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Je me souviens…
Yom Kippour à Alger
Pour Samuel Ben Yéhouda, mon père, Zi’hrono Libra’ha.
  

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Je me souviens… Arpentant encore et toujours les tournants Rovigo, montant et dévalant, j’avance sur les cotons de la mémoire, par des rues qui s’effacent et des places qui roulent vers l’abîme. Je me souviens d’une ville qui n’existe plus… Depuis des années et des années, tant de sable a croulé, et je me vois toujours descendant cette cité en pente, toutes ces rues d’Alger qui se jettent à la mer. Où nous fûmes naufragés… Yom Kippour à Alger, au Grand Temple de la rue Randon, comment c’était déjà ?…


Depuis le recueillement de Kol Nidrei, la veille au soir, pas une miette de pain, pas une goutte d’eau n’avait traversé mon gosier. Je m’éveillais la langue râpeuse, et qui collerait au palais toute la journée, car défense de se laver, de se rincer, de se rafraîchir. Le jeûne était contri­tion, il fallait aller au-devant de la souffrance. J’accompagnais papa aux aurores. Jamais je ne l’aurais laissé aller seul à notre synagogue, au cœur de la citadelle maure. Une houle de chaleur montait aux tempes comme nous traversions les artères désertées. Dans la cité marchande, pas un seul commerce n’ouvrirait, ni rue d’Isly, ni sous les arcades de la Lyre, ni rue Bab-Azoun, ni aux tissus Bouchara ni chez Bakouche, pas plus qu’au Petit-Duc des frères Stora ou chez Baranès à Maison Larade, qui avaient averti toutes les couturières catholiques de la ville que le rideau de fer, ce jour-là, resterait baissé.

Contournant le centre, nous allions par la rue Dupuch et les tournants Rovigo jusqu’à déboucher place de la Lyre et là emprunter la rue Randon qui traverse la Casbah de part en part, folle d’odeurs et de huées. Il fallait se frayer un chemin dans la foule arabe, toujours affairée en ruelles, éviter prudemment les Balek ! – ôte-toi de là ! – du livreur poussant à la hâte sa carriole cahotante, et ne pas se cogner aux ânes aveuglés dégringolant des venelles avec leurs ordures à ras bord des couffes qui souillaient de part et d’autre les parois. Et il fallait fermer les yeux sur les fellaghas déguisés en fatmas, et sur Ali-la-Pointe, dissimulant sous le voile du haïk un pistolet assassin…
femme-arabe

Enfin, la grille du Temple, sur la place du marché, avec l’inévitable agent de police, symbole dérisoire de notre sécurité. Mais nous n’avions rien à craindre de nos frères dont l’un venait allumer les lumières quand la loi hébraïque l’interdisait à nos mains. Le shamash, qui arrivait forcément le premier, allait cogner à la porte du yaouled appointé par le Consistoire, qui traversait la place du Grand-rabbin Abraham Bloch sur les pas de Benatouil, qui, ouvrant grand la porte de la synagogue lui désignait au vestibule les minuteries respectives, puis lui faisait traverser la travée centrale, et l’Arabe prenait soin d’ajuster sa chéchia ainsi que I’Allah des Juifs l’ordonnait, et il allumait les feux de la rampe autour de l’estrade de prière, et les guirlandes d’ampoules au-dessus d’Arche Sainte qui, ce jour-là s’ornait d’un splendide rideau de satin blanc, linceul immaculé tiré sur les rouleaux sacrés. Puis l’éclaireur montait aux galeries supérieures et branchait les petites lampes pour les femmes, et descendait même aux toilettes du sous-sol qui serviraient à soulager la vessie économe de ceux qui ne boiraient pas d’eau de toute la journée.

Papa frottait ses mains contre le mur du Temple pour les purifier des contacts profanes. Nous poussions le porche. À droite dans l’entrée, la large main de velours rouge aux cinq doigts d’or recouvrant la mézouzah, cette parole divine que nous baisions, le front déjà nappé de cette ferveur qui montait des psaumes d’aube récités par les premiers fidèles. Le vieux Bittoun s’asseyait  à l’angle de la Tévah, juste contre le mur tapissé de plaques noires à la mémoire des disparus, en retrait de l’estrade réservée aux notables et aux membres du Consistoire qui n’arriveraient pour la plupart qu’en milieu de matinée. Ce vieillard plié en deux récitait tous les chants de David, sur sa lyre et sur la guitith, qui balisaient le premier des cinq services composant le jour de Kippour. D’une voix grave, sonore et précipitée, le dos voûté, s’agitant sur sa chaise, il entonnait à mon oreille attentive I’hymne de Hannah offrant à la synagogue son fils unique, Samuel, le prophète qui allait oindre les premiers rois d’Israël — et c’était le nom de mon père. Les pieds nus dans des espadrilles. Car ce jour-là les hommes pieux de mon pays, bannissant le cuir, chaussaient des semelles de corde et s’habillaient en blanc, en instance de purification. Papa, lui, mettait son plus beau costume d’été, en lin écru assorti à son canotier, et se déchaussait selon l’usage du village. Toute la journée il la passerait en chaus­settes. Beaucoup imitaient son exemple, et pas seulement pour la contrition…

