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Le port systématique de la ceinture :
un enjeu majeur pour la sécurité

 

Trente ans après la première mesure qui a introduit l’obligation de la ceinture de sécurité aux places avant dans les voitures p articulières, le Code impose désormais le port de la ceinture à toutes les places et dans tous les véhicules .

Les sanctions en cas de non-port ont même été renforcées par décret pour donner plus de poids à cette obligation : désormais, un conducteur qui ne boucle pas sa ceinture s’expose, outre le paiement de l’amende dont le montant a été augmenté par un retrait de points sur son permis de conduire.

L’objectif est clair : il s’agit de convaincre ceux qui, par négligence ou par légèreté, oublient de s’attacher. Ceux aussi, qui refusent ce geste de précaution sous prétexte qu’il s’agit d’une "entrave à la liberté".

Ce discours de résistance, très présent dans les années 70 et 80, s’est toutefois effacé peu à peu devant le consensus social qui s’est établi dans notre pays autour de l’utilité de la ceinture.

Est-ce à dire que tout le monde aujourd’hui s’attache systématiquement ? Pas encore. En fait, l’usage de la ceinture s’applique de façon très inégale selon les réseaux et les départements, selon les places occupées et les observateurs. Toutefois, chacun s’accorde sur un fait : si tout le monde acceptait de boucler sa ceinture sur tous les trajets et à toutes les places, le nombre de tués diminuerait de plusieurs centaines chaque année. En comptant le possible gain d’une bonne centaine de vies parmi les usagers des véhicules utilitaires et des poids lourds, cela pourrait représenter entre 800 et 1200 vies épargnées ! Dans son Étude sur les gisements de sécurité routière publiée en mars 2002, le préfet Régis Guyot affirmait que, de tous les gisements envisagés, le port de la ceinture est celui qui représente le meilleur rapport efficacité (potentiel de vies épargnées) / facilité d’exploitation (tout est en place ; il suffit de faire appliquer la loi).


Stop aux idées reçues !

• "Ca ne vaut pas la peine de s’attacher pour faire quelques centaines de mètres de la maison au travail (ou à l’école). En ville, on ne roule pas vite…"
C’est tentant de le penser, mais les faits prouvent le contraire. D’une part, un tiers des tués le sont en zone urbaine, et sur de petits trajets quotidiens; d’autre part, un choc peut être mortel dès 20 km/h lorsque l’on n’est pas retenu.

• "Je préfère me tenir à la poignée latérale que de me sentir coincé par la ceinture. Et puis, en cas de choc, il y a l’airbag…"
Faux sentiment de sécurité sur toute la ligne! Les poignées latérales sont là pour le confort, pas pour retenir un corps qui, en cas de choc à 50 km/h, va développer une force de 1 à 2 tonnes ! Seule la ceinture est conçue pour cela. Quant à l’airbag, il offre une protection complémentaire, notamment en évitant le contact de la tête avec le volant ou le tableau de bord, mais il ne remplace pas la ceinture.

• "Si je ne m’attache pas, cela ne regarde que moi car je ne fais prendre de risque à personne d’autre qu’à moi…"
C’est un raisonnement à courte vue. En cas d’accident et de blessures aggravées du fait de l’absence de la ceinture, la collectivité va devoir prendre en charge les secours, l’hospitalisation, la rééducation… Par ailleurs, pour ceux qui ont une famille et des responsabilités, cela regarde aussi les proches dont l’équilibre et l’avenir peuvent être complètement perturbés…


Quel gain potentiel : 800 ou 1200 vies ?

S’il est assez facile d’évaluer à vue le port de la ceinture aux places avant, le comptage aux places arrière s’avèrebeaucoup plus délicat et incertain. Cela explique sans doute les écarts entre les sources. Ainsi, selon les calculs des experts du LAB (Laboratoire d’Accidentologie et de Biomécanique PSA-Citroën et Renault), tous réseaux confondus, 76 % des personnes impliquées dans un accident et occupant les places avant auraient bouclé leur ceinture, mais seulement 30 % aux places arrière. Les chiffres fournis par l’institut de sondage Lavialle, qui travaille pour la Sécurité routière, se situent à 20 points au-dessus. Ces différences expliquent que pour les experts du LAB, les gains attendus d’un usage à 100 % de la ceinture frôleraient les 1200 vies (872 aux places avant et 283 aux places arrière) contre 800 pour la Sécurité routière.


Un peu d’histoire…

Le principe de bretelles protectrices destinées à retenir les passagers a tout juste un siècle : c’est Gustave Désiré Lebeau qui en a déposé le brevet en 1903. Il aura cependant fallu plus de soixante-dix ans pour voir les premiers équipements rendus obligatoires aux places avant des véhicules neufs. C’était en 1970. L’obligation de port n’est intervenue qu’en 1973, et seulement hors agglomération. L’obligation généralisée aux places avant fut décrétée six ans plus tard. Pour les places arrière, l’obligation d’installer des ceintures à enrouleur date de 1977 et l’obligation du port a été généralisée en 1990 (lorsque le véhicule est équipé de ceinture).

voir tests de collisions effectués sur le site de l'UTAC (Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle)
 

 

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