Son texte de présentation
au Congrès américain - 1994
Itshak
RABIN -
(1922 - 04/11/1995)
1 Mars 1922
Naissance
d' Itzhak Rabin à Jérusalem. Son père Nehemiah avait
immigré des Etats-Unis et servi comme volontaire dans
la Brigade juive au cours de la Première guerre mondiale.
Sa mère, Rosa, fut un des premiers membres de la Haganah.
Itzhak
Rabin fait va à l'école primaire à Tel-Aviv, puis
s'inscrit au Lycée agricole Kadouri, en Galilée occidentale,
où il fait de brillantes études (il rêvait
de devenir ingénieur agricole).
1941
Après
la fin de ses études, il entre au Palma'h (le commando
de la Hagana). Sa première opération militaire : la
participation à une offensive britannique en Syrie
et au Liban.
1943
Il
fait connaissance de Léa Schlossberg chez un vendeur
de glaces à Tel Aviv. C'est elle qui l'aborde la première.
Ils se marieront en 1948 et auront deux enfants :
Dalia (1950) et Youval (1955).
1946
Il
fait partie des dirigeants du Palma'h, et s'occupe
de l'immigration illégale. A ce titre il est arrêtacute;
par les Anglais le 29 juin 1946 (le "Shabath noir"),
et incarcéré pendant six mois dans le camp de Rafiah.
1947
Chef
des opérations du Palma'h
1948
Il
sert dans Tsahal, l'armée israélienne (à laquelle
a été incorporée la Hagana), et prend le commandement
de la Brigade Harel, qui défend le "Couloir" menant
à Jérusalem, afin de permettre aux convois de ravitaillement
d'atteindre la ville assiégée.
1949
Itzhak
Rabin est membre de la délégation israélienne lors
des premières négociations avec l'Egypte
1952
Il
part étudier en Angleterrem à l'Ecole supérieure de
Guerre britannique
1953-1956
Nommé
général, il dirige la section de formation de l'armée.
1956-1959
Il
est général commandant la Région Nord
1959-1963
Il
est chef d'Etat-major adjoint
1964-1968
Chef
d'état-major général : il
dirige l'Armée israélienne pendant la guerre des six
jours (la plus grande victoire militaire
d'Israël). Cela lui vaut une popularité qui ne se
démentira pas.
1968-1973
Aprés
avoir quitté l'armée, Itzhak Rabin est nommé ambassadeur
d'Israël aux Etats-Unis.
1973
De
retour en Israël, Itzhak Rabin devient un membre actif
du Parti travailliste et entre comme député à la 8e
Knesseth.
2 juin 1974
Il
prend la tête du gouvernement après la chute de Golda
Meïr.
1975
Il
dirige, en accord avec les médiateurs américains,
les pourparlers qui aboutiront en 1975 aux accords
intérimaires entre Israël et l'Egypte.
4 juillet 1976
le
gouvernement Rabin décide de l'opération militaire
d'Entebbe, en Ouganda, libérant les
otages juifs capturés à bord d'un avion d'Air-France.
1977-1984
Itzhak
Rabin est député dans l'opposition.
1985-1990
Il
entre dans le gouvernement d'Union nationale de la
10e Knesseth et y occupe le
poste de ministre de la Défense jusqu'en
mars 1990.
mai 1989
Le
gouvernement adopte son plan d'accord progressif avec
les Palestiniens, plan qui servira de base au processus
de paix.
juin 1992
Elu
président du Parti travailliste au mois de mars, Itzhak
Rabin mène son parti à la victoire aux élections législatives
de juin de cette année.
13 septembre 1993
En
tant que Premier ministre, il signe
la Déclaration de Principes israélo-palestinienne.
1994
Accords
du Caire avec les Palestiniens en mai.
Traité
de paix avec la Jordanie le 24 juillet.
Il
reçoit, en même temps que Shimon Peres et Yasser
Arafat, le prix Nobel de la Paix, le 10 décembre.
28 septembre 1995
Signature
de l'Accord intérimaire israélo-palestinien
4 novembre 1995
A
la suite d'un grand meeting en faveur de la paix,
Itzhak Rabin meurt assassiné à 21h40, par Igal Amir,
un fanatique d'extrême-droite.
14
novembre 2005
Pour
la commémoration du 10 ème anniversaire
de son assassinat, plus de 200.000 personnes se
sont rassemblées au Kikar Rabin.
Les
cérémonies officielles ont eu lieu au
Mont Herzl en présence de nombreuses personnalités
dont Bill CLINTON, Condoleezza RICE, le Président
Moche KATSAV, le premier ministre Ariel SHARON, le
Pt de la Cour Suprème Aaron BARAK, etc ...
Voici quelques-unes
de ses dernières paroles extraites du discours qu’il
prononça ce 4 novembre 1995 :
«
(...) La paix n’est pas qu’une prière.
La Paix est avant tout dans nos prières, mais c’est
aussi l’aspiration du peuple juif, une véritable
aspiration pour la paix.