La prière de Hodou lachem ki tov  (« Louez l’Éternel en Sa bonté »)  voyait prendre les commandes M. Timsit – dont le fils irait rejoindre la rébellion du FLN, hélas ! serait arrêté et, après un procès où s’illustra mon frère Lucien, l’avocat, condamné à perpétuité, il passerait Kippour en prison, jeûnant et priant, tout communiste qu’il fût. L’administrateur de la synagogue couvrait sa vaste carrure des franges de laine en noir et blanc et s’avançait sur la rampe de la nacelle, invitant I’assistance à le suivre dans l’harmonie de sa voix. L’office du matin commençait vraiment. Mes deux oncles, Chmoyel et Coco, venaient nous embrasser et prenaient place au fond où ils resteraient debout toute la journée, obéissant à quelque ancien vœu digne de leur mère,  Lalla Sultana, et ne s’autorisaient parfois que I’accotement au mur ; ou alors Coco soulevait sa jambe et demeurait comme un héron sur une patte, à cause des varices. (Sans savoir qu’à son enterrement à Pantin, en 2OO6, le ministre Jean-Louis Borloo viendrait suivre son cercueil et témoigner grand respect pour ce modeste bourrelier, dont le fils, Dieu merci, avait bien réussi.)  Plus tard j’ai compris  que ce vœu de rester debout toute la sainte journée était plutôt vœu de pauvreté, car mes oncles étaient des artisans besogneux, incapables de payer leur place assise dans la plus noble des synagogues algéroises. Mais là où ils sont aujourd’hui, je sais bien qu’ils sont assis au premier rang, béni soit leur souvenir !

Le rabbin Chemoul avançait lourdement entre les stalles, excédé de vieillesse, et nous l’aidions à se déplacer, à gravir les trois marches de I’arche, en lui baisant la main. Son gendre, Albert Pérez, la plus belle voix de basse de tout le Qahal, en était déjà à la fin du premier service, et son timbre grave s’accordait éminemment à la pénitence. Le grand-rabbin Eisenbeth entrait à son tour, noble visage et barbe taillée, noire et blanche, s’appuyant sur sa canne, et nos mains sur ses mains, et nos baisers de révérence. Bientôt la synagogue était pleine, les autorités prenaient place dans les beaux fauteuils de cérémonie, qui pieds nus, qui en espadrilles, les rabbins en soutane de lin blanc, et les voix gonflées de ferveur.

Petite incise, ici, pour faite entendre la petite voix de mon ami Julien, quand il avait douze ans à peine, et qu’il n’était pas encore devenu un as de la prière. Ce matin-là de Kippour, le grand-rabbin, après avoir gagné la nacelle, entra dans la petite salle attenante, à droite de l’Ei’hal, et qui servait de vestiaire. Et là, le jeune Julien, qui connaissait les lieux – la cachette, disait-il – à cause de son père qui était guizbar, un notable de la synagogue, avait réuni ses petits camarades de Bab-el-Oued qui, comme lui, trouvaient le temps un peu long, surtout qu’ils avaient été privés ce matin-là de café au lait et de calentita (ce flan salé à la farine de pois chiches) et avaient encore devant eux de longues heures de jeûne. Et que faisaient-ils pour tromper leur attente, ces galopins ? Ils jouaient tout bonnement aux tchic-tchics, ainsi que nous appelions les dés, ceux-là même qu’on jette sur le velours noir du jacquet, et qu’on peut aussi bien lancer assis par terre, entre ses jambes écartées, comme au jeu des osselets, en calculant le plus haut chiffre, et celui qui atteint le plus beau score est déclaré vainqueur. Voilà à quoi jouaient Julien et ses petits camarades, sur le velours rouge du petit salon d’apparat qui tenait lieu de garde-robe pour les rabbins, quand, noble vieillard, vénérable et imposant avec sa longue barbe blanche, le grand-rabbin Eisenbeth entra en scène. Ce fut un  beau scandale, ce matin-là, et la voix de basse de notre berger alsacien fut si chaudement sollicitée que papa Zenouda accourut sur le champ, en interrompant le fil de sa contrition. Et voilà que, malgré la solennité du jour et le ventre creux de tout un chacun, les mains volèrent au-dessus des têtes enfantines. Ce fut une belle raclée générale. Qui parlait de Grand Pardon, ni même de petit… ?

