pub2011

massacre-rue-d-isly

Remarques préliminaires.
Avec le temps qui passe, quand j’y pense en analysant les évènements que j’ai vécus, je suis de plus en plus persuadé que cette fusillade de la rue d’Isly était voulue par le Gouvernement.
Un témoignage à chaud n’aurait pas pris le même sens. Ma mémoire est devenue sélective : je me souviens très bien de certaines choses et d’autres sont plus floues. Depuis, pour oublier, je n’ai jamais voulu lire tout ce qui a été écrit à ce sujet Je ne peux aujourd’hui m’empêcher de replacer cet évènement dramatique dans le contexte de l’époque pour le comprendre.

Je n’ai jamais souhaité parler de ces évènements trop lourds à porter, mais aujourd’hui, 45 ans après, il me paraît important de laisser une trace pour mes enfants et petits enfants, et très modestement un témoignage pour l’Histoire. Jeune aspirant, dès ma sortie de l’Ecole d’officiers de Cherchell, j’ai choisi d’être affecté en décembre 1961 au 4e Régiment de Tirailleurs, 2e compagnie (Capitaine DUCRETET) comme chef de la 3e section.

Le 4 RT
A cette époque, le 4 RT est un Régiment à deux états-majors tactiques (EMT) plus une compagnie d’appui (CA) et une compagnie de commandement et service ( CCS), soit au total 10 compagnies.

En 1962, ce régiment est basé à DJELFA puis BERROUAGHIA. Il est commandé par le Colonel GOUBARD dont le PC est à BERROUAGHIA au Sud de MEDEA.

Ces compagnies sont éparpillées sur le terrain loin les unes des autres et du PC. Leurs zones d’action sont principalement les Monts des Ouleds Nail et le Massif de l’Ouarsenis. C’est un régiment de réserve générale prêt à être embarqué pour des missions urgentes. Il est composé à majorité de jeunes musulmans assez frustes et analphabètes, au vocabulaire français limité, mais soldats dévoués et compétents sur le terrain bien que sans aucune formation, entraînement ou dispositions au maintien de l’ordre en zone urbaine, comme c’est d’ailleurs mon cas. 6 mois de formation c’est court, trop court pour faire un officier apte à tout.

Après le 26 mars, l’EMT1- 4RT sera replié à COURBET MARINE avec pour mission d’assurer la garde de ROCHER NOIR et, en particulier, d’Abderrahmane FARRES, chargé de l’Exécutif Provisoire du gouvernement de l’Algérie indépendante, et qu’on avait sorti de prison à cette fin quelques jours auparavant. L’Exécutif provisoire avait été mis en place dès le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Il comprenait quelques Français acquis à l’Indépendance de l’Algérie et plusieurs membres du FLN.

Mars 1962

Le 19 mars, à l’annonce du cessez-le-feu entre la France et les rebelles algériens, l’EMT 1 est sur le terrain en mission de « pacification ». L’ALN, armée du FLN est vaincue. Les accords d’Evian viennent de mettre fin au conflit. Les Français de métropole, indifférents à notre sort, ne voient qu’une chose : les jeunes soldats appelés vont pouvoir rentrer chez eux. Les Pieds-Noirs, Français tout autant qu’eux, vont être abandonnés par la politique du Général de Gaulle qui ne souhaitait d’ailleurs pas leur retour en métropole.

Dès 1961, le gouvernement avait changé de politique, ce n’est plus le « je vous ai compris » de 1958 mais l’autodétermination du peuple algérien, autrement dit des musulmans. L’armée française est épurée des officiers « Algérie française », nommés en métropole, en RFA ou poussés à la retraite. Leurs remplaçants obéissent aux ordres sans état d’âme, perquisitionnent chez les Pieds-Noirs qu’on arrête, et emprisonne. La Police et l’Administration subissent aussi une épuration qui ne dit pas son nom. Dans le même temps l’OAS qui s’est développée subit une répression féroce. Les Français attachés à l’Algérie française sont torturés et remplacent dans les prisons les terroristes du FLN libérés. L’armistice de 1962 s’appliquera aux terroristes du FLN mais pas aux Français d’Algérie.

