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la mort de son père, Rabbi Haïm Bellaïche
décida de consacrer une partie de son appartement
qui se trouvait à la rue d’Isly à
Tunis, pour en faire un yéchiva. Cette yéchiva
est d’ailleurs devenu avec le temps très
célèbre.
La
notoriété de Rabbi Haïm Bellaïche
était telle que beaucoup de Rabbins d’Afrique
du Nord voyageaient, venant pour certains de très
loin, pour venir apprendre auprès de lui et étudier
la Thora avec lui.
Rabbi
Haïm Bellaïche était connu à
Tunis comme étant le rabbin de tous les pauvres.
Sa préoccupation première, dès
le levé du jour, était de donner aux pauvres
tout ce dont ils avaient besoin. Il se souciait beaucoup
plus d’eux que de lui.
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Voici
une anecdote sur Rabbi Haïm Bellaïche que
ma mère nous a raconté et qui montre bien
la sainteté de ce grand rabbin.
« Un soir d’hiver, une personne vint frapper
à la porte de la maison de Rabbi Haïm Bellaïche.
Sa femme ouvra la porte et vit devant elle une dame
demandant à parler au Rabbin.
Rabbi
Haïm Bellaïche venant à peine de s’endormir,
fatigué par sa journée de travail, sa
femme répondit gentiment à la dame que
le Rabbin dormait mais que si c’était important
elle le réveillerait.
Se sentant gênée de faire réveiller
le Rabbin, la dame répondit qu’elle repasserait
le lendemain matin.
Au
moment où la femme du Rabbin raccompagnait la
dame et fermait la porte derrière elle, Rabbi
Haïm Bellaïche se réveillât.
Il demanda alors à son épouse qui était
venu et pourquoi. Sa femme lui raconta donc et dit que
comme ce n’était pas important la personne
repasserait le lendemain matin.
A ce moment là, Rabbi Haïm Bellaïche
se mit en colère après sa femme parce
qu’elle ne l’avait pas réveillé
alors qu’une personne désirait lui parler.
Il lui dit qu’une personne ne venait pas chez
le Rabbin en pleine nuit d’hiver si ce n’était
pas important.
Il dit alors : « Comment pourrais-je dormir en
ne sachant pas pourquoi cette dame est venue ?».
Pour se punir, Rabbi Haïm Bellaïche décida
de dormir tout le reste de la nuit par terre, sans couverture.
Il se disait que peut-être cette personne était
venue lui demander de quoi se couvrir pour l’hiver,
alors que lui avait tout le confort. »
Voilà
donc une des anecdotes qui vous montre à quel
point la sagesse et l’humilité de Rabbi
Haïm Bellaïche étaient grandes. Rabbi
Haïm Bellaïche, Grand Rabbin de Tunisie, est
mort en 1947, à environ 80 ans.
Texte et photo envoyés par Alain Journo.
Nota :
Jeanne, épouse de Yossi TAIEB, est la petite
fille de la soeur du Rabbin Haim Bellaiche.
Le Professeur Lucien BISMUTH, est le neveu du Rabbin
Haim Bellaiche.
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| Après
de nombreuses tractations, la décision fut prise de
nommer R. Haim Bellaiche Grand Rabbin de Tunisie en
1940 en remplacement à son prédécesseur R. David Ktorza
Il fut l'élève du Dayan, le Grand Rabbin Mordekhai Smadja,
ז"ל .
En 1922, alors qu'il était membre du Conseil rabbinique
et vu sa personnalité publique, il fut élu membre du
Conseil de la communauté israélite de Tunis sous la
présidence de Mr Eugène Bessis.
R. Haim était un homme très modeste qui consacrait la
plus grande partie de son temps à venir en aide aux
déshérités, aux œuvres de bienfaisances et aux institutions
religieuses. Sur le plan des ressources, il vécut de
son commerce de grossiste en céréales aidé en cela par
son fils unique, R. Hai Bellaiche. Il fit son aliya
après le décès de son père. Le magasin était situé dans
la rue de Constantine en plein centre de la ville face
au commissariat de police central. Cette adresse était
connue de tous les indigents de la ville. Une fois par
mois, je passais commande chez lui d'un sac de blé,
car nous mangions du pain fait maison que notre mère
ז"לnous préparait. Qui aurait pensé, alors que
j'étais professeur d'hébreu à l’Alliance israélite de
Tunis, qu'il me choisirait pour être secrétaire de Grand
rabbin après le décès de mon prédécesseur, R. Eliahou
Guez ז"ל.
Même après avoir été nommé Grand rabbin de Tunisie,
son appartement a toujours été ouvert aux indigents
et il a continué de s'occuper d'eux et de résoudre leurs
problèmes comme auparavant. On raconte, alors qu'il
faisait partie du comité de gestion de la communauté,
qu'il s'est toujours fait l'avocat des nécessiteux.