Mais nous voilà à ces beaux poèmes de Kippour et aux chants liturgiques, et les voix qu’on entendait là, que de beautés ! Parmi elles, Martin Zenouda, en vaillant ténor, accompagnait le défilé des rouleaux de la Torah entre les travées en entonnant d’une voix claire et lumineuse  le Mizmor-lé-David qui s’achèverait sur ce cri de Paix, ce Chalom, en un contre-ut que lui seul avait pouvoir de lancer, et de vibrer jusqu’à ce que les vacillants porteurs de la Loi aient pu replacer les Séfarim dans l’Arche Sainte. L’un des privilèges du Grand Temple — je ne parle pas seulement de la présence du Grand-Rabbin d’Algérie, Maurice Eisenbeth — était qu’on y entendait les voix les plus charmeuses. Il y avait là, rival de Lili Labassi, cette vedette de musique arabe sur Radio-Alger, Sassi qui faisait les beaux  soirs de la Casbah et les beaux jours de fête de notre Qahal. Et puis Kespi, au timbre plus gras, qui rivalisait avec lui en tressant la couronne que nous appelons le Keter. Et même la soprano colorature de l’Opéra, Ida Donnedu qui, bien avant Nathalie Dessay, ne chantait qu’aux mariages en grande pompe, mais qu’on entendait aussi en tribune entonner, infiniment douce : Mi El kamo’ha – « Quel Dieu comme le nôtre » ! En vérité Ida, quelle voix comme la vôtre !… Ai-je dit que nos chants de synagogue étaient des poèmes, souvent espagnols et médiévaux, où le souci de la rime et du rythme rivalisait avec les plus belles stances du grand Isaïe, le prophète de l’Exil et de la Délivrance, avec en hébreu entre ces deux mots, golah et guéoulah, le gauchissement d’une simple voyelle. En fait, ce jeu de mots balisait notre parcours, car, si nous étions enfants du Bannissement (de Jérusalem), nous aspirions tous, par le jeûne, la cendre et le retour sur soi, à la Délivrance, ainsi qu’il est dit, à l’énumération des multiples issues implorées au dernier temps de la Né’ila, la prière de Clôture : Cha’aré Guéoulah, la porte de la Délivrance…

 On se levait dans un grand envol de châles, en soie blanc bleu pour les jeunes, en laine blanc noir pour les vénérables, et l’on s’asseyait, et l’on se relevait, ainsi toute la sainte journée, sauf pour mes oncles et leur vœu de joncs immobiles. II y avait aussi quelques femmes au balcon, mais sans les enfants qu’on n’amènerait que le soir, pour la bénédiction des Cohanim, au plus chaud, au plus haut de l’exaltation, dans le misérable hourvari des confes­sions — viddouï –, des aveux, des remords et du repentir – ‘hatanou – à plein poing sur le sein. On s’asseyait enfin pour la première pause de la journée, au moment des enchères, menées avec méthode et décision par M. Timsit assisté du shamash Benatouil qui, ce jour-là, eu égard à la solennité et à l’assistance choisie, renoncerait à compter en arabe, aux côtés du rabbin Che­moul qui bénissait d’une voix lasse les donateurs, et leurs morts. Que de grâces mises à l’encan ! Et pour ouvrir le rideau de l’Ei’hal, et pour porter en cortège les rouleaux de la Torah, et pour soulever la Loi de Moïse en l’offrant, bras tendus, dans un arrachement douloureux, à I ‘adoration des fidèles zozotant — Vé zoth (voici) ha Torah — et c’étaient toujours les fils Derrida qui I’achetaient pour leur père parce qu’il avait la plus longue barbe de toute la synagogue et le regard fulminant de Moshé Rabbinou. Il fallait payer aussi pour dérouler les bandelettes du Séfer et cela revenait toujours aux jeunes garçons, conviés à le faire comme s’ils jouaient à la poupée sous I’œil narquois de leurs petites sœurs ou fiancées en tribune. De toutes ces multiples mitzvot ou grâces, l’une revenait toujours à Alexandre Saada, roi des Articles Indigènes rue du Chêne, et le seul à inclure le chiffre vingt-six dans toutes ses enchères. « Sidi Sta-ou-achren », on l’appelait, parce que d’ordinaire il le disait en arabe répercuté par le shamash, mais lui aussi, le jour de la fête, il traduisait en français, du vingt-six plein la bouche. Certains sourcilleux le tançaient vertement : n’était-ce pas user complaisamment du chiffre sacré de la divinité ? Mais  Saada, que Dieu repose son âme, n’en démordait pas, et nous le savions et riions de sa naïve croyance en ce jour plus que tout autre d’indul­gence.

