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Février 2009 une conférence sur le thème « enseigner l’islam aux Juifs et le judaïsme aux musulmans » a eu lieu au centre Adenauer à Jérusalem. Cette rencontre était organisée par L’ICCI auquel j’ai voulu faire une allusion.

L’ICCI (The Interreligious Coordinating Council in Israël : Conseil de Coordination Interreligieux en Israël) est une organisation interreligieuse en Israël fondée en 1991 qui a pour but de favoriser la réconciliation interreligieuse, l’éducation et l’action. Pour l’ICCI, le judaïsme, le christianisme et l’islam sont trois religions qui prêchent la paix et pourtant trop souvent, elles ont corrompu leur message et ont été remplies de haine et de violence. Pour cela l’ICCI travaille à la réconciliation parmi les Juifs, les musulmans et les chrétiens.

La violence motivée par la religion a été une force de dissuasion significative dans le progrès de la marche vers un processus de paix au Moyen-Orient. On a encore prêté peu d’attention aux dialogues entre les trois religions et peu de tentatives ont été faites pour les utiliser comme outil pour la paix et la réconciliation. La mission du Conseil de Coordination Interreligieux en Israël nous rappelle l’initiative du « Chair de Ben Ali pour le dialogue des civilisations » en Tunisie.

La chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions est une chaire universitaire créée le 7 novembre 2001 par le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. Il en parle alors en ces termes dans son discours « Ayant la conviction inébranlable que l’humanité, toutes religions et civilisations confondues, voit s’offrir devant elle de vastes domaines pour l’action en faveur du bien-être de l’homme, de sa sécurité et de sa stabilité, nous ordonnons, aujourd’hui, l’institution d’une chaire universitaire pour le dialogue des civilisations et de religions »

Son but est de militer pour les valeurs humaines qui prônent l’acceptation de l’autre dans le respect des différences ainsi que les droits humains. Le professeur M’hamed Hassine Fantar est titulaire de cette chaire depuis sa création.

La chaire se propose de participer à l’enrichissement du savoir et à sa diffusion. Elle a pour rôle principal d’encourager la connaissance des autres civilisations et religions. Elle prodigue des encouragements à des actions qui militent dans le sens du rapprochement des peuples (1).

La mission du chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions est donc similaire au rôle de « l’Interreligious Coordinating Council » en Israël. La mission du Conseil de Coordination Interreligieux en Israël (ICCI) consiste à exploiter les enseignements et les valeurs des trois héritages abrahamiques pour en faire des sources de réconciliation, de coexistence et de compréhension.

Pour cette mission, ICCI travaille avec des jeunes, des femmes et des leaders religieux pour promouvoir la coexistence juive-arabe et pour accomplir des projets construisant la paix. Il organise aussi des sessions pour animateurs étrangers confrontés à des tensions intercommunautaires.

L’ICCI est une organisation parmi les plus reconnues en Israël. Parmi les membres qui la soutiennent et travaillent avec elle, il y a beaucoup d’institutions israéliennes et palestiniennes, chrétiennes, musulmanes et juives, des organisations pour promouvoir la coexistence juive-arabe, des musées, des universités et d’autres organisations interreligieuses. L’ICCI est membre de la branche israélienne du Conseil Mondial des Religions pour la Paix (WCRP) et du Conseil International des chrétiens et des Juifs (ICCJ).

L’ICCI se concentre sur les communautés plutôt que sur des individus : les participants sont soigneusement recrutés, selon leur potentiel à avoir un impact dans leurs communautés religieuses respectives. Les programmes sont surtout à long terme afin d’encourager l’édification de rapports durables. La religion fait partie de la solution des conflits : en utilisant l’étude textuelle interreligieuse comme un outil éducatif, l’ICCI promeut la religion comme moyen de rapprocher les gens.

Il est dommage pour nous que l’Etat d’Israël œuvre seul dans le Proche Orient pour faire des trois religions un outil pour la paix et la réconciliation. Même constat au Maghreb ou la Tunisie « officielle » demeure seule qui favorise les efforts de la réconciliation interreligieuse par l’éducation et l’action politique.

Nous découvrons en détail dans le prochain article les différents programmes initiés par le Conseil de Coordination Interreligieux en Israël.