Ces indigents recevaient, tous les jeudis, une aide
financière pour le chabbat qu'on appelait le "Halouk"
ce qui veut dire distribution. Ce fonds était financé
en grande partie par la taxe que prélevait la communauté
sur la viande, mais lors de la période maigre des trois
semaines pendant laquelle diminuait la consommation
de viande, certains membres du Comité avaient voulu
réduire la part financière de cette distribution. Le
rav s'y opposa vigoureusement et il put convaincre la
majorité des membres du comité de ne pas réduire d'un
centime la part revenant aux indigents.
Il avait l'habitude de distribuer des couvertures avant
la saison d'hiver aux nécessiteux. En 1946, il tomba
malade et, pendant sa convalescence, sa femme insista
auprès de lui pour qu'il ne se fatigue pas et ne s'occupe
pas de la distribution. Le rav fit appel à son jeune
disciple, R Fragi Uzan, pour faire entrer la marchandise
par la fenêtre du bureau sans que son épouse ne puisse
s'en apercevoir. R. Fragi a été élevé chez R. Haim alors
qu'il était enfant au kouttab Kisraoui à l'Ariana sous
la direction de son maître et rabbin, le pédagogue Abraham
Smadja,ז"ל . Il s'est rendu compte que cet enfant
doué serait capable d'arriver loin. Ainsi, R. Haim Bellaiche
l'emmena et lui permit d'étudier dans sa yéchiva. Il
fut plus tard professeur de Talmud dans cette dernière
et, par la suite, fut nommé G. R. de Tunisie.
Son épouse, ayant dévoilé son stratagème, lui demanda
de ne pas s'occuper de cette distribution pour l'instant.
"Après ta guérison, tu pourras reprendre cette
occupation". Le soir venu, il prit son matelas
et dormit à même le sol. Sa femme le vit et lui demanda
"que fais tu" ? Le rav lui répondit : "J'ai
voulu ressentir comment ces pauvres gens supportent
le froid sans couvertures par ces nuits d'hiver".
"Bien" lui dit son épouse, "fais comme
bon te semble, distribue les couvertures, pourvu que
tu te lèves et viennes dormir dans ton lit". Ce
fait m'a été raconté par R. Fragi Uzan de mémoire bénie.
Il fonda une synagogue et une yechiva dans son bureau
de la rue d'Isly. De nombreux élèves y ont étudié. Souvent
après son travail au grand rabbinat, il venait participer
à l'étude quotidienne.
Grâce au salaire qu'il recevait de l'Etat, il permit
à deux de ses meilleurs élèves d'étudier continuellement
dans son bureau.
Un jour pendant un cours, un Juif entra, baisa la main
du G. R. et demanda à récupérer sa "Jeba"
qu'il avait laissée en caution il y avait longtemps
de cela, expliquant qu'il s'était installé à Paris et
qu'il était revenu pour une visite dans sa famille.
Ce vêtement lui tenait beaucoup à cœur. Le rav se leva,
prit dans l'armoire le vêtement demandé et le lui remit.
"Combien vous dois-je" ? Questionna notre
homme. La somme est inscrite sur le vêtement, répondit
le G. R. Notre bonhomme insista auprès du rav pour lui
remettre une somme plus importante vu le retard car
il en avait les moyens à présent. Le Grand Rabbin s'y
opposa catégoriquement et le quidam repartit tout content
d'avoir récupéré son bien.
Avant d'être nommé Grand Rabbin de Tunisie R. Haim Bellaiche
habita quelques temps à l'Ariana, banlieue située à
six kilomètres de Tunis et réputée pour son air pur.
Le cheikh Tabrisi, qui habitait la nouvelle Ariana,
avait beaucoup d'admiration et un grand respect pour
R. Haim Bellaiche.
A l'époque de l'occupation nazie en Tunisie, le cheikh
Tabrisi vint en aide à ses compatriotes juifs pour la
récupération des biens confisqués par les Allemands.
Ce cheikh Tabrisi, quand il apprit la nouvelle du décès
de R. Haim Bellaiche, vint, le matin très tôt, et s'assit
près de son lit jusqu'à qu'il fût déposé à même le sol
dans sa chambre.
R. Haim se comporta pieusement durant toute sa vie à
l'instar des grands maîtres du Talmud.
Heureux l'œil qui l'a vu, un jour de "Taanit dibour"
(jeûne de la parole) prier à l'heure de Minha, enveloppé
de son taleth avec beaucoup de ferveur. Il sut communiquer
aux fidèles la chaleur de sa prière. Son visage ressemblait
alors à un ange à cette heure là.
Il reçut la Légion d'honneur des mains du résident général
de France en Tunisie.
Il fut G. R. de Tunisie pendant un septennat et mourut
à l'âge de 83 ans. |