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La plus vaste étude
statistique sur le risque de leucémie chez les
enfants vivant près de lignes à haute
tension vient de se terminer au Royaume-Uni. Les résultats
ont été publiés dans le British
Medical Journal (vol 330, p 1290). Les recherches, menées
par Gerald Draper de l'Université d'Oxford, aboutissent
à une corrélation entre la distance des
logements par rapport aux lignes hautes tension et la
fréquence des cas de leucémies chez l'enfant.

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| Les enfants qui vivent
de 200 à 600 mètres d'une ligne haute
tension auraient 20% de risque supplémentaires
d'être atteints de leucémie, et ceux qui
vivent à moins de 200 mètres auraient
70% de (mal)chances de plus que les enfants qui habitent
à plus de 600 mètres.
Les chercheurs restent cependant prudents face à
ces résultats. N'ayant pas d'explication biologique
de ce phénomène, ils précisent
que cette corrélation n'est pas forcément
causale. Mais il s'agit tout de même de la plus
large étude réalisée à ce
jour. En effet, ce ne sont pas moins de 29 000 enfants
atteints du cancer, dont 9700 cas de leucémie,
qui ont été pris en compte.
Ce n'est pas la première fois qu'une étude
associe le risque de cancer avec la proximité
des lignes électriques, mais jusqu'ici les études
concernaient des distances beaucoup plus faibles, de
l'ordre de 60 mètres. A ces distances on sait
que le champ électromagnétique peut interférer
avec la production nocturne de mélatonine, un
antioxydant qui protège du cancer. A plus grande
distance, les effets du champ magnétique devraient
être trop bas pour causer des effets sur la santé,
on ignore donc par quel mécanisme la proximité
des lignes pourrait être cancérogène.
Une explication possible viendrait de l'effet corona.
Les lignes électriques ioniseraient l'air qui
se trouve aux alentours. Les ions produits réagiraient
avec les polluants de l'air, ce qui augmenterait les
chances qu'ils restent dans les poumons une fois inhalés.
Il est cependant difficile de tester cette hypothèse,
car il faut tenir compte de la production et du déplacement
des ions en fonction de l'humidité de l'air et
de la direction des vents. D'autres scientifiques pensent
que les dommages auraient pu avoir lieu in utero, ce
qui rend les recherches encore plus complexes.
Sources: British Medical Journal, Université
de Bristol, New Scientist |