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analyses économiques et politiques

Le poids électoral de la gauche sous la Vème République : 2012 sera-t-elle une exception?

En observant le score de la gauche totale à la présidentielle depuis 1965, un constat empirique s’impose :

La victoire au second tour n’a jamais été acquise sans avoir atteint au moins 49% des voix au premier tour, comme en 1981 et 1988.

Le 22 avril dernier, la gauche au sens large a obtenu 43,7%  des voix, soit 1.9 point de moins que la moyenne des huit principaux instituts de sondage[1].

Dans la perspective du second tour, ces mêmes instituts de sondages accordent en moyenne 54,4% des voix à la gauche, soit un gain exceptionnel de 10.7 points d’un tour à l’autre. Deux questions se posent alors :


- Si les estimations des sondages se confirment, un tel renversement du rapport de force droite/gauche lato sensu, constituerait-il une exception sous la Vème République ?

- Quels-sont les paramètres qui pourraient conforter ou à l’inverse déjouer la victoire annoncée de François Hollande ?

On doit d’abord noter que la gauche progresse toujours entre les deux tours de la présidentielle depuis 1965. La déperdition à droite quant à elle est traditionnelle et imputable aux reports toujours délicats entre ses nombreuses composantes. Cette difficulté était déjà observée dans le transfert des voix de Jean-LouisTixier-Vignancourt (Ext. Droite) et de Jean Lecanuet (MRP-Centre) à destination de l’alliance gaullistes/libéraux.

Ainsi les gains de la gauche entre les deux tours se sont opérés comme suit :

·         1965, la gauche gagne 13 points mais perd,

·         1974 le gain n’est que de 1.10 point et elle perd,

·         1981 la gauche progresse de 1.10 point et gagne,

·         1988 la gauche progresse de 4.9 points et gagne

·         1995, la gauche progresse de 6,5 points et perd,

·         2007, la gauche gagne  10,5 points mais perd.

Il est à noter que 1965 et 2007 ont un point commun en ce qui concerne le poids et le comportement du centre « indépendant ». En l’occurrence, on peut estimer que J. Lecanuet a attiré sur son nom  environ 8 points d’électeurs du centre gauche qui ont fait défaut à F. Mitterrand au premier tour. En 2007, cette proportion correspond aux électeurs socialistes et de centre gauche captés par F. Bayrou au détriment de Ségolène Royal. Dans les deux cas, les électeurs de centre-gauche se sont reportés naturellement sur les candidats socialistes au second tour, ce qui implique que la forte progression de la gauche entre les deux tours est impressionnante mais en “trompe l’oeil”.

L’année 2007 n’étant pas forcément un bon critère de comparaison, il faut plutôt rapprocher le score de la gauche au premier tour de 2012 de celui qu’elle a obtenu en 2002. Dans cette perspective, la gauche n’a progressé que de 0.87 point, ce qui ne constitue pas en soi un vote d’adhésion comme en 1981et 1988.

Comment alors expliquer la progression de 10.7 points annoncée par les sondages avec à la clef la victoire.

On évoquera d’abord la possibilité d’un vote de rejet dans les sondages à l’endroit de la personne de N. Sarkozy qui dépasserait de loin les lois de l’arithmétique électorale. On évoquera aussi la mécanique des reports de voix du centre et du FN, plutôt médiocres sur la droite classique. On notera toutefois que les matrices de reports des sondages ne reposent que sur des hypothèses aux contours variés et qu’elles fluctuent fortement d’un institut à l’autre. Elles négligent enfin la mobilisation tant qualitative que quantitative des électeurs d’un tour à l’autre. Enfin n’oublions pas la possibilité d’anticipations autoréalisantes de la part des électeurs non marqués idéologiquement ou non-consommateurs (au sens de l’électeur consumériste et rationnel potentiellement « zappeur ») qui par mimétisme penchent du côté des « vainqueurs » annoncés par les sondeurs.

A contrario, quels sont les facteurs qui pourraient déjouer les projections des sondages et voir une victoire de N. Sarkozy sur le fil, à l’instar de notre simulation politico-économique ?

Au-delà du phénomène traditionnel de non-révélation des préférences, deux paramètres peuvent échapper aux enquêtes des sondeurs.  D’abord les reports très fluctuants et dispersés d’un institut à l’autre, rappelons-le, reposent sur une participation inconnue au second tour. Or, on ignore aujourd’hui quel camp a le plus de réserves. Par ailleurs, les participants du premier tour ne sont jamais tout à fait les mêmes qu’au second tour, même si la participation reste en apparence constante. Enfin, les instituts insistent sur la mauvaise qualité (postulée) des reports à droite et fort peu sur celle des reports à gauche. Or, la grande inconnue réside dans le comportement des électeurs du front de gauche dont l’électorat dépasse largement les contours du seul parti communiste, qui de son côté, est généralement discipliné. En revanche, nous savons que J.L Mélenchon a « siphonné » en partie une extrême gauche qui pesait encore 10,5% des voix au premier tour en 2002 et 2007 et dont on ignore si elle souhaitera favoriser l’élection de F. Hollande.