Sitôt clos le marché des enchères, toute l’assistance se levait avec entrain, chacun prenant possession de son lot, et la famille partie prenante de la grâce. À chaque accomplissement de la mitzvah tout un rang de châles se dressait dans le recueillement et la fierté, après quoi l’heureux béni se faisait embrasser par toute l’assemblée qu’il venait déranger dans sa prière jusqu’au moindre recoin. Qui parlait de suivre la paracha, et Moïse et Aaron, et la splendeur du Sanctuaire, et la voix du rabbin noyée de fatigue ? Ce n’étaient qu’embrassades, accolades et grandes claques dans le dos, paroles d’encouragement — ‘hazak ou barou’h, « fort et béni sois-tu » –, dans l’éternuement du tabac à priser qui circulait d’une main à l’autre, avec toujours pour l’offrant le petit baiser d’un doigt humide posé sur la paume. Car Kippour était, sous le regard terrifiant de Hachem Ha-Mele’h — Maître et Roi – la réunion, la communion des hommes. Et le grand jour où chacun faisait la paix avec Soi et avec l’Autre.  Et jamais l’on ne vit semblable effusion sous le dôme rayonnant de la synagogue.

Le silence venait, enfin, au deuxième temps de l’office, avec la ‘Amida du Moussaf, ce dialogue silencieux avec l’Éternel, récitée debout, courbé, vibrant et balancé, chacun pour soi et, plus que jamais, Dieu pour tous, que venait relayer sur la fin la voix raclée, la plainte lasse du ministre officiant. Terrible épreuve d’une station debout silencieuse, recueillie, fléchissante, deux heures durant et au pire moment de famine criant du fond des entrailles avec la voix de Jonas qui, ce jour­-là, était le prophète de notre lamentation, car nous nous trouvions bel et bien dans le ventre du Poisson, au fond du Dag.  C’est alors qu’intervenait en pleine contrition l’émouvant récit du ser­vice sacré du Temple de Jérusalem au temps de Salomon. Texte de relation, simple description des gestes anciens, les vêtements du Cohen Gadol, le grand-prêtre au sacrifice, et l’odeur propitiatoire de l’holocauste aux narines divines, dans la présence des anges et du miracle que nous ­écoutions sous le châle relevé, couvrant nos yeux, nous inondant de petitesse, nous prosternant d’humilité, qui tout du long dans la travée, qui recroquevillé à l’angle des stalles, qui seulement baissant la tête, toute l’assemblée abandonnée au pur transport sur le parvis du lieu saint archaïque où nous conduisait le guide local, notre Moïse vénéré, le grand rabbin Eisenbeth qui, d’une voix de chêne en son rite alsacien, clamait son beau Seder ‘avoda. Oui, sous nos paupières qui contenaient à peine le flot des larmes, dans I’intensité litur­gique de le voix du prêtre gravissant les degrés de l‘échelle et nous haussant, par paliers et lentes injonctions, au triomphe de Dieu caché parmi nous, sous les franges recou­vrant nos yeux et dans nos cœurs brisés de jeûne, nous accédions à la foi, aveugle et insensée, primitive et folle.

On se relevait transfigurés, projetant des mains gantées de franges et baisant à distance l’impalpable présence de la divinité. Dehors le soleil avait basculé d’un coup et l’on sortait après l’épreuve respirer parmi les haleurs du jour poussant devant le parvis du Temple leurs tombereaux de fruits, leurs ânes cahotant d’épluchures, dans la fièvre mercantile d’un jour pour eux ordinaire. La vie continuait. Pendant la pause, le vieux Bittoun relayait le père Timsit à la Tévah en lisant les Piyyotim de l’attente. Puis c’était l’office de l’après-midi déclinante, les portes de la synagogue commençaient à se gonfler de popu­lace, les femmes et les enfants se bousculaient déjà au milieu des travées, à la recherche de la main paternelle. Car c’était bientôt le moment, terrible entre tous, où s’ouvriraient les portes de la grâce, et le pardon viendrait au terme d’une journée incessante de prières et de cris. À l’ultime temps, la ne’ila, l’office de fermeture, I’assemblée braillait en pleine confusion le célèbre chant d’EI-nora ‘alila – « Ô Dieu redoutable en actes, fais surgir pour nous le pardon, en cette heure de clôture » –, hurlait à s’en briser la gorge, chacun voulant en dernière minute se faire bien entendre du Dispensateur sublime qui, si souvent dans l’Histoire, faisait la sourde oreille. Et à la bénédiction des Cohanim, les descendants d’Aaron gravissaient pieds nus l’estrade et s’approchaient du rideau de satin blanc que l’on ouvrait pour eux sur la splen­deur de la Loi de Moïse, superbement parée de soieries et de dorures. Car nous adorons un Livre, un Séfer, un rouleau de parchemin où s’inscrit, calligraphiée au roseau, la parole divine que tracèrent mes pères marocains de Debdou, maîtres du calame. Notre religion est faite de lettres et de musique. Le rabbin Chemoul dictait, presque aphone, les versets ineffables que répétait mécaniquement, médiateur inexistant au visage aveugle, un Cohen quelconque, promu descendant d’Aaron, et sa voix faiblissime s’effrayait dans les franges du tabernacle, tandis que toute la syna­gogue à ses pieds se coulait sous le talith bénisseur, recevant par l’entremise des mains paternelles le pardon de notre Dieu miséricordieux et clément — El ra’houm vé-‘hanoun — tant de fois imploré tout au long de ces vingt-six heures de jeûne.­

