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Arnold Lagémi

Arnold Lagémi

Les nostalgiques de l’Algérie Française ne pardonnent pas à la France d’avoir rendu l’Algérie  à sa vocation de pays libre.  D’où une haine quasi systématique  qui oblige à étendre les critiques et reproches en des domaines où leurs auteurs ne semblent pas craindre d’apparaître comme ringards et ridicules. Et, plus grave, quand il s’agit d’Israël, « l’oubli » que le Chef de l’Etat a été élu pour sauvegarder d’abord et essentiellement les intérêts de la France. S’en suivent des réactions malsaines où l’on se félicite, chez certains,  des difficultés intérieures ou extérieures françaises,  comme s’il s’agissait d’une punition bien légitime.

A titre personnel, j’aurais toutes raisons à épouser leurs querelles puisque, concernant ma famille,    l’indépendance de l’Algérie est cause de la perte d’une usine marbrière (rares sont les tombes au cimetière de St Eugène, près d’Alger où n’est pas mentionné le nom de Lagémi) et de l’usine de conserves alimentaires, « les confitures Jeannette » à Blida. Mes parents ont été expulsés par décret du président Ben Bella. J’aurais donc aussi, motif au ressentiment….

Et bien non ! Alger, Oran, Coonstantine etc….deviennent des souvenirs encombrants parce qu’ils ont quitté la mémoire pour devenir des « présences agissantes » réclamant vengeance. « Douce France, cher pays de mon enfance » devient par le jeu subtil de la haine,  l’objet d’un ressentiment aveuglant l’objectivité, tétanisant le sens critique et alimentant toute occasion pour exprimer les manifestations les plus variées de la vindicte et des représailles.

Certains vont jusqu’à  perdre le sens de la mesure en n’hésitant pas à recourir à l’insulte envers le Président de la République, dont un bilan objectif, publié dans ces mêmes colonnes confirme les résultats positifs de son premier quinquennat.

Certes, des erreurs ont été commises. Avoir facilité l’entrée de la Palestine à l’UNESCO ne correspond pas à l’ »idée qu’on se fait de la France ». Cela n’oblige pas, pour autant, à ramasser dans le caniveau des arguments orduriers qui atteignent d’abord la dignité de leurs auteurs.

 

A propos de l’évocation d’évènements historiques où furent impliqués des Juifs d’Algérie, je lisais récemment  des lignes plombées par le souvenir. Je veux dire des propos que ne désavoueraient pas  certaines amicales d’anciens combattants, où l’essentiel était plus dans le culte du passé que dans la volonté d’imaginer ce qu’auraient fait ces hommes et ces femmes confrontés aux épreuves de notre temps. Car là est l’essentiel. Dans la transmission à ceux qui arrivent !!! Pas dans l’évocation stérile de souvenirs égoïstes qui ne sont pas traduits dans le langage qui pourrait donner l’envie d’imiter à tous ces jeunes qu’on se limite à critiquer sans rien proposer d’exaltant en échange.

 

Evoquer le passé n’a de sens que si l’on y puise des forces pour affronter le présent. Le combat des jeunes générations a besoin d’exemples bien vivants, de souvenirs  édifiants qu’ils pourront faire revivre. Surtout pas de ballades dans les cimetières de la mémoire, quand bien même ce serait pour y chanter  Charles Trénet, le mouchoir à la main.

www.arnoldlagemi.com 

 

 

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12 Reponses to “Charles Trenet, les Juifs pieds noirs et…L’Histoire! par Arnold Lagémi”

  1. simonviolet dit :

    je voudrais juste rajouter que beaucoup de pieds noirs (ou leurs enfants) ne sont pas amers,ils voudraient juste qu’on raconte leur histoire telle qu’elle s’est passée,et non pas telle qu’elle est racontée par le fln,avec ses millions de morts imaginaires,son « occupation nazie » et la préexistence d’une nation avant l’arrivée des français

