Né
dans une famille de rabbins en 1743,( mort en 1837 ) il
se distingue dès son jeune âge par son savoir
et son intelligence; érudit en Talmud et évoluant
aisément dans le zohar.
Fils unique, Rabbi Haï TAÏEB
habitait avec sa mère et passait de longues heures
à étudier le Talmud et la Kabale. Il avait
l’habitude de noter ses commentaires sur des feuilles
qui traînaient aux quatre coins de sa chambre.
Sa mère pensait qu’elles
n’avaient aucune utilité ou peut-être
craignait-elle pour la santé psychique de son
fils et elle les brûla par inadvertance. Vu d’en
haut l’explication est la suivante : On dit qu’un
jour, alors qu’il était plongé dans
une « souguia » il décida d’arrêter
son étude pour reprendre plus tard, et c’est
à cette négligence que serait due la destruction
de ses écrits. Un livre fut quand même
sauvé et édité : « HELEV
HITIM » mais depuis il se mit à la boisson
forte (à la boukha en l’occurrence).
Hilloula
de Rabbi Hai TAIEB à Tunis - envoi de
Danielle HABABOU
Des contes et des légendes ne
manquent pas sur les nissims et niflaots qu’il
accomplit.
. Il y avait à Tunis un riche
commerçant qui réunissait chez lui chaque
année un minian pour lire le « Tikoun de
Chavouot » et le matin il préparait un
repas copieux et offrait des cadeaux à ses invités.
Il eut un revers de fortune et pour continuer ce «
minhag » (cette habitude) il alla vendre les bijoux
de sa femme ; au retour il rencontra Rabbi H. TAÏEB
qui lui demanda de l’argent et ne put lui refuser.
En rentrant chez lui, il rencontra un
émissaire du Bey qui lui dit : « Le Bey
veut un service à café en faïence
qui coûte très cher, pour boire le café
avec ses ministres ».Impossible de trouver ce
modèle au marché.
Le juif continua sa route et voilà
qu’il rencontre un marchand qui lui dit : j’ai
dans ma réserve un service à café
, je ne sais qu’en faire, prend le à n’importe
quel prix. Il retourna alors chez le Bey et lui vendit
le service à café à prix d’or.
Au retour, il rencontra le Rabbin H. TAÏEB qui
lui dit : Quelle était meilleure, la somme que
tu m’as donné ou celle que tu as reçu
du Bey. Le rabbin le bénit et depuis ce jour
il s’enrichit.
. Il y eut un jour une sécheresse
en Tunisie et la communauté décréta
un jour de jeune (sans consulter le Rabin H. TAÏEB)
. Le matin du jeune , le rabbin demanda un café
à sa femme ; n’as-tu pas entendu que la
communauté a décrété un
jour de jeune ? Prépare le café lui dit-elle
la pluie va tomber. Connaissant son mari, elle prépara
le café. La pluie commença à tomber.
Mais la pluie tombait trop dru. « Maître
du monde fait tomber une pluie de BERAKHA ». Le
jeune fut annulé et chacun rentra joyeux chez
lui.
. Le voisin de R.H Taïeb qui était
non juif, avait entendu le rabbin parler avec le Maître
du monde, il voulut vite changer de voisinage ; argument
donné au propriétaire :
Il parle avec le Créateur comme
à son ami ; d’abord donne la pluie, ensuite
une pluie douce, si demain il se fâche avec moi
il peut me mettre à mort. La nouvelle parvint
à R.H.T qui lui dit qu’il n’avait
rien à craindre tant qu’il ne ferait pas
de mal aux juifs.
. On raconte que les Hakhamim d’Eteretz
ISRAEL envoyèrent un kollelman à Tunis
pour apprécier le niveau des rabbins de Tunisie.
Dans son ROUAH HAKODECH
R.H.T alla recevoir au port l’envoyé.
Il se présenta à lui comme « porteur
». Le lendemain à la synagogue, l’envoyé
put se rendre compte des connaissances de R.H.T qui
étaient d’un ordre supérieur. Il
put donc apprécier d’une part de la valeur
des Hakhamim de Tunisie, mais aussi de leur modestie
et simplicité.
