Le
Rav Avraham Yits'haq HaCohen Kook et son fils par le
Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
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Le
Rav Avraham Yits'haq HaCohen Kook, né en 1865 à
Griva (Lithuanie), ajouta à sa formation classique
de yeshiva d'autres études et fut rabbin de Zaumel
et de Bausk puis il arrive en Israël en 1904, est
bloqué à Londres pendant la 1e guerre mondiale
et revient ensuite. Il fut élu premier Grand Rabbin
askénaze de Palestine en 1921. Il fonda en 1924
ce qui devint le Merkaz haRav, pépinière
de rabbins orthodoxes sionistes et inspirés de
sa philosophie et de son mysticisme. Sa hiloula est le
31 août 1935 (3 Eloul, yom richone de la paracha
Ki-Tetsé). Il entra dans la yeshiva d'En-haut,
le 3 Eloul jour même de l'anniversaire de son entrée
sur la terre d'Israël.
A son orthodoxie, il ajouta toujours le souci de la culture
générale, le besoin d'être en contact
avec toutes les couches du peuple juif.
Il monta en Erets Israel en 1904 et
devint d'abord Rabbin de Jaffo (Yafo) et fut le fondateur
du courant du sionisme religieux orthodoxe en Israël
tout en s'opposant à la fondation d'un Israël
laïc. Il a, en particulier, écrit Orote
ha Qoddéche et Orote hattéchouva, Les
lumières de la téchouva, traduit et commenté
en français par Benjamin Gros. Ed. Albin Michel).
Il bâtit le concept contemporain de la alyah (montée)
en Israël comme début du salut total (at'halate
haguéoula) qui fut ensuite repris par les courants
sionistes concernant la création de l'Etat d'Israël,
ce qui fut plus discuté encore.
Son oeuvre, abondante, se caractérise
par un style poétique et mystique se prétant
à de nombreuses interprétations. Bien
souvent, nombreux sont ceux qui le revendiquent pour
appuyer leurs thèses (beaucoup plus concrètes
et unilatérales sur le plan politico-religieux
que les siennes). Ils ne parviennent pas toujours à
intégrer le même amour qu'il manifestait
pour tout l'ensemble du peuple juif, sans exception
et sans extrémisme.
A travers le Merkaz haRav (lien ne fonctionnant
pas momentanément), il bâtit un nouveau
style de yeshivotes comprenant une formation directe
à la Torah et non seulement à travers
le Talmud, un accent fort sur le sionisme religieux,
une philosophie originale sur le lien du profane et
du sacré et écrivit de nombreux livres
sur ce thème, dont l'interprétation demande
une grande prudence pour ne pas la simplifier, une conception
originale de la relation du peuple juif aux autres nations.
L'expression
la plus sûre de son oeuvre peut être résumée
dans le trio de sainteté :
Thora
- Peuple - Terre.
Sa
maison, dans le centre de la ville de Jérusalem,
a une architecture typique du début du 20e siècle
et un escalier typique qui se rencontre souvent dans Jérusalem
(photo de l'auteur), c'est un charme typique de Jérusalem:
Les artistes aiment particulièrement ces cadres
qui les inspirent. Entrons dans la cour de la maison du Rav Kook,
voici le portail et sa plaque explicative ancienne en
hébreu et, dans la cour de sa maison, l'atelier
du peintre Moshé Tsvi Berger, intitulé Le
Musée des psaumes (photos de l'auteur) qui puise
son inspiration aussi dans ce cadre spirituel de l'auteur
du livre Orote, lumières.
Le
fils du Rav Kook fut le Rav Tsvi Yéhouda qui
lui succéda et continua longuement à animer
le courant ouvert par son père.
Né
en 1891, il était son unique fils et il en fut
l'adjoint dans la Yeshiva Merkaz haRav qui forma les
rabbins leaders du mouvement sioniste religieux. Sa
hiloula est le 14 Adar, Pourim 1982, également
jour de la circoncision de Moché Rabbénou.
En
1935, à la mort de son père il lui succéda
à la tête de cette yeshiva. Il publia beaucoup
de réponses halakhiques sur la vie quotidienne
d'aujourd'hui dans l'Etat d'Israël, ainsi que les
oeuvres écrites de son père dont il garda
l'orientation mystique et nationaliste. Il chercha à
former de nombreux jeunes rabbins qui ont constitué
ensuite le mouvement dit des koupote srougote (les kippotes
faites au crochet en plusieurs couleurs, typiques de
ce courant religieux et politique en Israël, depuis
le mouvement de jeunes du Bné Aqiva jusqu'aux
députés à la Knésset).
Sa
continuation sur les sites
En
Israël, ou en France, le mouvement de jeunes juifs
Béné Aqiva suit sa philosophie et spiritualité
développé surtout par le Rav Drukman.Quelques
sites éducatifs ou sionistes ou de débats
lui sont consacrés et des traductions. Il fait
partie des programmes d'enseignement.
Des rabbins israéliens francophones comme le
Rav Léon Askénazi zal ou le Rav Chlomo
Aviner de la Yeshiva Âtéréte Cohanim
se revendiquent de cette lignée. Ici,
un article du Rav Askénazi sur le Rav Kook.
Ici, un
article sur le Messie selon le Rav Kook par G.Hansel.
Le végétérianisme, selon le Rav.Et
l'harmonie du monde. Un Institut étudie la halakha
et la guémara selon sa perspective.
Ses
principaux écrits sont: 'Hazone haguéoula
(Vision du salut final, 1941), Iguérote haraya
(Lettres du Rav, de 1888 à sa mort), Orote haqodéche
(Les lumières de la sainteté, 1950 en
trois tomes sur le système spirituel qui gouverne
l'univers), Orote hatéchouva (Les lumières
de la pénitence ou du retour, 1925 et 1966),
Orote (Lumières, 1925, adjonctions à Orote
haqodéche), Olote Raya (Offrandes du Rav, 1939,
sur la prière), Chirate haRav (Ses poèmes,
1945).Le Rav Kook eut toujours le besoin de compléter
ses écrits en prose par de la poésie pour
exprimer certaines dimensions inexprimables autrement.
Ses écrits sont dans un style condensé
et semblent simples, mais dans ce langage il condense
tellement de sources de la Torah, des commentateurs
et de la caballe qu'il est présomptueux d'en
faire un résumé ou un enseignement simple
et unilatéral, pour celui qui connaît quelque
peu ces sources. Léhavdil, pour faire comprendre
cela par une image, le Cantique des Cantiques ne semble
simple qu'à ceux qui ne savent pas qu'il est
le condensé de tout. Il reste que ses ouvrages
sont très populaires et que le coeur en reçoit
beaucoup, spécialement pour la téchouva
et l'amour de la vie sur la terre d'Israël. Avec
une précaution: ne pas vouloir tout traduire
et limiter en termes de politique contemporaine