Dès lors, tout était consommé et la balance en équilibre, les digues s’écroulant libéraient l’explosion, les cris des enfants, les vagissements, les embrassades gloutonnes et les vœux, tous ces baisers dans les mains qu’on se soufflait d’une rangée à I’autre, des galeries supérieures aux stalles, et vice versa. Au dernier temps de l’office on n’entendait plus rien dans I ‘incroyable brouhaha, les ultimes oraisons se perdaient dans le vacarme, jusqu’à, tant attendue, et certains n’étaient venus que pour ça, la résonance finale du shofar scellant le pacte du pardon, cette corne de bélier qu’un rabbineau plein d’allant — et c’était, frais émoulu du Séminaire Israélite de la Bouzaréah, le jeune Bendavid au timbre chaud et mélodieux — appliquait contre ses lèvres brûlées, à longues notes plaintives, geignardes, taraudantes, qui finissaient dans le crépitement interminable du dernier souffle, et autant d’années de bonheur et de prospérité sur tous, Amen.

 Alors s’ouvraient les portes de lumière et d’amour de la délivrance, dans la rosée des baisers qui pleuvaient alentour, et nous voilà pour toute l’année inscrits sur le livre de la vie. Et le rabbin Chemoul, recouvrant quelque vaillance, clamait d’une voix presque ferme : Le’h besim’ha, « Va dans la joie »… Le reste était éparpillement d’oiseaux piaillant dans toute la rue Randon, volant, pied léger et ventre vide, vers ce nid où avaient cuit, entre le pain et le vin, ces brioches de Kippour en forme d’étoile, fourrées d’amandes et de raisins secs, qui auraient enfin raison de ce jeûne. Ce judaïsme-là, archaïque et beau, ce Yom Kippour au Grand Temple d’Alger, qui pourrait jamais l’effacer ?

Albert Bensoussan

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26 Reponses to “Albert Bensoussan : Je me souviens… Yom Kippour à Alger”

  1. chalomcher mr benssousan

    je quitte alger ager a11 ans ???? ?? ????? ???? ????? ?? ????? ???? 1961 ?? ???? ????? ?? ??????? ?? ??? ???????? ??? ??? ???? ????? ????? ?? ????? BOUTIN 10 ????????? ???? ???? ?? ??? ???? ???? ?? ?????? ?? ??? ????? ????? ?????? ???? ?????? ??? ????? ???? ? »? ?????? ??????? ??????? ??? ????? ??? ??? ??????? ???? ?????? ??????? ??????? ????? ??? ???? ?? ?????? ?????? ????? ??? ???????????
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  2. GUEDJ Colette dit :

    Que de souvenirs nous avons en commun! sous ta plume ils sont sanctifiés par une admirable écriture. merci.
    Shabat Chalom

  3. Bensoussan Albert dit :

    Réponse à Esther merizen
    Je suis heureux d’être lu par vous. Mes deux derniers ouvrages sont « Dans la véranda » et « Belles et beaux » (éditions Al-Manar Alain Gorius, Paris). On y parle beaucoup de ce judaïsme algérien et familial vécu au quotidien.

  4. esthermerizen dit :

    cher mr, Benssoussan,
    j’ai trouve 2 livres, oh, il doit y en avoir plusieurs dans notre
    librairie Juive a Montreal, le Marrane, et l’Echelle Algerienne,
    je n’ai pas aime le Marrane, mais par contre adore l’echelle
    Algerienne, je vais encore fureter pour voir vos autres livres,
    je savais que vous etiez un grand ecrivain, mais cela mets
    sorti de la memoire, quel est votre dernier livre Mr. Benssoussan….. Continuez a nous charmer avec vos souvenirs qui sont en fait les notres amities esther.

  5. Alfred DERRIDA dit :

    Cher Mr Albert BENSOUSSAN,
    merci vivement pour votre réponse sur la famille DERRIDA qui a réchauffé un peu le coeur bien meurtri de ma tante Mady depuis la perte de ses trois frères entre juin 2009 (Fernand, le Professeur), septembre 2009 (mon Père, Maurice), et janvier 2010 (Lucien, le médecin). Elle m’a simplement mais fermement reproché d’avoir avancé au lendemain de Roch Achana la Kapara de nos poulets qui n’avait lieu qu’à la veille de Kippour…
    Mais, je voulais aussi vous parler de ma défunte et regrettée maman, Paule COHEN, et de son oncle Charles COHEN (que j’ai peu connu) mais aussi de sa femme, Tata Clarisse, de l’Institut Pasteur d’ALGER, de leurs enfants Gisèle, Yves et …
    Pourriez-vous nous donner d’autres souvenirs sur Alger ce que vous faîtes avec un tel talent ! Merci d’avance. A.D.