. La servante de R.H.T. aimait tellement
la vie qu’elle demanda à son maître
une prière pour sa longévité. Le
rabbin pria pour elle et lui assura qu’elle vivrait
jusqu’à 120 ans. La vielle dame mourut
à 110 ans ; elle avait renoncé à
10 ans de sa vie , demandant à D’ , d’offrir
à son fils ces 10 années pour le sauver
de la mort.
. R.H.T fut un jour malade et s’absenta
du BETH HAMIDRACH pendant trois semaine. Rabbi YOCHOUA
BESSIS dit à ses élèves de ramasser
de l’argent pour lui. Ils ramassèrent 50
pièces d’argent et allèrent chez
lui pour les lui remettre. Arrivés chez le rabbin,
ils s’aperçurent que celui-ci était
guéri et qu’il se promenait dans la cour.
Ils se dirent : La moitié de
la somme lui suffirait. Ils entrèrent chez le
rabbin, prirent de ses nouvelles et lui remirent 25
pièces d’argent. R.H.T. les dévisagea
et leur dit : Celui qui sort se promener dans sa cour
doit-il perdre 25 pièces d’argent ? Les
envoyés présentèrent leurs excuses
et demandèrent au rabbin de les excuser pour
leur conduite.
. Le Rav H. Taïeb habitait près
du notable Y. SILVERA dont la femme était stérile
et très chagrinée car son mari voulait
épouser une autre femme pour procréer.
R.H.T lui promit Qu’elle aurait un garçon
l’année suivante. L’année
écoulée elle eut un garçon. Le
notable Silvera donna une grande fête et invita
beaucoup de monde, dont le rabbin Y. BESSIS et un éminent
émissaire de JERUSALEM. Ils organisèrent
une table pour étudier le zohar ; mais la maîtresse
de maison leur demanda de patienter jusqu’à
l’arrivée de R.H.T. soudain, un homme simple
vêtu de haillons et de souliers rafistolés
entra et tout le monde se leva. Le rabbin alla s’asseoir
à côté de R. Y. BESSIS , se versa
un verre de boukha, il mit les pieds sur la table et
s’endormit. L’émissaire fut étonné
et même vexé par la conduite de cet invité.
Il exigea qu’on lui fit baisser les pieds de la
table. Mais R. Y. BESSIS l’en dissuada. Ces paroles
augmentèrent sa perplexité. Quelques instants
plus tard le rabbin se réveilla et commença
son étude avec le rabbin Bessis. L’émissaire
fut stupéfait par cette intelligence et cette
facilité avec laquelle ils passaient d’une
séquence à une autre. IL sortit, leva
les bras vers D’ « Maître du monde,
donne moi autant d’intelligence que ces deux sages
pour que je puisse étudier avec eux »
Il retourna à la réception
R.H.T l’interpella « pour comprendre il
te suffit de faire l’effort ». Avant de
quitter Tunis l’émissaire embrassa les
pieds de Rabbi Haï TAÏEB et alla jusqu’à
prendre de la boue de ses chaussures qu’il emporta
avec lui.
. Pourquoi appelle-t-on Rabbi Haï
TAÏEB « LO MET ? »
Car lorsque le rabbin décéda,
le graveur de tombe voulut graver : « Décédé
l’année. . . . » Le rabbin lui apparut
le soir en rêve et voulut l’étrangler.
« Que t’ai-je fait ? » « Comment
écris-tu sur ma tombe mort ? » «
Ne sais-tu pas que les tsadikim sont appelés
vivants après leur mort ». Excuse-moi dit
l’ouvrier. « Seulement si tu ajoute demain
le préfixe (lo) non mort ». Et le rabbin
disparut de son rêve. La correction fut bien sûr
apportée dès le lendemain.
A Paris un des derniers bastions des
juifs « tun » est la synagogue de Belleville
« REBBI HAÏ TAÏEB LO MET »