De Gaulle souhaitait briser les Pieds-Noirs pour laisser le champ libre au FLN : c’est la raison d’être du 26 mars 1962. La collusion entre le FLN et le pouvoir politique est alors totale. Le Gouvernement et le Général de Gaulle sont déterminés à désengager les troupes en Algérie au plus tôt, quel qu’en soit le prix à payer.

Les libertés ordinaires des Français d’Algérie sont supprimées ; la censure de la presse devient monnaie courante ; nos droits civiques sont bafoués : nous ne sommes pas autorisés à voter pour les accords d’Evian ; ni même d’écouter la « Marseillaise » ou de chanter « les Africains ». Mettre les mains dans ses poches est formellement interdit. Les perquisitions chez les Pieds-Noirs sont fréquentes et se passent souvent avec violence envers eux.

Le premier signe de compréhension que le pouvoir français avait changé de camp était un ordre de mission d’accompagnement de gendarmes mobiles lors de perquisitions dans des habitations civiles. Le premier exemple en a été la perquisition de la maison en ville des propriétaires de l’exploitation où notre compagnie était logée. Par la suite, la compagnie assurait le blocus des villages pendant que les gendarmes perquisitionnaient les habitations. Les ordres que je recevais n’appelaient pas de commentaires de ma part et je n’avais droit à aucune explication. Je tenais mes informations par les Pieds-Noirs eux-mêmes quand je pouvais les approcher, ou par les gendarmes mobiles eux-mêmes qui perquisitionnaient. C’est ainsi que j’ai participé, entre autres, au bouclage d’un village près de BEN CHICAO où les gendarmes mobiles fouillaient les maisons à la recherche des armes qui venaient d’être dérobées par l’OAS au magasin d’armement du Centre d’Instruction de BOGHAR. Je voulais bien lutter contre les terroristes du FLN mais pas contre mes compatriotes qui s’armaient pour leur survie. J’ai rendu mon barrage totalement inefficace et changé à ce moment-là ma façon d’obéir.

Au régiment, aucune information était diffusée à mon échelon : rien sur les discussions à EVIAN et rien sur la conduite militaire à tenir. Mon capitaine devait bien savoir mais il se gardait bien d’informer le jeune aspirant Pied-Noir. Il nous arrivait de prendre nos repas ensemble au PC de la Cie. Le Capitaine mangeait le nez dans son assiette sans parler avec ses officiers.

Mi-Mars

Les officiers, cadres et tirailleurs ont le moral en berne, leur victoire militaire leur échappe et le FLN est vainqueur politiquement. On écoute les radios nationales quand on le peut. L’inquiétude semble gagner certains tirailleurs musulmans qui s’interrogent quant à leur avenir. Quelques uns désertent avec armes et bagages à la faveur de la nuit et rejoignent le FLN.

Le 19 mars 1962, à l’annonce du cessez-le-feu, la compagnie est en opération sur le terrain à la recherche d’hypothétiques terroristes algériens, quand elle reçoit l’ordre de rejoindre ALGER ; Maison carrée dans un premier temps puis le quartier Bab-el-Oued. Aspirant, je n’ai droit à aucune information mais à des ordres secs. C’est à ce moment-là que se confirme ce que je pressentais déjà : on avait changé d’ennemis : on ne luttait plus contre l’armée de l’ALN mais contre les Français d’Algérie. C’est à cette époque que les barbouzes de PASQUA, Policiers métropolitains et Service d’Action Civique en tête continuaient leurs basses œuvres en assassinant les Pieds-Noirs. En réaction, l’OAS en tua un grand nombre.

Du terrain donc, mes tirailleurs passent directement à la ville : dépaysement total pour tous. On conserve les mêmes armes et munitions et on nous demande de faire du maintien de l’ordre face à nos compatriotes, mission pour laquelle nous ne sommes pas préparés : nous sommes totalement incompétents, on n’a jamais fait, on ne sait pas faire.