  6. Bensoussan Albert dit :

    Il me faut encore et toujours compléter ce texte qui, pour beaucoup qui viennent de là-bas, est essentiel. Comme essentielle est la mémoire. Voici le témoignage fort émouvant de Jacques Chemoul, petit-fils du rabbin titulaire du Grand-Temple au temps de cette évocation :
    « Je me souviens aussi de ces jours de Kippour interminables, où nous, enfants et petits enfants de notables, avions le privilège de rester en haut des escaliers de la Tevah, bien confortablement installés, avec tout le loisir d’accéder au petit salon d’apparat; toutefois, à mon époque, quelques années après celle de Julien, on n’y jouait plus au tchic-tchic, mais on se contentait de s’y pavaner sur les coussins, le jeune frère de Julien Zenouda, mon cousin Henri Perez et moi-même.
    A la fin du Jeune, Yvette Perez, ma tante, ouvrait à tous son sac qui débordait de galettes et de chocolats que nous dévorions dès que le chofar avait retenti.
    Ensuite je descendais avec mon père la rue Randon, puis la rue de la Lyre, pour terminer ( »l’radè » comme on disait, la tradition) immuablement dans le café du passage vers la place du Gouvernement, où nous buvions avec soulagement un café au lait bien sucré, et nul ne sait pourquoi, toujours mais seulement ici et ce jour là, dans un verre.
    C’est loin, mais c’était hier, et Albert Perez aurait presque pû vous lire puisqu’il y a trois ou quatre ans, il était encore des notres, jusqu’à ce que nous l’accompagnions à sa dernière demeure à Marseille , passés cent ans, au son du chofar ».
    Et puis je reçois ce message de Roger Arfi : « Je viens de lire les commentaires concernant le Grand Temple où l’on cite des personnages importants comme : Zenouda, Pérez, Derrida et tant d’autres, mais j’ai de la peine que le nom de mon père ne soit pas cité alors qu’il était membre du Consistoire et Administrateur du Grand Temple. C’est avec MM. Zenouda, Farro, Khémis qu’ils ont constitué à Paris, le Comité Parisien des Israélites de l’Algérois ». Oui, je me souviens aussi de M. Arfi, et je connais son importance dans les structures communautaires du moment, et après. Je n’ai pu citer tout le monde, on le comprendra, mais j’ai plaisir à l’ajouter ici à ma liste mémorieuse, et je dis avec son fils, pieusement, « Zi’hrono libra’ha ». A.B.

  7. Bensoussan Albert dit :

    Chère Esther,
    J’ai moi-même de grands et beaux souvenirs du Canada, ou pour mieux dire du Québec, où j’ai participé voici quelques années à un colloque séfarade intitulé « Réunion de Famille ». Ce que j’écris en est, partiellement, issu ou inspiré. J’ai publié plus d’une trentaine d’ouvrages de fiction (chroniques, évocations, etc…) dont vous trouverez aisément les références sur Internet. Merci de votre si gentille contribution. A.Bensoussan

  8. esthermerizen dit :

    Mr. Benssoussan,
    quelle merveilleuse description de Yom Kippour. Meme si je suis
    au Canada, je vis la mm chose, je veux dire tt les emotions, les
    prieres et la devotion, mais votre article m’a donne les larmes
    aux yeux. Est-ce que vous etes ecrivain par hasard, car ce francais chatie ne peut appartenir qu’a un grand ecrivain, merci
    encore pour tous ces beaux souvenirs qui nous ramenent loin en arriere, mais qui sont toujours presents dans nos coeurs.
    amities. esther.

  9. Bensoussan Albert dit :

    Que de bonheur à lire la remarque d’Alfred Derrida!J’ai si présent à l’esprit encore, et quelque soixante ans après, tout ce rang – cette double rangée – des Derrida, qui s’asseyaient à gauche de l’estrade et de la bimah, tous si pieux, si pénétrés de ferveur. Je revois votre grand-père avec sa longue barbe blanche, toujours vêtu de blanc pour les Yamim Noraïm, et qui chantait toute l’année à Chaharit « Hachem Mele’h, Achem mala’h… » et qui tous les samedis et jours de fête de l’année dressait la Torah sous nos regards effrayés entre les franges du Talit. Je me rappelle tout particulièrement, parmi les fils de votre grand-père, le professeur de Droit, grand et strict, l’oeil sévère et pourtant si bienveillant pour ses étudiants qui se le rappellent encore et célèbrent son savoir, et le médecin qui, quelquefois, soigna ma mère pour ses varices. Quant à la tante Mady, j’ai dû garder quelque part la copie de son avis d’exclusion de l’école d’El-Biar – au temps ignominieux de Vichy – qu’elle m’avait adressé voici si longtemps. Oui, tout cela est aussi vivant que si j’avais quitté votre famille hier, sous la coupole du Grand-Temple.