  2. Bensoussan Albert dit :

    Je pense n’avoir jamais été aussi bien compris que par Arnold Lagemi, et son texte – ou son analyse – est l’une des plus fines et des plus touchantes qu’il m’ait été donné de lire. Merci, Arnold. Je me sens encouragé à poursuivre, malgré bien des obstacles et des difficultés conjoncturelles. Je reprends la plume sur l’écran, j’écris, je survis.
    Chavoua Tov

  3. Arnold Lagemi dit :

    La recette est restée là bas, avec les souvenirs !!!!!
    Chabbat Chalom

  4. Arnold Lagemi dit :

    Cher Albert,
    Je suis, à votre égard et pour cette affaire aussi étranger à l’amorce d’un reproche qu’il est possible de l’envisager. Quant au « retournement » de la femme de Loth, il s’appliquerait à …d’autres et pas à vous. Pourquoi?
    Parce qu’Alger n’a jamais été pour vous un souvenir, Alger est dans votre affection, dans votre coeur, dans votre amour. « Commémorer » c’est rappeler. Alger étant en vous, vous n’avez nul besoin de commémoration.
    Je dirais même qu’on ne commémore que ce qui n’est plus. Sans cette part de vous même, bien vivante, vous ne seriez pas celui qu’on apprécie précisément parce qu’il ignore les commémorations en détenant le secret des résurrections permanentes.
    Continuez ainsi, ne commémorez rien, vous vous parjureriez. Vous avez le pouvoir vivifiant que d’aucuns ne supporteraient pas, celui de maintenir en vie.
    Alors, l’homme d’écriture se retire à petits pas pour laisser place au magicien, à celui qui transforme le passé en un présent éternel. Continuez Albert pour ce qu’est et sera Alger grâce à l’illustre témoin que vous êtes.
    Avec mon affectueuse considération.

  5. jay63 dit :

    heu Arnold, quel rapport avec votre soutien à Sarkosy? Vous qui étes tant dans l’analyse quand il s’agit des textes religieux, vous sautez cette étape quand il s’agit de politique. Je ne peux croire que vous confondez listes de mesure avec l’analyse objective de l’efficacité de diverses politiques publiques.

  6. BRAMI charles dit :

    Cher monsieur LAGEMI vos propos sont un régal de notre passé..
    pour mon compte je suis né a TUNIS et avons tiré un trait sur les belles années passées dans le bonheur.
    pouvez vous nous transmettre votre recette
    CREME DE PATATES …..MERCI

  7. Ivan dit :

    Bonjour à tous les deux.
    Je ne suis pas né en Algérie (pas très loin cependant), mais le ton de votre échange me touche beaucoup parce qu’il est en grande partie ce qui fait la force du peuple juif.
    Chabbat Chalom à tous.

  8. gozlan lucien dit :

    ah ah ah!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    J ai mes expressions, et elles sont personnelles.
    Je m exprime comme je le ressens
    Pour le reste ya pas de problemes
    Si un jour vous etes de passage a ASHDOD venez prendre la kemia,
    et alors las, on pourra faire plus ample connaissance.
    Demandez a Julien Zenouda, ou eventuellement a Albert Bensoussan?????
    Et puis a ASHDOD, cela parait aussi bien pacifie que dans le SHOMRON, et la je vous garantis que vous ne risquez rien.ah ah ah!!!!!
    Allez sans rancune, je savais pas que vous etiez d Alger???? C est Julien qui me l a appris.
    Alors bien venu au club des Algerois, pas des Algeriens ah ah ah!!!!!!!Miam….la bonne confiture de patates douces.
    Gozlan lucien