Toda Rabba ve Shalom

Ftouh Souhail, Tunis

Citoyen du monde

(1) Site officiel de la Chaire du Président Ben Ali pour le dialogue des Civilisations et des Religions : http://www.chairebenali.tn/

Israël : Des programmes pour la réconciliation Interreligieuse

L’ICCI (The Interreligious Coordinating Council in Israël : Conseil de Coordination Interreligieux en Israël) est une organisation interreligieuse en Israël fondée en 1991 qui a but de favoriser la réconciliation interreligieuse, l’éducation et l’action L’ICCI propose des programmes variés pour leaders religieux, pour femmes et pour jeunes.

L’ICCI dispose de trois types de programme ; des programmes pour les leaders religieux, des programmes pour les femmes et des programmes pour les jeunes et les jeunes adultes.

1) Les programmes pour les leaders religieux :

Les participants sont Juifs, arabes chrétiens et musulmans, tous habitant en Israël. La méthode proposée est la suivante : se rencontrer les uns les autres, développer des relations personnelles et engager un dialogue interreligieux basé sur le partage des histoires personnelles, des textes sacrés, et des solutions pour sortir du conflit. Par la suite, ils cherchent à développer ensemble des projets d’action mobilisant aussi leurs communautés respectives. Le but est qu’elles deviennent alors elles-mêmes des forces positives pour un véritable changement social.

Voici quelques exemples pour ce programme consacré aux leaders religieux ;

En septembre 2008, une trentaine de leaders religieux des communautés juive, chrétienne, musulmane et druze de Galilée se sont rencontrés à Acre. C’était la seconde rencontre d’une série de trois dont le thème était « apprendre l’interreligieux et la coopération en Galilée ». Le thème de cette session portait sur Rosh Hasahna et le Ramadan. Le rabbin Benayha Broner de Safed et le Dr Hamza de Koukab Abu Hija ont donné des enseignements, suivis d’une discussion animée sur le rapport minorité-majorité dans la société israélienne en général.Pour ces rencontres innovantes, l’ICCI est co-sponsorisé par le département des Affaires religieuses du ministère de l’Intérieur de l’Etat d’Israël.

Depuis 2006, un cours sur le judaïsme est donné aux imams en Galilée. La deuxième année s’est conclue par une sortie éducative à Séphoris, site qui a beaucoup d’échos historiques tant anciens que modernes. Ils ont d’abord visité l’ancien site et en particulier le quartier juif. C’est à partir de là que se sont fixées les traditions orales juives, publiées vers 200 (Mishna). Ensuite, ils ont rencontré Nijam Salim, un résident du village arabe de Safureh, (forme moderne de Séphoris). Une discussion animée avec lui s’en est suivie sur les relations Arabes-Juifs dans cette région avant et pendant 1948. La journée s’est achevée par un repas festif pendant lequel les participants ont partagé leurs impressions sur le cours et leur désir unanime de poursuivre un tel enseignement.

Parfois les leaders religieux se joignent à d’autres organismes pour des actions ponctuelles, comme par exemple pour répondre immédiatement à la déclaration de certains médias en temps de crise, ou encore pour aider un institut qui prépare du matériel éducatif et didactique pour enseigner les autres religions dans le but de la réconciliation.

2) Les programmes pour les femmes :

A travers des programmes qui visent à encourager le leadership féminin, l’ICCI soutient des groupes de femmes israéliennes (juives) et palestiniennes (musulmanes et chrétiennes) pour agir comme des catalyseurs de paix. Depuis 1991, ces groupes de femmes d’ICCI se réunissent à Jérusalem et en Galilée.

L’ICCI croit fortement que si à Jérusalem, ville sacrée en conflit, les Israéliens et Palestiniens, juifs, musulmans et chrétiens, peuvent parler ensemble et construire une confiance mutuelle faite de respect et de compréhension, elles pourront servir d’exemples et jouer des rôles de modèles pour les deux peuples, et propager un espoir de réconciliation.

Ce programme est crée, planifié et coordonné par Mme Sarah Bernstein (une Juive israélienne) et Mme. Hanadi Soudah-Younan (une Palestinienne chrétienne), membres du comité exécutif de l’ICCI. Il était et reste unique dans le fait de créer un dialogue entre les femmes juives, musulmanes et chrétiennes de Jérusalem-est et ouest, qui mène avec succès des projets d’action sociale.