Bab-el-Oued est un quartier d’ALGER où cohabitent en paix le « petit » peuple pied-noir et des musulmans. Beaucoup de jeunes ou moins jeunes Pieds-Noirs supportent, encouragent et participent à l’OAS. Le Gouvernement a décidé d’éradiquer ces membres et boucle le quartier. Il veut faire un exemple pour couper court aux velléités de ces gens qui veulent malgré tout rester Français : il faut écraser définitivement ces Pieds-Noirs. Une forme de génocide se met en place. Le couvre-feu interdit tout déplacement et les journalistes ne sont pas autorisés à rentrer dans la zone. Les habitants se voient assignés à résidence avec interdiction de circuler, de se ravitailler, de sortir, ne serait ce pour acheter de la nourriture ou des médicaments ou même pour enterrer leurs morts (soit-disant que les cercueils servaient à dissimuler des armes…) Comme cela ne semblait pas suffire, les blindés de la Gendarmerie tiraient dans les immeubles au canon et à la mitrailleuse de 12,7. Les hélicoptères balançaient des grenades et les avions T6 tiraient à leur tour sur les terrasses.

Ma compagnie se trouve donc là, et je ne sais pas pourquoi. J’ai appris plus tard qu’on devait boucler le quartier pour empêcher les gens d’en sortir (alors même que les membres de l’OAS étaient déjà loin), pendant que les gendarmes exécutaient leur rafle. Nous encerclons donc le quartier mais ayant essuyé un coup de feu, je décide de rentrer dans l’immeuble d’où le coup est parti à la recherche de son auteur. Je le retrouve rapidement, lui laisse son arme et lui explique que je suis Pied-Noir comme lui et que je partage ses idées. Il me raconté la férocité des Gendarmes et CRS qui n’hésitent à frapper avec leurs armes les femmes, les vieillards et même les enfants. Ils n’hésitent pas non plus à détruire tout à l’intérieur des maisons, défonçant les portes à coup de crosses d’armes, même lorsque les clés sont dessus. Ce jour-là, j’en apprends plus sur l’attitude de l’armée que ce que veulent bien m’en dire mes supérieurs.

Le 26 mars 1962

Les autres Algérois aux alentours de Bab-el-Oued, à l’appel pacifique de l’OAS, ont décidé d’aider les habitants du quartier en leur apportant vivres et médicaments. Ils avaient aussi l’espoir de desserrer l’étau militaire. Mais pour contrer cette manifestation pacifique de solidarité envers les assiégés du ghetto Bab-el-Oued, le 4 RT reçoit l’ordre de barrer la route à ces braves gens : femmes avec leurs enfants, hommes, vieillards tout un peuple derrière le drapeau français et parmi eux des musulmans.

Ma 3e section, avec celle du Lieutenant LATOURNERIE, remplace une unité d’infanterie de marine composée de métropolitains et habituée au maintien de l’ordre dans ALGER. Des CRS étaient en réserve en arrière pour intervenir en cas de besoin. Les ordres oraux pour ma section sont de barrer la rue LELLUCH, derrière la Grande Poste et d’en interdire le franchissement. Mes hommes sont fatigués et sales ; nous manquons tous de sommeil. Ce bouclage en ville ne nous réjouit pas. D’autant plus que les Algérois qui vont manifester découvrent que ces soldats sont presque tous des musulmans et pour certains croient qu’il s’agit du FLN qui s’installe.

L’ambiance n’est pas bonne : nous nous sommes déjà fait tirer dessus dans Bab-el-Oued et les réflexions des Pieds-Noirs à notre égard sont hostiles et désagréables. Dès notre arrivée rue Lelluch, on barre la route avec nos véhicules et on déploie des barbelés trouvés sur place, conformément aux ordres reçus. J’obéis ! Mais les premiers manifestants sont en vue : drapeaux Bleu-Blanc-Rouge en tête, ils chantent « c’est nous les Africains ». Je décide d’aller à leur devant, seul, pour leur dire que nous avons ordre de leur interdire le passage. J’ajoute que je suis Pied-Noir comme eux et que si je le pouvais je serais à leur côté. De mon propre chef, et avec sympathie, ne comprenant pas très bien la raisons du barrage et des ordres reçus, j’en laisse passer par petits groupes à cause de l’étroitesse du passage entre les véhicules qui barraient la rue. Le débit n’est pas assez important : les manifestants s’entassent derrière. Ils finissent par prendre la direction de la rue d’Isly et se trouvent face à d’autres barrages. La foule des manifestants que l’on avait canalisée jusque-là, se trouve bloquée par ces barrages à l’endroit, me semble-t’il, voulu. Pour moi, aujourd’hui avec le recul, la préméditation ne fait aucun doute. Qui donc avait intérêt à canaliser cette foule jusque ici, à la positionner pour qu’on puisse lui tirer dessus ? Qui a donné l’ordre de faire tirer sur une foule pacifique de compatriotes dont le seul désir était de témoigner sa solidarité au ghetto de Bab-el-Oued ?