Si les « vrais » votes du 6 mai sont influencés par un ou plusieurs des paramètres précédents, l’écart entre F. Hollande et de N. Sarkozy pourrait être beaucoup plus serré qu’attendu par les instituts de sondages voire même réserver un énorme surprise …du point de vue des commentateurs…mais pas du point de vue de l’arithmétique électorale et de l’observation empirique.

Bruno Jérôme et Véronique Jérôme-Speziari

[1]Moyenne des mesures effectuées sur le mois d’avril.

http://www.electionscope.fr/?/Derniere-vague/La-gauche-peut-elle-peut-gagner-10-8-entre-les-deux-tours-de-la-presidentielle-comme-l-indiquent-les-sondages

 

50,3 % au 2nd tour : le score de Sarkozy prévu par le modèle statistique qui avait prédit les résultats exacts des 3 dernières présidentielles

En 2007, les derniers sondages avant le 1er tour sous-estimaient le score de Nicolas Sarkozy de 4 points!


Le site de prévisions et d’analyses économiques et politiques, Electionscope, est l’un des rares observateurs à ne pas voir François Hollande vainqueur de la présidentielle. Les fondateurs du site utilisent un modèle dont les pronostics se sont toujours révélés exacts depuis la fin des années 1990… Ils l’ont refait tourner après le premier tour.

Atlantico : Selon un article publié sur Electionscope, les instituts de sondage auraient tendance à majorer ou minorer certains candidats (écarts de prévisions par rapport à la moyenne des autres instituts). Qu’en est-il du détail ?

Bruno Jérôme :  On a remarqué des instituts qui penchaient véritablement pour certains candidats ou blocs politiques.

Par exemple, on note que Jean-Luc Mélenchon a été majoré par les instituts CSA et TNS Sofres. L’IFOP ou Opinionway avaient tendance à plutôt le minorer. L’observation est plus nette pour les deux principaux candidats. On a vu que BVA et TNS avaient une véritable tendance à majorer François Hollande et que Opinionway et Harris Interactive, voire l’IFOP, avaient au contraire tendance à minorer le candidat socialiste.

Il est extrêmement délicat d’être totalement affirmatif sur le fait que ces instituts roulent pour un candidat ou un autre. Il faudrait regarder à ce moment-là les relations qui existent entre les sondeurs et leurs clients, médias et politiques.

Mais notre constat empirique montre tout de même un biais systématique de 6 instituts sur 8. On a également observé que certains instituts avaient littéralement changé de comportement en cours de route. Pendant trois mois, CSA avait tendance à majorer Nicolas Sarkozy et, au dernier moment, ils se sont mis à le minorer. TNS Sofres a eu exactement le même comportement. Il y a donc un mimétisme entre certains instituts.

L’institut qui majore le plus est BVA. Sofres et Ipsos ont également tendance à sur-majorer ou minorer des candidats. Les bons élèves seraient plutôt Opinionway, Harris Interactive ou l’Ifop.

En quoi votre méthode diffère-t-elle de celle des instituts de sondage classiques ?

Il s’agit d’un modèle statistique qui est fait sur des séries de données très longues (sur la 5ème République). Nous ne mesurons pas des intentions de vote mais des facteurs qui pourraient statistiquement impacter le vote. Nous prenons principalement en compte le taux de chômage, la variable clé en France depuis 1974. Ensuite, nous évaluons la crédibilité et la popularité de l’exécutif. La popularité, retravaillée et réinterprétée, est un indicateur qui nous permet de déterminer le socle de crédibilité  de l’exécutif. Les tests empiriques qui ont été faits sur l’indicateur de popularité montrent que l’économie à court terme représente au minimum 50% de ce dernier.

Quels résultats obtenez-vous alors pour le second tour de l’élection présidentielle ?

Nous obtenons le chiffre de 50,2% pour Nicolas Sarkozy au second tour. Il est important de noter que le modèle place la droite en tête depuis octobre 2010, date à laquelle le chômage a commencé à s’améliorer avant de se dégrader à nouveau à la fin de l’année 2011.

Cette étude a été réalisée avant le premier tour. La donne n’a-t-elle pas changé depuis ?