(...) Sans partenaires, il ne peut y avoir
de paix. Nous lui demanderons [à l’OLP] qu’elle
fasse sa part pour la paix, tout comme nous ferons notre
part, de façon à résoudre la partie
du conflit israélo-arabe la plus compliquée,
la plus longue et la plus chargée émotionnellement
: le conflit israélo-palestinien.
C’est un chemin qui est plein de difficultés
et de douleur. Pour Israël, il n’y a pas de voie
sans douleur. Mais le chemin de la paix est préférable
à celui de la guerre. Je vous dis cela en tant qu’ancien
militaire (...), je veux que ce gouvernement épuise
toutes les ouvertures, toutes les possibilités pour
promouvoir et atteindre une paix globale.
Ce rassemblement doit envoyer un message
au peuple israélien, au peuple juif dans le monde,
aux nombreux peuples du monde arabe, et finalement au monde
entier : le peuple israélien veut la paix, soutient
la paix. »
A
la Mémoire d'Itzhak Rabin
Extraits du discours du Premier ministre
à la Conférence mondiale du Keren Hayessod,
23 juin 1993
"Je ne m'adresse pas à vous
au nom de la misère d'Israël, mais bien au nom
de sa force"
"Je suis plus qu'heureux de me trouver
ici, à la Conférence annuelle du Keren Hayesod
à Jérusalem. Je connais bon nombre d'entre
vous, certains personnellement. J'apprécie énormément
votre engagement, votre implication et le fait que vous
soyez prêt à traduire ces sentiments en actions
(…) Permettez-moi de vous faire partager la façon
dont je vois les problèmes que nous devons affronter,
ici en Israël.
Au-delà des efforts que nous faisons pour la paix,
il nous faut nous occuper de notre structure sociale, de
notre économie et de notre capacité à
intégrer des nouveaux immigrants ; il ne suffit pas
de les faire venir. Il nous faut créer des conditions
qui permettront leur intégration : trouver un emploi,
avoir une maison. Je dirais que le gouvernement israélien
actuel a prouvé qu'il était prêt à
faire la paix, à prendre des risques calculés
et à faire des compromis… Je sais qu'une "paix
froide" est nettement préférable à
une guerre. Il est donc de mon devoir d'examiner toutes
les possibilités qui permettront d’y arriver.
Mais il existe des limites que je ne suis pas prêt
à franchir. La première, absolument, est Jérusalem.
Plus que tout, si quelque chose symbolise le peuple juif,
la foi juive, la croyance juive et l'espoir juif, c'est
Jérusalem. Jérusalem, c'est le cœur,
l'âme du peuple juif et celui qui croit qu'un gouvernement
israélien quelconque sera prêt à faire
des concessions sur la Jérusalem unifiée,
sous notre souveraineté, se trompe. Nous, Israël,
le peuple juif, ne négocierons jamais sur l'avenir
de Jérusalem. Elle est nôtre, à jamais.
(…)
Je suis persuadé de notre puissance. Nous pouvons
nous fier à notre capacité à nous défendre.
Le monde est ouvert. Il ne faut pas que la peur des générations
vivant en galout apparaisse ici. L'espoir, et non la peur,
doit être la force principale qui nous fait avancer.
Les conditions ont changé. C'est le message que nous
pouvons envoyer à nos meilleurs amis, à nos
frères et alliés, aux communautés juives
du monde entier. Nous ne nous adressons pas à vous
en tant que pays qui a peur mais en tant que pays puissant.
Un pays qui estime qu'il doit déterminer seul sa
route décide de ses objectifs. Nous avons besoin
de vous pour le faire plus vite et mieux. Nous avons besoin
de vous pour nous aider à intégrer les 450
000 immigrants de l'ex-URSS arrivés ces quatre dernières
années.
S'il y a donc un message pour vous, c'est qu'Israël
est aujourd'hui un pays qui croit en sa force, qui est conscient
de ses problèmes, qui essaie d'arriver à la
paix et de veiller à sa sécurité en
tentant d'intégrer ceux qui sont venus…
Je ne m'adresse pas à vous au nom de la misère
d'Israël. Je m'adresse à vous au nom de sa force.
Votre aide nous permettra de mieux faire. C'est l'objectif
de cette Assemblée. Ne pleurez pas sur "les
pauvres Israéliens". Nous sommes des Israéliens
forts. Mais nous pouvons mieux faire dans le domaine de
l'intégration et du développement, attirer
plus de gens de l'ex-URSS. Il s’agit de créer
des conditions qui leur donneront envie de venir. Le Keren
Hayesod doit être un porte-drapeau de la diffusion
de ce message. Non pas à cause de la misère
ou de la pauvreté, mais au nom de la puissance, de
la capacité à mieux faire. C'est cela le défi
à relever. Et c'est là le message que j'aimerais
vous voir ramener dans vos communautés. Merci pour
ce que vous avez fait. Et un plus grand merci encore pour
ce que vous allez faire, plus et mieux, à l'avenir."