Voici quelques exemples des programmes qui visent à encourager le leadership féminin soutenus par L’ICCI :

Les Femmes du Livre : est un aboutissement de trois ans de dialogue actif par un groupe féminin qui a publié un livre : un « Collage » de Jérusalem, en juin 2005 qui inclut des réflexions honnêtes des participantes, de leurs expériences de dialogue et de certains des dilemmes levés en vivant dans une situation de conflit en cours. Le travail est une mosaïque fascinante des vies entrelacées et des identités d’un groupe de femmes « ordinaires » de Jérusalem. Beaucoup de questions sont soulevées dans ce livre comme le rapport à la terre, les expériences de réfugiées, la crainte comme faisant partie de soi en voulant vivre et élever des enfants au milieu de ce conflit. Mais l’on peut sentir dans cet ouvrage le désir d’avenir, l’espérance dans la création d’un monde meilleur pour la génération suivante.

Les Femmes du Livre agissent comme un outil puissant pour aider d’autres personnes à aller au-delà de leur crainte et de la méfiance de l’autre. L’ICCI a constaté que les « collages » engagent les participants sur un niveau profond, humain. Les femmes du premier groupe de dialogue utilisent maintenant cet outil pour construire des rapports entre les communautés divisées de Jérusalem. Elles organisent des temps de réconciliation pour les communautés et des ateliers construisant la paix. Basés sur le livre, ces ateliers se concentrent sur la promotion de la tolérance, la réconciliation et la guérison. De cette façon elles espèrent commencer le travail de destruction des barrières « presque insurmontables » d’amertume, de crainte et de soupçon qui divisent Jérusalem.

Un nouveau programme s’est établi aujourd’hui en partant de l’expérience de ce premier groupe. Profitant de l’élan de ce dernier, elles espèrent avoir un impact plus large. Le thème central de ce nouveau groupe de dialogue est l’avenir de Jérusalem, thème qui est au coeur même du conflit israélo-palestinien. Elles discutent de l’avenir de Jérusalem sur un plan personnel et politique. Elles espèrent créer et publier une « vision » partagée qui pourrait servir à la pensée politique comme une plate-forme alternative.

3) Le programme pour les jeunes et les jeunes adultes :
L’ICCI s’adresse aussi à des jeunes israéliens (juifs) et palestiniens (musulmans et chrétiens) des lycées et aux jeunes adultes pour comprendre le conflit et propose des programmes pour développer le leadership parmi ces jeunes.

Chaque année, après une candidature et un interview, 12 Palestiniens (musulmans et chrétiens) et Israéliens (juifs) adolescents de Jérusalem sont choisis pour participer à un programme d’une année. Le groupe d’adolescents de Jérusalem commence par un voyage à New York pour participer à deux semaines intensives avec des jeunes d’autres régions du monde.

De retour au Moyen-Orient, les participants s’engagent deux fois par mois à des séances de discussions, des activités, qui ont pour objectif de faire connaître à d’autres jeunes les donnés du problème à Jérusalem et d’être au service de la communauté et de former des animateurs.

Dans la même démarche du Conseil de Coordination Interreligieux en Israël, le Conseil Interreligieux des Jeunes Adultes de Jérusalem (JIYAC), a lancé depuis juin 2007, un programme d’animation interreligieuse pour étudiants tant à l’est qu’à l’ouest de Jérusalem. Le JIYAC cherche à rassembler des étudiants d’université pour changer le discours public et améliorer les relations entre chrétiens, musulmans et Juifs à Jérusalem. L’ ICCI est associé avec le (JIYAC) pour ce programme.

Le Conseil Interreligieux des Jeunes Adultes de Jérusalem a lancé aussi un autre programme « De la Mémoire à la Réconciliation ». Il s’agit de rencontres organisées en 2007 et 2008 entre Juifs et Arabes avec des étudiants bouddhistes du Japon, centrées sur le rôle humain universel de la pacification de la mémoire dans chaque culture et dans les récits nationaux, que ce soit comme victime et/ou comme agresseur.

Tout ce dynamique autour de la réconciliation interreligieuse par l’éducation et l’action sur le terrain montre bien la détermination de l’Etat d’Israël et de la société civile israélienne à l’avènement d’un monde merveilleux, un monde dont nous voudrions bien pacifique surtout pour les générations à venir dans le Proche Orient. Le rôle majeur que joue le Conseil de Coordination Interreligieux en Israël (L’ICCI) ainsi que le Conseil Interreligieux des Jeunes Adultes de Jérusalem (JIYAC) et tous les intervenants est une source d’inspiration et de fierté pour nous tous espérant seulement que le sens unique ne sera pas éternel.

Ftouh Souhail, Tunis

Citoyen du Monde

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