commenceront-ils à aimer la vie ?

    Traduction de Chawki Freïha

    © MediArabe.info

    Article original : Aafaq.org

    Lire également sur Primo Les murs de nos prisons, une interview de Wafa Sultan datée de 2006

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