En effet, les tirailleurs sont à leur place avec leurs armes en bandoulière : ils observent en silence. La manifestation était bon enfant et s’écoulait lentement vers la Grande Poste quand tout à coup on entend des coups de feu. L’enquête officielle conclura à des tirs de provocation sur les tirailleurs et dans la foule. Dans nos deux sections, chacun s’abrite comme il peut dans les encoignures de portes ou hall d’immeuble mais, dans ma section, aucun tirailleur ne tire, même si le Lt LATOURNERIE et moi-même crions « halte au feu ». C’est inutile car les balles qui claquent et ricochent en sifflant ne proviennent pas de nos hommes. Mais les échos ne facilitent pas la localisation et l’origine des coups de feu : on a l’impression que ça tire de tous côtés.

massacre-rue-d-isly

La fusillade cesse rapidement même si on entend encore quelques coups de feu isolés ; les tirailleurs et moi-même sommes sous le choc : nous ne sommes pas habitués aux coups de feu en ville et on n’imagine même pas ce qui s’est passé de l’autre côté de la Grande Poste. Avec le Lt LATOURNERIE on fait chacun le tour de nos tirailleurs pour les voir de près et pour aussi recueillir des informations. Le Médecin-aspirant ATTALI du régiment vient vers moi et me demande de l’escorter auprès des blessés. Ce que je fais en l’amenant devant la Grande Poste. Des hommes et des femmes sont au sol et ne bougent plus, il y a du sang, des blessés sont secourus par leurs compatriotes ; certains refusent catégoriquement de se laisser soigner par notre médecin militaire. Je ne reste pas et rejoins rapidement mes tirailleurs. On rembarque rapidement dans nos véhicules. Tout s’est passé très vite et je ne dispose pas de plus d’informations que ce que j’ai vu et entendu.

Le commandement nous demande alors de rejoindre un nouveau cantonnement, près de la côte : COURBET MARINE. à 70 km environ à l’est d’Alger. Là, entre nous, on parlera des tirs mais les langues sont difficiles à délier. L’atrocité de ces évènements fait qu’on en parle peu et chacun garde au fond de soi les images de cette journée.

Qui a tiré le premier, de la foule ou des tireurs embusqués dans les maisons ou sur les toits ? Qui étaient ces tireurs ? Barbouzes ? agents spéciaux ? OAS ? Quelques tirailleurs d’une section voisine devant la Poste pris sous le feu ont riposté par réflexe, comme on le leur a appris à faire et comme ils savent faire. Certains au jugé, d’autres sur des tireurs qui font feu dans leur direction. Un tireur est abattu rue Lelluch ; c’est les tirs de son fusil-mitrailleur qui résonnaient bien dans notre rue. On apprendra plus tard que ce tireur était de type « asiatique » et la Police l’a rapidement fait disparaître. Dans la foule des manifestants, certains – mais qui sont-ils ? – sont armés. Parmi les tirailleurs, on relèvera une dizaine blessés. Chez les civils, c’est beaucoup plus grave : on parle d’environ une centaine de morts et de 200 blessés.

Quelques jours après, une commission d’enquête est constituée et les gendarmes sont venus interroger tirailleurs, sous-officiers et officiers. Je n’ai jamais été entendu. Il est vrai que ma section n’a pas tiré une seule cartouche. Le Ministre des Armées, M. MESSMER, est venu voir le régiment. Je n’ai pas été convoqué pour le rencontrer. Pied-Noir, officier de réserve et non d’active, favorable à l’Algérie française, j’ai souvent été tenu à l’écart. Jeune aspirant, frais émoulu de l’Ecole de CHERCHELL, j’ai souvent souhaité parfaire ma trop courte instruction auprès de mes supérieurs mais cela n’a jamais été le cas. Certains camarades ont eu plus de chance auprès de leur commandant de compagnie.