Nous ne toucherons pas à nos prédictions. En réalité, nous modélisons également le second tour. Nous transformons les voix du premier tour en voix de second tour mais notre formule de transformation est purement politique. Elle prend en compte les grands rapports de force sous la 5ème République, la déperdition des voix entre les blocs dans cette période, les disparités régionales et l’influence et la déperdition du Front national et du Modem sur le bloc de droite. Historiquement, il y a toujours eu une déperdition des voix pour la droite d’un tour à l’autre. Dans ce cas précis, nous avons pris en compte la déperdition moyenne encourue dans les régions à cause du FN et du centre.

L’intérêt de notre démarche est également dans son découpage régional. L’influence du Modem, par exemple, n’est pas la même selon les régions. Dans certaines régions, on retrouve un Modem de gauche qui se rapporte à gauche. Dans d’autres, on remarque l’inverse. C’est la même chose pour le Front national, les gauches « lepinistes », lorsqu’elles sont en majorité dans certaines régions, se rapportent à gauche. Le sondage typique mesurera un effet global sur un panel global.

De plus, nous fixons la situation économique quatre mois avant le premier tour. Empiriquement, c’est la mesure la plus pertinente. Cela a aussi l’avantage d’éviter les bruits de campagne, les évolutions volatiles de dernière minute qui peuvent être manipulées et les effets de campagne qui s’annulent entre eux.

Enfin, notre outil est révisable. Quand on se trompe, il est assez aisé de savoir pourquoi, d’identifier des facteurs objectifs qui ont conduit à ce que l’on s’éloigne du résultat.

Cette méthode de prédiction n’oublie-t-elle pas de prendre en compte la personnalité du président de la République qui est, si l’on en croit les sondages, à l’origine de beaucoup de ralliements de droite ou centre droit vers la gauche, le Modem et le Front national ?

Tout d’abord, il est nécessaire de préciser que notre modèle comporte une marge d’erreur de + /- 1,7%. 50,2 % est une mesure moyenne optimale. On pourrait se retrouver avec un François Hollande au dessus de 50% ou un Nicolas Sarkozy à presque 52%…

Ensuite, vous avez raison, le delta qui manque est celui de l’image. Mais ce modèle n’est pas fait pour cela. Il y a une autre chose qui peut jouer sur l’écart entre notre méthode et celle des instituts de sondage classiques, c’est ce que l’on appelle l’autoréalisation des anticipations. Parfois, quand certains électeurs observent des sondages et ne se fondent que sur eux pour voter,  il peut arriver qu’ils soient tentés par la majorité. Or, jusqu’à présent, sous la 5ème République, cela n’a pas eu vraiment d’impact. Il était impossible de dire que les sondages modifiaient quoique ce soit.

Nous sommes ici en présence d’un fait exceptionnel. La gauche au premier tour est à 43,7% et elle se retrouverait à près de 55% au second tour. Ce qui, au vu de l’histoire de la 5ème République, est du jamais vu. Jusqu’à présent, il a fallu qu’elle atteigne 49% des voix au premier tour pour l’emporter. Notre modèle ne mesure pas cela. Il mesure seulement les reports moyens et la déperdition à droite que l’on a constatés jusqu’à présent. Or cette déperdition n’est pas de l’ordre d’une perte de 10 points.

Bruno Jérôme

Bruno Jérôme est économiste, maître de conférence à Paris II Panthéon-Assas.

Il est le co-fondateur du site prévisions et d’analyse politico-économiques

http://www.atlantico.fr/decryptage/electionscope-modele-qui-trouve-nicolas-sarkozy-gagnant-50-2-bruno-jerome-344603.html?page=0,1

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13 Reponses to “Electionscope : le modèle qui trouve Nicolas Sarkozy gagnant à 50,2%…”

  1. mimouni dit :

    mr seignorbosc vous dites que sarko privilegiait les riches c est pour cela qu il a perdu je ne sait pas si vous faite parti des privilegiait mais c est la le coeur du probleme mettre en avant la construction de mosquee st les histoire de piscine c est bidon je suis un ardent defenseur d israel et de la communaute au nom de quoi 6 ou7 millions de musulmans n aurait pas le droit a des mosquees au meme titre que les juifs on des syna et les catho des eglises en israel ily a des mosquees et des eglises je dis bien a partir du moment ou on respecte la laicite et le pays ou est le probleme par contre si ce n est pasle cas pas de quartier

  2. Je préfèrerai ne pas savoir lire que déchiffrer un tel imbroglio!!!

  3. TOTORE dit :

    Je revie ; l’espoir revient face à la pensée unique ! Preuve de l’anti sarkozisme au bureau : « ça va se jouer sur le fil du rasoir » ; « quoi ? le prix des rasoirs va augmenter ? ».