  10. DERRIDA Alfred dit :

    Bravo, Mr BENSOUSSAN. Ma tante Mady DERRIDA (de Nice) à qui je viens de lire au téléphone votre si croustillante description de l’office de Kippour, me précédait parfois dans ma lecture en me donnant tous les détails des enchères que venait souffler Mr SAADA avec 26 (frs ?) de plus (en arabe) à mon père et mes oncles qui tenaient absolument à acheter la Ah’bara à mon grand-père (tout de blanc vêtu), Mr Alfred DERRIDA.
    Un détail : quand Mon Oncle André « coupait » à la belote (avec des atouts), il ajoutait chaque fois victorieusement « Chemoul » en jetant sa carte pour empocher le pli. C’est en effet ce rabbin qui montait le plus souvent à El-Biar pour les poulets de Roch Achana (avant la confiture de coings)…

  11. larmes de sang dit :

    La Torah dit que Caïn après avoir tué son frère Abel connut sa femme qui enfanta Hanokh et Caïn construisit une ville !
    Pour qui construire une ville ?
    La terre n’était pratiquement pas peuplée !
    La ville est ici symbole de civilisation et le sang de Abel celui du sang qui serait versé tout au long de l’histoire pour bâtir ces villes-civilisation !

    Dieu dit à Abraham : vas-t-en pour toi, de ta terre, de ton lieu de naissance, et de la maison de ton père vers le pays que Israël finira par hériter.

    Tous ceux qui le contestent commettent une très grave erreur: on ne contre pas la Volonté supérieur du Créateur.

    Nous avons vécu en Afrique du Nord depuis plus de 20 siècles, bien avant l’apparition de l’islam.

    Notre travail de monothéisation fait, nous devions laisser la place et nos souvenirs merveilleux et aller vers notre destin qui est Israël, SEUL PAYS JUIF DU MONDE, promis par Dieu…le temps du pardon étant arrivé.

    Alors que, entre nous, si nous avions voulu, depuis plus de 33 siècles que nous avons reçu la Torah, nous aurions pu aisément conquérir la terre entière: mais ce n’est pas notre mission, ni celle d’aucun autre groupe religieux ou politique, la diversité étant la CLE ULTIME DE DIEU LORS DE LA CREATION : la pensée unique, le costume unique, la langue unique : ce sont des outils périmés entre les mains des hommes limités qui utilisent les religions pour soumettre des faibles, des naïfs, des défavorisés, des incultes!

    Magnifiques souvenirs, superbement exprimés!
    Mais je ne m’émeus plus même si la nostalgie est agréable à ressentir!
    Un jour viendra où les hommes comprendront leur complémentarité et où nous pourrons aller passer Kippour sur n’importe quel coin de la planète et où chacun selon sa religion ou sa conviction aura l’intelligence de ne pas prétendre à l’universalité, Concept totalitaire, obsolète et inconnu des Hommes éclairés.

    Shavou&a tov

  12. taharmohammed dit :

    merci de ce memoire

  13. Serge Hannoun dit :

    Quelle magnifique évocation du Kippour algérois, et que de souvenirs surgissent à la lecture de cet émouvant texte, pour moi qui habitais près de la rue Bab Azoun et dont les grands-parents(zal) demeuraient rue de la Lyre.
    Avec Albert Bensoussan, on revit son passé, on voit ces ânes chargés de couffins et on sent l’odeur qu’ils laissaient sur la chaussée. On retrouve les sensations qu’on éprouvait ce jour-là, la soif et l’attente de la fin du jeûne, et cette crainte que nous inspiraient parfois , souvent , ces adultes en prière, dans leurs grands châles.
    Albert Bensoussan sait non seulement se souvenir , mais aussi et surtout mettre en mots, en phrases, avec poésie,émotion, humour parfois, exactitude toujours, ces faits, ces personnages,ces images auxquels , tel le Maharal de Prague, il redonne vie par le souffle de sa prose.
    Merci Albert pour ces moments de bonheur que tu nous donnes grâce à ton immense talent.

  14. MARTIANO claudine dit :

    moi je rève de revoir des images de la grande synagogue de sfax et des souvenirs de notre communaut& je lance un appel. bonnes fètes a tous!!

  15. andrew dit :

    Merci,pour cette nostalgie heureuse d’un temps révolu a jamais !

  16. Seror dit :

    Merci pour cette émouvante description ,

    Merci pour ce retour vers le passé ,

    Merci de m’avoir permis, un court instant ,

    de m’échapper du quotidien ,

    Que de merveilleux et doux souvenirs !

    Nous étions si heureux et nous ne le savions pas ! …

  17. weill dit :

    C’est très gentil cette recette, Monsieur Albert Bensoussan, et je vais essayer ..mais, si vous ne nous donnez pas les proportions, la quantité de farine pour les trois jaunes d’œuf(sans le blanc),ou avec, que va-t’on devenir ? Sous une tente, en attendant des jours meilleurs!
    Bien à vous. Dominique Weill

  18. Georges Lévy dit :

    Merci à cet ecrivain merveilleux et à ce juif de qualité pour ses souvenirs maintenant éternels où chacun y trouve un peu des siens. Longue vie et féconde plume au Professeur Albert Bensoussan.

