pub2011

André Namiech

André Namiech

Pour certaines écoles de pensées, « la réalité » n’est qu’une perception et une interprétation des choses et de l’environnement, captée à travers nos sens. La diversité des points de vue reflète la diversité de structures de nos consciences, différentes selon les individus. Et pourtant, chacun a le sentiment que son point de vue est l’exact reflet de la « réalité ».

On pourrait déduire de cette observation que c’est notre conscience qui « façonne » arbitrairement le monde tel que nous le ressentons et le vivons.

A l’origine, nous pensions que notre monde était le centre de l’univers. La science nous a démontré que le cosmos se compose de milliards d’étoiles et de planètes. Notre monde n’en est qu’une partie infime. Les scientifiques n’ont de cesse de chercher à découvrir si d’autres formes de vies existent dans l’univers.

Bien que des progrès importants ont été réalisés dans plusieurs domaines, nous sommes obligés de constater que les moyens techniques dont nous disposons aujourd’hui, sont très insuffisants pour satisfaire notre curiosité et confirmer nos hypothèses.


Aujourd’hui, la vitesse de déplacement de nos satellites en orbite, n’est que de quelques 30 à 40.000 kilomètres/heure, ce qui est très insuffisant pour atteindre d’autres systèmes solaires, durant la vie d’un homme. Pour mémoire, la vitesse de la lumière est de 300.000 km/seconde.

Les avancées successives, tant dans les domaines physiques que métaphysiques, ne cessent de s’avérer incomplètes ou caduques dès que de nouvelles découvertes viennent bouleverser nos anciennes connaissances… Pour l’instant, la seule hypothèse admise par la majorité des scientifiques, est celle d’un « Big Bang » originel, base de la création de l’univers, lui-même en constante évolution. Mais ceci n’est qu’une hypothèse…

Nous essayons de comprendre la structure de la matière et son équivalence avec la lumière, selon la célèbre formule d’Einstein E = mC2 (E, c’est l’énergie ; m, représente la masse et C2, la vitesse de la lumière au carré). Mais la matière n’a pas encore dévoilé son essence et sa finalité : Le physicien Werner Heisenberg, prix Nobel de physique en 1932, a exposé sa « théorie d’incertitude », selon laquelle il était impossible de déterminer la trajectoire des particules élémentaires, leurs positions exactes, ainsi que leurs vitesses.

Chaque nouvelle découverte nous oblige à revoir et à réinterpréter les textes originaux. Nous devons être reconnaissants au Judaïsme d’avoir compris qu’il ne valait pas figer les textes bibliques dans une interprétation définitive, mais au contraire d’avoir permis de nouvelles formulations qui ouvrent vers de nouvelles dimensions. Il n’y a qu’à en juger : A partir des cinq livres de base de Moïse, nos sages sont parvenu au cours des générations, à étendre les interprétations qui ont permis de constituer des bibliothèques entières, encore inachevées. L’analyse de chaque lettre, chaque mot, chaque phrase peut être reformulée, comme s’ils avaient toujours quelque chose de nouveau à nous révéler. C’est cette approche qui constitue la richesse du Talmud qui veut dire à la fois « lecture, enseignement et réflexion ».

Le rabbin et philosophe Marc-Alain Ouaknin a écrit dans son livre « Bibliothérapie – Lire c’est guérir » : « Certes, la prétention de toucher un jour à la Vérité est une utopie dogmatique, mais ce qui importe, c’est d’aller jusqu’au bout de ce que l’on peut faire, d’atteindre à une cohérence sans faille, et de faire affleurer les questions les plus cachées et les plus informulables… »

C’est dans cet esprit que Job n’hésite pas à se plaindre en interpelant Dieu pour lui demander en quoi il avait péché pour mériter ses souffrances.
Et Dieu de lui rappeler la nature limitée de l’homme incapable de percer les mystères de l’univers : « Quel est celui qui dénigre les desseins de Dieu par des discours dépourvus de sens ? Vois, espérer la victoire est une illusion… Qui m’a rendu un service que j’ai à payer en retour ?… »

A l’échelle de l’infini, aux dimensions de l’éternité, nos querelles paraissent mesquines et illusoires. Ne serait-il pas temps de changer notre cœur de pierre en cœur de chair pour faire de notre planète un paradis terrestre?

Hag Saméah

Articles similaires

Tags: , , , ,

2 Reponses to “A chacun sa réalité Par André Namiech”

  1. geraud dit :

    Il est vrai que la science se remet en question en permanence, c’est sa nature, et je salue le fait que les religions en fassent de même avec leur textes fondateurs, loin des fondamentalismes.

    Par contre, je ne suis pas sur que la matière ait une finalité, quoiqu’il en soit, ce n’est pas à la science de se poser cette question mais à la philosophie.

  2. AZOULAY ALAIN dit :

    Excellent texte philosophique ou tu parles du Big Bang et de la
    bible, ton style et ta façon d’écrire en citant des références amplifie notre curiosité !
    Ta conclusion bien trouvée relativise l’ensemble …..

Laisser une reponse

Vous pouvez utiliser ces balises: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>