La
reconstruction du Temple, qui avait commencé sous
Cyrus après la conquête de l'Empire babylonien
par les Perses, et qui avait été interrompue
pendant dix-huit ans, a repris avec la bénédiction
de Darius II, le roi de Perse dont beaucoup pensent qu'il
a été le fils d'Esther.
Le
travail est achevé en 350 avant l'ère
commune et le Temple est inauguré à nouveau.
Mais il n'est pas le même qu'avant.
L'intense
spiritualité qui entourait le premier Temple
n'est plus présente dans le deuxième.
Les miracles permanents ont disparu. La prophétie
a cessé. L'Arche de l'Alliance ne s'y trouve
pas, et le Saint des saints, s'il existe toujours, reste
vide.
Qu'est-il advenu de l'Arche de l'Alliance ?
L'Arche, ce coffre de cèdre plaqué d'or
qui avait contenu les tables des Dix Commandements,
était le lieu où la chekhina, la Présence
de Dieu, descendait du ciel entre les ailes déployées
des deux chérubins d'or. Que lui est-il arrivé
? Le Talmud (dans le traité Ta'anith) cite à
ce sujet deux opinions. Pour l'une, les Babyloniens
l'ont emportée en captivité. Selon d'autres,
elle a été cachée par le roi Josias
qui avait prévu l'invasion et la destruction
imminentes.
On
raconte dans le Talmud l'histoire célèbre
d'un kohen, un prêtre, qui avait trouvé une
pierre qui se détachait du sol du Mont du Temple
et qui s'était rendu compte qu'elle marquait le
lieu où l'Arche était cachée. En
cours de route pour aller raconter sa découverte,
il mourut. Cette anecdote entend nous signifier que nous
n'avons pas à chercher où se trouve l'Arche,
du moins pas encore...
Le
Temple d'Hérode
Le
plus ambitieux des projets d'Hérode a été
la reconstruction du Temple. Elle devait lui permettre
de se rendre populaire auprès de ses sujets qui,
il le savait bien, le tenaient dans le plus profond
mépris.
Il
lui a fallu 10 000 hommes et dix ans rien que pour construire
les murs de soutènement autour du Mont du Temple
(au sommet duquel se trouve aujourd'hui le sanctuaire
musulman appelé le Dôme du Rocher).
Le
Mur Occidental (connu jadis comme le "Mur des Lamentations")
ne constitue qu'une partie de ce mur de soutènement
de 500 mètres de longueur, conçu pour
contenir une énorme esplanade artificielle qui
aurait pu accueillir douze terrains de football.
Pourquoi
Hérode a-t-il tellement agrandi le Mont du Temple
?
Les
historiens évaluent le nombre de Juifs vivant
dans l'Empire Romain à environ six à sept
millions (plus un autre million en Perse), dont beaucoup
venaient à Jérusalem pour les trois fêtes
de pèlerinage : Pessa'h, Chavou'oth et Soukoth.
Aussi fallait-il disposer de beaucoup de place pour
accueillir tant de gens. D'où la taille de l'esplanade.
Quand
il entreprit de construire le Temple lui-même
sur cette esplanade, Hérode se surpassa véritablement,
et même le Talmud reconnaît que le résultat
a été spectaculaire.
La
Temple hérodien d'après
la maquette du Second Temple de Jérusalem
Le
Saint des Saints était couvert d'or ;
les
murs et les colonnes des autres bâtiments étaient
en marbre blanc ;
les
sols étaient en marbre de Carrare, dont la couleur
bleue donnait l'impression d'une mer en mouvement ;
les
rideaux étaient constitués par des tapisseries
de fil bleu, blanc, écarlate et pourpre, lesquelles
décrivaient, selon Flavius Josèphe, "
la vue entière des cieux "
Flavius
Josèphe décrit son extraordinaire apparence
:
De
quelque endroit qu'on le contemplât, le Sanctuaire
avait tout ce qu'il fallait pour éblouir l'esprit
et les yeux. Renvoyés dans toutes les directions
par les énormes plaques d'or, les premiers rayons
du soleil reflétaient d'énormes rayonnements
de feu qui forçaient ceux qui les contemplaient
à détourner leurs regards comme s'ils
avaient observé directement le soleil. Aux étrangers
qui s'approchaient, il ressemblait à distance
à une montagne couverte de neige, car tout ce
qui n'était pas couvert par de l'or était
d'un blanc éblouissant... (Guerre juive, p. 304)
Hérode
trouva cependant bon de placer à l'entrée
principale un énorme aigle romain, ce que les
Juifs pieux ont tenu pour un sacrilège. Un groupe
d'étudiants en Tora brisa promptement cet emblème
d'idolâtrie et d'oppression, mais Hérode
les fit pourchasser, traîner sous des chaînes
jusqu'à sa résidence de Jéricho,
où ils furent brûlés vivants.