Après le 26 mars, les journées sont consacrées à de l’instruction militaire et les nuits à des patrouilles et embuscades, avec armes enchaînées. En effet, nous avions reçu l’ordre d’enchaîner les armes des soldats pendant la nuit (chaînes et cadenas) pour éviter les désertions avec les armes. D’instinct, je n’enchaîne jamais les armes pendant les embuscades de nuit (contrairement aux instructions) et fais totalement confiance à mes tirailleurs qu’aucun, d’ailleurs, n’a jamais trahie. C’était une période étrange : les officiers prenaient leurs repas au mess, tous ensembles, mais personne ne parle des évènements que l’on vient de vivre, car on ne les comprend pas et c’est douloureux de tout remuer. Quelques rares informations circulent entre nous, concernant notamment les mouvements de foule. C’est à ce moment là que j’ai pris l’habitude, toutes les nuits où c’était possible et pendant le couvre-feu, en évitant de me faire repérer, d’aller seul chercher des informations civiles chez une jeune correspondante de l’OAS de Courbet-Marine. J’y allais aussi quand c’était possible dans la journée pour rencontrer d’autres Pieds-Noirs au Café du village. C’est lors d’une de ces occasions que j’avais pu voir les tracts de l’OAS et son appel à la manifestation « pacifique et sans armes » pour aider nos compatriotes assiégés dans Bab-el-Oued.

Le régiment est dissous fin mai et rapatrié à BOGHAR pour les formalités : restitution des paquetages, matériels et armements ; j’ai convoyé seul, pour les restituer à l’Etablissement du Matériel, avec les chauffeurs deux GMC bourrés d’armement à travers les gorges de la CHIFFA. Les autorités proposent aux tirailleurs et à leurs cadres d’entrer dans « les forces locales » au service du FLN mais sans succès à ma connaissance. Certains tirailleurs choisissent de partir à la retraite avec un pécule, d’autres de rester dans l’armée en Algérie ou en métropole. Je suis moi-même affecté au Centre d’Instruction du 126 RI à Brive-la-Gaillarde et détaché un temps au camp militaire de la Courtine pour assurer une formation à des harkis et à leurs famille.

Jean-Pierre RICHARTE, 2 octobre 2007

Source : http://www.nationspresse.info/

Articles similaires

Tags: , , , ,

Une Reponse to “26 mars 1962, massacre de la rue d’Isly : un témoignage Par Jean-Pierre RICHARTE”

  1. Michel Lipowski dit :

    1963 je rentre à l’Ort Marseille, rue des forges.
    Nous sommes pas loin de deux cent élèves, majorité pieds noirs.
    J’ai vu débarquer les familles à Marseille, ces gens qu’on chassait au nom de la décolonisation ratée. L’Afrique noire avait glissé sans heurt vers cette indépendance que l’Algérie arrachera par le sang. Un million de déracinés, français de toute origine dont les enfants étaient venus mourir sur les pentes de Monte Cassino, dans les Vosges, la poche de Colmar. Oui c’est eux les africains qui se sont engagés aux heures sombres, sans cette armée d’Afrique, De Gaulle aurait été pris bien moins au sérieux par Roosvelt. Comme disait Napoléon il a été traité comme quelqu’un qui avait plusieurs centaines de milliers de soldats à disposition.
    Merci Lieutnant Jean Pierre Richarte pour ce témoignage sur ce meurtre collectif.
    En lisant ces lignes j’ai pensé à mon meilleur copain en 1963 Maurice Fredj qui s’est retrouvé orphelin de père et dont la mère se battait avec tant de courage pour élever ses deux fils. Son père avait été assassiné rue d’Isly avec les autres malheureux désarmés, action de représailles digne des SS….
    Souvenons nous en toujours!!!!!!!

Laisser une reponse

Vous pouvez utiliser ces balises: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>