  9. Cher Arnold,
    Je vous donne raison et vous tends la main. La nostalgie me donne des aigreurs d’estomac, et il n’est pas raisonnable de verser encore des larmes sur l’Algérie que nous avons connue, vous et moi, dans notre enfance. Et je déteste ces célébrations du « cinquantenaire ». Ce que j’ai écrit sur notre terre natale commune a pu apparaître comme un ressassement nostalgique et l’on m’a parfois jeté au visage le mythe de la femme de Lot transformée en statue de sel parce qu’elle avait osé regarder en arrière. J’accepte ce reproche et, en toute hypothèse, fais amende honorable. Cependant, j’ai fait mienne les beaux vers de Saint John-Perse : « Sinon l’enfance, qu’y avait-il qu’il n’y a plus? ». Ce n’est pas sur l’Algérie qu’il m’est arrivé de pleurer, c’est sur mon enfance, sur cette famille admirable où je suis né, dans la tendresse et la piété. Quant à l’impossibilité désormais de retourner là-bas (j’y fus invité cette année et j’ai décliné l’invitation), certes, je regrette de ne plus voir le nom de Lagemi sur les pierres tombales de Saint-Eugène (pardon, Bologhine!), mais déjà en 1982, dans mon seul et dernier voyage de retour, les tombes me sont apparues effacées et le cimetière était dans un grand délabrement. Nul regret, donc. Mais une mémoire vive de ce qui fut, une mémoire qui alimente notre présent : je suis ce que je suis et ce que je fus, ou furent les miens, n’est-ce pas? Et le goût qui m’est resté au palais des confitures Jeannette me fait choisir aujourd’hui les marmelades d’abricot bio, comme j’en ai dégusté l’autre jour au Kikar Dizengoff. Depuis longtemps, enfin, j’ai oublié les sables de Sidi-Ferruch pour arpenter la belle et vaste plage de Netanya, où les hommes sont si légers qu’on les voit voler dans l’air.

  10. Edouard dit :

    La France nous a trompe au moins 3 fois
    1] Avec le General de Gaule  »Je vous ai compris » et il n’a rien compris
    2] les Francais ont ete chasses d’Algerie et ont ete recus comme des chiens dans un jeu de quille en France [ aujourd'hui les nouveaux francaissont mieux consideres que nous dans les annees 60]
    3] la meme France fait tout pour nous chasser d’Israel

  11. Arnold Lagemi dit :

    Cher Monsieur Gozlan,
    Les souvenirs que vous évoquez me touchent vraiment. C’est, en effet, d’abord dans nos familles que nous trouvons et puisons la force. La mienne m’a beaucoup donné.
    Aussi, je crois que quelques divergences passagères ,ne porteront jamais atteinte à notre relation, sauf si vous persistez à mettre en tête dans votre classement « confiturier » la confiture d’abricots, la crème de patates était bien meilleure….
    Je vous dis mon amitié et vous souhaite un excellent Chabbat.

  12. gozlan lucien dit :

    Monsieur Lagemi,
    Bravo pour vos propos dont je meconnaissais l histoire. Bien sur je me rappelle la bonne confiture « Jeannette » a l abricot que l on goutait avec delices, oui c est vrai, il y avait l inscription lagemi sur de nombreuses tombes, oui je me souviens du marbrier monsieur Darmon qui de son ciseau et de son marteau ou de son petit marteau piqueur, frappait le marbre pour en ressortir les textes bibliques, avenue de la Bouzareah a Alger, juste a cote du cafe des freres GUEDJ qui en avait egalement un autre juste en face, et qu on appreciait l odeur des 12b – 12s pour abreger « brochettes ou saucisses », et la fumee des fourneaux qui s elevait en sortant a l exterieur de la boutique pour enfumer les passants qui ne s arretaient pas de faire « dar et venir » sur cette belle AVENUE, qui enfin de compte n etait qu une petite rue de quartier mais combien vivante par l activite commerciale qu elle proposait a toute sa population environnante.
    Monsieur Lagemi, vous avez raison, notre passe il est derriere nous, nous nous y accrochons dans nos souvenirs mais nous prenons concience aussi que c est un passe et que tous nos enfants juifs et qui ont decide d engager leur avenir dans leur pays, ISRAEL, nous nous devons de les rassurer sur la volonte de leur bon choix et surtout qu ils comprennent que L ALGERIE,… ce cher PAYS de mon ENFANCE,… ne peut en aucune facon les concerner.
    Oui, evoquer le passe n a de sens que si l on y puise des forces pour affronter le present.
    Encore une fois bravo monsieur Lagemi.
    Chabbat Chalom

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