  19. karine de bleser dit :

    j aimerais mm souvenir de juifs de casa,n importe quel souvenir

  20. Attal dit :

    Merci M.de nous avoir fait revivre cette journée au temple d’alger.
    La mienne(cette journée) c’est celle de la Ghriba à Bône
    et à part les noms cela se passait tout comme
    En vous lisant cher monsieur j’avais les larmes aux yeux,en pensant à mon pere à notre Grand
    Rabbin Rahamim Naouri à mon Ami Georges Berebi L les Br.
    Nos kippours actuels auront une histoire aussi, mais c’est toujours le couscous de sa mère
    le meilleur.Merci encore et acceptez Monsieur mes meilleurs voeux
    Elie Attal

  21. hattchouel yvonne dit :

    merci beaucoup pour cette évocation de kippour à alger j’étais une petite fille, ma grand mère habitait place de la Lyre moi je vivais à paris mais je me souviens trés bien de ce quartier quand je venais passer mes vacances à alger c’est la première fois qu’on parle d’alger en principe je trouve toujours des photos d’Oran (j’ai épousé un oranais) ou du Maroc encore une fois merci à vous pour avoir réveille ma mémoire

  22. Annie dit :

    Oh,merci pour ces souvenirs si bien décris!
    Je retrouve mon enfance et pas seulement la pèriode de Kippour, mais toutes les fêtes..
    J’avais 12 ans quand j’ai quitté Alger et je ne me suis finalement jamais remise du « bonheur à Alger »..J’avais une tante qui vivait tournant Rovigo(je ne me souviens pas le numéro exact..) et toute ma famille était à Alger. Que de bonheur de se retrouver si souvent, chez les uns ou les autres à l’occasion des fêtes.(ou simplement pour se retrouver!)
    Et cet Alger si merveilleux dont je n’ai gardé que les belles images, ma mémoire tenant à occulter les duretés des « évènements »..
    Je n’ai pas retrouvé cette convivialité, car nous sommes tous « éparpillés en France et de part le monde..!
    Merci de nous décrire vos souvenirs..avec tant de talent!!!!

  23. Cathie Fidler dit :

    Merci beaucoup, pour moi, et pour tous les fidèles de ce blog, qu’ils mettent la main à la pâte ou pas !!!
    Je vais donc essayer de nous les faire en sa mémoire, et les manger en buvant à ta santé !
    Le Chaïm !

  24. Bensoussan Albert dit :

    Recette des brioches de Kippour à l’intention de Cathie Fidler :
    Tu prends ta farine (mettons un kilo, ensuite divise en fonction de la quantité), ajoute sel (une cuillère à café), sucre vanillé + un petit verre de sucre, et levure, et tu mélanges et malaxes le tout dans une terrine. Au miyeu (comme on disait) tu jettes tes œufs (3) + un verre d’huile d’olive extra vierge (à Nice vous avez la meilleure), un zeste d’orange (bio, si possible) + un jus d’environ deux oranges (également bio). Alors là tu pétris et tu malaxes en répétant la litanie : Que D.ieu te bénisse et te pétrisse ! Que D. te pétrisse et te bénisse ! Une fois la boule constituée, tu la mets dans un torchon, bien couverte, et tu laisses monter la pâte environ 2 heures, compru ! Quand tu vois que ta pâte a doublé de volume, alors tu fais des boules à ta convenance, grosseur de pamplemousse c’est mieux, et tu farcis chaque boule avec des amandes et des raisins secs. Puis tu les disposes sur un plat allant au four que tu préchauffes et, avant d’enfourner, tu laisses un peu gonfler tes brioches en les dorant, comme pour tes ’halot, au jaune d’œuf promené sur la partie haute avec un pinceau (ou alors mets-y carrément le gras du doigt), et puis tu saupoudres avec une poussière de sucre glace, après quoi tu laisses cuire et gonfler 10 minutes à four chaud (200°). Et voilà et voilà.
    (Même une Ashkénaze peut réussir ces délicieuses brioches de Kippour, façon algéroise, que nous préparait maman, que D.ieu repose son âme)
    Gut Yor !
    A.B.

  25. Cathie Fidler dit :

    Quand on n’a, hélas, pas de tels souvenirs – et si même on les avait, on ne saurait les évoquer avec une telle vigueur -, on est heureux (heureuse) de faire semblant de savoir de quoi il retourne, de plonger dans cet univers pieux, coloré de multiples sonorités, tout cela grâce à celui qui qui sait les partager avec autant de talent que de générosité !
    (Mais nous donnera-t-il aussi la recette des brioches de Kippour ?)

  26. Claude Kayat dit :

    Quelle mémoire prodigieuse! Sans parler du style!
    Hazak ou baroukh, cher Albert!
    L’ami Claude (Kayat)

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