On
peut se poser la question suivante aujourd’hui
:
Est-ce que, au moment
où les Juifs du monde entier voient leur vœu
le plus cher se réaliser, à savoir le
retour sur notre terre ancestrale, après 2000
ans d’exil, de souffrance et d’humiliation,
les événements tragiques de la destruction
de Jérusalem par les Romains,
ont-ils servit de leçon ?
Peuvent-ils
nous aider à améliorer nos relations
et à éviter que de telles catastrophes
ne se reproduisent ?
Le
problème de la cohésion et de l’Unité
du peuple juif est d’autant plus crucial aujourd’hui
que les Juifs ont vécu sous des cultures et des
régimes très différents et qu’un
grand défi nous attend : Celui de reformer
un peuple uni et fraternel.
Chaque
Juif connaît (ou a entendu) cette prière
plusieurs fois répétée par jour
: « Lui qui fait régner la paix dans les
mondes célestes, que, par sa grande miséricorde,
Il fasse répandre la paix sur terre et sur tout
Son peuple Israël ».
Mais
Dieu compte aussi sur l’homme pour que cette paix
parvienne à se répandre sur la terre.
C’est la mission primordiale et la responsabilité
que Dieu a confiées à l’homme. Encore
faut-il que celui-ci apprenne à se connaître
lui-même pour pouvoir remplir correctement cette
mission.
Désir
de transcendance :
Le
grand rabbin de Palestine, Abraham Isaac Kook, considérait
le « désir de transcendance » comme
étant un besoin fondamental de l’homme
dont la réalisation devait être notre but
le plus digne. Jusqu’à sa mort en 1935,
le grand rabbin Abraham Isaac Kook prêcha l’Unité
entre nos différents « moi » : le
moi physique, le moi émotionnel et le moi spirituel.
Il fit en particulier ce commentaire : « La mélancolie,
qui est un état de désunion de ces «
moi », répand une maladie maligne dans
le corps et dans l’esprit ».
L’harmonie qui règne à l’intérieur
de l’homme lui-même se reflète dans
ses rapports avec les autres, selon la formule maintes
fois expérimentée : « l’amour
éteint le feu de la haine ».
La
voix de l’Unité comme traitement moderne
des psychoses :
Dans
la préface du livre de Monsieur Edward Hoffman
intitulé « Mystique juive et psychologie
moderne », Monsieur Jean Tourniac écrivait
:
« Monsieur E. Hoffman a démontré
la relation étroite existant entre le traitement
moderne des psychoses et « la Voie de l’Unité
» enseignée par la cabbale : La voie de
l’Unité entre l’homme et lui-même,
entre l’homme et la communauté, entre l’homme
et Dieu, par le noyau le plus central et le plus élevé
de sa néchamah. »
Cette
conception de l’Unité nous est également
confirmée par nos plus éminents savants
modernes : Einstein, Eddigton, Pauli, entre autres,
ainsi que par des rabbins physiciens comme Aryé
Kaplan, ou par des neurologues comme Gérard M.
Edelman, ou Richard Feynman qui déclarait : «
Lequel des deux extrêmes est le plus proche de
Dieu : La beauté et l’espoir ou les Lois
fondamentales ? Je pense que la bonne démarche
consiste à dire que nous devons considérer
l’ensemble des interconnexions structurelles des
choses et que toutes les sciences sont des tentatives
visant à découvrir les liaisons des hiérarchies
: relier la beauté à l’histoire,
l’histoire à la psychologie humaine, la
psychologie humaine au fonctionnement du cerveau, le
cerveau aux influx nerveux, les influx nerveux à
la chimie, et ainsi de suite vers le haut et vers le
bas, dans un sens comme dans l’autre. »
Et
c’est précisément l’exigence
d’une Unité et d’une Fraternité
que la Torah et la mystique juive veulent nous enseigner,
pour éviter de reproduire par ignorance, les
erreurs du passé.
« Celui qui n’a pas su remonter à
la source première durant sa vie, pour retrouver
la sève nourricière, se trouve en contradiction
avec la tradition juive, dans sa conception de l’Unité
cosmique et dans le sens caché de la Torah. Le
roi David l’avait bien comprit lorsqu’il
demandait à Dieu : « Dessille-moi les yeux
pour que je puisse contempler les merveilles dissimulées
dans la Torah »…
Vers
une psychologie cabalistique :
Dans le livre déjà citée «
Mystique juive et psychologie moderne », Monsieur
Edward Hoffman écrivait sous le titre «
Vers une psychologie cabalistique » :
«
L’une des prémices fondamentales de la
Cabale, et qui pourrait nous aider à guider la
psychologie émergente, est que : « tout
dans le cosmos forme une Unité ». Nous
ne pouvons pas étudier les personnes comme des
entités séparées, détachées
du reste de l’univers. Nous existons dans un réseau
énergétique vaste et unique. L’idée
que le cosmos est un ensemble indivisible n’est
nullement étrangère à la tradition
ésotérique juive. Depuis des siècles,
ses principaux penseurs ont souligné qu’un
ordre irréductible imprègne l’univers.
Toutes choses ont un principe unique.
«
Chacun de nous est capable de la plus profonde transformation
personnelle.
Les sages de la Torah ont indiqué que nous devons
délibérément cultiver cette qualité
en nous, car elle ne se développe pas automatiquement.
Chez un grand nombre de personnes, elle peut rester
presque totalement endormie. Toute personne peut entreprendre
des changements extraordinaires à n’importe
quel moment de sa vie.
«
Il est encourageant de voir que ces dernières
années, un nombre croissant de psychologues humanistes
ont cherché à réaffirmer la primauté
de notre motivation dans « l’auto développement
».
Corps
et esprit :
«
Un autre trait important de la tradition juive concernant
ce sujet, est que notre corps et notre esprit sont également
en étroite relation mutuelle. Ces deux aspects
de notre bien être, émotionnel et physique,
sont inextricablement liés l’un à
l’autre : Nous sommes corps et esprit dans un
même organisme.
«
Nos sages ont indiqués avec précision,
que des états mentaux tels que la colère
enfouie, la jalousie, la médisance, la dépression,
pouvaient être les causes primordiales des maladies
physiques.
«
Le système ésotérique juif a présenté
une image frappante des derniers moments d’une
personne sur la terre. La mort physique n’est
pas la fin. Il y a une continuité de conscience
d’un état au suivant. Le « Livre
de la Splendeur » fait remarquer :
« Si un homme suit une certaine direction dans
ce monde, il sera conduit plus loin, dans la même
direction quand il partira ».
Conclusion
:
De
ces quelques réflexions, il apparaît de
la plus haute importance qu’il est urgent que
nous prenions conscience de la responsabilité
qui nous incombe et dont dépend notre avenir
et celui de nos enfants.
Il
dépend de nous que les prophéties, qui
ont commencé à se manifester sous nos
yeux, se poursuivent : « Et voici des jours vont
venir, dit l’Eternel, où le laboureur rencontrera
le moissonneur, celui qui foule le raisin avec celui
qui répand les semences, moissons et semailles
se toucheront…
Je
ramènerais les captif de mon peuple Israël
: Ils restaureront leurs villes détruites et
s’y établiront ; planteront des vignes
et en boiront le vin ; cultiveront des jardins et en
mangeront les fruits… » (Amos. Chap. IX
13).
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