    Mobilisons nous pour M.Sarkozy dimanche.

  4. JM ROGER dit :

    entierement d’accord. Espérons

  5. seignorbosc pierre dit :

    Malheureusement les jeux sont faits.
    Hollande l’ami des musulmans de tous bords, sera élu en partie grâce à eux.
    Ils seront favorisés avec ce gouvernement de gauche, delanoé a déja promis de construire 1 mosquée à Paris avec l’argent des contribuables, donc le nôtre.
    Quand à aubry, elle ouvre déja des heures de piscine à lille, pour que des musulmanes puissent se baigner habillées, bonjour l’hygiène; aubry recevait des harmonies musicales devant jouer ensemble, venant de gaza et aussi de safed Israel! elle a accepté les harmonies palestiniennes, et a décommandé au dernier moment l’harmonie de safed.
    c’est avec des personnes de ce type que la france doit être perçue comme une référence dans le monde! eh bien après ceci , nous aurons une mauvaise image de marque dans le monde, merci aux crapules aubry- delanoé et ceux qui les soutiennent.
    sarko privilégiait les riches, c’est pour cela qu’il a perdu les élections.hollande ne fera rien pour améliorer la situation…

  6. Tamara dit :

    Au delà de toutes nos différence, c’est avec Nicolas Sarkozy que la France sera forte, même si je n’oublie pas la façon dont il traite Israël, en accueillant froidement un M. Netanyahou, démocrate,et adepte de l’amitié et de l’amour pour les autres et chaleureusement un M. Abbas, non démocrate et enseignant la haine des autres à sa population. Ainsi va la politique, et il ne faut pas perdre son âme M. Sarkozy. Alors malgré tout, votons pour le moindre mal, M. Sarkoy le 6 Mai 2012, en dépit de tout cet acharnement politico-médiatique, qui appelle à voter non pour Hollande, mais pour l’anti-sarkozysme.
    Soyons sérieux et votons d’abord pour le bien de la France. Tamara

  7. titine dit :

    quel acharnement contre Mr Sarkozy 9 contre 1 c’est facile!! pire qu’une cour de maternelle avec la haine en plus quelle satisfaction pour ces faibles car finalement c’est cela qu’ils sont…S’il gagne il aura eu la force de résister tout seul Bravo et honte aux autres

  8. CHEN dit :

    Dans son poste de Président, Sarkozy a énormément travaillé, il s’est donné à fond comme aucun de ses prédécesseurs. On lui reproche sa façon de se conduire alors qu’il agit comme Monsieur tout le monde. Je préfère de loin sa manière d’être, plus près de nous, que celles de Mitterrand (homme de gauche) et de Giscard (homme de droite)qui se prenaient pour des Monarques ! Rappelez-vous la façon hautaine dont Mitterrand usait pour interrompre une interview quand les questions étaient génantes pour lui! les journalistes ont vite oublié la façon dont ils étaient traités.

  9. desfaudais dit :

    votre analyse me redonnes le moral
    j’en ai juste ras le bol de cet anti SARKOSISME puant

  10. alain dit :

    « mimouni »voter hollande c’est voter le boycot d’Israel et les muzz…

  11. mimouni dit :

    je ne vois pas ce que sarkozy a fait de bien pour la france si ce n est mettre la zizanie entre tous le monde quand a israel je cherche je ne trouve pas il a dit que netanyaou etait un menteur quand israelripostait aux missiles sur sderot c etait disproportionne et c est lui qui a reconnu la palestine a l unesco

  12. simonviolet dit :

    pourquoi est-ce qu’il y a un tel acharnement anti-sarkozy?
    qu’est-ce qu’il a fait de si scandaleux pour qu’une telle croisade s’organise contre lui,de journalistes,d’artistes,de syndicalistes,de mediapart à marianne,des inrockuptibles au nouvel obs

    hollande lui essaie de ne déplaire à personne,hormis bien sûr les « riches »,les pestiférés du fn,l mange à tous les rateliers et n’a honte de rien;

    les contempteurs de sarkozy disent qu’il faut respecter la fonction de président de la république…et passent leur temps à l’insulter

  13. krief victor dit :

    Quoi qu’il en soit,nous devons tous voter pour Nicolas Sarkozi et ce,pour l’interet de la France ainsi que pour celui des juifs
    Francais,mais surtout bien sur pour l’interet d’Israel.
    CHALOM….
    VIC…..ISRAEL…

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